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Ralentir pour progresser plus vite

Ce conseil universel que personne n'applique…

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Temps de lecture estimé : 17 minutes

En voilà un titre paradoxal comme on les aime ! Rassurez-vous, ce billet est très sérieux.

Ce week-end, j’ai découvert que Scott Bradlee avait écrit un cours où il explique comment ragtimifier n’importe quel morceau, ce qu’il est connu pour faire avec énormément de talent. Si vous ne connaissez pas Scott Bradlee et que vous ne savez pas ce qu’est le ragtime, voici un cours de rattrapage express en 2 minutes 30 :

En quelques mots, le ragtime (ou le stride), c’est sautillant, hyper technique (surtout pour la main gauche qui demande une précision extrême), syncopé, et très rapide.

Dans son cours, qui n’a pas vocation à être un cours magistral mais plutôt à aller droit à l’essentiel, les conseils sont évidemment plus rares que dans une masterclass, mais s’il y en a un qui a retenu mon attention, c’est ce conseil que toutes les ressources sur la musique répètent en boucle et à l’infini :

COMMENCEZ LEEEEEEEEEEENTEMENT !

Cette directive, pourtant très simple, personne ne l’applique (moi le premier, je l’avoue, mais je me soigne !), ou bien on l’applique mal, en n’allant ni assez lentement, ni pendant assez longtemps. On se croit tous bien plus malins que le métronome, d’autant que jamais personne n’explique en quoi c’est si important.

À force de voir ce conseil répété partout, j’ai fini par me poser très sérieusement la question : pourquoi ?

C’est l’objet de ce billet.

Pourquoi on garde le pied au plancher

Examinons déjà les raisons pour lesquelles nous sommes si nombreux à ignorer ce conseil pourtant si simple. Et cassons quelques idées préconçues.

L’illusion que l’on maîtrise

La raison numéro 1 pour laquelle on refuse de passer par cette étape, c’est parce que l’on se croit au-dessus de ça.

Ça ne sert à rien de s’entraîner lentement puisque je sais déjà le jouer vite !

Vraiment ? Faisons une expérience.

  • Prenez un morceau ou un passage que vous pensez vraiment maîtriser.
  • Enregistrez-vous.
  • Repassez-vous l’audio/la vidéo au ralenti.
  • Êtes vous bien en rythme ? Votre jeu est-il bien articulé ?
  • Résultat garanti : non.

Acceptons une première réalité difficile : vous ne maîtrisez pas ce morceau à ce tempo. Vous avez simplement l’illusion de le maîtriser, car la vitesse lisse les défauts d’articulation.

Jouer lentement n’est PAS facile

Mais voyons, j’ai déjà appris 150 morceaux plus difficiles que ça, ça ne sert à rien, je devrais être déjà capable de le jouer parfaitement sur un tempo lent…

Voyons ça, poursuivons notre expérience :

  • Réglez le métronome AU QUART du tempo.
  • Jouez votre morceau/passage, sans vous tromper et en restant bien en rythme.
  • Résultat garanti : Et PAF ! une note pas en place. Et BIM ! une fausse note.

Il convient maintenant d’être honnête avec soi-même et d’accepter la réalité toute nue : vous ne maîtrisez pas ce morceau du tout, et vous venez d’essayer de le jouer en croyant que vous en étiez capable, donc sans vous concentrer suffisamment pour vous donner les moyens de le jouer parfaitement.

Jouer lentement, ce n’est pas pour les noobs, c’est même très difficile parce que cela demande de maintenir le même niveau de concentration que pour jouer vite, mais pendant plus longtemps !

Un jeu de patience insupportable

Poursuivons l’expérience :

  • Répétez lentement ce morceau/passage au quart du tempo jusqu’à ce qu’il soit parfait.

Oui, disons-le sans détour, c’est hyper chiant !

Ça ne ressemble à rien, c’est crispant, ça ne sonne pas, surtout que l’on perd la progression harmonique de vue et que certaines dissonnances sont affreuses lorsqu’elles sont prises individuellement, et en plus c’est difficile et il faut recommencer plein de fois. Mais n’accélérez pas pour autant ! Au contraire, calmez-vous, fermez les yeux, respirez, détendez-vous, vous allez y arriver. Nous allons voir plus loin pourquoi c’est si important d’y arriver.

