Licence CC BY-SA

Sur l'accès au savoir scientifique

Contre-offensive au verrouillage du savoir

Dernière mise à jour :
Auteur :
Catégories :
Temps de lecture estimé : 5 minutes

Lorsqu’on est issu d’un milieu social où l’accès aux études supérieures n’est pas la norme, le savoir scientifique peut sembler inatteignable. À l’université, 27,3 % des étudiants ont des parents ouvriers ou employés, alors que 34,1 % ont des parents cadres supérieurs. Dans les écoles d’ingénieurs, l’écart est encore plus visible : 13,8 % des étudiants ont des parents ouvriers ou employés, contre 54,1 % qui ont des parents cadres supérieurs1. 40,7 % des enfants d’ouvriers non qualifiés avaient un baccalauréat en 2002, contre 87,6 % pour les enfants de cadres supérieurs, et 90,6 % pour les enfants d’enseignants2.

Bref, plus on a une origine sociale valorisée, plus on a de chances d’obtenir une destinée sociale valorisée. Or, les personnes qui y sont passées le savent : le savoir critique s’apprend principalement dans les études supérieures, dont sont donc privés de facto plus de la moitié des enfants d’ouvriers (et encore, toutes filières de baccalauréat confondues). Il se crée donc, dans la société, un phénomène systémique d’exclusion des classes sociales dites « populaires » (ouvriers et employés) du savoir scientifique : les parents d’ouvriers ne disposent pas du capital culturel nécessaire à la réussite scolaire de leurs enfants, qui finissent donc dans les filières les moins prestigieuses, et les plus courtes, de l’enseignement. À l’opposé, les parents ayant une forte culture scolaire et scientifique peuvent transmettre un capital de connaissances important à leurs enfants, ainsi qu’un goût du travail et des connaissances abstraites, qui leurs permettent de briller dans le milieu scolaire. C’est donc un phénomène auto-entretenu et largement inconscient, qui « fait système » dans la société et qui contribue à son organisation hiérarchique.

Ça, c’est dans les grandes lignes, ce que la sociologie de l’éducation pourrait dire sur le système scolaire français. Mais il me semble toutefois important de ne pas s’arrêter à cette triste conclusion, et de profiter justement de ce que cette frange du savoir peut apporter pour la rendre accessible au plus grand nombre3. Dans ce petit billet, je me propose donc de lancer quelques pistes pour rendre le savoir plus accessible.

La vulgarisation

Avant d’entreprendre un apprentissage rigoureux d’un domaine particulier, la vulgarisation est, à mon humble avis, un très bon moyen de découvrir des notions sur un domaine particulier. Bien souvent, les personnes faisant de la vulgarisation n’expliquent pas les détails des justifications scientifiques de chaque phénomène — et c’est justement un des points qui fait la différence entre la vulgarisation et l’apprentissage au sens scolaire — mais évoquent tout de même des grandes notions qui constituent souvent des bases importantes de leur domaine de connaissance, ce qui permet de découvrir des choses sans que cela ne nécessite un trop grand investissement de départ. Ce peut aussi être l’occasion de voir si un sous-domaine vous intéresse plus qu’un autre…

Pour cela, Zeste de Savoir regorge justement de contenus juteux ! :P
N’hésitez pas à chercher sur internet, on peut rapidement trouver de nombreuses sources de vulgarisation sur de nombreux domaines. YouTube est aussi un grand repère de vulgarisation, il y a de fortes chances pour que vous y trouviez quelques créateurs de contenus sur un domaine qui vous intéresse.

« Rentrer dans le réseau »

Une part importante de tout domaine de savoir consiste aussi en un capital incorporé, c’est-à-dire en des manières d’être, de faire et de voir les choses particulières. Une façon simple et ludique de l’acquérir est de se faire une petite liste de comptes de réseaux sociaux de personnes travaillant dans ce domaine et communiquant dessus. Twitter est d’ailleurs un média idéal pour un tel exercice, car la parole y est très libre et l’humour fréquent. Par exemple, si vous vous intéressez à la médecine, vous pouvez chercher des comptes Twitter de médecins. Si vous vous intéressez plutôt à la programmation, vous pouvez chercher des comptes de développeurs, etc. Au bout d’un certain temps, vous constaterez qu’il y a souvent des réseaux de connaissances dans ces domaines, qui se manifestent notamment par l’usage d’un jargon et d’un humour particulier. L’un comme l’autre peuvent être vus comme des marqueurs d’appartenance à un groupe, et les maitriser (ou au moins les comprendre) peut grandement aider à comprendre le fonctionnement global de ce milieu.

Les articles scientifiques

Une fois que vous commencez à être documenté sur un sujet, vous pouvez essayer de lire des articles scientifique sur un sujet qui vous intéresse. En effet, dans le milieu universitaire, les connaissances sont souvent diffusées par des articles, qui sont des textes de quelques dizaines de pages, qui sont revus par un comité de lecture, c’est-à-dire un groupe de scientifiques du même domaine, et qui sont publiés dans des revues.

Or, ces revues sont souvent vendues à prix d’or (quelques-unes font exception et sont en libre accès), si bien que même certaines universités doivent renoncer à leurs abonnements. Ce sujet est abordé plus en détail dans cette vidéo de DirtyBiology.

