Ne plus être à la page, une angoisse qui commence

Développement Web, Entreprise

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Bonjour ! :)

Je viens vers vous pour parler d’une question que je me pose. Ou plutôt, une inquiétude.

J’ai toujours aimé la programmation en générale. Je développais pas mal de petits jeux, mais je me suis finalement orienté vers le développement d’application web.

Mais voilà : Aujourd’hui, je connais très bien les technos sur lesquelles je travail (VueJS/Nuxt et Express), et je peux développer ce que l’on me demande. Mais malgré tout, je ne peux pas m’empêcher de penser au fait que demain, sans que je m’en soit rendu compte, je me soit enraciné dans les technos que je "maîtrise" et qui sont maintenant "trop vielle".

Alors oui, je ne pense pas que VueJS sera considéré comme obsolete demain, mais c’est surtout le fait de ne pas voir le temps passer.

J’aime beaucoup apprendre et découvrir de nouvelles choses. Et c’est ce que je faisais avant de travailler. Je tester pleins de technos, je faisais pleins de "projet jouet" avec.

Mais maintenant, à chaque fois que je me dit "Je vais découvrir cette techno" ou même "Je vais ajouter cette techno à mon arsenal", je ne peux m’empêcher de me dire : "Il y à peut de chance que je l’utilise au travail, et de toute façon, ça ne vaut pas forcément le coup d’apprendre React/Angular/Autre alors que Vue fonctionne très bien".

Je vois Svelte qui commence à prendre un peu d’ampleur si j’ai bien compris. Et je l’ai testé rapidement, c’est super sympas. Mais là aussi, j’ai du mal à investir dessus, car Vue fonctionne très bien. Et vous voyez le problème : Comme ce que j’utilise fonctionne bien, je n’ai pas de raison de changer, et donc je ne découvre pas de nouvelles choses qui pourrait marcher encore mieux.

Le souci c’est que je ne sais pas trop ou me renseigner sur les nouvelles technologies, ni savoir sur lesquels miser.

J’ai un abonnement Medium, mais je n’ai que des articles sur Vue… sûrement à cause de mes préférences, mais du coup, je ne sais pas quoi ajouter d’autres. Je regarde aussi Dev.to mais je vois beaucoup de petits trucs et astuces.

Bref, j’ai pas vraiment de but avec ce sujet. Je voulais juste partager mon inquiétude, et voir les réponses qui vont suivre, pour continuer la conversation.

D’ailleurs, c’est une sensation que vous avez déjà ressentie ?

+2 -0

Salut,

Alors oui ça m’est déjà arrivé de ressentir ça, pour finalement en venir aux conclusions suivantes :

  • La plupart des choses que tu apprends sont en moyenne obsolètes après 18 mois (la fameuse loi de Moore) ;
  • Certaines « vieilles » technos ont de l’avenir parce qu’elles sont encore utilisées 30 ans après leur création (on parle d’effet Lindy) ;
  • Certaines connaissances, transverses d’une technologie à une autre, sont encore valable aux fil des décennies (exemple : certains algorithmes notoires).
  • Au risque de me répéter auprès de certains : arrêtez de partir de la solution pour créer un problème : trouvez un problème pour créer une solution.

Pour rebondir sur le dernier point : il faut savoir développer sa capacité à résoudre des problèmes, indépendamment des technologies utilisées. J’aurais donc dit : avoir un esprit rigoureux, méthodique, scientifique. Dans ces trois termes, pas une fois il ne ressort des mots comme Vue.JS, PHP, etc.

De ce point de vue-là je pense que la technologie importe peu. Si tu es assez souple pour te former sur des nouveaux outils et, mieux encore, savoir quels problèmes ils résolvent, alors je pense que tu n’as pas de souci à te faire.

