La longueur des articles sur Zeste de Savoir

Conseiller les auteurs ou free style complet ?

a marqué ce sujet comme résolu.

À mon sens, ce n'est pas un détail inutile. Ça ne sera certes d'aucune utilité pour comprendre comment le linéaire B a été déchiffré. En revanche, ça explique pourquoi Arthur Evans, archéologue de renommée internationale, 86 ans aux prunes, s'est soudainement mis à jouer les guides touristiques. Et ça me paraît d'autant plus important que c'est précisément l'élément déclencheur de l'obsession de Ventris pour le linéaire B.

Ce qu'il ne m'a pas paru utile de raconter, c'est que si Evans gagatisait autant avec les enfants, c'est en grande partie parce que lui et sa femme n'ont jamais réussi à en avoir, à tel point qu'ils ont fini par adopter des enfants pauvres pour en tenir lieu.

Mais je pense qu'avec ces différentes discussions on touche du doigt le nœud du problème : pour un sujet donné, nous n'avons pas tous les mêmes attentes de contenu. Pour rester sur Kober, et sans aller jusqu'à la pute à clics « Les 7 choses que vous ignoriez sur le linéaire B : un grand secret dévoilé ! », il y avait sûrement plusieurs manières d'aborder la chose.

  • Une brève introductive, de l'ordre de 3 pages A4, « Le déchiffrement du linéaire B », où il n'y aurait que le strict minimum pour comprendre qui est qui.
  • Un article en bonne et due forme, disons 6 à 10 pages A4, « Qui était Alice Kober ? », qui sabrerait pas mal toute la partie sur Evans et celle sur Ventris, et qui se concentrerait sur le déchiffrement proprement dit, en laissant de côté les autres aspects de sa vie.
  • Une grande fresque historique, mon article, qui est long mais du coup prend la forme d'une nouvelle, avec ses sous-intrigues et ses détails qui sont là pour rendre la lecture plus agréable.
  • Un cours complet sur le linéaire B et le grec mycénien, où la question du déchiffrement ne serait qu'une partie.

Et il apparaît clairement que les différents participants à cette présente discussion auraient préféré l'une ou l'autre, sans qu'une nette majorité ne parvienne à se détacher. Pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir à rédiger l'article sous sa forme actuelle, et je ne l'aurais sans doute pas fait si j'avais été contraint d'adopter une autre forme.

Tout ça pour dire que si l'on veut contenter tout le monde, j'ai bien peur qu'il faille pour chaque sujet proposer des contenus de taille différente, même s'il y a de la redite de l'un à l'autre, en se disant qu'ils ne seront pas lus par les mêmes personnes.

@ShigeruM : je sais. :)

+4 -1

D'où l'intérêt de réfléchir à la question d'un point de vue ligne éditoriale. Cette dernière peut être "on accepte toutes les longueurs sans se poser de question vu qu'il en faut pour tous les goûts" (comme actuellement) ou bien "on encourage les auteurs à être plus synthétiques quand ils se sont un peu oubliés sur leur clavier" ou bien encore "on pousse les auteurs à faire des contenus longs, ça fait bien d'avoir de gros articles/tutos".

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Et c'est reparti pour un tour… 1

Autant, je suis fan du style d'écriture de Dominus Carnufex, autant je sais que ma limite pour lire un article (et c'est pareil pour un lien que je vois passer sur les réseaux sociaux) est de 5 minutes de lecture maximum. Si je dois mettre plus de 5 minutes à lire un article, JE (et ce n'est peut-être pas le cas de tout le monde) considère que l'on est passé de "Quelqu'un essaye de me faire découvrir quelque chose" à "Quelqu'un veut m'apprendre quelque chose". Et j'aurai naturellement tendance à le voir comme un tutoriel.

En approfondissant la limite des 5 minutes, ça correspond grosso modo à un texte de 2000 mots pour le lecteur moyen. A titre d'exemple, l'interview de Taguan fait 1532 mots (je l'avais trouvé parfait en terme de longueur).

Le problème, c'est que ton propos n'est pas applicable. Une interview est une interview (et par essence, un texte qui peut aisément être synthétisé). En revanche, un article (comme ceux sur la cryptographie, les CdS, etc.) impliquent un savoir. Et certains savoirs nécessitent des prérequis (ou une intro) pour bien être amenée. Ce qui fait que cela allonge déjà le texte.