Pour trouver des articles sur un domaine particulier, le mieux est de connaitre un moteur de recherche dédié. En sciences humaines, on peut notamment citer Persée et Cairn. Plus généraliste, il y a aussi le moteur Google Scholar. Pour lire de façon « optimisée » un article scientifique, je vous recommande cette vidéo de Science Étonnante.

Les livres et manuels universitaires

Enfin, un autre moyen — peut-être le plus efficace de tous dans notre cas — d’apprendre des choses sur un domaine spécifique, est de profiter des bibliothèques universitaires. En effet, ces bibliothèques sont publiques, et n’importe qui peut donc y accéder, sans être étudiant, enseignant ou chercheur. Pour les détails pratiques, le mieux est d’aller sur le site de l’université la plus proche de chez vous, et de trouver les pages concernant ces bibliothèques universitaires (appelées BU), qui vous donneront leurs adresses et leurs horaires. Vous avez aussi souvent un moteur de recherche pour trouver des livres particuliers dans leurs catalogues. Ainsi, il vous est tout à fait possible de consulter sur place des livres spécialisés sur le domaine qui vous intéresse. Attention, toutefois, certains sont très difficiles d’approches car ils demandent de solides connaissances pour être abordés, ne vous découragez pas si les premiers livres que vous ouvrez vous semblent incompréhensibles, il y en aura forcément d’autres qui seront beaucoup plus abordables.

Enfin, sachez que même sans être inscrit à l’université, vous pouvez aussi vous inscrire dans une bibliothèque universitaire afin de pouvoir emprunter des livres. Les tarifs sont très variables, mais sont souvent de l’ordre d’une trentaine d’euros par an. N’hésitez pas à vous renseignez auprès des documentalistes !


C’est la fin de ce court billet, merci de l’avoir lu ! J’espère qu’il vous aura été utile, et qu’il vous aura donné envie de prolonger l’apprentissage de vos centres d’intérêt. N’hésitez surtout pas à me faire part de vos question, remarques et critiques dans les commentaires. :)

Le logo de celui-ci provient de Flickr et est sous licence Creative Commons By 2.0 Frédéric Bisson.


  1. Source

  2. Source

  3. Je considère en effet que quelque chose d’aussi simple qu’écrire quelque chose sur Zeste de Savoir constitue déjà un acte militant au sens fort, dans la mesure où tout partage de connaissance contribue à affaiblir la hiérarchie sociale qui peut exister entre les individus.



30 commentaires

Super intéressant comme billet ! Merci @rezemika ! :D

[…] 90,6 % pour les enfants d’enseignants avaient un baccalauréat en 2002. […]

Est-ce que tu sous-entendrais par là que les enfants d’enseignants auraient de meilleurs résultats lors des études ?

+0 -0

Super intéressant comme billet ! Merci @rezemika ! :D

Merci beaucoup ! :)

[…] 90,6 % pour les enfants d’enseignants avaient un baccalauréat en 2002. […]

Est-ce que tu sous-entendrais par là que les enfants d’enseignants auraient de meilleurs résultats lors des études ?

Vanadiae

Oui, ou en tout cas ils ont plus de chances de réussir leurs examens. L’explication est double. D’une part, les enseignants sont généralement issus de classes moyennes ou supérieures, et ils ont donc un bon capital culturel de base. D’autre part, leur statut fait qu’ils connaissent mieux que personne les exigences du système scolaire, et donc qu’ils sont les plus à même d’y préparer leurs enfants, de les aider à réviser, ou de les conseiller pour leur orientation (c’est quelque chose de tellement complexe qu’il existe des Centres d’Information et d’Orientation, donc pour un parent ouvrier qui s’est arrêté à la fin du collège, conseiller ses enfants sur les filières du bac ou de l’université, c’est un peu compliqué ^^ ).

"Les accidents dans un système doivent se produire, mais il n’est pas obligatoire qu’ils produisent pour vous et moi." Laurence Gonzales - Deep Survival

+2 -0

Très bon billet, et il n’est jamais inutile de rappeler tout ça :)


Ceci étant dit, il y a d’autres questions sous-jacentes qui mérites d’êtres posées:

  • Partons du principe que pour qui le veux, la connaissance (au sens général du terme) est disponible et accessible (c’est ce que ton billet tend à montrer, et c’est très bien). Néanmoins, comment susciter cette envie ? Comme éveiller, chez les gens, cette envie d’aller voir des chaînes de vulgarisation et de s’intéresser à des choses qui sont certes très intéressantes, mais pas directement utiles ?
  • Partons du principe que sur internet existe tout et son contraire: comment, du coup, lutter contre des pseudo-sciences ? Ça a l’air tout à fait évident quand on à l’habitude du raisonnement scientifique, mais c’est un vrai problème dans l’absolu. Et il est globalement plus facile de tomber sur de fausses infos que sur des vraies :/
  • Est ce qu’on peut réellement comprendre quelque chose sans y avoir consacré sérieusement du temps ? Le savoir est, grosso modo, hiérarchisé: on doit souvent comprendre et maîtriser A avant de comprendre et maîtriser B. Les vidéos de vulgarisations et tutos ne sont souvent pas hiérarchisées (les vulgarisateurs passent d’un domaine à l’autre d’une vidéo à l’autre, ce qui est très chouette en soi, mais ne permet pas de s’attaquer à un sujet en profondeur). Comment guider une personne pour qu’elle ne "papillonne" pas entre différents sujets, sans au final n’en avoir qu’une connaissance superficielle?
  • Et de manière générale, ou s’arrête la "culture générale" (que je définirais comme "tout ce qu’un chacun devrait savoir pour ne pas dire n’importe quoi sur un sujet donné") et ou commence "la connaissance approfondie d’un domaine" ? Et pour boucler sur mon premier point, comment s’assurer que tout un chacun puisse posséder cette "culture générale" ?