+7 -0

Salut, je ne connais pas bien les techos web mais est ce que ces technos sont si différentes les unes des autres ? Est il difficile de passer de l’une à l’autre ? De mon point de vue, un bon ingénieur est quelqu’un qui peut passer assez facilement d’un environnement à l’autre en cherchant dans la documentation, dans des projets déjà existant…
De toute façon, si tu regardes les offres d’emploi, les entreprises en demande beaucoup trop (la liste des langages que l’on doit maîtriser est souvent utopique !)

+0 -0

Je suis passé par la même angoisse il y a 2–3 ans et j’ai trouvé une solution plutôt efficace : me concentrer sur ce qui me plait, tant pis si je rate des technos hypes.

Au final j’ai arrêté de me focaliser sur des frameworks qui sont des outils spécialisés pour me concentrer sur les langages qui me servent qui eux sont des techniques de base essentielles pour pouvoir utiliser les outils.

Merci pour vos réponses ! :)

Je vois que je ne suis pas le seul dans cette état d’esprit.

  • Au risque de me répéter auprès de certains : arrêtez de partir de la solution pour créer un problème : trouvez un problème pour créer une solution.

Je ne suis pas certain d’avoir saisi le sens de la phrase. Peut-tu reformuler s’il te plaît ? :honte:

Pour rebondir sur le dernier point : il faut savoir développer sa capacité à résoudre des problèmes, indépendamment des technologies utilisées. J’aurais donc dit : avoir un esprit rigoureux, méthodique, scientifique. Dans ces trois termes, pas une fois il ne ressort des mots comme Vue.JS, PHP, etc.

De ce point de vue-là je pense que la technologie importe peu. Si tu es assez souple pour te former sur des nouveaux outils et, mieux encore, savoir quels problèmes ils résolvent, alors je pense que tu n’as pas de souci à te faire.

Ge0

Exact. Il y à encore quelques mois, je prenais un peu des technos "parce qu’elle étaient fun". Aujourd’hui, maintenant que je suis en entreprise, ma façon de voir les choses à changée. Je ne vois plus le développement comme un passe temps qui m’amuse (même si ça m’amuse toujours ^^) mais plutôt comme un moyen de répondre à un besoin concret avec une problématique. Et en fonction de la problématique, des contraintes et du projet, il est intéressant de prendre un petit peu de temps pour choisir le bon outil.

Mais justement, je ne pense pas avoir assez de recul ni assez de connaissance pour savoir dans quel cas choisir un outil ou un autre. Pour moi (et là je parle uniquement de la partie front car c’est sur ça que je suis le plus souvent), React, Vue, Angular et Svelte sont tous identiques. Il fonctionnent un peu différemment, on les utilise différemment, mais globalement, c’est la même chose pour moi. Ca permet de faire des interfaces dynamiques (pour faire très gros).

Je sais que Svelte est réputé pour sa légèreté, et je trouve cela interessant car des applications lourdes (et lentes), c’est horrible. Et c’est ce qui fait que je pourrais éventuellement passer dessus, du moins, quand Svelte Kit sera au moins en version 1.0.

Donc je connais l’avantage de Svelte, en plus du fait que développer avec, c’est un vrai régal tellement c’est simple. Le code est plus clair (si on fait bien les choses), plus facile à lire car souvent plus court. Et ça, c’est un autre avantage (pour l’entreprise cette fois-ci).

Mais je ne me suis pas encore renseigner sur les inconvénients. Comme ça, je dirais la communauté moins nombreuse car Svelte est plutôt récent par rapport aux trois autres. Donc ce qui implique de devoir refaire des choses qui existent dans d’autres framework, via des packages ou nativement.

Je pense après réflexion que la crainte que j’ai proviens principalement d’un manque de vision globale sur les choses. Je suppose donc qu’elle partira d’elle même après quelques temps.

Salut, je ne connais pas bien les techos web mais est ce que ces technos sont si différentes les unes des autres ? Est il difficile de passer de l’une à l’autre ? De mon point de vue, un bon ingénieur est quelqu’un qui peut passer assez facilement d’un environnement à l’autre en cherchant dans la documentation, dans des projets déjà existant…

Je ne les trouvent pas si différentes que ça. Ou plutôt, pas assez pour que de passer de l’une à l’autre demande des efforts très important.

