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Mise en forme

Dans ce chapitre, nous allons voir différentes commandes de mises en forme. Nous allons notamment voir comment gérer la taille de notre texte et son alignement.

Le texte

Pour commencer, voyons comment changer l’apparence de notre texte.

Changement de taille

Commençons par voir comment changer la taille du texte. Nous disposons de plusieurs commandes à bascule pour changer la taille de notre texte.

Commande

Effet

\tiny

Minuscule

\scriptsize

Très petit

\footnotesize

Assez petit

\small

Petit

\normalsize

Normale (choisie dans le \documentclass)

\large

Grand

\Large

Assez Grand

\LARGE

Très grand

\huge

Énorme

\Huge

Géant

Les commandes de changement de taille.

Ainsi, on peut changer de taille d’un paragraphe à un autre de cette manière.

Ce texte est en taille normale.

\begin{Large}
   Dans ce paragraphe, nous écrivons dans une taille un peu plus grande.
\end{Large}

On est {\tiny vraiment minuscule et là on}  {\Large grandit d’un coup avant de}
revenir à notre taille normale.  

Les tailles obtenues avec ces commandes sont définies par rapport à la taille choisie dans le préambule de notre document, \normalsize correspondant à cette taille (c’est donc la taille par défaut). Cela signifie que la taille obtenue avec \Large lorsque nous choisissons une taille de 11pt pour notre document est plus petite que celle que nous aurions obtenu si nous avions choisi une taille de 12pt. Ces tailles sont donc relatives à la taille par défaut.

Il nous faut réfléchir à notre taille par défaut avant de chercher à utiliser ces commandes. Par exemple, plutôt que d’utiliser \small sur tout un document avec une taille par défaut de 12pt, nous ferions mieux de choisir une taille par défaut de 11pt ou 10pt.

Changement de fontes

Il est également possible de changer de fontes. Nous pouvons changer quatre paramètres.

  • La famille (family en anglais) pour commencer correspond à la forme globale. Nous disposons par défaut de trois familles :

    • la famille romane est la famille par défaut ;
    • la famille à écartement fixe ou à chasse fixe correspond à celle où l’espacement entre les lettres est constant (on parle aussi de typewriter car l’espacement sur les machines à écrire est fixe) ;
    • la famille sans empattements (on parle aussi de famille sans serif).
  • Le style (shape en anglais). Par défaut, il y en a trois :

    • le style italique ;
    • le style penché (à ne pas confondre avec le style italique) ;
    • le style en petites capitales.
  • La graisse (series en anglais) correspond à l’épaisseur des traits. Par défaut, il y en a deux :

    • le gras ;
    • le texte normal.

Nous disposons de deux commandes pour chaque changement, une normale et une à bascule (de la même manière que nous disposons de \em et de \emph).

Commande

Commande à bascule

Fonte

\textrm

\rmfamily

roman

\textsf

\sffamily

sans serif

\texttt

\ttfamily

machine à écrire

\textup

\upshape

droit

\textit

\itshape

italique

\textsl

\slshape

penché

\textsc

\scshape

petites capitales

\textmd

\mdseries

graisse normale

\textbf

\bfseries

gras

Les commandes de changement de fonte.

Nous pouvons alors essayer ce code.

Voici du \textbf{gras} puis de l’\textit{italique}. Nous pouvons même avoir du 
\textbf{\textit{gras en italique}}.

Voici du {\bfseries gras} puis de l’{\itshape italique}. Nous pouvons même avoir du 
{\bfseries \itshape gras en italique}}. 

Mais nous ne pouvons pas avoir des \textsc{\textit{petites capitales en italique}}.

Mais nous ne pouvons pas avoir des {\scshape \itshape petites capitales en italique}.

\begin{scshape}
   Voici un groupe de mots en petite capitale.

   Un bon groupe de mots...
\end{scshape}

Nous ne pouvons pas utiliser deux familles, deux graisses ou deux styles en même temps (ce qui paraît assez normal), mais nous pouvons choisir simultanément une famille, une graisse et un style.

Dans certaines sources, nous pouvons voir l’utilisation des commandes \bf, \it, \tt. Ces commandes à bascules sont dépréciés, elles ne doivent pas être utilisées. Nous leur préféreront les commandes à bascules \bfseries, \itshape, ou encore \ttfamily qui sont meilleures sur plusieurs points (par exemple, {\bf \it texte}, contrairement {\bfseries \itshape texte} ne donne pas un texte gras en italique, mais un texte en italique).

