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Les troubles du spectre schizophrénique

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Les troubles du spectre schizophrénique : rien que le titre devrait vous faire peur ! En lisant ces lignes vous avez certainement pensé à un individu avec plusieurs personnalités, tel une sorte de Mister Jekyll et Mister Hyde des temps modernes. Mais vous faites erreur. Beaucoup de personnes confondent la schizophrénie avec le fait d'avoir plusieurs personnalités, un trouble mental qui a de bonnes chances de ne pas exister. Il est temps pour vous d'apprendre ce qu'est la schizophrénie, et d'avoir une vision plus juste de cette maladie.

Mais pourquoi « troubles du spectre schizophrénique » et pas simplement « La schizophrénie » ? C'est parce que s'il existe une seule maladie nommée schizophrénie, de nombreuses maladies proches du point de vue des symptômes et de l'origine sont recensées par la plupart des classifications des maladies mentales. L'ensemble est regroupé sous le terme de troubles du spectre schizophrénique, qui regroupe :

  • les maladies mentales suivantes :
    • schizophrénie ;
    • trouble schizophréniforme ;
    • psychoses réactives brèves (bouffées délirantes aigües) ;
  • ainsi que les troubles de la personnalité :
    • schizoïde ;
    • schizophrénique ;
    • et paranoïaque.

Cet article a pour but de faire connaitre certaines maladies, dans un souci d'information du grand public et éventuellement d'information pour les familles et malades. Vous ne verrez pas la moindre étude de cas (qui sont très nombreuses dans les études de psychopathologie), et encore moins de guides diagnostiques. En sortant de ce cours, vous n'aurez strictement aucune compétence pour diagnostiquer les maladies décrites. Un diagnostic psychiatrique demande un thérapeute confirmé, l'autodiagnostic ou le diagnostic par un proche étant extrêmement peu fiable : il est courant de se reconnaître à tord dans des symptômes, surtout quand il s'agit des troubles de la personnalité. Et même ainsi, un diagnostic peut facilement prendre plusieurs mois de suivi.

Symptômes du spectre schizophrénique

Les troubles du spectre schizophrénique tendent à partager des symptômes assez spécifiques, à des degrés divers : hallucinations, délires, désorganisation de la pensée et du langage, désorganisation du comportement et des émotions, retrait social, apathie, incapacité à ressentir du plaisir ou des émotions, etc. Mais la présence de ces symptômes varie fortement suivant le malade ou la maladie en question et il n'existe pas de symptôme qui soit partagé par tous les troubles du spectre schizophrénique. Par exemple, les hallucinations et délires sont présents dans les troubles délirants et la schizophrénie, mais sont totalement absents chez les patients atteint de troubles de la personnalité schizoïdes. De même, la paranoïa est présente chez certains patients schizophrènes, mais pas tous. Et j'en oublie beaucoup d'autres.

Ces symptômes peuvent se manifester dans des maladies psychiatriques qui n'appartiennent pas au spectre schizophrénique. Par exemple, l'apathie, le retrait social et la perte de motivation sont aussi présents chez les dépressifs. Les délires et hallucinations peuvent apparaitre chez certaines personnes bipolaires. De même, certains symptômes se manifestent lors de troubles neurologiques, chez les personnes qui ont eu un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien, ou dans les cas de démence (des dégradations intellectuelles et cognitives). Bref, les symptômes que nous allons aborder ne sont en rien spécifiques à la schizophrénie ou aux maladies apparentées : des troubles psychiatriques, neurologiques, voire métaboliques peuvent engendrer ce genre de symptômes.

Symptômes positifs

On classe souvent les symptômes de la maladie en symptômes positifs et négatifs. Les premiers sont des symptômes qui s'ajoutent au fonctionnement cognitifs normal et qui ne peuvent pas s'observer chez un sujet sain : ce sont les hallucinations et délires. Les autres sont des symptômes qui se traduisent par un déficit dans le fonctionnement d'un sujet sain, comme une perte de motivation, un appauvrissement du langage, etc. Là où les symptômes positifs ajoutent les comportements et symptômes visibles, les symptômes négatifs enlèvent des facultés présentes chez le sujet avant l’occurrence de son trouble.

Cette classification peut sembler complètement arbitraire, mais il n'en est rien. Les symptômes positifs ont tendance à être fréquemment présents simultanément chez de nombreux malades. Par exemple, une personne qui délire a souvent tendance à avoir des hallucinations, et réciproquement. De même, une désorganisation du langage et de la pensée est souvent observée en même temps qu'un délire. Ces symptômes positifs sont souvent appelés des symptômes psychotiques et englobent hallucinations, délire, désorganisation du comportement et de la pensée et catatonie. Tout patient qui est atteint d'un ou de plusieurs symptômes psychotiques est dit psychotique, ou encore atteint de psychose.

Il faut noter que la psychose peut s'observer lors de maladies assez diverses, sans lien avec la schizophrénie : troubles psychiatriques, comme les dépressions majeures ou les troubles bipolaires, maladies neurologiques, etc. Cela peut même arriver chez des sujets qui ne sont pas considérés comme malades, lors d'un deuil ou d'un évènement extrêmement stressant, par exemple.

Délires et idées de référence

La pensée est aussi mise à rude épreuve dans les pathologies schizophréniques, et dans certains troubles de la personnalité. Le patient est souvent atteint de délire, une vive croyance en des choses absurdes, souvent incohérentes, irréalistes, totalement fausses. Cette croyance est tenue pour vraie quelque soit les évidences et preuves apportées pour les réfuter : un patient délirant ne peut pas se rendre compte de la fausseté de son délire, quelque soit la méthode.

Il existe de nombreux types de délires, certains étant relativement bizarres, d'autres étant plus construits. Certains délires peuvent être crédibles et cohérents, ce qui les rend difficile à distinguer de croyances légitimes, religieuses, sectaires, ou de construits personnels ou culturels. Dans de tels cas, on n'observe pas vraiment de désorganisation de la pensée. Mais chez d'autres patients, les pensées délirantes semblent "bizarres", incohérentes, désorganisées, peu structurées, mal construites.

Les types de délires les plus fréquents sont les suivantes :

  • les délires de persécution ou délires paranoïaques ;
  • les délires de grandeur ou délires mégalomaniaques ;
  • les délires de jalousie ;
  • les délires érotomaniaques ;
  • les idées de référence ;
  • et quelques autres.

Quelqu'un atteint de délire de persécution se sent persécuté et traqué par un groupe de personnes : il s'agit ni plus ni moins que d'une forme de paranoïa. Il peut se croire recherché par un gouvernement qui veut sa mort, croit qu'il existe un complot mondial qui vise à le tuer, que son chef au travail veut le virer à cause de sa jalousie, que sa femme veut l'empoisonner, etc.

Le patient atteint de ce genre de délire se sent menacé en permanence par des situations insignifiantes et voit des menaces et tentatives de violences derrière des faits totalement anodins. Par exemple, il va croire que son voisin veut le tuer et interprétera tout ce que son voisin fait par ce biais. Si celui-ci lui demande de tondre sa pelouse, le patient croira que c'est pour lui tendre un guet-apens dans son jardin, à l'abri des regards. Si son voisin fait du bruit la nuit, il croira que celui-ci le fait exprès pour lui pourrir son sommeil afin de lui ruiner délibérément sa santé.