Par exemple, avant d’obtenir ce job, j’avais appris Laravel (donc du PHP). Au moment de signer mon CDI, on m’annonce un changement dans la boîte et la techno passe sur du JavaScript (le projet n’avais pas encore commencé, d’où cette possibilité de changer de language).

Sauf que JavaScript, je l’avais jamais appris. C’est un truc que j’avais mis de côté pour une raison que j’ignore moi même. Bref, mon profil correspondait plus du tout au poste.

J’ai donc eu deux semaines et demie, pour apprendre JavaScript, NodeJS et Vue. J’ai bosser comme un dingue pendant ces deux semaines, à la fin je n’était pas parfaitement opérationnel (j’avais encore des lacunes), mais j’était en capacité de commencer le projet avec l’équipe. J’ai passé les semaines suivantes à me former sur ces technos.

Aujourd’hui, je connais plutôt bien JavaScript, Vue/Nuxt (plus Nuxt que Vue au final… ce qui est un peu étrange), et Node.

Là, pour un projet, je suis passé pour la partie Back à AdonisJS. C’est un Framework que je ne connaissais absolument pas, mais il est extrêmement ressemblant à Laravel (mais version JS).

Connaissant Laravel, je n’ai eu aucun mal à m’en servir très rapidement. Je sais où chercher l’info, comment ça marche au global, et quelques jours à faire des projets test avec m’a permis de pouvoir l’utiliser sans problème.

Disons que j’ai pas mal de chance, j’arrive à apprendre vraiment très vite. En revanche, j’oublie très vite mes anciennes connaissances. :D Demandez moi de coder en PHP aujourd’hui, je serais complètement perdu. Par contre, donnez moi un peu de temps, et je serais de nouveau opérationnel sur ce language.

De toute façon, si tu regardes les offres d’emploi, les entreprises en demande beaucoup trop (la liste des langages que l’on doit maîtriser est souvent utopique !)

J’ai regardé pas plus tard que ce midi. J’ai pas du tout envie de changer de boîte, je suis très bien là où je suis. Mais je voulais voir les offres présentes et le niveau demandé. Bon, j’espère juste ne pas perdre mon travail, car je n’ai ni Bac+5, ni 5 ans d’expérience professionnelle. Je suis conscient d’avoir eu beaucoup de chance d’avoir trouver un poste de développeur en tant qu’autodidacte, sans expérience professionnelle avant, et sans aucun diplôme.

Après, je sais (et on me l’a aussi redit sur le Discord de ZdS), que les diplômes, ça veut rien dire sur les compétences d’une personne. Une personne motivée (moi :D) peut atteindre un niveau supérieur à une personne diplômée qui ne se contente que de son diplôme. De mon côté, je me forme en continue, je m’achète même des formations vidéo pour progresser.

Mon supérieur m’en offre aussi, donc je suis assez aidé à ce niveau.

Je suis passé par la même angoisse il y a 2–3 ans et j’ai trouvé une solution plutôt efficace : me concentrer sur ce qui me plait, tant pis si je rate des technos hypes.

Je me suis dit la même chose : Tu fait ce métier par passion, continue ta passion en faisant ce qui te plaît.

Sauf que depuis que je suis en poste, je ne peux m’empêcher de penser, au moment où je me veut apprendre une nouvelle compétence, que le temps que je passe sur cette nouvelle compétence n’est que du temps perdu car je ne m’en servirais probablement jamais au travail (du moins, pas directement), et qu’il vaut mieux que je me perfectionne dans la techno utilisée plutôt que d’ajouter une corde à mon arc.

C’est vraiment dérangeant d’ailleurs.

Au final j’ai arrêté de me focaliser sur des frameworks qui sont des outils spécialisés pour me concentrer sur les langages qui me servent qui eux sont des techniques de base essentielles pour pouvoir utiliser les outils.