Prenez dès maintenant conscience de votre pire ennemi lors de vos entraînements. Ce n’est pas l’instrument, ce n’est pas le métronome, ce n’est pas le compositeur, ce n’est pas moi, c’est votre propre impatience.

C’est elle qui vous déconcentre. C’est elle qu’il faut vaincre absolument. C’est elle qui vous empêche de progresser.

Pourquoi il est urgent de prendre son temps

La vraie, bonne et grosse raison principale, c’est parce qu’il faut donner le temps à votre mémoire musculaire pour apprendre à faire le geste parfait sans se crisper.

On peut (vraiment) se faire (très) mal

Je ne sais pas pour vous, mais depuis tout petit, je ressens assez régulièrement une petite douleur (derrière l’épaule droite) que j’appelle "le point de côté du piano", parce que c’est uniquement en jouant du piano que je la déclenche.

Certains diront que c’est le métier qui rentre, d’autres, ayant un référentiel sportif, diront que c’est une bonne douleur. En fait, je l’ai cru pendant très longtemps et j’ai toujours associé cette douleur à un progrès au piano.

La vérité ? C’est que ce genre de douleur est indicative d’une crispation, qu’elle n’a absolument rien de positif, et j’ai depuis appris à m’arrêter dès qu’elle pointe son nez.

Si vous ne voyez pas du tout de quoi je parle, essayez de jouer cette anatole toute mimi, toute enfantine, toute innocente ( :diable: ), en boucle à toute berzingue à la main gauche pendant 5 minutes de suite.

Un éléphant qui se balançait sur une toile toile toile…

Vous commencez à avoir mal à l’avant bras ou entre les omoplates ? STOP ! Arrêtez tout immédiatement !

Lorsque j’ai travaillé I got rhythm de Gershwin, j’ai fait l’erreur d’associer cette douleur au métier qui rentre et j’ai continué allègrement parce que bon sang, ce que c’est rigolo à jouer vite !

Résultat : j’ai eu mal entre les omoplates pendant 2 semaines, pendant lesquelles je n’ai pas pu me rasseoir devant le clavier. Et quand je m’y suis remis, je ne savais plus jouer cette anatole !

Quand on ne maîtrise pas un geste, on se crispe. On ne devrait jamais se crisper, et pour cela, il faut donner le temps à ses muscles d’apprendre tous les micro-mouvements nécessaires, et de les optimiser pour les enchaîner sans faire le moindre effort.

Dès que les effets d’une crispation se font sentir, il faut faire une pause, puis recommencer très lentement, et n’accélérer que de façon graduelle, quitte à recommencer l’opération autant de fois que nécessaire si la crispation revient.

Le geste parfait est délibéré et sans effort

Le "geste parfait" est une notion que l’on associe surtout à la culture classique de la musique. Cela dit, cette notion reste valable quel que soit le style que vous jouez. Permettez-moi de la transposer à la pratique du jazz pour vous en convaincre.

Lorsque l’on joue du jazz, on doit faire deux choses en parallèle :

  • Jouer les notes avec ses mains,
  • Réfléchir pour décider ce que l’on va jouer pendant les 2 ou 3 prochaines mesures.

C’est donc… encore pire qu’en classique, quelque part : même si les exigences sur la perfection du geste ne sont pas du tout les mêmes, en jazz il se complémente d’un effort intellectuel simultané. Gardez cela en tête.