Image de Craig Finn, publiée dans Plos One sous licence CC-BY 2.5, wikicommons

Dans les délires de grandeur, le patient se prend pour une personne de haute importance, comme un empereur, un roi, le fils d'une personnalité politique, pour un grand scientifique, voire pour Dieu (avec la croyance d'en avoir les pouvoirs). Ils peuvent croire qu'ils ont inventé une théorie scientifique révolutionnaire, que leur invention changera le monde, que leurs écrits feront d'eux des écrivains reconnus dans le monde entier, qu'ils sont le fils de Debussy, et ainsi de suite. Ces délires sont très présents chez les patients bipolaires lors de leurs phases d'excitations (les phases maniaques).

Allégorie du délire de grandeur - Image de Collin Knopp-Schwyn, CC-BY 3.0

Outre les délires, un patient peut être atteint d'idées de référence. Dans celles-ci, le patient croit que tous les évènements qu'il perçoit ont une signification personnelle et lui sont systématiquement reliés d'une manière ou d'une autre, au lieu de les interpréter comme de simples coïncidences. Il va croire que toute conversation qu'il entend parle de lui (et a donc l'impression qu'on parle systématiquement dans son dos), que les titres de journaux sont rédigés spécifiquement pour lui, que la télévision ou la radio ont été conçues pour lui envoyer des messages, que les paroles de chansons leur font directement référence, etc.

Nettement moins fréquemment, certains patients croient que leurs proches et amis ont été remplacés par des imposteurs, qui ont une apparence identique : on parle d'illusion de Capgras. Dans le même genre, le patient peut croire que toutes les personnes qu'il croise sont la même personne avec un déguisement différent à chaque fois : c'est l'illusion de Fregolli.

Vol, insertion ou écho de pensée

Certains patients schizophrènes croient que leurs pensées sont introduites de force, volées, supprimées. Généralement, cela prend la forme d'une intrusion de pensée : le patient subit des pensées intrusives, qui surviennent sans crier gare. De plus, le patient ne considère pas ces pensées comme étant les siennes et croit qu'elles lui sont imposées, introduites par une force extérieure ou par une autre personne. Il arrive aussi que le patient subisse un vol de pensée. Dans le détail, le patient oublie brutalement ce dont il était en train de penser. Et encore une fois, il ne pense pas du tout que ce phénomène soit normal et considère celui-ci comme provenant de l'intervention d'une force extérieure ou d'une autre personne. D'autres patients pensent que les autres peuvent entendre leurs pensées à haute voix : on parle alors de diffusion de pensée.

Dans certains cas, le patient a littéralement l'impression d'être possédé par une force extérieure qui lui dicte totalement ses actes. Il peut ainsi agir durant quelques heures, jours ou semaines en ayant l'impression d'être totalement possédé et de ne pas être maitre de ses actes.

Ces symptômes peuvent aussi entrainer la formation de délires assez spécifiques. Par exemple, les patients peuvent croire que leurs pensées et mouvements sont dirigés de l'extérieur, par le biais de la radio, de la télévision, ou de la télépathie. Certains finissent par développer des délires tel que le FBI ou les services secrets israéliens contrôlent leurs actions et leur font faire des choses qu'ils refuseraient en temps normal. Certains pensent qu'on leur a introduit une puce dans le cerveau qui contrôle leurs idéaux politique ou leur comportement avec leurs proches.

Techniquement, vol, intrusion et diffusion de pensée sont considérés comme des délires. Cependant, par souci de clarté, l'auteur a préféré séparer les deux, pour simplifier les explications qui vont suivre.

Hallucinations et perceptions bizarres

Les hallucinations sont des perceptions qui ne sont pas liées à un stimulus réel : le patient voit ou entend des choses qui n'existent pas. Ces hallucinations peuvent toucher tous les sens :

  • des hallucinations olfactives pour les odeurs ;
  • des hallucinations visuelles simples où le patient voit des objets ou formes simples ;
  • des hallucinations visuelles complexes où le patient voit des scènes (le sol s'ouvre pour faire sortir un démon dans une horde de flammes, par exemple) ;
  • des hallucinations auditives où le patient entend des voix ou des sons ;
  • et parfois des hallucinations tactiles où le patient à l'impression que des fourmis lui grimpent sous la peau.

Lors d'une hallucination, le patient peut ne pas se rendre compte que ce qu'il voit ou entend n'existe pas : il lui est impossible de critiquer cette hallucination. Les voix lui paraissent tellement réelles qu'il ne peut que croire en leur réalité, y répondre et entrer en conversation avec elle. Cela peut le pousser à échafauder des interprétations délirante (c'est Dieu qui me parle, des extraterrestres, ma mère décédée, la personne en face de moi qui me parle par télépathie, ou tout autre réponse du genre) : dans de tels cas, les hallucinations sont une cause de délire (on parle de délire hallucinatoire). Les cas où le patient peut critiquer l'hallucination sont rares, du moins pour des pathologies psychiatriques.

Les patients atteints de troubles schizophréniques ont peu d'hallucinations visuelles, même si ce n'est pas tellement rare. Les hallucinations dominantes sont les hallucinations auditives où le patient entend des voix. Généralement, le patient entend une voix bien distincte, même si il arrive que plusieurs voix se fassent entendre (dans les cas sévères). Généralement, ces voix insultent le patient, le critiquent, lui donnent des ordres et instructions, commentent ses actes, le persécutent, etc. Ces voix se font entendre en continu, ou du moins sur de longues périodes. Le patient utilise souvent divers stratagèmes pour oublier ces voix : laisser la radio allumée en permanence, se taper la tête contre les mur pour faire taire la voix, etc.

Il arrive aussi que le patient entend sa propre voix intérieure comme si celle-ci était prononcée à haute voix. De plus, il n'est pas rare qu'il y ait un délai entre le moment où la voix est prononcée intérieurement et où le patient l'entend à haute voix. On parle alors d'écho de la pensée.

Il arrive aussi que le schizophrène sente une présence, comme si quelque chose d’indéfinissable était placé à coté de lui ou derrière lui. La personne peut aussi se sentir épiée, regardée dans son dos. Elle peut sentir un regard en arrière d'elle, qui la scrute et la scanne sans cesse.

Dessin réalisé par un schizophrène, qui illustre sa perception de ses troubles. Image de Thomas.ZAPATA, CC-BY-SA 4.0, wikicommons

Outre des hallucinations, les patients peuvent aussi subir des perceptions aberrantes et illusions sensorielles, où un stimulus est mal perçu ou sujet à des illusions. Dans le détail, les couleurs, sons, ou autres sensations semblent extrêmement vivaces, marquées, intenses. De plus, des portions d'un objet ou d'un stimulus peuvent avoir une importance marquée, alors que ce n'est pas le cas chez un sujet sain. On trouve ces perceptions aberrantes chez les patients atteints de troubles de la personnalité schizotypique.

Tableaux de Louis Wain, peints durant son hospitalisation - libre de droits

Désorganisation de la pensée et du discours

Les troubles de la pensée différent des délires dans le sens où ce n'est pas le contenu de la pensée qui est aberrant : ce sont les mécanismes intellectuels qui sont dégradés.