Tu veux dire que tu ne te concentre plus sur X ou Y Framework, mais plutôt varier les languages appris ? Par exemple, au lieu de te concentrer sur Angular, React, … tu apprends plutôt JavaScript, puis Python, puis PHP etc ?

A vrai dire, je ne sais pas si c’est réellement une bonne chose. Je n’en suis pas certain, mais il faut quand même maîtriser un outil du langage en question, car c’est avec ça que l’on va réellement travailler.

Je ne pense que qu’aujourd’hui, sauf cas rare, on s’amuse à créer un site en PHP pur, ou refaire tout un site dynamique en JavaScript vanilla.

D’ailleurs, ça n’a rien à voir, mais je m’aperçois que je commence à utiliser des outils "par défaut" plutôt que de me demander si ça vaut le coup. Quand j’ai un nouveau projet à développer, je part directement sur Node et Nuxt, sans me demander si la partie Nuxt est réellement indispensable.

Aussi, c’est assez difficile d’apprendre autre chose que les outils utilisé au sein de l’équipe. Car si on est prêt à passer du temps dessus pour pouvoir faire de meilleurs choix dans les nouveaux projets, ce n’est peut être pas le cas du reste de l’équipe.

Au final, je m’aperçois que mes craintes vont plus loins que ce que j’ai énoncé dans le premier post et qu’elles sont très certainement du au fait que je sois encore tout nouveau dans ce domaine.

+0 -0

En fait j’apprends pas forcément de nouveaux langages, mais je me perfectionne sur ceux que j’utilise depuis 10 ans et qui évoluent encore.

Je suis donc revenu à PHP après quelques années sur Node.js parce que je trouve l’écosystème plus stable et professionnel. J’utilise certes Laravel, mais c’est super simple à apprendre quand on maîtrise PHP, c’est juste un outil pour gagner du temps.
En front je continue bien à utiliser du JS (plutôt moderne), mais sans framework spécifique (j’ai abandonné Angular après 4 ans alors que j’étais formateur, c’est dire !) car je ne fais pas de SPA (les pages générées côté serveur ça fait très bien le job pour beaucoup d’applications).
Et je retrouve un peu mes bases en faisant du HTML/CSS à la main, pour me perfectionner sur la qualité, l’accessibilité et les performances. Choses très compliquées à gérer dans un framework, surtout si on ne maitrise pas les technos sous-jacentes.

Au final j’apprends des nouveaux outils parce que j’en trouve le besoin (par exemple Ansible pour déployer mon site facilement) ou parce que je trouve ça fun et que j’ai envie de découvrir un truc sur mon temps libre. Tant pis si ça ne me sert jamais après, au moins j’aurais appris quelque chose et j’aurai pris du plaisir à le faire parce que c’était un choix, pas une nécessité.

Je voudrais réagir à certains détails que j’ai lus dans ce thread :

Mais je voulais voir les offres présentes et le niveau demandé. Bon, j’espère juste ne pas perdre mon travail, car je n’ai ni Bac+5, ni 5 ans d’expérience professionnelle.

Ce qui transparaît de cette phrase, c’est que tu n’es tombé que sur des offres où on te demande un niveau d’étude et des années d’expérience : ce n’est pas le genre d’offre qui devrait retenir ton attention.

Avec l’expérience, ce que l’on apprend à décrypter quand on lit une annonce comme "issu(e) d’une formation Bac+5 ingénieur ou équivalent en informatique, vous justifiez de N années d’expérience dans (un domaine ou un autre) avec (une techno ou une autre)", c’est :

Je suis un RH que l’on a chargé du recrutement pour agrandir une équipe de développeurs et les gens qui m’ont missionné sont tellement pas au clair sur ce qu’ils cherchent qu’ils se rappatrient sur un template classique d’offre d’emploi, en se cachant derrière des technos et des années d’XP pour augmenter leurs chances de tomber sur quelqu’un qui saura comprendre tout seul ce qu’on attend de lui, même si on ne le sait pas nous-mêmes. Ils ne sont pas investis dans la recherche d’un membre de leur équipe mais dans celle d’une ressource à qui ils vont faire pondre du code.