Jouer de la musique, c’est une activité complexe dans le sens où c’est une somme de petits gestes, de petites nuances, de petites choses précises à effectuer avec une coordination parfaite. En jazz, il y a même une activité de réflexion qui va avec : une bonne partie de cette activité est accélérée lorsque l’on connaît sa grille par cœur.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’apprendre une mélodie à la main droite par cœur, mais plutôt une progression harmonique, c’est-à-dire savoir qu’à la prochaine mesure, vous allez changer d’accord, pour tomber… (l’info par coeur remonte automatiquement) …sur un accord de dominante (disons G7), que sur cet accord vous allez avoir le choix entre… (l’info par coeur remonte automatiquement) …la gamme de Do majeur, ou La blues, ou une gamme diminuée ou une gamme altérée, il faut en choisir une tout de suite (disons Do majeur), cette gamme… (l’info par coeur remonte automatiquement) …comprend les notes do-ré-mi-fa-sol-la-si, et ça sonnera bien si vous tombez sur la tierce de G7… (l’info par coeur remonte automatiquement) …le Si, à la fin de cette mesure pour enchaîner sur l’accord suivant qui sera… (l’info par coeur remonte automatiquement) …un CMaj7… (la mesure commence, vous tombez sur un Mi, vos mains jouent Mi, Sol, Mi, Ré, Si) etc.

Ça en fait du traitement pour sortir 5 pauvres notes !

Pour que ce traitement se fasse en temps réel, il faut que ce raisonnement (qui est monotone, même si le résultat n’est jamais le même) soit encodé dans votre cerveau, et pour cela, votre cerveau doit apprendre à le réaliser, lentement, de la même manière que les muscles de vos mains doivent décomposer lentement leurs gestes pour les réaliser naturellement, sans forcer, facilement.

Conclusion : le geste parfait peut aussi bien être cérébral que manuel. Et il s’acquiert de la même façon.

C’est un prérequis à la virtuosité

Donc, pour jouer de la bonne musique, nos gestes (y compris mentaux) doivent s’exécuter naturellement et sans effort. Ne vous êtes vous jamais senti super flatté qu’on vous dise un jour « ça a l’air drôlement facile quand on te voit faire » ?

  • Si ? Alors vous comprenez de quoi je parle.
  • On ne vous l’a jamais dit ? Alors travaillez lentement et je vous garantis que ça arrivera. :D

Ce qui nous différencie, nous commun des mortels musiciens, de tous ces virtuoses que l’on voit sur YouTube, ce n’est généralement pas l’étoile sous laquelle nous sommes nés. C’est que ces gens ont pris énormément de temps à travailler et perfectionner leurs gestes, lentement. Leur maîtrise d’exécution actuelle vous fait frémir ? Demandez à l’un d’entre eux combien de temps de travail ils ont mis derrière telle phrase de trois secondes… Ils vous répondront probablement en semaines ou bien, s’ils sont honnêtes, en mois, ou bien, s’ils mesurent réellement la totalité des éléments qui interviennent dans ces trois secondes, en années.

En prenant le temps de travailler à vitesse escargot, et en accélérant graduellement, vous apprenez (lentement mais sûrement) à vos mains les gestes qui composeront votre impressionnante dextérité de demain.

Paradoxalement, cela vous fera gagner un temps fou

On en arrive à l’aspect paradoxal de ce billet : en ralentissant, vous irez plus vite !

  • Cela vous évite de développer des défauts que vous devrez corriger dans plusieurs années,
  • Cela vous donne le temps d’acquérir simultanément les autres notions (harmoniques, théoriques, rythmiques) que vous êtes en train de travailler (les degrés principaux de la tonalité de Si♭ majeur, l’utilisation des accords diminués, comment improviser avec une gamme altérée sur un accord de septième…),
  • Ce que vos mains auront acquis, elles l’auront acquis pour toujours,
  • Si vous accélérez suffisamment graduellement, vous arriverez à la vitesse max bien plus tôt qu’en commençant à ce tempo, et avec une bien plus grande maîtrise d’exécution.

Savoir AUSSI se défouler

Comme je l’ai dit plus haut : travailler lentement use surtout notre patience. Pour cette raison, il faut aussi savoir se faire plaisir. Si je recoupe les conseils de Scott Bradlee avec ceux d’un autre prof dont je trouve les conseils particulièrement avisés (Gjermund Sievertsen) :

  • Le travail lent devrait plutôt se faire en début de séance, pendant un tiers du temps de celle-ci, en guise d’échauffement (et en plus, une fois acceptée la frustration initiale, ça détend).
  • La suite de la séance devrait plutôt consister à travailler votre morceau/vos objectifs actuels, pourquoi pas à vitesse normale, mais en n’hésitant pas à ralentir si vous dénichez une difficulté.
  • Enfin, essayez de jouer comme si vous aviez un public (c’est-à-dire au propre), pour mesurer vos progrès.