Mais sinon +1 pour l’idée d'ajouter ou créer une page de conseils a l’écriture (qui il me semble est déjà présente dans le guide du contributeur en cours d’écriture)

Affirmatif, mon capichef !

Je ne pense pas qu'un article puisse être requalifié en tutoriel de par sa longueur. Je vais prendre, narcissiquement, l'exemple de mon article (le nucléaire dans l'espace), qui était déjà assez long. Il ne fait que la moitié, en nombre de caractères, de l'article de Dominus, mais je ne l'ai pas lu, donc je ne me sens pas à l'aise pour en parler.

Je disais donc que dans cet article, je n'ai fait que présenter les choses, sans jamais vraiment aller dans une logique d'enseignement. Preuve en est le nombre restreint d'équations. Mais dans cette présentation, j'ai essayé de répondre aux questions naturelles que l'on pourrait se poser : qui ? quand ? quoi ? pourquoi ? comment ? (en gros)

Maintenant, on veut limiter à 2000 mots. Je dois en retirer 60-65 %. Qu'est-ce qui n'est pas important ? Je ne pense pas qu'un article soit définit par sa longueur, mais plutôt par son type de message.

C'est tout à fait exact. On ne peut sciemment pas imposer une limite (que ce soit 2000 ou 5000 mots) pour le simple fait que 1) cela peut nuire à la pédagogie de l'auteur s'il doit introduire des notions nécessaires à la compréhension de l'article 2) que c'est une limite totalement arbitraire qui ne tient absolument pas compte des spécificités liées aux matières abordées, à leur complexité, etc.

En ce sens, je suis opposé à l'idée d'imposer une limite. L'idée que j'ai pour le chapitre sur les conseils de rédaction d'article est de conseiller plusieurs méthodologies pour les articles (selon le type d'article et la matière abordée (en tous cas, pour les plus courantes)) avec une estimation du nombre de mots et (évidemment) des conseils pour lier un maximum de contenu en se basant sur les articles déjà publiés. Mais il s'agit de conseils, à voir au cas par cas selon les articles en validation.

Il est ici nécessaire de faire une distinction :

  • Si les notions sont importantes pour la compréhension de l'article, elles doivent figurer dans le texte. Et ce, indépendamment de leur longueur
  • Si elles sont secondaires, il est possible de donner un lien (ce qui enlève X paragraphes d'explications) si un lien vers une source publique existe.

NB: Personnellement, j'apprécie les articles d'une certaine longueur. J'ai suffisamment d'expérience avec les articles pour constater que - surtout dans les matières scientifiques, le droit et l'Histoire - plus c'est court, plus l'article risque de comporter des approximations voire des erreurs de taille. La longueur de l'article est aussi un signe d'un travail de recherche de la part de l'auteur (après, entendons-nous bien, le cas se présente aussi bien que plus rarement à l'inverse).

Pourquoi ne faire des publications en plusieurs parties pour les contenus longs ?

C'est une possibilité. On l'a déjà fait. Et Ars Technica le fait de manière plus intelligente aussi (un article de deux ou trois pages). Ici ce sont des articles distincts, ce qui pose problème d'une cassure dans la lecture (enfin, pour l'article sur la crypto, c'était aisé de scinder, pour les articles du CdS comme remarqué par Mewtow, ce serait bien plus problématique de publier séparément, là un mode de publication comme Ars Technica serait plus approprié).

Il y a déjà eu un long débat à ce sujet (je n'ai plus l'URL sous la main mais il doit encore traîner au fond des forums). La règle qui en ressortait ne parlait absolument pas d'actualité, d'où le fait d'ailleurs que la fonctionnalité s'appelle "article" et non "actualités".

C'est sur le forum Staff. Mais attention (j'insiste sur ce point), on ne peut pas comparer avec des articles de presse "classiques". En terme de longueur, sans considération pour le type de contenu, on est plus comparable au journalisme narratif (qui a aussi un processus évolutif dans le contenu de l'article, avec explications de certaines nuances, etc.). A la différence (de taille quand même) que nous sommes un site à visée "éducationnelle" dans le sens où l'on apprend des savoirs (soit par la découverte d'un sujet dans un article ou l'apprentissage dans un tuto, ces frontières pouvant parfois être légèrement floues en fonction des prérequis des articles (qui n'a rien appris des articles du CdS ? (la découverte est aussi une forme d'apprentissage)).