Commandes à bascules ou pas ?

Néanmoins, il reste une question, faut-il préférer les commandes à bascules ou pas ?

Il est conseillé de ne pas utiliser les commandes à bascule à moins de ne vouloir changer la fonte sur plus d’un paragraphe (les commandes comme \textit sont des commandes courtes de sorte que leur argument ne peut pas contenir la commande \par). Nous allons donc privilégier les commandes normales, même si dans certains cas, utiliser les commandes à bascules sera plus judicieux. Notons que les commandes à bascules sont également utilisées fréquemment dans les déclarations de commandes.

Une des raisons pour laquelle il est conseillé de ne pas utiliser les commandes à bascules est qu’elles n’effectuent pas la correction italique. La correction italique consiste à rajouter un espace à la fin d’un groupe de mots en italique pour qu’il ne touche pas le mot suivant. Regardons la différence ici.

\textit{texte}texte, \textit{texte} texte.

{\itshape texte}texte, {\itshape texte} texte.

Les espaces après avoir utilisé \itshape sont plus petits que ceux après avoir utilisé \textit.

Choix de police

En plus de pouvoir choisir une taille et une fonte, nous pouvons bien sûr choisir une police. Cela pase généralement par l’utilisation d’un package. Par exemple, pour utiliser la police Deja Vu Serif, nous pouvons utiliser le package DejaVuSansSerif.

\usepackage[utf8]{inputenc}
\usepackage{DejaVuSerif}
\usepackage[T1]{fontenc}

\begin{document}
   On a changé de police pour ce document.
\end{document}

Plusieurs polices pour LaTeX peuvent être trouvées sur ce site.

Ici, avec le package DejaVuSerif, on a changé la police du document en entier, et la plupart des packages agissent de la sorte. Néanmoins, certains d’entre eux offrent la possibilité de ne mettre qu’une partie du texte dans la police choisie. C’est par exemple le cas de la police French Cursive. Elle nous donne par exemple la commande \textcursive qu’on peut utiliser dans notre document.

\usepackage{frcursive}
\usepackage[T1]{fontenc}

\begin{document}
   Une phrase. \textcursive{Une phrase avec French Cursive}.
\end{document}

Il est également possible de choisir la police French Cursive en police par défaut en chargeant le package avec l’option default.

Chaque package peut se comporter de manière différente et a différentes options. Pour savoir comment en utiliser un, il nous faudra alors consulter des exemples et la documentation.

Dans le premier chapitre nous avons parlé des moteurs XeTeX et LuaTeX qui permettent d’utiliser des polices différentes plus facilement.

Alignement du texte

Pour aligner du texte, nous disposons de trois environnements, center, flushleft et flushright qui nous permettent respectivement de centrer, d’aligner à gauche, et d’aligner à droite. Il n’y a pas grand chose à dire à propos de center et de flushright.

\begin{center}
Une phrase centrée.
\end{center}

\begin{flushright}
Une phrase alignée à droite.
\end{flushright}

Mais flushleft peut laisser un peu perplexe.

Pourquoi flushleft existe, il suffit de n’utiliser ni center, ni flushright et c’est pareil, non ?

Une première raison à cela est que l’on pourrait vouloir utiliser flushleft à l’intérieur d’un environnement comme center.

\begin{center}
Une phrase centrée.
\begin{flushleft}
  À gauche.
\end{flushleft}
Centré.
\end{center}

Bien sûr, ici on pourrait tout à fait juste fermer l’environnement center, écrire « à gauche », et ouvrir un nouvel environnement center.

Mais en fait, l’alignement à gauche n’est pas exactement la même chose que le mode normal. En effet, lorsque nous alignons à gauche, les alinéas sont supprimés et le bloc de texte est vraiment bien aligné à gauche. Normalement, LaTeX essaie d’espacer les mots et de les couper pour que chaque ligne se termine à peu près à la même hauteur. Avec l’utilisation de ces environnements, il ne le fait plus. De plus, les mots ne sont pas coupés contrairement au texte normal.

\begin{flushleft}
Pour bien voir les effets de l'alignement à gauche, on prend une phrase 
suffisamment longue, comme celle qu'on est en train d'écrire par exemple
où nous ne manquons pas de remarquer à quel point l'auteur a traîné à 
longueur en écrivant des choses inutiles dans le seul but de faire cette
phrase prendre plusieurs lignes.
\end{flushleft}

Pour bien voir les effets de l'alignement à gauche, on prend une phrase 
suffisamment longue, comme celle qu'on est en train d'écrire par exemple
où nous ne manquons pas de remarquer à quel point l'auteur a traîné à 
longueur en écrivant des choses inutiles dans le seul but de faire cette
phrase prendre plusieurs lignes.