Le plus souvent, le patient peut avoir une perte d'associations : il fait des associations d'idées abusives, farfelues ou sans aucun sens. Cela se traduit par une désorganisation du discours et de la pensée assez marquée, avec des symptômes annexes. Dans les cas les plus graves, les schizophrènes ont un discours totalement illogique, dans lequel les mots et phrases s'enchainent sans qu'ils n'aient le moindre rapport entre eux. La parole est incohérente, le patient passe du coq à l’âne, change sans cesse de sujet, invente des mots, fait des phrases illogiques ou sans aucun sens, tient des propos incohérents. Dans les cas les plus graves, le discours ressemble à une salade de mots placés les uns à côté des autres sans grande cohérence, une véritable logorrhée : on parle alors de verbigération, ou encore de schizophasie.

Outre la désorganisation de sa pensée et de son langage, le patient peut être atteint de blocage de pensée : il se met soudainement à faire des pauses de quelques secondes ou minutes avant de rependre la conversation sur un autre sujet. Tout se passe comme s'il s’arrêtait de penser brutalement, oubliait tout ce qui venait d'être dit, avant de reprendre sur quelque chose qui n'a rien à voir. Il ne faut pas confondre ce trouble avec des crises d'épilepsies, qui peuvent causer des absences : le patient schizophrène peut encore bouger et reste conscient.

On peut noter que ce blocage de pensée ressemble quelque peu au vol de pensée, la différence tient dans le fait que, pour le vol de pensée, le patient croit que le blocage de ses pensée est causé par une force extérieure. Dans les faits, les patients atteints de vol de pensée ont tendance à aussi exprimer des blocages de pensée fréquents.

Comportement désorganisé

Au niveau du comportement, le malade a tendance à avoir un comportement excentrique, bizarre, étrange, inadapté, voire complètement désorganisé. Il peut rester immobile durant des heures allongé dans son lit, fermer ses volets de peur d'être épié par ses voisins, se rouler par terre, hurler sans raison, parler tout seul, jeter des objets par la fenêtre sans raison, etc. Le patient peut aussi avoir des centres d’intérêts liés à l’occulte et à la magie.

Image d'une maison dont l'habitant est supposé souffrir de schizophrénie. On y voit que son habitant y a placardé des messages à l'attention des passants, alors qu'il reste visiblement reclus à l'intérieur de sa maison. C'est vraisemblablement un exemple de comportement étrange ou désorganisé typique des schizophrènes. L'image a été prise par Pete S de Coventry (UK), wikicommons, CC-BY-SA 2.0

Cette désorganisation s'observe souvent avec une désorganisation des émotions, qui deviennent inadaptées à la situation : le patient peut rire à l'annonce du décès d'un proche qu'il appréciait, ou se sentir triste après une bonne nouvelle. Tout se passe comme si le patient avait des émotions désorganisées, comme s'il ne pouvait pas choisir la bonne émotion dans la bonne situation. Le patient peut alors avoir des accès de rage inexpliqués, pleurer ou devenir soudainement euphorique sans raison, devenir brutalement agressif, etc.

On peut aussi observer de l'impulsivité, voire de l'agressivité : le patient a alors du mal à contrôler ses actes et à se retenir de faire certaines actions. Cependant, ce genre de symptôme est rare : les schizophrènes sont rarement violents, seul un faible nombre étant agressif (entre 5 et 10%). Il peut arriver que des schizophrènes ou bipolaires en phase maniaque aient des comportements agressifs, dangereux pour eux-même ou les autres, similaires à un trouble de la personnalité antisociale, mais c'est très rare. Dans ces cas là, le patient est irresponsable pénalement, s'il est en pleine crise psychotique.

Catatonie

Le dernier symptôme positif est la catatonie. Pour vous faire une idée de ce symptôme, imaginez un patient en état de choc psychologique après un évènement stressant : vous aurez une idée relativement fidèle de ce qu'est un état catatonique. Et cette catatonie peut se manifester de plusieurs manières : pour être un peu mauvaise langue, on dira que ce symptôme est lui-même composé de plusieurs sous-symptômes. Le DSM stipule que la catatonie se manifeste par au moins trois des symptômes suivants :

  • premièrement, le patient est totalement immobile, le bouge pas, ne parle pas : on dit qu'il est en état de stupeur, sans que cela signifie qu'il aie peur ou qu'il soit terrorisé ;
  • le patient s'oppose ou ne réagit pas à ce qu'on lui dit ou aux stimulations extérieures : on parle de négativisme ;
  • le patient ne parle pas, ne dit rien : on parle de mutisme ;
  • la catalepsie signifie que le patient garde des positions, y compris s'il doit lutter contre la gravité : si on retire l'oreiller sous un patient cataleptique, celui-ci gardera la position et ne posera pas sa tête sur le lit ;
  • si on lui fait bouger les membres, il garde la position que l'examinateur lui impose : on parle de flexibilité cireuse ;
  • le patient grimace ;
  • dans d'autres cas, le patient est agité sans que cela ait le moindre rapport avec une stimulation extérieure ;
  • des mouvement stéréotypés et sans but se produisent de temps à autre ;
  • le patient imite les mouvements des personnes qu'il voit : on parle d'échopraxie ;
  • le patient reproduit ce qu'on lui dit : on parle d'écholalie.

Il faut noter que dans une telle situation, l'esprit du patient ne cesse pas de fonctionner, même si celui-ci est totalement immobile et mutique. La catatonie se traduit parfois par une activité mentale intense, malgré un comportement totalement aboli. Des hallucinations et des délires peuvent éventuellement être présents. Cette catatonie est une urgence médicale qui doit être traitée rapidement, et elle motive le plus souvent une hospitalisation d'office immédiate : le pronostic vital peut être engagé.

Symptômes négatifs

Les symptômes négatifs touchent essentiellement :

  • le langage et la pensée ;
  • les émotions ;
  • la motivation ;
  • la capacité à prendre du plaisir ;
  • la sociabilité.

Là encore, ces symptômes ne sont pas spécifiques aux troubles du spectre schizophrénique. On peut les observer dans des maladies aussi diverses que la dépression, l’hypothyroïdie, etc.

Pauvreté du langage

Le trouble le plus fréquent est l'alogie, à savoir un discours appauvri et qui contient peu d'informations. Le patient parle peu, ne parle pas spontanément et se contente de répondre évasivement aux questions qu'on lui pose, fait des phrases très courtes, n'a pas grand chose à dire, a un vocabulaire pauvre. Le patient a de lourdes difficultés à tenir une conversation. Ce trouble ne vient pas d'un refus de conversation.

Froideur émotionnelle

Chez la majorité des patients atteints de troubles de la personnalités schizoïdes et schizotypiques, les émotions ne sont pas désorganisées. Le patient ne montre pas d'émotions, du point de vue d'un observateur extérieur : la voix est monotone, le visage est peu expressif et ne montre pas d'émotions évidentes (hypomimie), leur communication corporelle est faible et leurs gestures sont relativement peu expressives. Mais cela ne signifie pas forcément que le patient ne ressent rien : c'est réellement l'expression corporelle des émotions qui est dégradée. Suivant l'intensité du trouble, on parle de restricted affect, blunted affect, voire de flat affect pour les cas les plus graves.

Cependant, outre l'expression des émotions, la capacité à ressentir des émotions peut aussi être touchée. Certains patients ne peuvent pas vraiment ressentir d'émotions, ou alors d'une manière relativement limitée, faible, peu intense. L'intensité du trouble peu être très modeste à très forte : cela va de personnes incapables de ressentir des émotions fortes à des personnes totalement incapables de la moindre émotion dans des circonstances graves et émotionnellement chargées (deuil, situation de danger mortel imminent, licenciement ou séparation, …). Extérieurement, ces personnes semblent très froides, insensibles.