J’ai pas spécialement de réponse arrêtée, mais je pense que malheureusement, dire "le savoir est là" n’est pas suffisant (sinon, tout le monde irait à la bibliothèque). Il faut "quelque chose de plus" pour que ça fonctionne (mais je ne sais pas quoi).

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

+4 -0

Je suis d’accord avec le constat mais pas forcément sur les causes mentionnées.

Si les parents pauvres ont moins d’enfants qui vont dans le supérieur, se concentrer sur le capital culturel n’est pas je pense la meilleure explication. Et surtout c’est difficile de changer cette situation : le capital culturel d’un enfant issu de parents ouvriers sera difficile à améliorer par l’école uniquement.

Il y a plein de choses qui affecte l’apprentissage des enfants issus de milieux populaires. Tout d’abord le niveau scolaire des parents est souvent plus faible, ont une maîtrise du français moins bonne voire très faible dans certains cas et certains d’entre eux ont probablement eu eux même des difficultés à l’école. Les parents ne peuvent donc pas aider leurs enfants dans la réussite scolaire et sont un peu livrés à eux mêmes pour leur apprentissage. La solution pour cela est le développement du soutien scolaire et du suivi des élèves en difficulté.

L’autre problème souvent négligé est l’orientation. L’orientation en France est assez complexe et dotée de règles non officielles assez obscures. Par exemple les filières les plus prestigieuses comme les classes préparatoires reposent la sélection sur le dossier de seconde et de première. Beaucoup de parents pensent à tort que la Terminale et le bac sont déterminants et négligent donc l’importance d’un dossier scolaire impeccable à ce stade.

La quantité de filières disponibles et de ce qu’elles permettent ou pas est aussi problématique. BTS, DUT, classes préparatoires, hautes écoles et universités sans compter les écoles plus spécialisées. C’est une jungle avec beaucoup de jargons, de cas spécifiques et il est difficile finalement de savoir quelle filière sera la plus adapté à l’enfant. Sans compter les métiers et les matières en eux mêmes qui complexifient encore plus ce choix. Or on est relativement peu renseigné spontanément au lycée à ce sujet (surtout avant la Terminale, ce qui est trop tard), il faut chercher par soi même. Des parents qui n’ont pas conscience de l’ensemble de ces possibilités ne pourront pas guider leur enfant au mieux.

Je pense sincèrement que l’orientation est un gros problème scolaire en France. Peu de renseignements fiables données par les écoles, ils ne sont pas proactifs sur le sujet laissant les familles se débrouiller en général. Cela est un handicap pour ceux qui viennent d’un milieu où ce savoir n’est pas connu.

Enfin, je pense qu’il y a un problème de liens avec la vie courante qui est plus générale que la question classes populaires / classes aisées par exemple. Combien de fois on peut entendre un élève dire m’en moque d’être nul dans cette matière, cela ne me servira à rien de toute façon dans ma vie. Je l’ai d’ailleurs prononcé à regrets moi même. :D

Cela entretient des faiblesses dans des domaines à une période de la vie où tout est possible et tout peut se corriger. Mais si cela n’est pas fait, le dossier scolaire s’en ressentira et les faiblesses non corrigées peuvent mener à une orientation inadéquate ou à des difficultés croissante à suivre la voie finalement choisie.

C’est particulièrement le cas pour les matières où la connaissance scolaire est souvent abstraite du monde réel comme les mathématiques. L’élève ne perçoit pas l’intérêt du calcul d’une dérivée / intégrale, des fonctions trigonométriques, des nombres complexes ou autres. Et quand cela devient utile en physique par exemple, c’est souvent 2–3 ans plus tard et c’est trop tard car la lacune devient difficile à corriger à ce stade.

Mais c’est pareil pour les langues dans un pays où le français est tellement omniprésent l’utilité de connaître une langue étrangère n’est pas perçue, ou pour d’autres matières où le lien avec la vie quotidienne n’est pas perçue.

Là en l’occurrence c’est un problème de capital culturel, le parent ne peut pas aider l’enfant à percevoir l’utilité (qu’ils ne perçoivent pas eux même, après tout cela ne te servira à rien dans la vie) de poursuivre l’apprentissage d’une matière perçue comme non pertinente ce qui conduit à l’abandon de son apprentissage. Et plus tu deviens mauvais, plus redresser la barre devient difficile, et plus tu te décourages, etc. Cercle vicieux.

L’école peut corriger ce tir en revoyant sa manière d’aborder l’apprentissage d’une matière. Il faudrait en ce sens plus de transversalité dans l’apprentissage et indiquer en quoi ce que l’on apprend est utile que ce soit pour maintenant ou plus tard. Et cela est particulièrement vrai pour les maths qui sont enseignés de manière très abstraites / déconnectées de la réalité et où le temps entre la nouvelle notion mathématique et son application en physique est souvent trop long.

