Les accords et leur petite histoire

Une approche historique de la musique contemporaine

a marqué ce sujet comme résolu.

Tout le monde se secoue ! :D

J’ai commencé (il y a 6 heures) la rédaction d’un tutoriel au doux nom de « Les accords dans la musique contemporaine » et j’ai pour objectif de proposer en validation un texte aux petits oignons. Je fais donc appel à votre bonté sans limites pour dénicher le moindre pépin, que ce soit à propos du fond ou de la forme. Vous pourrez consulter la bêta à votre guise à l’adresse suivante :

Merci !


Salut !

Le but de ce tutoriel n’est pas de concurrencer celui de @Ryx sur les accords.

En fait, je suis en train de revisiter mon tuto sur le jazz, et j’envisage de le compléter avec un autre sur le stride (rien de nouveau c’était déjà annoncé), et je ressens le besoin d’un tutoriel complémentaire à celui de Ryx sur la formation des accords, qui explique ceux-ci en adoptant un point de vue "jazz/contemporain" (en gros, on empile jusqu’à 7 tierces… du coup un accord c’est un peu la même chose qu’une gamme… etc.), pour que toutes ces notions soient décrites en un seul endroit, et que les tutos soient globalement plus légers.

Cependant, vu que le tuto stipule clairement "dans la musique contemporaine", j’introduis celui-ci en expliquant le "pourquoi du comment" de la conception contemporaine, et donc avec une approche historique qui sert à expliquer comment la musique et l’harmonie sont devenues de plus en plus complexes, y compris (et surtout) depuis l’époque classique, et également de manière à bien montrer que les deux approches (classique et contemporaine) sont complémentaires : la théorie classique est beaucoup plus minutieuse sur bien des aspects, alors que l’approche contemporaine, plus laxiste d’un point de vue général, embrasse une plus grande complexité.

En fait, il n’y a qu’à aller consulter les pages wikipédia sur les accords de septième et les accords de neuvième pour se rendre compte des que la théorie classique s’est retrouvée de plus en plus en difficulté face à la complexification du système tonal :

  • Il y a au moins trois pages distinctes sur les accords de septième (d’espèce, de dominante avec fondamentale, de dominante sans fondamentale…)
  • Les sous-titres de la page sur les accords de neuvième font un peu peur : j’ai du mal à comprendre pourquoi on différencie tous ces cas.
  • Au-delà, on ne trouve plus qu’une page commune pour les accords de onzième et de treizième… comme si les théoriciens avaient finalement renoncé ("et puis merde, à la fin ! Ils nous emmerdent les compositeurs avec leurs délires de rajouter des notes. On a qu’à dire que c’est pas de la musique. Là !") .

Et pourtant, aujourd’hui, ce sont des accords assez courants (voire banals dans certains genres). Mais bien sûr, je ne peux pas me servir de ça comme d’un argument, d’où l’effort pour expliquer tout ça avec une rétrospective sur l’enrichissement du son de l’antiquité à nos jours, en citant au maximum de sources solides et en essayant de rendre ça sympa à lire. :)

Le reste du tutoriel (à l’heure actuelle, un plan détaillé) sert à expliquer comment se nomment / se forment aujourd’hui tous les accords de 3 (en fait 2 si on compte les power chords) à 7 sons.

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Bonjour les agrumes !

La bêta a été mise à jour et décante sa pulpe à l’adresse suivante :

Merci d’avance pour vos commentaires.


J’ai un peu arrangé le texte existant (notamment mes traductions du Gradus ad Parnassum) pour le rendre un plus fluide et corrigé quelques détails à droite à gauche.

Je ne l’ai pas encore précisé, mais vu le ton que j’emploie je pense que l’on s’en doute : je destine ce texte à un large public. Des exemples sonores viendront ponctuer notamment la frise historique que je suis en train de dresser. Je suis donc avide de remarques/questions sur ce qui n’est pas clair, pour savoir où il faut que je développe/illustre/corrige mon propos.