Perte de la motivation

Les patients ont aussi tendance à avoir des baisse de motivation relativement importantes. Ce symptôme, l'aboulie ou avolition, se traduit par une perte de l'élan vital, de la volonté, de la motivation, des intérêts du patient. Le patient a des difficultés à exécuter des tâches planifiées, à programmer ces actions (ce qu'il fera dans la journée, par exemple), elle ne peut plus se concentrer sur quelque chose par désintérêt, elle ne prend plus de décision, ne communique plus avec son entourage, ne prend pas d'initiative, ne bouge pas et ne peut plus initier de mouvements, etc.

Pourtant, si elle ne peut agir, elle peut en garder la volonté de faire des choses, sans pouvoir y arriver, sans pouvoir démarrer l'action voulue. Si le patient n'a aucun envie de faire quoique ce soit, qu'il n'y a pas d'intention d'agir, on parle plutôt d'apragmatisme.

Apathie

Les patients ont aussi tendance à être atteint d'apathie : ils restent passifs en toute circonstance, et semblent totalement indifférents et détachés du monde extérieur. Ils n'ont pas ou plus de centres d’intérêts, ne font rien de leurs journées, sont totalement insensibles aux évènements de la vie (deuils, mariages, vie professionnelle, vie sociale), se coupent de leur entourage, ne voient pas l’intérêt de faire quoique ce soit, considèrent que plus rien n'a d'importance, n'ont aucune ambition ni volonté d'avancer dans la vie. Ces personnes sont froides, distantes, détachées, mais n'ont paradoxalement aucun symptôme dépressif : ils ne sont pas tristes, ne souffrent pas, ne voient pas le problème avec leur comportement, n'ont pas d'envie suicidaire, et ont une humeur neutre.

Certains patients se négligent et sont souvent atteints d'incurie : leur hygiène est déplorable, le patient ne prend pas soin de soi, se moque totalement de son apparence, etc. Son habillement est atypique. Et enfin, le patient s'isole, se coupe de ses amis et de sa famille, le retrait social étant souvent important.

Anhédonie

Enfin, les patients peuvent être atteints d'anhédonie : ils ne peuvent plus prendre de plaisir dans des activités amusantes ou naturellement sources de joie et de plaisir. Ils ne prennent plaisir dans aucune activité, y compris celles qui leur faisaient plaisir avant la déclaration des troubles. Les activités plaisantes, comme lire des livres, s'instruire, apprendre, jouer à des jeux vidéos, écouter de la musique, ne lui procurent aucune émotion ni plaisir. Et cela vaut y compris pour ce qui est de la sphère sexuelle : la plupart sont asexuels, n'ont aucun envie d'avoir des relations sexuelles, de chercher un partenaire, etc.

Désocialisation

Généralement, cette anhédonie touche la sphère sociale : la patient ne prend plus plaisir à fréquenter ses amis ou sa famille et délaisse totalement son entourage, n'a pas besoin de fréquenter qui que ce soit, peut supporter des années d'isolement, recherche la solitude à un point pathologique, refuse de faire de nouvelles connaissances, n'a pas envie d'avoir de famille, d'amis, d'amoureux ou de partenaires sexuels. On parle alors d'anhédonie sociale, ou encore d'asocialité.

Autres

Les symptômes que l'on vient de voir plus haut servent lors des diagnostics médicaux et psychiatriques. Cependant, les schizophrènes ont souvent des troubles de l'humeur ou des dégradations intellectuelles assez marquées lors de leur maladie. Néanmoins, ces signes ne servent pas pour le diagnostic.

Les personnes atteintes de schizophrénie ont souvent des troubles intellectuels marqués : leur attention diminue, leur langage s'appauvrit, leur capacité d'abstraction est atteinte, etc. De nombreuses études scientifiques, réalisées en laboratoire, montrent que les patients schizophrènes ont des scores inférieurs aux sujets sains pour des tâches liées à la mémoire de travail, la planification de tâches, et d'autres capacités intellectuelles. Mais les déficits ne s'observent pas facilement chez ces patients et sont plus subtils qu'autre chose.

Plus visible en revanche, les troubles de l'humeur sont monnaie courante chez les schizophrènes. La plupart sont souvent très déprimés, cette dépression étant liée à leur maladie. D'ailleurs, si on observe des signes de dépression chez un schizophrène, le diagnostic de dépression n'est pas posé : ces signes de dépression sont juste une conséquence de sa maladie. Il faut dire que les symptômes de la schizophrénie peuvent être très difficiles à vivre, qu'ils soient perçus ou non par le patient. Mais il y a aussi le fait que la schizophrénie influence directement l'humeur.

Maladies du spectre schizophrénique

Les symptômes précédents se manifestent à des degrés divers suivant la maladie, certains étant absents et d'autres non. Dans ce qui va suivre, nous allons voir les différentes maladies du spectre schizophrénique, et quels sont leurs symptômes les plus courants. Ces maladies sont définies dans diverses classifications des maladies mentales, les plus connues étant le Disorder and diagnostic State Manual, et l'International Classification of Disease de l'OMS.

Ces troubles perturbent généralement la vie des patients et ceux-ci peuvent facilement en souffrir. La plupart de ces patients sont relativement, voire totalement isolés (ce qui est souvent un symptôme de leurs troubles). Ces patients sont souvent sujets à de la dépression ou des troubles anxieux. Le taux de suicide est notamment très élevé chez les schizophrènes. Ces patients ont aussi tendance à avoir plus de problèmes de toxicomanie, qui peuvent parfois aggraver leurs troubles.

Pourtant, la plupart de ces patients se considèrent comme totalement normaux et n'arrivent pas à voir qu'ils ont un comportement différent, anormal. Pour les troubles de la personnalité, le diagnostic a souvent lieu lors d'un suivi à propos de troubles dépressifs ou anxieux. Pour les troubles délirants ou la schizophrénie, le diagnostic a souvent lieu après une hospitalisation ou une arrestation. Ce sont souvent les proches ou collègues qui avertissent les services de secours, face à un épisode psychotique évident.

Schizophrénie

La schizophrénie se manifeste par un medley de tous les symptômes positifs et négatifs vus plus haut, le mélange dépendant fortement du patient. Généralement, les schizophrènes ont des symptômes qui se manifestent par des crises dominées par les symptômes positifs, avec un léger répit entre les crises. Les patients peuvent avoir un fonctionnement normal entre les crises de psychose, mais ont le plus souvent un comportement dominé par les symptômes négatifs. Plus rarement, les symptômes positifs sont chroniques, perturbant la vie du malade. Encore plus rarement, les symptômes positifs peuvent être absents ou occasionnels.

Cependant, les critères de diagnostic des schizophrénies ne sont pas les mêmes selon la classification : le DSM et l'ICD ne sont pas d'accord.

DSM

Selon le DSM, tous les schizophrènes ont des délires, des hallucinations ou une désorganisation de la pensée, un des trois symptômes étant nécessaire pour poser le diagnostic. Les symptômes négatifs ne sont pas rares, mais sont absents chez certains les patients. La catatonie est très rare.