Exemple bête, les dérivées. C’est abordé en début de première scientifique et en physique on ne s’en sert qu’un an voire un an et demi plus tard pour la mécanique du point et l’électronique. Et encore dans des versions très édulcorées. Je suis certain qu’on peut faire en sorte que l’un suive l’autre plus rapidement ou qu’en tout cas durant l’enseignement mathématique on aborde des problèmes plus concrets que le calcul bête et répétitif de la dérivée d’une fonction sortie de nul part.

L’école a un grand rôle à jouer là dessus, essayer de rendre donc le savoir acquis plus concret, plus sexy aussi auprès des élèves. Car si certains élèves acceptent volontiers de jouer le jeu d’apprendre des choses abstraites sans se préoccuper de son utilité réelle, ce n’est clairement pas le cas de tous les élèves et ces derniers sont donc mis de côté un peu bêtement.

Pour l’aspect culture et capital culturel en dehors de l’école, car l’école ne peut pas tout faire, je me suis exprimé hier dans ce topic. Je pense qu’il faut favoriser un contact constant entre la science et le grand public adulte comme enfant. Et pour cela il faut s’appuyer sur les médias de masse comme la presse écrite, radio et télévision. Cela passe par développer ou maintenir des émissions comme C’est pas sorcier, Il était une fois la vie, etc. ou E=M6. Mais aussi que le CSA ou d’autres autorités du secteur obligent les médias à traiter un minimum de contenu scientifique dans leurs programmes et ce dans le respect de la déontologie journalistique et avec un contenu sérieux. Il n’y a que comme ça qu’on peut maintenir ou susciter l’intérêt auprès de la population générale.

C’est d’ailleurs l’avantage de ces contenus, c’est que les flux sont centralisés, la qualité du contenu peut être vérifié et comme le contenu vient aux gens cela simplifie le contact avec la population. Internet c’est beau mais comme souligné plus haut par Pierre, il faut chercher pour trouver (tu ne tombes pas par hasard sur du contenu de qualité en général) et comme tout est décentralisé tu peux tomber sur du contenu de mauvaise qualité sans qu’aucun autorité ne puisse rien faire pour résoudre le problème. :/

Édité par Renault

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+3 -0

HS, désolé

Je voudrais aussi préciser qu’il faudrait revaloriser les filières courtes. On a besoin de charpentiers, de boulangers, ou d’employés tout comme on a besoin de cadres supérieurs et de médecins.. Ce serait bien qu’on s’en souvienne, et que l’on n’enfonce pas des gens qui auront moins d’avantages financiers en les dévalorisant socialement. Je pense aussi que ça pourrait permettre d’éviter en partie le décrochage scolaire, si on arrêtait de dire qu’il faut absolument faire des études longues et que les études courtes ne sont qu’une solution de secours.

Édité par Phigger

+2 -0

@Phigger, tout à fait mais quel est le rapport avec le savoir scientifique ?

Favoriser la poursuite des études en boulangerie ne t’aidera pas à maintenir ou à éveiller tes connaissances scientifiques.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+0 -0

Hmm, oui, effectivement, je digresse un peu, désolé x) Mais c’était à cause des statistiques sur les études longues, les problématiques d’orientation, j’ai dévié sur un sujet qui me tient à coeur.

Hors-sujet, donc je vais mettre un petit spoiler là-dessus ^^

Donc effectivement, même en cas d’études courtes, on devrait avoir les connaissances suffisantes pour comprendre le raisonnement scientifique, être capable de réaliser quand on est compétent ou non pour se prononcer sur un sujet. Et être en mesure de vérifier une information quand on la lit.

Malheureusement, comme tu le dis, la rigueur scientifique n’est pas vraiment réglementée dans les médias, et finalement on n’a pas l’habitude de la science.

+0 -0

Est-ce qu’un site comme ZdS réduit la fracture du savoir ou l’amplifie ?

Je m’explique : les gens qui lisent des tutoriels sur internet, ils ne seraient pas déjà majoritairement dans la catégorie de ceux qui ont le savoir ?

+3 -0

Pour moi ce n’est pas une réflexion très pertinente. Dans le sens où tout moyen de diffuser du savoir en ne mettant pas des barrières arbitraires ou discriminatoires est bon à prendre. Si ZdS avait une politique élitiste, en n’autorisant la consultation que dans des milieux favorisés, cela pourrait faire l’objet de débat. Ici ZdS est neutre, il offre du savoir accessible à tous.

Et ZdS peut servir de support ou de ressources pour aller plus loin dans le milieu associatif ou éducatif et donc aider en soit à réduire la fracture du savoir.

Le vrai débat est plutôt dans la scolarité qui est une étape commune et obligatoire. Et de part le rôle de l’État, c’est de sa responsabilité de s’assurer que tous les enfants aient accès à un socle de base de connaissances et qu’ils aient la possibilité d’aller plus loin par eux mêmes. Mais aussi de s’assurer que les moyens de communications médiatiques relaient également du contenu potable.

C’est là où sont les leviers d’actions pour réduire durablement et de manière globale la facture. Le reste sont des initiatives dont la porté sera souvent trop confidentielle pour répondre au défi.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+1 -0

Partons du principe que pour qui le veux, la connaissance (au sens général du terme) est disponible et accessible (c’est ce que ton billet tend à montrer, et c’est très bien). Néanmoins, comment susciter cette envie ? Comme éveiller, chez les gens, cette envie d’aller voir des chaînes de vulgarisation et de s’intéresser à des choses qui sont certes très intéressantes, mais pas directement utiles ?