Et que tu sois diplômé ou autodidacte, en tant que "junior" dans le métier, il ne faut surtout pas prendre ce genre d’offre pour quelque chose de "normal" ou de "souhaitable" : c’est plutôt signe d’un environnement dans lequel tu n’as pas envie d’évoluer.

En ce qui concerne les compétences que tu cherches à acquérir, je serais beaucoup moins frontal que cette histoire de "problèmes" et de "solutions" dont parle @ge0. C’est une jolie punchline, mais il faut la recadrer dans le contexte de ton apprentissage et du début de ta carrière, car elle masque un peu trop la complexité de la situation.

Il existe des compétences dont tu ne peux pas te passer, que tu dois acquérir au plus tôt dans ta carrière et qui te seront indispensables quels que soient les jobs que tu brigues. Mais la bonne nouvelle, c’est que ces compétences, même si elles sont liées à une technologie, n’ont que très peu de chances de devenir obsolètes du jour au lendemain. Je parle notamment de trucs qui demandent beaucoup de pratique, comme :

  • D’apprendre à utiliser git de façon efficace et disciplinée, en découpant ton travail en commits de façon logique, en présentant un jeu de modifications de façon lisible pour les gens qui le relisent, etc.
  • De connaître sur le bout des doigts au moins une solution pour écrire des tests dans chaque langage que tu pratiques.
  • De maîtriser le système sur lequel tu déploies tes applications.

On a tendance à beaucoup sous-estimer ces aspects du développement, et pourtant ils n’ont rien de périphériques, parce qu’ils seront toujours présents, dans tous tes projets, et qu’une mauvaise utilisation de ces technologies équivaut à une mauvaise résolution des problèmes qu’elles concernent, et peut tout aussi bien rendre un projet impossible à maintenir qu’un code mal foutu.

Quant aux langages/frameworks/bibliothèques, je pense que c’est faire fausse route que de se dire que tu as besoin de maîtriser le dernier truc à la mode pour faire du web car c’est ce qui prend le moins de temps à acquérir, et que du moment que tu comprends comment réfléchir et concevoir des solutions correctes avec ses prédécesseurs (qui ne font que la même chose, mais de façon moins hype), tu peux parfaitement arriver à un poste sur une random techno "à la page" et rapidement devenir efficace avec.

Autrement dit, il faut se sortir de la tête que tu dois absolument maîtriser tout l’arsenal dernier cri pour être accepté à ton prochain poste. La bonne attitude à adopter serait plutôt de choisir ton prochain poste en fonction de ce que tu voudras apprendre à ce moment-là : car c’est exactement ça ta priorité pendant les 5 à 10 premières années de ta carrière, voir du paysage, apprendre des trucs, découvrir toutes leurs ficelles communes et les consolider. D’ici là, ce sont tes compétences humaines et périphériques qu’il faut que tu cultives : ta communication, ta capacité à réfléchir à plusieurs, à expliquer tes idées, à comprendre les idées des autres, à choisir les bonnes solutions selon le contexte dans lequel tu te trouves, à concilier l’intérêt de tes utilisateurs à la pérénité de ton projet, etc.

Tout le reste, pour reprendre l’expression de Dijkstra, n’est que « bells and whistles ».

+2 -0

Je ne suis pas certain d’avoir saisi le sens de la phrase. Peux-tu reformuler s’il te plaît ? :honte:

Bien sûr. Voici quelques exemples concrets.

  • Se soucier d’utiliser Vue.JS et Django (solution) plutôt que de se soucier de faire un site pour ta copine éleveuse de chiens (problème) ;
  • Se soucier d’utiliser du machine learning (solution) plutôt que de se soucier de faire un algorithme qui essaie de trier ta boîte d’emails pour classifier le spam ;
  • Se soucier d’utiliser Go/gRPC (solution) plutôt que de se soucier de faire une application qui localise tes copains en temps réel.