Dans le détail, voici les critères retenus par le DSM pour diagnostiquer la maladie (traduits et adaptés par l'auteur) :

  1. Deux ou plus des symptômes suivants, avec au moins un des trois premiers symptômes :
    • délires ;
    • hallucinations ;
    • schizophasie et langage désorganisé ;
    • comportement totalement désorganisé ou catatonie ;
    • symptômes négatifs (réduction de l'expression émotionnelle, "aboulie/avolition").
  2. Perturbations sociales ou professionnelles : pour une portion signifiante du temps écoulé depuis le début du trouble, la vie professionnelle, les soins personnels ou les relations interpersonnelles sont nettement inférieurs au niveau précédent l’occurrence des troubles.
  3. Les symptômes permanents de la perturbation durent depuis au moins 6 mois. Cette période de 6 mois comprend notamment un mois complet de symptômes (ou moins quand ils répondent favorablement aux traitements), et peut comprendre des phases de prodrome (période qui précède la maladie, où les symptômes s'installent progressivement, nda) ou résiduelles. Durant ces périodes, les signes du trouble se manifestent par des symptômes négatifs ou par plusieurs symptômes listés dans le 1.
  4. Un trouble schizo-affectif, un trouble dépressif ou bipolaire avec psychose ont été écartés.
  5. La perturbation n'est pas causée par l'usage de drogues ou de médicaments psychoactifs.
  6. Si le patient a des antécédents de troubles du spectre autistique, le diagnostic n'est fait que si les délires et hallucinations sont présents durant au moins un mois (sauf si ils répondent favorablement aux traitements).

Pour le point 4, il faut savoir que les symptômes d'une schizophrénie sont difficiles à distinguer des troubles bipolaires. Les patients bipolaires peuvent être atteints de phases d'euphorie durant lesquelles leur pensée s’accélère et devient décousue : on parle de phases maniaques. Leur pensée se désorganise et des délires et hallucinations peuvent apparaître dans les cas graves, ce qui est très difficile à distinguer d'une schizophrénie. Ce point numéro 4 est là pour éviter les erreurs de diagnostic entre schizophrénie et troubles bipolaires.

Pour le 5, il faut savoir que l'ingestion de certaines drogues ou médicaments peut déclencher une crise de psychose, ou du moins mimer les symptômes positifs. Cocaïne, héroïne, amphétamines, cannabis, mais aussi de fortes doses de caféine peuvent déclencher hallucinations et délires.

Pour le point numéro 6, il faut savoir que l'autisme peut être confondu avec des troubles du spectre schizophréniques. Les deux maladies semblent être totalement différentes et un praticien aguerri sait faire la différence à l'heure actuelle (ce qui n'était pas le cas il y a encore plusieurs décennies, au début du siècle dernier). Les symptômes négatifs et catatoniques sont parfois difficiles à distinguer de l'autisme. Le principal critère qui permet de faire la différence entre une schizophrénie et certaines formes d'autisme tient dans les délires et hallucinations, que ne sont pas censés avoir les autistes.

Enfin, il faut savoir que la schizophrénie se déclare à tout âge, avec une plus forte tendance à apparaitre entre 15 et 30 ans. Cependant, le diagnostic est assez spécial chez les personnes âgées. En effet, les démences, des maladies qui se traduisent par une diminution des capacités intellectuelles, se traduisent parfois par des délires ou des hallucinations. Par exemple, les malades d'Alzheimer ou atteint de démence à corps de Lewy ont souvent des délires et hallucinations assez importantes, qui n'ont aucun lien avec la schizophrénie. Même chose pour ceux qui ont eu un AVC, ou des démences vasculaires, pour ne citer qu'eux. Autant dire qu le diagnostic chez une personne âgée est souvent compliqué.

ICD

Les critères de l'ICD sont assez différents de ceux du DSM, mais restent fidèles dans les grandes lignes. Les voici :

  1. Au moins un des symptômes suivants :
    • vol, intrusion ou diffusion de pensée ;
    • délires de contrôle, dans lequel le patient croit que ses pensées, actions, sensations et mouvements lui sont dictés par une force extérieure ;
    • délires persistants d'un autre type, incompatibles avec la culture ou l'environnement social du patient ;
    • hallucinations auditives, où le patient entend des voix qui ne cessent de commenter son comportement, qui discutent avec lui, entre elles, ou qui semblent provenir d'une partie précise du corps ;
  2. Au moins deux des symptômes suivants :
    • hallucinations persistantes, accompagnées :
      • de délires atténués ou fugaces sans contenu affectif ou d'idées fixes récurrentes à l'importance surévaluée par le patient ;
      • ou qui surviennent chaque jour durant des semaines ou des mois ;
    • ruptures ou interpolations dans le flux de pensée qui se traduisent par une incohérence du discours, un discours non-pertinent, ou des néologismes ;
    • symptômes négatifs, comme une apathie marquée, une froideur émotionnelle, une désorganisation des émotions, ou une alogie ;
    • catatonie ;
    • un changement significatif et consistent de la qualité du comportement, dont une manque d'intérêt, une perte d'ambitions ou de buts, une inactivité, un retrait social ou une attitude auto-centrée.

Une différence notable avec le DSM est que les symptômes doivent durer au moins un mois avant que le diagnostic soit posé, ce qui est beaucoup plus court que la durée de 6 mois imposée par le DSM. Les concepteurs de la CIM argüent que chez les patients qui récupèrent spontanément, la rémission a lieu environ 2 à 3 semaines après le début des symptômes, souvent moins.

De plus, l'ICD conserve une classification des différents sous-types de schizophrénie. Ces sous-types ont étés supprimés du DSM, en raison de leur manque de validité clinique. Voici les différents sous-types de schizophrénies :

  • paranoïde, dominée par des délires désorganisés de persécution ou de grandiosité, et/ou des hallucinations ;
  • désorganisée, dominée par la désorganisation de la pensée et/ou du comportement ;
  • catatonique, dominée par des symptômes catatoniques ;
  • non-différentiée, qui ne rentre dans aucune des catégorie précédente ;
  • résiduelle, où les symptômes positifs autrefois intenses se sont atténués après un certain temps, ne laissant que des symptômes négatifs ou des symptômes positifs très atténués (pensées bizarres non-délirantes, par exemple) ;
  • simple, une schizophrénie sans psychose dans laquelle des symptômes négatifs s'aggravent avec le temps.

Psychoses aigües

Il n'est pas rare pour, certains patients, d'exprimer les symptômes de la schizophrénie durant une durée inférieure à celle requise pour le diagnostic. Un patient peut ainsi avoir des hallucinations et des délires durant quelques semaines, avant de se remettre entièrement et de revenir à un comportement totalement normal. Ces manifestations temporaires peuvent avoir plusieurs causes. La prise de drogues en est un bon exemple : certains patients peuvent devenir paranoïaques ou entendre des voix après la prise de cannabis ou d'alcool. Dans une telle situation, les symptômes dépassent rarement la semaine, très rarement deux semaines. D'autres voient leur psychose survenir après un évènement stressant, tandis que d'autres surviennent sans raison apparente. Ces deux derniers cas correspondent aux troubles psychotiques aigües.

Pour le DSM, la durée de diagnostic de la schizophrénie est de 6 mois. Si jamais les symptômes ne sont pas présents durant les 6 mois nécessaires pour le diagnostic, mais qu'ils durent au moins un mois, le diagnostic n'est pas une schizophrénie mais un trouble schizophréniforme. Dans le cas où les symptômes durent quelques jours mais moins d'un mois, on parle de trouble psychotique bref. Pour la CIM, la durée des troubles doit être inférieure à un mois, et on parle alors de troubles délirants aigües. Les anciennes classifications françaises parlaient de bouffée délirante aigüe.