J’ai justement tendance à penser que ce n’est pas vraiment le cas, dans le sens où il y a justement une grande différence dans l’accès au savoir selon les classes sociales. Ce billet est plus une tentative de « rustine » face à cela, mais il me semble illusoire d’espérer que quelques enfants d’ouvriers qui empruntent des livres à la BU pourront compenser les différences de classes qui existent entre eux et les enfants de cadres supérieurs qui sortent de grandes écoles d’ingénieurs. Je pense aussi que ce état de fait est profondément lié à la structure même de la société, et qu’on ne peut pas changer l’un sans changer en profondeur l’autre. Rendre le système scolaire égalitaire (parce qu’il est loin de l’être : donner une même question à des personnes qui ont des niveaux et des moyens de compréhension différents, c’est maintenir ces différences) entrainerait un bouleversement majeur de ce qu’on pourrait appeler « l’ordre social ». Ce n’est à mon avis pas par hasard si les mouvements étudiants sont souvent plus intenses dans les filières de sciences humaines, car socialement, elles se situent à mi-chemin entre l’enseignement supérieur élitiste et les cycles d’études courts (je n’ai plus les chiffres exacts en tête, mais on y rencontre bien plus d’enfants issus de milieux populaires que dans les filières de droit ou de médecine), et ce sont donc les premières à enseigner le savoir critique à ceux qui en sont habituellement exclus.

Est ce qu’on peut réellement comprendre quelque chose sans y avoir consacré sérieusement du temps ? Le savoir est, grosso modo, hiérarchisé: on doit souvent comprendre et maîtriser A avant de comprendre et maîtriser B. Les vidéos de vulgarisations et tutos ne sont souvent pas hiérarchisées (les vulgarisateurs passent d’un domaine à l’autre d’une vidéo à l’autre, ce qui est très chouette en soi, mais ne permet pas de s’attaquer à un sujet en profondeur). Comment guider une personne pour qu’elle ne "papillonne" pas entre différents sujets, sans au final n’en avoir qu’une connaissance superficielle?

Je plussoie. Ce n’est d’ailleurs pas très explicite dans le billet, mais je considère la vulgarisation plus comme une « première étape » d’un apprentissage, elle permet justement de découvrir l’étendue d’un domaine, et l’apprenant peut ensuite décider sur quels sujet il ou elle souhaite approfondir. La question du guidage est intéressante, mais je ne saurais pas vraiment y répondre. Peut-être justement avec quelques manuels qui balayent très larges, puis avec des livres plus spécialisés sur chaque sous-domaine ?

(J’aurais malheureusement bien du mal à répondre à tes autres questions, bien qu’elles soient tout à fait à propos.)

@Renault : Amen to that.

Cela dit, je pense qu’une partie de l’explication réside aussi dans le « rapport au savoir » qu’entretiennent les différentes classes sociales. Dans les milieux populaires, le savoir est très instrumental, on apprend des choses parce qu’elles nous serviront à avoir un travail, qui nous servira à gagner de l’argent, qui nous servira à vivre. Le travail comme source d’autonomie et de réussite sociale y est tellement présent que faire des études longues peut même être presque dévalorisé, parce que pendant ce temps là, on ne gagne pas sa vie. Décrocher un petit boulot saisonnier peut être mieux perçu que décrocher une licence. Dans les milieux plus aisés, on sait qu’on « a de la marge », et que quoi qu’il arrive, on a de bonnes chances de trouver ne serait-ce qu’un petit boulot, du coup, on peut se permettre d’avoir un rapport ludique au savoir, d’apprendre des choses parce que ça nous fait plaisir.

À ce sujet, je conseille particulièrement cette interview de Michel Foucault sur la hiérarchie créée par les rapports au savoir.

Je plussoie également @Phigger, la dévalorisation des filières courtes est une grosse partie du problème (ainsi que le fait que plein de choses utiles ne soient enseignées que dans le supérieur et pas dans le secondaire).

@elegance : Il y a certes un lien de ce genre assez probable. Néanmoins, comme le dit Renault, le fait que ZdS soit en accès libre, sans sélection à l’entrée, avec une politique qui se veut inclusive, fait que le bilan final reste bien meilleur qu’avec le système éducatif actuel.

"Les accidents dans un système doivent se produire, mais il n’est pas obligatoire qu’ils produisent pour vous et moi." Laurence Gonzales - Deep Survival

+0 -0

Dans la catégorie « première dose », une initiative qui se fait beaucoup par chez moi et que je trouve très intéressante consiste à donner des cours de soutien aux élèves en difficultés à la bibliothèque communale. Ça fait pousser les portes de la bibliothèque à des enfants et à des parents qui ne l’auraient sûrement jamais fait sinon.

Je vous rejoins dans le constat, mais je n’ai pas de solution applicable personnellement. Parce dire qu’il faut réformer l’éducation nationale ou le CSA, c’est facile, mais concrètement, à notre échelle, ça n’aide pas.

De plus, je viens d’une famille dans laquelle l’école, la connaissance sont très importantes. Donc j’ai beaucoup de mal à me mettre à la place de gens que l’école rebute.