La plupart des développeurs aujourd’hui s’attardent beaucoup trop sur les outils au point que ça en devient une finalité. Et au final ils oublient complètement l’importance du problème à résoudre, ce pourquoi ils développent / ont été recrutés. J’ai été touché par ce mal également et je pense que derrière tout ça il y a quelque chose de sain : on aime notre travail, on aime utiliser certaines technologies par rapport à une autre, mais ce n’est pas une fin en soi.

Ton client final se fiche de savoir si tu as utilisé Vue.JS ou non. Alors certes le client intermédiaire (pour lequel tu es freelance) va vouloir une développeur Vue.JS, mais là je te renvoie aux propos de @nohar sur l’importance de recruter correctement.

Et tout ça devrait amener à te faire comprendre que si tu t’armes des bonnes compétences, celles qui ne périclitent pas au bout de 18 mois, alors il n’y a aucun souci à se faire, je pense.

C’est justement de cette vision idéaliste que je parle quand je dis qu’elle perd de vue la complexité de la situation d’un jeune développeur pendant les premières années de sa carrière. C’est une généralisation hâtive.

Il est normal pour un jeune dev de choisir ses postes en fonction des technologies qu’il veut pratiquer. Il est normal que ce critère soit l’un des plus importants à ce moment de sa carrière. Il est d’ailleurs normal que la finalité des problèmes auxquels il se frotte soit moins importante que leur nature, au départ, car c’est la nature de ces problématiques qu’il est important de faire varier plus que leur finalité.

Tout l’enjeu d’un début de carrière est de voir des choses différentes, des environnements techniques et humains divers, et surtout, de s’entraîner à résoudre des problèmes avec un jeu d’outils limité et clairement identifiable. À ce stade, il est plus important de faire attention de tomber dans une équipe qui a de bonnes pratiques et dans laquelle on peut acquérir de bons réflexes et devenir un bon professionnel, que de réfléchir à notre impact sur un client.

Le voir comme « un mal », c’est oublier qu’au début de sa carrière on a encore tout un métier à apprendre et que cet apprentissage passe par la maîtrise d’outils (et donc la recherche de postes dans lesquels on va avoir l’occasion de se perfectionner sur ces outils).

Que le client final se fiche de la technologie avec laquelle son produit est développée est un fait : qu’un développeur débutant s’en fiche, par contre, serait problématique. Que l’on doive se concentrer sur la résolution des problèmes du client est une obligation, c’est le but du métier et donc d’une équipe, mais que l’on se concentre au départ sur la façon dont tel outil nous aide à résoudre le problème de notre utilisateur, en laissant le soin à nos collègues plus expérimentés de découvrir les besoins et négocier le scope avec le client, l’est tout autant.

Nous exerçons un métier hautement technique et qualifié : on ne peut pas apprendre à faire du bon boulot sans nous concentrer d’abord sur les outils qui nous permettent de le faire, et on ne peut pas non plus acquérir toutes les compétences périphériques à ce métier si l’on doit batailler avec des outils émoussés qui ne font pas correctement le travail.

C’est le fait de continuer à faire une fixation dessus au bout de 5 ou 10 ans de carrière, ne pas lever le nez de nos pieds pour prendre du recul et se rendre compte que l’on maîtrise maintenant suffisamment bien l’aspect conceptuel de notre métier pour le transposer à n’importe quelle stack technique, qui est problématique. Et c’est justement parce que nous disposons de ce recul qu’il est facile pour nous de répondre aujourd’hui qu’au final, se tenir "à la page" sur les derniers frameworks web n’a pas grande importance, tant que l’on acquiert tout le reste.

+1 -0

C’est le fait de continuer à faire une fixation dessus au bout de 5 ou 10 ans de carrière, ne pas lever le nez de nos pieds pour prendre du recul et se rendre compte que l’on maîtrise maintenant suffisamment bien l’aspect conceptuel de notre métier pour le transposer à n’importe quelle stack technique, qui est problématique. Et c’est justement parce que nous disposons de ce recul qu’il est facile pour nous de répondre aujourd’hui qu’au final, se tenir "à la page" sur les derniers frameworks web n’a pas grande importance, tant que l’on acquiert tout le reste.

nohar

Je partage ton opinion mais forcé de constater que ne pas avoir les bons termes sur ton CV peut fermer beaucoup de portes malheureusement.