Troubles délirants

Dans les troubles délirants, on n'observe que des délires relativement organisés : il n'y a aucun symptôme tel que des troubles du langage ou des hallucinations, et les délires semblent relativement organisés. Les délires ne sont pas vraiment bizarres et on n'observe pas de désorganisation de la pensée. Les délire sont souvent crédibles et rationnels, parfois empreints d'un mysticisme religieux, mais toujours cohérents et structurés. Le comportement des patients est normal en dehors de leurs délires.

Les délires en question sont appartiennent généralement à un des six types suivants : paranoïaque, érotomaniaque, de jalousie, de grandeur, somatique (croyance d'un défaut corporel ou d'une maladie), et mixte. Il n'y a généralement pas de délires de vol de pensée : ces délires sont plutôt réservés à la schizophrénie. Les délires mono-thématiques isolés, comme celui de Capgras ou de Fregolli, sont souvent classés à part, dans la catégorie des troubles d'identification délirants.

Troubles de la personnalité

Au-delà des maladies mentales, les troubles du spectre schizophrénique comptent dans leurs membres des troubles de la personnalité. Ces troubles de la personnalité se traduisent par une personnalité anormale, ainsi que divers symptômes psychiatriques qui peuvent toucher la motivation, les émotions, la pensée, le langage, le comportement, etc. Ces troubles restent stables dans le temps, sans possibilité de rémission ou de disparition des troubles. A l'heure actuelle, on ne peut pas en guérir, ni même soigner ces troubles.

Les trois troubles de la personnalité schizoïde, schizotypique, et paranoïaque font parti du spectre schizophrénique. A l'appui de ce regroupement, on peut citer le fait que les personnes atteintes de ces troubles de la personnalité peuvent déclencher des psychoses brèves (souvent à la suite d'une situation de stress), que leurs troubles peuvent évoluer vers une schizophrénie ou un trouble délirant, et que les symptômes de ces troubles sont des symptômes courants chez les schizophrènes.

Schizotypique

Le trouble de la personnalité schizotypique était autrefois appelé schizophrénie latente. Il peut être vu comme une forme atténuée de schizophrénie, les délires et hallucinations étant atténués. Au lieu d'avoir des hallucinations, le patient aura simplement des perceptions sensorielles aberrantes. De même, les délires de référence sont atténués et deviennent de simples idées de références. D'éventuels délires paranoïaque se transforment en une simple méfiance et une anxiété dans les relations sociales. Les troubles du langage et de la pensée se traduisent par un langage et des pensées bizarres ou étranges.

Le patient a des symptômes parmi les suivants :

  • langage bizarre (stéréotypé, vague, métaphorique) mais sans discours incohérent ;
  • croyances magiques, sans lien avec sa culture ou son environnement social ;
  • comportement ou accoutrement bizarre ou étrange ;
  • perception sensorielles aberrantes ;
  • idées de référence non-délirantes ;
  • paranoïa non-délirante ;
  • froideur émotionnelle ;
  • asocialité.

A ces symptômes, le DSM ajoute une anxiété excessive en situation sociale qui ne diminue pas quand le sujet se familiarise avec la situation et qui est due à une paranoïa et inexplicable par un refus de socialisation ou un retrait social par peur du jugement des autres. Au moins cinq des symptômes doivent être présents. Du coté de l'ICD, celui-ci rajoute des ruminations excessives avec un propos sexuel, agressif ou dévalorisant sur le plan de la beauté. Des crises de psychose avec des perceptions sensorielles et illusions assez intenses, des délires, et des hallucinations auditives ou visuelles peuvent aussi survenir sans cause apparente.

Comme on le voit, la majorité des symptômes traduit une forme atténuée de paranoïa, de délires ou d'hallucinations. C'est d'ailleurs pour cela que l'ICD considère qu'il ne s'agit pas d'un trouble de la personnalité, mais d'un trouble à part entière, au même titre que la schizophrénie.

Les patients atteints de ce trouble ont plus de chance de déclencher des crises de psychoses ou de devenir schizophrènes que les schizoïdes ou ceux atteint de troubles de la personnalité paranoïaque. On estime qu'entre 10 à 30% d'entre eux deviennent schizophrènes.

Schizoïde

Le trouble de la personnalité schizoïde est marqué par l'ensemble des symptômes négatifs, à l'exception de l'alogie :

  • froideur émotionnelle ;
  • perte de motivation ;
  • apathie ;
  • anhédonie ;
  • asocialité.

Le patient est apathique, anhédonique, distant et détaché, profondément désocialisé et asocial, solitaire, introverti, timide, réservé, sans humour, émotionnellement stable et est décrit comme quelqu'un de froid.

Le DSM pose les critères suivants pour diagnostiquer ce trouble de la personnalité :

  • le sujet ne recherche pas et/ou n'apprécie pas les relations sociales y compris intrafamiliales proches ;
  • il a peu d'amis ou de confidents, en dehors des parents du 1er degré ;
  • il choisit quasi-systématiquement des activités solitaires ;
  • il ne présente pas d'intérêt pour le sexe, ou alors très peu ;
  • il ne ressent de plaisir que dans un nombre très limité d'activités ;
  • il semble indifférent aux critiques, remarques et compliments des autres ;
  • il présente une froideur émotionnelle et une faible affectivité.

L'ICD a des critères relativement similaires :

  • froideur émotionnelle, détachement émotionnel, ou expression limitée d'émotions ;
  • faible capacité à exprimer des émotions aux autres, que celles-ci soient positives ou négatives ;
  • prend du plaisir dans un nombre faible d'activités, parfois aucune ;
  • préférence stable et importante pour des activités solitaires ;
  • très peu voire aucun ami ou relation (même distante), et un manque d'envie d'en avoir ;
  • faible intérêt pour la sexualité, pouvant aller jusqu’à une asexualité stricte ;
  • indifférence totale aux compliments et reproches ;
  • indifférence aux normes sociales ;
  • préoccupé par l'introspection et la fantaisie : ces personnes ont un monde intérieur assez riche et beaucoup d'imagination.

Un patient schizoïde est atteint de froideur émotionnelle : il ne montre que peu d'émotions et est particulièrement froid. Il a du mal à s'énerver ou à être triste, même dans des circonstances graves comme un deuil ou des agressions physiques violentes. Ils affichent systématiquement un air ennuyeux et fade. Il ne montre pas d'émotion sur son visage, ses mimiques faciales sont amoindries ou inexistantes, et sa gesture est pauvre.

Le patient est anhédonique et a une forte baisse de motivation : il n'a qu'un nombre limité de centres d’intérêts, parfois aucun. Très peu d'activités ne les amusent ou ne les intéressent, souvent aucune. Il ne prend pas plaisir à voir du monde et préfère rester tout seul dans son coin : ses centres d’intérêts ne sont pas sociaux mais des activités scientifiques, mécaniques, abstraites (jeux mathématiques, informatique, jeux vidéo, lecture de romans, sciences et autres). La plupart des patients passent leur temps à ne pas faire grand chose, ils ne font rien de leurs week-ends depuis plusieurs années, ne sortent pas de chez eux. Ils n'ont aucun plaisir lors d'expériences sensorielles, physiques ou interpersonnelles, comme marcher sur une plage ou regarder un coucher de soleil. Il est aussi fortement apathique : rien ne semble avoir d'importance à ses yeux et il semble détaché et insensible aux évènements de l'existence. Il semble insensible.