Hier, dans le parc, j’ai vu une petite vieille entourée de dinosaures aviens. Je donne pas cher de sa peau.

+2 -0

Dans les écoles d’ingénieurs, l’écart est encore plus visible : 13,8 % des étudiants ont des parents ouvriers ou employés, contre 54,1 % qui ont des parents cadres supérieurs.

Ce ne serais pas dû au fait que les écoles d’ingénieurs coûtent beaucoup plus chère que les simples "frais de dossier" universitaire ? Parce que ça expliquerais quand même largement la différence qui est énorme.

Нова Проспект (/,>\text{(}/ , \text{>}

+1 -0

Si en effet, c’est surement un des principaux facteurs. Mais du coup, le prix constitue aussi une forme de sélection sociale assez explicite…

"Les accidents dans un système doivent se produire, mais il n’est pas obligatoire qu’ils produisent pour vous et moi." Laurence Gonzales - Deep Survival

+1 -0

Oui et non.

Oui car les écoles privées sont effectivement chères et je ne crois pas que les bourses permettent de compenser ce coût. Cependant les écoles d’ingénieures publiques ont dans l’ensemble une meilleure réputation et sont je crois plus nombreuses.

Dans le public c’est de l’ordre de 500€ / an ce qui est je crois similaire aux tarifs d’un master en université. Sachant que les boursiers du coup n’avancent en fait rien à ce niveau. Donc le coût de l’inscription dans une école d’ingé publique n’est pas le frein de l’accès à ces études aux classes populaires.

Après ne pas négliger un autre facteur. Plus on monte haut dans les études, moins tu as des établissements susceptibles de t’accueillir près de chez toi. Du coup cela signifie que l’étudiant doit déménager, dans un logement et avec les frais que cela engendre. La bourse doit combler une partie du coût mais je ne suis pas convaincu que cela soit suffisant, notamment si l’étudiant doit rejoindre une zone assez chère comme Paris.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+4 -0

Pas encore lu les commentaires mais pour les sciences sociales, j’ai tendance à recommander Isidore regroupant les différents portails en Open Access.

La tero estas nur unu lando | Géographe de service | Cliquez 👍 pour dire merci

+1 -0

Staff

Merci de supprimer le lien et la mention de Scy-Hob pour une question de respect de la législation.

Des voies détournées peuvent être utilisées pour faire comprendre le message mais les CGU imposent de respecter les lois françaises (donc celle de la protection des droits d’auteurs et de diffusion).

+3 -1

Arf, le lien vers la page Wikipédia est illégal également ? :/

"Les accidents dans un système doivent se produire, mais il n’est pas obligatoire qu’ils produisent pour vous et moi." Laurence Gonzales - Deep Survival

+0 -0

Merci de supprimer le lien et la mention de Scy-Hob pour une question de respect de la législation.

Des voies détournées peuvent être utilisées pour faire comprendre le message mais les CGU imposent de respecter les lois françaises (donc celle de la protection des droits d’auteurs et de diffusion).

Holosmos

Le lien ne mène pas à Sci-Hub. Il n’est pas interdit de parler d’un site illégal. Par exemple TPB, il y en a même un film !
L’essentiel étant de ne pas inciter à les utiliser.

Une mention du caractère illégale et de l’indisponibilité du site Web en France suffit.

« Pour les autres, certaines personnes utilisent l’outil Sci-Hub, un site internet illégal et inaccessible en France, qui propose un accès gratuit à de très nombreux articles normalement payants. »

Ceci me semble largement correcte.

Il y a une différence entre respecter le cadre de la loi Française et allez jusqu’à censurer toutes mentions de l’existence de site Web à caractère illégal.

Édité par ache

ache.one                 🦹         👾                                🦊

+2 -0

Merci pour l’article et la discussion qui en a suivi. C’est un sujet vraiment intéressant (et crucial), et j’aime beaucoup certaines des initiatives avancées par Renault.

J’ai l’impression qu’une part fondamentale qui manquait à l’école lorsque j’y étais encore, c’est le goût du savoir.

Les élèves qui s’en sortaient le mieux (en ratio gain / galère j’entends) étaient souvent ceux qui aimaient apprendre, qui avaient envie de savoir. Certains travaillaient dur, parce qu’on leur entourage les y poussait. Certains ne foutaient rien, parce que "ça me servira à rien de toute façon je sera Youtuber" (à l’époque ça existait pas hein, mais bon c’est l’idée). Et entres ceux là, y’avait quand même pas mal de gens qui avançaient parce que ça les intéressait.

Et pour le coup, j’ai l’impression que c’est un levier sur lequel il n’est pas si difficile de progresser, de mieux faire.

Je pense qu’on est plusieurs à avoir vécu des journées de rencontre avec des gens qui nous expliquent ce qu’ils font dans la vie. (la journée des parents, reprise dans tous les films / séries hollywoodiennes, donc j’imagine que ça se fait pas mal là-bas).

Mais je n’ai pas de souvenir marquant de rencontres scientifiques qui m’aient marqué. Autant des sorties scientifiques à la cité de l’espace ou autre, oui. Autant des gens venus m’expliquer pourquoi ils adorent leur métier, et en quoi ce qu’ils ont appris à l’école fait sens, je ne m’en souviens pas.