Il est bon de se donner également, et de façon régulière, une séance pour se défouler et s’amuser (disons, une fois par semaine si vous êtes sur la base d’un travail quotidien), ne rien travailler, et jouer ce qui vous fait plaisir et que vous connaissez déjà.

Parce qu’au bout du compte, ça sert à quoi tout ce travail si ce n’est pas pour se faire plaisir ?


J’espère que ces quelques lignes vous auront convaincu de suivre ce fameux conseil-que-personne-ne-suit.

Quant à toi, Scott Bradlee, avec ta version ragtime de Super Mario, attends un peu, je vais t’en sortir une trois fois mieux… un jour, mais pas demain. :D

/me retourne sur le deuxième exercice du bouquin…

14 commentaires

Ce phénomène est l’une des raisons majeures de pourquoi c’est plus facile d’enseigner (la musique, mais aussi à peu près tout) aux enfants qu’aux adultes : les enfants n’exigent pas tout, tout de suite – ils on plus de patience et de capacité à répéter.

À noter que ce qui est dit ici s’applique à tout ce qui concerne la mémoire musculaire. Donc apprendre le ragtime, mais aussi taper correctement au clavier.

À pondérer toutefois : quand j’étais gamin je désespérais mon père quand il me voyait travailler les morceaux immédiatement à deux mains et sans métronome quitte à ralentir et répéter lentement plus tard, et ça a duré plus de 20 ans…

Il faut voir que les profs de musique ont aussi une façon bien à eux d’être directifs pour ce genre de trucs, en ne prenant que très rarement le temps d’expliquer pourquoi il faut faire comme ils disent.

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

+4 -0

En fait je pense que c’est valable pour toute activité coordonnée, y compris la production d’une équipe de développement pendant une itération de deux semaines : si l’équipe se casse la figure tous les trois sprints/releases, je me demande si je ne préconiserais pas de revoir la capacité (ou le scope) de ses itérations à la baisse (en la diminuant de moitié), pour calmer le jeu, lui laisser le temps de régler ses défauts d’organisation, et augmenter ensuite, graduellement, le scope de ses itérations…

Évidemment il faut savoir amener cette idée pour la vendre au décisionnaire dans une entreprise, mais ça c’est une autre histoire.

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

+0 -0

À noter que ça s’applique (comme tu le dis Nohar) à tout ce qui demande une maîtrise technique au niveau des mouvements. Par exemple au sport, et je pense notamment aux arts martiaux. La différence, c’est qu’on n’a pas besoin de se filmer pour se rendre compte que notre coup de pied est tout pourri.

Et c’est pareil sur tes derniers conseils d’ailleurs. On commence une séance (après échauffement) par des exercices lents pour bien en maîtriser la technique, puis on accélère progressivement.

Édité par Phigger

+1 -0

C’est marrant tout ça, j’ai l’impression que ça s’applique à beaucoup plus que la mémoire musculaire. L’exemple que j’ai en tête sont les calculs mathématiques. Si on fait un type de calcul complexe rapidement, on va soit faire une connerie, soit passer à côté d’un détail. Si ce détail change dans un autre contexte, paf la prochaine fois qu’on fait un calcul similaire on passe à côté et on se plante. Si on prend le temps de le faire bien une fois, on remarque les détails "idiots" et ça fluidifie le tout dès qu’on doit le refaire plus tard légèrement modifié.

J’ai l’impression que c’est valable pour tout type de raisonnement logique, en fait. Si on veut aller trop vite en se disant "c’est bon, je maîtrise", on passe à côté de subtilités, de la même façon qu’en jouant trop vite on ne se rend pas compte que les mouvements ne sont pas optimaux ou que le tempo n’est pas bien suivi.

I don’t mind that you think slowly, but I do mind that you are publishing faster. — W. Pauli

+5 -0

@adri1 : Tout à fait. C’est pour ça que je prends le temps de préciser qu’il y a aussi une activité intellectuelle qui doit se faire en temps réel en jazz.