C’est la première fois que j’essaye de faire quelque chose d’à la fois succinct (ce n’est qu’une intro!) et accessible au maximum tout en traitant de l’histoire et de la façon dont l’homme pense la musique (je suis une brèle en histoire et le second sujet me passionne beaucoup trop, au point d’engloutir des bouquins entiers au petit dej), et j’aimerais vraiment que le résultat soit intelligible et attractif pour le plus grand nombre.

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Antiquité et Moyen-Âge

Tout est résumé dans Kaamelott:lol: :

  • (Arthur) - Est-ce que c’est bien l’heure pour taper la chansonnette, là ?
  • (Bohort) - Il n’y a pas d’heure pour chanter, c’est une excellente idée, père Blaise.
  • (Père Blaise) - Ne vous inquiétez pas, ça ne sera pas long. Bohort, une basse s’il vous plaît.
  • (Bohort) - Oh…
  • (Père Blaise) - Parfait. Donc, sire, vous allez chanter la même note que Bohort.
  • (Ensemble) - Oh…
  • (Père Blaise) - Très bien, c’est ce qu’on appelle un… ?
  • (Bohort) - Unisson.
  • (Père Blaise) - Bravo. Maintenant sire, vous allez passer de l’unisson à la quarte inférieure.
  • (Ensemble) - Oh…
  • (Père Blaise) - Très bien, maintenant même chose avec la quinte.
  • (Ensemble) - Oh…
  • (Père Blaise) - Voilà, c’est tout c’qu’il y a : unisson, quarte, quinte et c’est marre. Tous les autres intervalles, c’est de la merde […]
  • (Bohort) - Mais enfin père Blaise, je ne comprends pas. Qu’est-ce que vous avez contre les tierces ?
  • (Père Blaise) - Ça me fait gerber !
  • (Bohort) - Sire, faites une tierce.
  • (Père Blaise) - Ah non, non, non. Vous faites une tierce, je m’tire !
  • (Arthur) - Majeure ou mineure ?
  • (Père Blaise) - Mais qu’est-ce que c’est ces conneries, là, majeur, mineur ? Mais c’est pour les dégénérés. Y a un seul truc de valable : c’est juste, juste, juste, juste, juste et re-juste !
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C’est pour ça que j’utilise cette référence jusqu’à la Renaissance en fait. :D

Par contre pour ce qui est de l’époque classique je m’aperçois que c’est assez coton de dire juste ce qu’il faut pour servir le propos.

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Je le citerai sûrement, mais je le trouve un poil trop rapide pour faire passer le message dont j’ai besoin. Par contre je suis content parce que c’est l’une des rares vidéos que je vois parler du triton sans dire de connerie, et c’est pas par hasard puisqu’il cite Adam Neely, qui lui-même cite le Gradus ad Parnassum, qui est la trace la plus ancienne parlant de diabolus in musica, 800 ans plus tard que le père Blaise. :D

La seule remarque de la vidéo qui touche réellement à mon propos est "on a introduit des intervalles de plus en plus dissonants", or :

  • Le fait que ces intervalles aient été incorporés montre que l’oreille, au fur et à mesure, ne les trouvait plus si dissonants que ça.
  • La notion de consonance et de dissonance a évolué avec l’histoire, et pas seulement dans le sens de l’inclusion : par exemple, la quarte juste était considérée comme une "consonante parfaite" au Moyen-Âge, alors qu’au XXe siècle, certains théoriciens la considèrent comme "consonante dans un contexte dissonant et dissonante dans un contexte consonant". En réalité, cette notion est hautement subjective et sensible au contexte (il faut voir aussi que ces 2500 dernières années, on a changé plusieurs fois de système acoustique — de façon d’accorder les instruments —, ce qui joue sûrement aussi là-dedans, mais j’ai pas envie d’en parler dans ce tuto, d’autant que la quarte et la quinte sont les intervalles les moins impactés par ces changements).
  • Avec l’incorporation de toutes ces notes, l’harmonie classique a dû se débrouiller pour formuler des règles d’utilisation et d’interprétation, jusqu’à ce qu’il y en ait trop et que ce ne soit plus raisonnablement possible de gérer tous les cas avec la même minutie (c’est une explosion combinatoire).
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Comme à ton habitude, c’est très bien écrit. Il faut par contre que je relise à tête reposée pour te faire des remarques détaillées.