Il est aussi atteint d'anhédonie sociale, d'asocialité. Il a peu d'amis ou de proches, très souvent aucun ami, et se contente au mieux de contacts (parfois distants) avec sa famille depuis le début de l'âge adulte. Son isolement est parfois quasiment total : beaucoup de personnes dont on retrouve le cadavre dans leur appartement plusieurs années après leur mort (fait divers commun de nos jours) étaient schizoïdes. Il est souvent célibataire de longue date (au minimum plusieurs décennies) et tient à le rester : il ne fera jamais la moindre démarche pour se trouver un partenaire amoureux ou sexuel, et a de bonnes chances d'être asexuel. Il organise sa vie de manière à éviter le contact avec les autres, en choisissant des métiers au faible potentiel relationnel : ces patients ont une préférence pour les métiers et activités totalement solitaires, et détestent les activités sociales ou qui demandent de rencontrer du monde. Ces patients refusent, ou tout du moins n'aiment pas avoir des relations proches avec qui que ce soit, que ce soit des relations amicales, amoureuses, éventuellement familiales pour les cas les plus graves (une part presque majoritaire des patients aime malgré tout leur famille, et n’hésitent pas à passer du temps avec eux). Leurs capacités à se faire des relations ou à les maintenir sont dégradées.

Ces personnes ont aussi des déficits d'empathie. Elles ont notamment une plus forte tendance à penser qu'un meurtre peut être éthique, comparé à un groupe témoin. Ils ont tendance à être très francs et à avoir des comportements vexants ou inadaptés, sans qu'ils s'en rendent compte. Ils sont aussi paradoxalement assez souples et acceptent beaucoup de comportements vexants ou insultants de la part des autres : ils sont notamment insensibles aux remarques et reproches, mais aussi aux compliments. Ils ont tendance à rester passifs, surtout dans les situations de compétition ou des situations tendues : dans les pires des cas, ils ne répondent pas aux provocations. Leur difficultés à se mettre à la place des autres leur pose parfois des problèmes dans leur famille ou au travail.

Dans certains cas, le patient a un langage pauvre, vague, concret, assez peu expressif. Mais l'intensité de ces perturbations du langage ne sont pas suffisantes pour être un symptôme clinique comme une alogie, les déficits de langage du schizoïde étant subtils et très peu marqués.

Le comportement d'un schizoïde ressemble quelque peu à celui d'un dépressif, mais le schizoïde est d'une humeur stable. Les schizoïdes peuvent aussi être confondus avec les autistes d'Asperger. Il faut dire que dans les deux cas, les patients ont peu de centres d’intérêts, peu d'amis et des difficultés sociales importantes. Faire la distinction n'est donc pas simple.

Paranoïaque

Le trouble de la personnalité paranoïaque peut être vu comme une forme atténuée des troubles délirants. Les patients atteints d'un trouble de la personnalité paranoïaque ressemblent à l'image que l'on se fait intuitivement d'un paranoïaque. Ces personnes sont méfiantes à l'excès, ont l'impression que le monde entier est contre eux, rien ne peut les faire revenir à la raison, interprètent tout signe anodin comme une menace contre leur personne, ont un sens aigu de leurs droits, sont psychorigides, ont une forte tendance à la rancune et la vengeance, et ainsi de suite.

Mais ce stéréotype ressemble aussi aux personnes en plein délire de persécution, et il n'est pas rare de faire la confusion. La différence, c'est que quelqu'un atteint d'un trouble de la personnalité paranoïaque ne délire pas. Et dieu sait que la distinction entre ce qui tient du délire et ce qui n'en est pas est difficile avec ces patients.

L'interprétation des symptômes de ce trouble est extrêmement stricte, vu qu'il est très facile de reconnaitre ces symptômes chez quelqu'un avec on est en froid : vous risquez certainement de reconnaitre à tord quelqu'un de votre famille, un ou une de vos ex, votre partenaire actuel, ou un de vos collègue dans la description faite plus bas, alors que cette personne est presque certainement normale. Soyez donc vigilant, et dites vous bien que qui que vous reconnaissiez dans ces symptômes, il est presque certain qu'il ne soit pas paranoïaque.

L'ICD 10 stipule que pour être atteint de trouble de la personnalité paranoïaque, il faut avoir au moins trois des symptômes suivants :

  • sensibilité extrême aux refus et remarques ;
  • forte tendance à conserver des rancunes de manière persistante et refus systématique de pardonner des offenses, insultes ou blessures mineures ;
  • méfiance et une tendance persistante et systématique à interpréter comme malveillantes des actions neutres ou bienveillantes ;
  • un sens tenace et combatif à faire respecter ses droits personnels, qui est totalement inadapté à la situation en cours ;
  • de fortes suspicions récurrentes, sans justifications, concernant la fidélité des partenaires amoureux ou sexuels ;
  • une tendance à avoir un sentiment d'importance excessif, qui se manifeste par une attitude centrée sur soi ;
  • une forte croyance en des scénarios conspirationnistes, à la fois pour interpréter des évènements mondiaux ou d'actualité, mais aussi en rapport avec ses proches et son environnement immédiat.

Comme on peut le voir, nous connaissons presque tous des personnes qui semblent coller avec un ou plusieurs symptômes. Aussi, je me permets de détailler un peu plus chaque symptôme. Concernant le dernier, il faut savoir que quelqu'un qui croit en une ou plusieurs théories du complot n'est pas forcément paranoïaque : pour que le symptôme soit validé, il faut aussi que la personne croit sans raison valable que tout son entourage le manipule ou complote contre lui.

La sensibilité extrême aux remarques et une forte auto-importance se manifestent aussi chez de nombreuses personnes saines, ou atteintes de troubles de la personnalité narcissique ou histrionique. Dans les faits, il faut bien se rendre compte que ces comportements doivent être systématiques et se manifester sans raison valable dans toutes les situations de la vie quotidienne, et pas seulement dans le domaine professionnel ou dans la vie amicale ou familiale. Ce n'est pas parce que quelqu'un se vante (à tord ou à raison) qu'il collera à ce symptôme.

Dans les faits, les personnes atteintes de ce trouble sont presque tout le temps isolées socialement, n'ont aucun ami ou se sont systématiquement brouillés avec ceux-ci, ne fréquentent que leur famille dans le meilleur des cas. Leurs relations avec leurs éventuels collègues de travail sont extrêmement mauvaises, ils sont en conflit avec leurs supérieurs hiérarchiques, ne sont soutenus par personne, sont mal vus par la totalité de leurs collègues et le tout *sans que cela ne cache aucunement le moindre cas de harcèlement professionnel.

Causes et origines des troubles

L'origine de ces maladies est loin d'être claire. On sait qu'il existe des fragilités génétiques, ainsi que des facteurs de risque environnementaux. Mais il semblerait que cette maladie soit une maladie causée par un dysfonctionnement du cerveau, et non une maladie psychologique liée à la société ou à des causes personnelles. On peut d'ailleurs constater que diverses maladies aux conséquences neurologiques entrainent des psychoses.