On peut imaginer qu'un article vraiment fouillé monte à 30000, 35000 SEC (5000 / 6000 mots) et donc soit lu en 15 ou 20 minutes chez un lecteur moyen. C'est à peu près la plage de temps qu'on peut se libérer sans trop de difficulté, au-delà ça devient problématique.

Je passe très souvent plus de 30 minutes sur des articles (parce que c'est une taille normale dans mon domaine où l'on a besoin de mettre d'abord tout le monde dans un contexte avant de véritablement parler du sujet). Tu ne peux vraisemblablement pas avoir de règles de ce type. Et en tant qu'auteur, ça m'emmerderait grave que de devoir passer certaines notions essentielles pour respecter une limite de taille.

Je suis pour l'instant en pleine rédaction d'un article sur la propagation des maladies infectieuses et des risques liés (au niveau médical, sécurité et aussi si j'ai le temps aborder le bioterrorisme). Dans cet article, il est vital d'introduire des notions sur les pathogènes, de prendre des cas à illustrer (dont la peste et dans ce cas, de faire un petit peu d'Histoire), de montrer comment ça se propage, quels sont les risques pour les pays (si l'on prend les cas d'Ebola, ça a porté un sacré coup économique à des pays déjà en proie à de nombreuses difficultés) et pourquoi la propagation de ces pathogènes est plus importante aujourd'hui.

Les axes de l'article sont donc multiples et, si j'ai moyen de synthétiser les aspects secondaires, ce n'est pas faisable avec le coeur du sujet et éviter les stupidités que j'ai trop souvent lus dans la presse avec des articles plus court où l'on arrive à te confondre le bacille du charbon (Bacillus anthracis) avec l'anthrax (et il faut le faire !). Ainsi, l'article sera plus long que l'interview, un poil plus long que mon article du CdS avec zeqL.

Il est, je pense, fondamental de rappeler que l'on est sur un site qui partage de la connaissance, pas sur le Figaro. En ce sens, avoir des articles d'une certaine longueur ne me semble pas anormal vu que pour nous, il ne s'agit pas (uniquement) qu'informer sur un sujet (d'actualité ou pas) mais aussi de faire découvrir. Et faire découvrir veut parfois aussi dire apprendre quelque chose à quelqu'un. C'est d'ailleurs aussi pour cela que nos membres aiment nos articles, que le CdS a bien marché, etc.


  1. Non, ce n'est pas une remarque sarcastique mais c'est un débat qui existe depuis le SdZ et l'on y retrouve encore les mêmes questions et arguments. 

+1 -0

Pour moi, la question de la longueur du contenu est indépendante de la longueur de ce qui est proposé au lecteur.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

C'est que présenter des choses dans le détail, comme "une grande fresque historique", pourquoi pas. Mais dans ce cas, ladite fresque devrait être découpée en morceaux de taille compatible avec l'utilisation habituelle de la fonctionnalité.

Ceci contribue au bien du lecteur qui ne sera pas effrayé par la longueur et ne devra pas bloquer un temps très long pour venir au bout de l'article ; mais aussi au bien du rédacteur puisque du coup son texte sera plus lu et donc touchera mieux le public.

Maintenant, je veux être très clair sur un point : pour moi, il s'agit bien ici d'optimiser la transmission de connaissance. Je trouverais dommage que quelqu'un passe une grosse semaine à pondre un petit roman sur un sujet pour qu'au final presque personne ne le lise parce qu'il est présenté dans un format indigeste – et oui, c'est exactement de cela qu'il s'agit : même avec la meilleure volonté du monde, nos formats d'articles ne permettent pas d'interrompre la lecture et de la reprendre facilement sur un autre média.

Mais si ça ne dérange pas les auteurs de ne pas être lus, je n'ai aucun problème à publier leurs contenus tels quels.

Pour moi les articles sont globalement trop longs. Mais je me demande si on n'a pas un problème de vocabulaire : sur la plupart des sites d'info, un article, c'est comme une article de journal. 5 minutes de lecture au maximum comme l'a dit firm1 ; et les plus gros articles sont appelées des dossiers (ou reportages).

Je trouve qu'on devrait faire cette différence ici aussi : les articles courts, des dossiers (des gros articles) et des tutos.

Pour moi le souci n'est pas vraiment le contenu, mais la longueur, et des articles aussi long peuvent être rebutants, peu importe leur qualité.