Ça te ferme les portes de boîtes qui recrutent au keyword sur le CV, oui, mais ce n’est pas forcément un problème, parce que c’est une des façons les moins efficaces à la fois de recruter des gens que de chercher un boulot, et que ce vecteur de recrutement, même s’il est le plus "classique", est aussi le plus mauvais dans notre domaine.

Un truc que l’on néglige très souvent, c’est l’importance de se constituer un réseau de gens qui sont dans le même état d’esprit que nous, non pas en postant du BS sur Linkedin mais plutôt en participant à des communautés, des confs, des meetups, en allant discuter avec des gens et se faire connaître… C’est souvent par ce biais que l’on trouve les opportunités de jobs qui nous ressemblent, et ça rend les choses vachement plus simples quand on est autodidacte ou avec un profil "atypique".

+6 -0

C’est le fait de continuer à faire une fixation dessus au bout de 5 ou 10 ans de carrière, ne pas lever le nez de nos pieds pour prendre du recul et se rendre compte que l’on maîtrise maintenant suffisamment bien l’aspect conceptuel de notre métier pour le transposer à n’importe quelle stack technique, qui est problématique. Et c’est justement parce que nous disposons de ce recul qu’il est facile pour nous de répondre aujourd’hui qu’au final, se tenir "à la page" sur les derniers frameworks web n’a pas grande importance, tant que l’on acquiert tout le reste.

nohar

Je partage ton opinion mais forcé de constater que ne pas avoir les bons termes sur ton CV peut fermer beaucoup de portes malheureusement.

DonKnacki

J’aurais tendance à penser que ça te ferme les portes des entreprises qui ne prennent pas la peine de recruter correctement de toute façon, est-ce donc là une grande perte ?

Même si une entreprise se trouve intéressé par un CV serti des 1001 mots clef à la mode, il y aura potentiellement deux réactions possibles :

  • il/elle fait du name dropping, on passe ;
  • on va faire un entretien technique pour tester et voir si c’est de la fanfaronnade, et on va pas le/la rater.

Par ailleurs, les CV affichant trop de mots clef, même s’ils flattent les robots de détection de certaines entreprises, ils n’inspirent certainement pas confiance aux recruteurs qualifiés. Il pourrait donc même s’agir d’un CV ayant une valeur perçue moindre car n’étant pas crédible.

Encore une fois, merci pour vos retours. :)

Si je comprend bien, la peur que j’ai aujourd’hui est normal même si elle n’a pas lieu d’être car ce que je considère être un problème n’en n’est en réalité pas un.

Il est vrai que je suis au début de ma carrière, et qu’il me reste donc des tas de choses à voir et à apprendre.

En y réfléchissant bien, effectivement, il n’est clairement pas obligatoire d’utiliser les derniers outils à la mode (surtout si ils n’ajoute rien de spécial au projet).

Et c’est vrai aussi qu’il est plus important de maîtriser les bases du métier (comme Git), car apprendre une nouvelle techno n’est pas le plus difficile. Si on connaît bien les bases, il ne reste plus qu’à apprendre les spécificité du nouveau framework et son fonctionne général.

J’en ai même fait l’expérience, donc je vois bien que vous avez raison.

Tout ça m’a fait bien réfléchir, et j’ai beaucoup moins cette angoisse maintenant. :D

Pour ce qui est "d’apprendre le dernier X à la mode pour trouver un travail", c’est vrai que ça peut être pratique, mais ça signifie que l’on peut tomber sur une entreprise qui utilise des technos juste parce que c’est le nouveau truc à la mode… et ça en dit beaucoup sur l’entreprise.