Inné ou acquis

On sait qu'il existe une fragilité génétique : les parents et fratries de schizophrènes ont de fortes chances d’avoir eux-même la maladie, bien plus qu'une personne qui n'appartient pas à la famille. Et c'est d'autant plus le cas que la personne est proche génétiquement du malade : la probabilité est plus forte dans le cas des vrais jumeaux que de faux jumeaux, par exemple. Et c'est la même chose pour les troubles de la personnalité schizoïde, schizotypique, ou paranoïaque. La recherche des gènes de la maladie semble indiquer que plusieurs gènes seraient impliqués, sans qu'on sache vraiment lesquels. Certains de ces gènes semblent aussi impliqués dans les troubles bipolaires ou dans l'autisme.

On sait que divers facteurs de risque favorisent la survenue d'un trouble schizophrénique chez les personnes prédisposées génétiquement, mais pas chez les autres. Une éducation à la dure, des maltraitances, des abus sexuels, des agressions, un harcèlement à l'école, une séparation parentale, etc. Les facteurs de risque sont nombreux, et on peut résumer en disant que tout évènement fortement stressant favorise la survenue de la maladie. On sait de plus que les troubles psychotiques brefs surviennent souvent à la suite d'un évènement stressant, et que les rechutes de schizophrénie chez les malades en rémission suivent souvent des évènements stressants.

Bref, cette maladie a de fortes chances d'être innée, mais celle-ci ne s'exprime sous la forme de crises de psychoses (délires ou hallucinations) que si un environnement stressant est rencontré.

Ce qui se passe dans le cerveau

Diverses observations tendent à montrer que le cerveau des schizophrènes a des différences par rapport à des sujets sains, mais rien de vraiment certain à l'heure actuelle. Et pour ce qui est des troubles de la personnalité liés à la schizophrénie, c'est encore pire : peu d'études sont faites sur le sujet.

La théorie dopaminergique

Il existe plusieurs théories de la schizophrénie, certaines l'expliquant par des déficits ou surdoses en neurotransmetteurs, d'autres par une implication du systèmes immunitaire, etc. La théorie la plus consensuelle suppose que les neurones dopaminergiques, ceux qui produisent et réagissent à la dopamine, sont hyperactifs dans certaines zones du cerveau et sous-activés dans d'autres.

Plus précisément, la dopamine se fixe sur des molécules-récepteurs à la surface des neurones : une fois la dopamine fixée, une cascade de réactions chimiques favorise ou inhibe l'émission d'un influx nerveux par le neurone. Ces récepteurs de la dopamine peuvent se classer en cinq types, deux d'entre eux étant des récepteurs dits D1, et les trois autres étant les récepteurs D2. On suppose que les troubles schizophréniques proviennent de la présence d'un nombre de récepteurs D1 ou D2 déséquilibré. On suppose aussi un défaut de fonctionnement des récepteurs : ceux-ci sont soit hyperactifs, soit sous-actifs.

Dans le détail, les symptômes négatifs et positifs proviendrait de dysfonctionnement dans des aires cérébrales distinctes. La dopamine est produite, émise par des neurones situés dans des zones précises du cerveau : l'aire tegmentale ventrale, les ganglions de la base, et l'hypothalamus. Dans ce qui va suivre, seule l'aire tegmentale ventrale nous intéressera. Cette aire envoie des synapses dans différentes zones du cerveau :

  • cortex préfrontal, situé sous le front ;
  • noyau accumbens ;
  • amygdale ;
  • hippocampe ;
  • gyrus cingulaire ;
  • bulbe olfactif.

Chaque groupe de synapse forme une voie dopaminergique, seule deux étant liées à la schizophrénie :

  • la voie mésocorticale qui relie le cortex préfrontal à l'aire tegmentale ventrale ;
  • la voie mésolimbique, qui relie l'aire tegmentale ventrale au noyau accumbens, qui lui-même agit sur les aires dédiées aux émotions, à la motivation et à la gestion du plaisir.

Image de Slashme, Patrick J. Lynch et Fvasconcellos, CC BY-SA 4.0 et GFDL, wiki

Une atteinte de la voie mésocorticale entrainerait des symptômes psychotiques, ce qui est cohérent avec le fait que le cortex préfrontal a un rôle important pour la pensée et l’interprétation du monde. Par contre, la voie mésolimbique jouerait un rôle dans les symptômes négatifs, ce qui est cohérent avec le rôle des aires cérébrales de cette région.

Éléments de preuve

A l'appui de cette hypothèse, on peut remarquer que les drogues qui favorisent la production de dopamine cérébrale miment les symptômes de la schizophrénie : la prise de caféine, d'amphétamines, de cocaïne ou d’héroïne peuvent causer hallucinations, idées fixes, délires, et catatonie. Même chose pour les médicaments qui soignent Parkinson, qui favorisent la production de dopamine : ils peuvent causer des crises de délires paranoïaques, des délires et quelques rares hallucinations. Néanmoins, quelques drogues ou médicaments permettent de déclencher des délires et hallucination sans favoriser directement la production de dopamine.

Un autre indice provient des études sur le rôle de la dopamine dans le cerveau. Elle jouerait un rôle important dans la motivation et la capacité à prendre du plaisir, des défauts en dopamine se traduisant par des difficultés de concentration, une avolition, une apathie, une anhédonie et une asocialité : en clair, un manque de dopamine dans certaines zones du cerveau causerait les symptômes négatifs. Cela arrive lors des dépressions (liées à des troubles bipolaires ou non) et des troubles du spectre schizophréniques.

Dernier indice : les traitements actuels sont des médicaments dit neuroleptiques ou antipsychotiques, qui agissent en se liant aux récepteurs de la dopamine, sans pour autant les activer (ce sont des antagonistes de la dopamine). Ils permettent de calmer les symptômes positifs, mais ont peu d'effets sur les symptômes négatifs : ces traitements peuvent même aggraver ces symptômes. Les antipsychotiques typiques agissent sur la majorité des récepteurs de la dopamine, que ce soit les récepteurs D1 et D2. Par contre, les antipsychotiques atypiques agissent sur les récepteurs D2. Les deux ont une efficacité similaires, mais les antipsychotiques atypiques ont moins d'effets secondaires.


Quelques liens pour aller plus loin, sur le rôle de la dopamine dans les troubles schizophreniques :

Le logo du tutoriel est le tableau "Mes yeux dans le temps de l'apparition" d'August Natterer, l'image étant libre de droits.

3 commentaires

Je n'ai pas lu tout l'article (pardonnez moi :p ) mais parles-tu du trouble schizo-affectif ? Car il me semble que c'est aussi une forme de Schizophrénie, même si il est aussi associé au trouble bipolaire.

En tout cas, très bon article ! :)

Edit : Je dit "article", mais c'est un tuto. 'fin bon, vous avez compris. :p

Édité par FougereBle

Je ne parle pas du trouble schizo-affectif, volontairement. A l'heure actuelle, les chercheurs ne savent pas si ce trouble est une forme de schizophrénie, une variante sévère de trouble bipolaire psychotique, ou les deux. Dans la CIM, ce trouble est placé dans le même groupe que les schizophrénies, troubles psychotiques brefs et le trouble schizoptypique. Dans le DSM, il me semble qu'il est dans une catégories des troubles affectifs (de l'humeur). Bref, j'ai préféré ne pas prendre de risque en évitant d'aborder celui-ci.

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