J’ai l’impression que ça pourrait apporter un élément neutre dans l’histoire (donc sur base de bénévolat hein, pas d’abattement de taxe professionnelle, ou d’impôts ou de cadeau CIR ou que sais-je), mais un vrai devoir de citoyen que de se retrouver face à face avec une classe de différents niveaux et leur expliquer ce qui, dans la vie, nous aide.

J’ai plein de micro-exemples en tête, de la trigo aux stats à l’algèbre, mais même de philo ou de latin (bah quand t’as pas appris l’Espagnol à l’école et que tu te retrouves à aller là-bas, le fait d’avoir "appris à apprendre" une langue, et les racines latines, l’air de rien ça aide !).

Et j’ai l’impression que l’école n’arrivera pas à faire ça toute seule, qu’on doit l’y aider. Pour deux raisons :

  • un professeur, son métier c’est d’être professeur, il n’a aucune légitimité aux yeux des élèves pour leur donner du sens sur des trucs de la vraie vie (pro ou pas, d’ailleurs)
  • les élèves sont pas totalement débiles et comprennent le système, si on leur dit "je te l’apprends parce que ça te servira à X" ils vont répondre : "tu me l’apprends parce que c’est marqué dans le programme contre lequel tu passes ton temps à grogner mais tu le fais pour gagner ta croûte, me prends pas pour un lapin de 3 mois"

En fait, faire intervenir des gens de l’extérieur briserait ce biais, en introduisant un élément neutre. Donc à faire de façon totalement désintéressée (sinon ça casse le truc, ça remet un biais).

J’imagine que ça se fait déjà, par opportunité là où c’est possible, mais ça devrait vraiment faire être une partie centrale de l’école.

Evidemment, c’est pas si simple que ça (et si la personne véhicule des idées délirantes au hasard Terre plate, etc.) ou qui vont à l’encontre de ce qui est fait dans l’éducation… Donc ça passe par un "entretien individuel" préalable avec le professeur, donc du boulot en plus pour les professeurs, etc. etc.

J’ai pas la solution miracle, mais il me semble que quand les parents ne peuvent pas donner du sens ou donner envie d’apprendre (parce qu’eux n’en ont jamais eu envie, ont eu une expérience traumatique de l’école, ou que sais-je encore) je pense que c’est la société elle-même qui a un rôle à jouer.

Happiness is a warm puppy

+4 -0

un professeur, son métier c’est d’être professeur, il n’a aucune légitimité aux yeux des élèves pour leur donner du sens sur des trucs de la vraie vie (pro ou pas, d’ailleurs)

Oui et non.

Le professeur n’est pas un surhomme et ne peut pas tout faire et probablement moins contenter tout le monde. Mais c’est quand même son rôle de faire en sorte que sa matière soit comprise et travaillée par ses élèves au maximum de leurs capacités.

Cela implique donc de la pédagogie et d’être capable de rendre son cours intéressant, quelque soit le moyen.

Je vais prendre un exemple personnel qui a été douloureux une longue partie de ma vie : les mathématiques. Jusqu’en première, pas de soucis, car c’est simple, assez terre à terre et ludique. Mais en première tu commences à voir des choses plus abstraites, des formalismes plus lourdes. Et personnellement j’ai lâché. La prof au lycée n’était pas mauvaise, mais elle ne parvenait pas à me faire saisir l’intérêt de ce qu’on voyait. Et faire des dérivées ou intégrales pour faire des dérivées ou intégrales, ça peut amuser certains mais je trouve ça chiant. Et encore, en CPGE ça a été pire avec l’analyse et l’algèbre linéaire, des formalismes et définitions à n’en plus finir, tu enchaines tellement les notions abstraites que tu en oublies le lien géométrique ou réel de ce que tu vois… À se demander pourquoi les mathématiciens s’infligent ça.

J’ai toujours eu le déclic quand la notion mathématiques a été abordé en physique. Là j’ai compris l’intérêt de ce qu’on a vu, et mieux que ça, je voyais aussi à quoi ça correspondait. J’étais nul sur l’aspect calculatoire car je ne le travaillais pas (c’est chiant) mais au moins je m’en sortais en terme d’intuition des objets ou propriétés.

Et plus amusant encore, en première ou terminale S, en maths, les seuls sujets sur lesquels c’était concret d’entrée de jeux c’était les probabilités. Les exercices étaient plus concrets, avec des jeux de cartes, des boules à tirer ou d’autres situations de la vie quotidienne. Ces exercices étaient je trouve rare pour les autres chapitres à mon grand regret. Pourtant il y a de quoi faire.

Du coup je me dis qu’avec un programme un peu mieux foutu (le prof n’a donc aucune responsabilité là dessus) et un prof avec une approche un peu plus ludique, ça aurait pu changer pas mal de choses.

Le programme devrait être plus allégé, pour éviter la course à la vitesse qui fait perdre des élèves en route, mais aussi pour permettre au prof d’aborder son enseignement de manière plus transverse. La littérature ou les arts peuvent permettre de faire le lien avec un contexte historique (et vice-versa), les maths et autres matières scientifiques ont des possibilités de transversalité importantes, etc. Cela aiderait à donner sens à tous ces enseignements et à limiter je pense le décrochage de ceux qui ont besoin de concret pour se motiver.

les élèves sont pas totalement débiles et comprennent le système, si on leur dit "je te l’apprends parce que ça te servira à X" ils vont répondre : "tu me l’apprends parce que c’est marqué dans le programme contre lequel tu passes ton temps à grogner mais tu le fais pour gagner ta croûte, me prends pas pour un lapin de 3 mois"

Bof non, je n’ai jamais entendu ce genre de remarques en tout cas. Mais j’en connais pas mal qui durant ma scolarité ne pouvaient se motiver qu’avec du concret dans l’apprentissage. Être trop théorique ou dans le par cœur était rebutant.