C'est que présenter des choses dans le détail, comme "une grande fresque historique", pourquoi pas. Mais dans ce cas, ladite fresque devrait être découpée en morceaux de taille compatible avec l'utilisation habituelle de la fonctionnalité.

Et c'est en cela que la suggestion d'Aabu (et de la sorcière ci-dessus) est intéressante.

+0 -0

Je précise (pour que le topic ne soit pas détourné) que mon propos à la base vise à "conseiller" et pas "imposer".

Il existe déjà un tas de règle officieuse sur notre ligne éditoriale. Tel que :

  • On évite de remplir la page d’accueil avec trop de contenu avancé : pour ne pas léser le débutant
  • On évite de publier des trucs sorti tout droit du chapeau d'un membre (d’où les sources) : pour la crédibilité
  • etc.

C'est pour ça que j'ai crée ce topic dans le bar à smoothies, pour avoir l'avis des lecteurs sur l'influence de la taille du contenu. Car à quoi bon produire du contenu dans une forme qui n'est pas accessible pour notre public ?

Donc, brièvement :

  • Soit, on permet la publication d'articles de plusieurs pages (à la manière d'Ars Technica).
  • Soit, on scinde les articles à la manière des articles sur la crypto, si c'est viable.
  • Soit, nouvelle forme appelée "dossiers" (en même temps que la première possibilité ?).
+1 -0

Donc, brièvement : […]

Moi je vois l'article sur la crypto comme un Dossier (j'aime bien cette formulation). Un Dossier étant un ensemble d'article qui parlent du même sujet.

L'article sur Kober aurait pu être trois articles.

  • Alice Kober : Découverte du linéaire B et premiers essais de déchiffrement
  • Alice Kober : présentation de Michael Ventris
  • Alice Kober : sa vie, son œuvre
  • Soit, on permet la publication d'articles de plusieurs pages (à la manière d'Ars Technica).

Plusieurs extraits, ça ne suffit pas ?

  • Soit, nouvelle forme appelée "dossiers" (en même temps que la première possibilité ?).

Complètement pour.

Le problème, c'est que les articles sur la crypto ont été publiés séparément. A terme, cela peut gêner la publication d'autres articles.

Je ne comprends pas en quoi.

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Il y a déjà eu des accélérations dans le rythme de publication et je préfère anticiper ce genre de situation que de se retrouver devant le fait accompli. La question s'était déjà posée avec poupou pour les articles crypto.

C'est pour cela que j'apprécie l'idée d'avoir des articles de plusieurs pages.

Plusieurs extraits, ça ne suffit pas ?

La notion d'extraits n'existe pas pour les articles et tu peux très bien avoir 9 extraits sur une même page. L'idée est de séparer l'article-dossier en plusieurs pages accessibles avec un lien en fin d'article.

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Notons que la ZEP-12 introduit la possibilité de découper ses articles en plusieurs extraits.

Vayel

Le découpage en extraits, combiné à la notion de dossier (ensemble d'articles ayant chacun son url), devrait rendre superflue la pagination, non ?

+0 -0

Ars Technica découpe souvent ses articles en plusieurs parties. Par exemple, il n'est par rare de voir certains articles de +15000 SEC (soit, environ 20 minutes à lire pour quelqu'un qui lit lentement) scindés en deux parties.

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Quand je lis la réponse de Stranger, je me demande si on vit dans le même monde ou si c'est juste un problème de vocabulaire…

Quand je prends Ars Technica, en restant sur la page d'accueil, je trouve ça, ça, ça, ça ou encore ça1. Et pour moi, ce ne sont pas des articles.

Je veux dire, sur certaines de ces pages, l'interface prend plus de place que le contenu lui-même ! C'est pas des articles, c'est du Vingt Minutes, du Buzzly. On est sur du contenu qui prend 20 minutes à écrire, aussi vide qu'un discours présidentiel, et dont le but est généralement de servir d'excuse à un matraquage publicitaire. Le genre de torchon à qui je ne confierais pas mon poisson…

Clairement, si je trouvais ce type de contenu sur ZdS en page d'accueil, je partirais en courant en me disant « allez, encore une pompe à fric… ».


  1. J'ai bien vu qu'il y avait aussi d'autres types de contenu, mais ça ne représente qu'une petite portion de ce sur quoi je suis tombé en cliquant au hasard. 

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