En revanche, dans ma situation, sans diplôme, sans expérience pro, j’imagine ne pas trouver un autre travail si facilement. Je suis tombé principalement sur des offres "Bac+5 X années d’expérience", mais je sais qu’il n’y à pas que ça. Par contre, de celles que j’ai vu qui ne demandais pas tout ça, elle ont des prérequis dans lesquels je n’entre pas. Alors ok, souvent, c’est des trucs par défaut que les recruteur écrivent et que ce n’est pas super grave si on ne coche pas toutes les petites cases. Néanmoins, convaincre un recruteur en ne pouvant dire que "J’ai 8 mois d’expérience et pas de diplôme", ça me paraît compliqué.

Comme je le disais, je n’ai aucune envie de partir de la où je suis, car je m’y sens vraiment très bien. Mais si les choses changeaient (perte de mon travail, changements dans l’entreprise qui rende le travail là bas pénible, salaire qui n’augmente plus, …) ça va être très difficile.

+1 -0

Je ne suis pas développeur logiciel donc je ne peux répondre de manière spécifique. Néanmoins cette interrogation sur le fait d’être obsolète, je pense qu’on se la pose tous à un moment ou à un autre ou tout du moins on l’a toujours dans un coin de la tête.

Dans mon cas, je fais de la veille technologique : je regarde les sites spécialisés, les sites des fabricants de composants pour savoir un peu ce qui sort, je garde l’info dans un coin de la tête et au fur et à mesure des années je connais les spécialités de chaque fabricants. Je suis aussi les rachats et fusions de boites.
Je dirais que ce type de veille la plupart des personnes qui font mon métier devrait le faire, c’est pas énergivore en terme de temps, c’est juste se tenir informé.

Un deuxième niveau de veille, plus approfondi concerne des domaines plus précis, dans mon cas, pour l’électronique, tout ce qui est signal & power integrity ainsi que la fabrication des PCB. Cela passe par lire des papiers de conférence, récupérer les articles scientifiques et essayer d’expérimenter sur des projets ou faire de la simulation.
C’est l’apprentissage continu.

Edit: Dans ton cas je dirais que ton but n’est pas d’apprendre à développer avec chaque nouvelle techno, mais de faire de la veille pour savoir quelle technos sortent, savoir lesquelles continuent à exister après X mois et auront un potentiel succès. Et ensuite à la limite se mettre à apprendre à développer avec ces nouvelles technos.
Mais le plus important, je dirais que c’est de comprendre le principe de ces technos. Quel est le paradigme utilisé ? Est-il nouveau ? Est-il une évolution d’un langage existant ? etc.
Pourquoi Vue.js a-t-il été développé ? Qu’apporte-t-il par rapport à une autre techno ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? A quel type de projet va-t-il mieux correspondre ?
C’est sur ce type de question que ton expérience va jouer par rapport à un jeune développeur.
Le gars qui sort de l’école et qui n’a appris que Vue.js va essayer de tout faire avec même des projets où ce n’est pas pertinent. Tandis qu’avec de l’expérience tu vas pouvoir mixer les technos pour les utiliser chacune là où c’est pertinent.

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Salut :)

On passe tous par cette état… t’inquiète ! Déjà on parle d’un problème qui pourrait survenir et pas d’un problème qui est présent actuellement.

La chance, c’est que tu te dis que cela pourrais arriver mais du coup tu peux très bien mettre une stratégie en place ?

Personnellement, chaque matin, je prend avec mon café les derniers news du dev, je fais de la veille. Quand je vois une tehcno apparaître et qui me paraît obscur peu importe que cela me serve ou non au boulot, le week-end, je creuse ! C’est d’ailleurs actuellement le cas pour : Crystal

Il faut juste que tu gardes ta passion et comme justement, c’est une passion, tu apprendras toujours :) (puis on apprend aussi beaucoup en travaillant en ce frottant à des problèmes)

Si tu veux une vidéo qui en parle Grafikart à fais un live sur ce thème : Je deviens vieux ?

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