Car aussi le soucis de l’école c’est la notion de contrainte qui peut retirer sur plaisir à l’apprentissage. Tu es obligé d’apprendre une langue vivante (avec un choix souvent limité), tu es obligé d’étudier de la littérature un peu ancienne avec des œuvres chiantes (coucou Zola), etc. L’élève est donc obliger de venir à l’école, apprendre des trucs qu’on lui impose et qu’ensuite il travaille à la maison pour avoir de bonnes notes. On peut comprendre aisément que s’il ne saisit pas l’intérêt de cet enseignement, il décroche.

C’était d’ailleurs mon cas avec l’anglais (expérience traumatique 2 du collège / lycée). Apprendre les verbes irréguliers c’est chiant, apprendre la grammaire qui n’a pas beaucoup de logique (comme le français), c’est chiant et pourtant tu es obligé, génial pour la motivation. J’ai débloqué quand je devais lire des articles ou livres en anglais pour apprendre quelque chose. Ça m’a motivé à apprendre et à part mon accent dégueulasse aujourd’hui ça va. Mais j’ai perdu une belle opportunité de le faire plus tôt, plus jeune. Et par ailleurs j’apprends volontairement le néerlandais en cours du soir mais comme j’y vais pour le fun je me bloque bien moins qu’à l’époque avec l’anglais. Et accessoirement la prof de néerlandais est moins axée sur le respect strict de la grammaire et des irrégularités de la langue que de nous faire pratiquer en s’amusant la langue même si on se plante. C’est plus sain et agréable.

Personnellement je pense qu’il y a donc matière à travailler sur ce point je pense, la pédagogie c’est important et la structure des programmes aussi. Or ils sont assez négligés de mon point de vue.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+2 -0

Car aussi le soucis de l’école c’est la notion de contrainte qui peut retirer sur plaisir à l’apprentissage. Tu es obligé d’apprendre une langue vivante (avec un choix souvent limité), tu es obligé d’étudier de la littérature un peu ancienne avec des œuvres chiantes (coucou Zola), etc. L’élève est donc obliger de venir à l’école, apprendre des trucs qu’on lui impose et qu’ensuite il travaille à la maison pour avoir de bonnes notes. On peut comprendre aisément que s’il ne saisit pas l’intérêt de cet enseignement, il décroche.

Je plussoie ça. J’ai toujours plus ou moins détesté travailler sous contrainte, donc je faisais en sorte que les matières étudiées aient un intérêt en soi et pas parce qu’on nous l’enseigne. Concrètement j’étais curieux.

Une bonne question, ça serait de se demander si on peut vraiment apprendre aux élèves à être curieux, et donc à se dégager d’une partie de la contrainte (l’autre partie étant qu’à part si on est un génie, bah il faut quand même un minimum de travail pour maintenir ses connaissances).

+0 -0

Quelques réflexions en vrac sans détailler parce que je suis sur mobile :

  • On a un énorme problème de formation pédagogique de nos instituteurs et profs en France. Même pour ceux qui sont demandeurs de formations c’est la misère.
  • Aucun enseignant de ma connaissance n’est satisfait des programmes, qui sont visiblement conçus par des gens qui n’ont plus vus une classe depuis des lustres.
  • On essaie d’enseigner des langues via des cours magistraux à des classes entières de niveaux très hétérogènes. Ça n’a aucune chance de fonctionner.
  • Mais merci à ma prof d’anglais de seconde qui m’a assommé pendant un an avec les verbes irréguliers. À l’époque que l’ai détestée mais je suis un des rares entre mes amis et collègues à les utiliser correctement, y compris par rapport à des gens qui s’expriment en anglais plus souvent que moi.
  • Un des plus gros défis pédagogiques de l’enseignement c’est justement de faire apprendre tous ces trucs inintéressants au possible mais parfaitement indispensables pour la suite.
  • J’ai été boursier toute ma scolarité supérieure (7 ans). L’IUT et l’école d’ingénieur publique ne coûtent pas spécialement plus cher que la fac, vu que dans ce cas ça coûte 0 (le 1er palier de bourse se contente d’ailleurs d’annuler les frais d’inscription).
  • Une bonne majorité d’enseignants du supérieur est chercheur plus qu’enseignant et donne cours parce qu’ils n’ont pas le choix, et ça se ressent beaucoup. Dans ceux qui aiment donner cours, trop ne savent pas faire et sont imbitables.
  • Mes intervenants professionnels dans le supérieur étaient les pires de tous, aucun n’avait la moindre idée de comment construire un cours ou les bases de la pédagogie élémentaire.
Vous devez être connecté pour pouvoir poster un message.
Connexion

Pas encore inscrit ?

Créez un compte en une minute pour profiter pleinement de toutes les fonctionnalités de Zeste de Savoir. Ici, tout est gratuit et sans publicité.
Créer un compte