Comptes-tu incorporer une frise visuelle ? Ce serait génial d’avoir un JSFiddle pour voyager entre les époques et entendre les nuances sonores.

Merci pour ton travail. :)

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C’est une idée… Que je garde pour un peu plus tard, mais à laquelle je reviendrai, promis !

Je vais déjà créer le contenu (texte, exemples, vidéos, etc.) avant de penser à des trucs plus interactifs.

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Bon, en me replongeant dans mes sources, il m’est apparu que cette fameuse frise historique que je suis en train de dresser va dépasser de très loin la taille d’une introduction…

Cependant, j’ai quand même envie de garder cette approche historique, pour donner à ce tutoriel une dimension plus profonde que la seule énumération de notions théoriques et techniques, et aussi pour le rendre plus sympa à lire (replacer les choses dans leur contexte, ça les rend plus digestes). D’autant plus que son but est vraiment de souligner la complémentarité entre l’harmonie pragmatique du jazz (commode pour l’improvisation) et l’harmonie classique (qui vise essentiellement la composition).

C’est pourquoi je vais complètement éclater le plan actuel.

L’introduction racontera les débuts jusqu’à l’introduction de la notion d’accord, et les parties suivantes alterneront entre "la suite de l’Histoire avec un grand H", et les notions théoriques expliquées du point de vue actuel.

Je n’exclus pas non plus de raconter deux histoires en parallèle : celle du jazz et de la musique classique, car même si l’une s’étend sur 2000 ans (de la monodie antique à Bartók) et l’autre sur 100 (du blues monodique au jazz modal), les deux ont évolué exactement de la même manière en ce qui concerne l’assimilation des nouveaux sons : or le principe c’est justement d’ajouter de plus en plus de notes aux accords qui sont expliqués dans le tutoriel. On a donc deux histoires, et un plan d’apprentissage qui suivent la même direction. Ce serait bête de recommencer trois fois le cycle…

Cela risque de rendre l’exercice un peu plus difficile, mais je pense que le tutoriel gagnerait en intérêt : non seulement du point de vue de la culture générale, mais également dans sa vocation à dresser des ponts entre les deux "traditions".

Je vais voir ça. Il ne faut pas non plus que ça devienne trop ambitieux.

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Bonjour les agrumes !

La bêta a été mise à jour et décante sa pulpe à l’adresse suivante :

Merci d’avance pour vos commentaires.


Après avoir consulté un ouvrage passionnant (et qui ne manque certainement pas de sel!) de Jacques Chailley, 40 000 ans de musique, j’ai corrigé quelques bourdes qui se sont glissées dans mes notes pour ce tutoriel.

  • Je ne parlerai pas d’empilement de tierces avant l’introduction de la septième : ce serait trop simplifier les choses (et au risque de faire croire des choses carrément fausses),
  • Le punctus contra punctum du contrepoint devrait se traduire "phrase contre phrase" et non "note contre note".
  • Je ne parlerai pas du tout de la musique atonale (Schönberg, le dodécaphonisme, la musique sérielle…) ici. Ça n’aurait en fait absolument aucun intérêt parce que c’est beaucoup trop éloigné des prémisses de ce tuto, et que cette approche est en réalité contradictoire avec l’assimilation progressive de dissonances (qui finissent par devenir consonantes).

Ça m’a permis de préciser quelques détails du plan que je vais suivre. :)

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