La différence est clairement visible.

Couleur

Du texte en couleur

Les couleurs ne sont pas gérées nativement par LaTeX, et pour en utiliser nous devons charger d’autres packages. Ici, nous allons voir l’utilisation du package color.

Pour plus de fonctionnalités liées aux couleurs, nous pourront nous renseigner sur le package xcolor qui améliore le package color et est donc une alternative très avantageuse. Nous chargerons donc plutôt xcolor.

Avec ce package, nous pouvons utiliser la commande \textcolor{<couleur>}{<texte>} qui écrire <texte> dans la couleur <couleur>. Comme l’indique la documentation, le package prédéfinit les 19 couleurs suivantes.

red green blue cyan magenta yellow black 
gray white darkgray lightgray brown lime 
olive orange pink purple teal violet

Ainsi, avec le code suivant, nous redéfinissons \emph pour écrire les textes importants en rouge.

\usepackage{xcolor}
\renewcommand*{\emph}[1]{\textcolor{red}{#1}}

\begin{document}
   Un document avec un \emph{mot important}.
\end{document}

Là encore, nous disposons d’une commande à bascule, la commande \color qui prend en argument une couleur. Tout comme les commandes pour les changements de taille, nous veillerons à utiliser la commande appropriée en fonction de l’utilisation.

\begin{quote} \color{green}
   Voici une citation en vert.
\end{quote}

\begin{quote}
   Une autre citation... Mais cette fois en noir.
\end{quote}
\end{document}

Définir ses couleurs

Pour le moment, on ne dispose que de huit couleurs ce qui est assez peu (en fait, c’est faux, le package xcolor en définit plusieurs autres). Heureusement, nous avons la possibilité de définir nos propres couleurs grâce à la commande \definecolor. Elle prend en paramètre le nom que l’on veut donner à la couleur, le modèle que l’on veut utiliser pour la définir (par exemple le modèle RGB avec rgb ou un niveau de gris avec gray) et les spécifications de la couleur avec ce modèle.

Les spécifications de la couleur sont entre 0 et 1 (et pas entre 0 et 255). Ainsi, on pourrait définir un violet de cette manière.

\definecolor{violet}{rgb}{0.54, 0.17, 0.89} 

Les trois composantes de la couleur sont séparées par des virgules, avec le modèle gray, il n’y a bien sûr qu’un seul nombre entre 0 et 1.

Notons que les commandes \color et \textcolor peuvent aussi prendre en paramètre la spécification d’une couleur à la place d’un nom de couleur si on donne le modèle en paramètre optionnel. Nous pouvons alors écrire ce code.

\begin{quote} \color[rgb]{0.2, 0.6, 0.2}
   Voici une citation en vert.
\end{quote}

Cette méthode peut s’avérer utile dans le cas où on utilise une couleur une seule fois (et qu’on ne veut donc pas la définir pour une seule utilisation).

Nous pourrons regarder la documentation de xcolor pour obtenir plus d’informations sur les différents modèles de couleurs disponibles. Le modèle named en particulier peut être très intéressant. Dans cette documentation, nous verrons également les autres couleurs proposées.


Avec ce chapitre nous touchons (enfin) à la forme de nos documents. D’autres choses sont également possibles (nous pouvons par exemple encadrer du texte). Nous verrons cela dans de prochains chapitres.

Comment utiliser ces commandes

Le mieux est de ne pas les utiliser dans le corps du document, mais pour faire nos commandes et nos environnements. Si nous voulons les mots importants en gras, il vaudra mieux redéfinir \emph plutôt qu’utiliser \textbf. De même, si nous voulons centrer certains paragraphes pour une même raison X, il vaudra mieux définir un nouvel environnement.

Ainsi, le corps de nos document garde de la sémantique et il est plus simple de changer l’apparence (si nous voulons maintenant aligner ces paragraphes à droite, il y a juste à modifier l’environnement correspondant).