En fait je l’ai beaucoup simplifiée ici parce qu’il faut y ajouter une deuxième reflexion, encore plus "haut niveau", du style "si je commence telle phrase par telle formule, ça sera bien de la répéter 10 mesures plus loin, quitte à la transposer, pour faire un question-réponse", ou encore "je commence mon solo comme ça (disons lent dans les graves), je veux l’emmener doucement à un point culminant où je m’excite dans les aigus pour retomber brusquement dans les mediums et conclure."

Tout ça, ce sont des procédures et routines à encoder dans le cerveau, de la même manière que la recherche de primitives lors du calcul d’une intégrale. Il faut le faire lentement, souvent, pendant longtemps, avant que ça ne devienne une seconde nature.

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

+1 -0

La seule chose que je peux dire avec certitude c’est qu’il faut faire au préalable de sacrés étirements pour rendre sa main gauche capable de plaquer des accords de trois ou quatre notes qui s’étendent sur 2 octaves… :D

Avec des "grandes" mains et l’habitude du geste on peut faire une dixième (une octave + une tierce) majeure, avec éventuellement une note supplémentaire entre les deux (genre une quinte au-dessus de la basse)… Il reste donc une sixte à couvrir. Avec le nez peut-être ? (parce que la main droite a l’air déjà un petit peu occupée, là, en fait).

Cela m’amène à penser qu’on est théoriquement limité par l’agilité des muscles du cou. Heureusement, le pire à ce niveau semble être un passage avec 2 tels accords par temps (ou bien quatre mais sans changer de note). Si on se donne environ une seconde entre deux coups de nez avec translation de la tête pour éviter de s’éclater les cervicales, on tombe à peu près à la fréquence minimale théorique de 33 pulsations par minute juste pour travailler la main/nez gauche.

En-dessous de ça on perd la notion de continuité rythmique. (Faut pas déconner avec ça. Autant une cloison nasale ça se remplace, autant si on perd la continuité rythmique ça ne peut vraiment pas marcher !)

Pour la main droite, euh…

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

+2 -0

En vrai, SpaceFox, si on fait abstraction des bruitages (qui sont là pour simuler des bruits de machine ou de canons laser comme dans les génériques télés japonais), ou qu’on les réarrange en tenant compte des propriétés physiques de l’instrument (l’existence des pédales n’est pas pris en compte, par exemple), je crois vraiment que ce truc est jouable à quatre mains par des humains.

Du coup, ça casse l’aspect spéculatif rigolo : vu qu’il semble tourner autour des 120 bpm à la noire, je suppose qu’il devrait se travailler à 50 au départ. :)

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

+1 -0

Effectivement, le musicien que je suis confirme cela :-). Le pire étant de reprendre un morceau non joué depuis longtemps : il faut presque tout recommencer depuis le début !

Édité par qwerty

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+0 -0

Effectivement, le musicien que je suis confirme cela :-). Le pire étant de reprendre un morceau non joué depuis longtemps : il faut presque tout recommencer depuis le début !

qwerty

J’aurais presque envie de dire que ça dépend depuis combien de temps on ne l’a pas joué, et de ce que l’on acquis/changé dans notre façon de travailler, et surtout que ce n’est pas un mal.

En fait je pense qu’il y a des cas où c’est même mieux de réapprendre le morceau depuis le début.

Par exemple, je me souviens ne pas avoir trop eu de mal pour apprendre par coeur cette pièce de Beethoven quand j’étais petit (je devais avoir eu 2 ans de cours à l’époque), parce que ne connaissant pas grand chose à la musique, j’avais dans la tête mon propre système intuitif pour encoder ce morceau : quelque part j’avais mémorisé ses accords sans être capable de les nommer ni de les reconnaître, ainsi que les changements relatifs à chaque mesure, et la mélodie rentrait bien dans les oreilles (tout ça pour ne pas me forcer à lire la partition en fait, parce que je détestais ça).

Quand 10 ans plus tard il m’a pris l’envie de le rejouer (je ne faisais plus de musique classique depuis peu), j’ai le souvenir d’avoir été frustré de tout devoir réapprendre à partir de 0 en déchiffrant la partition à nouveau pour la main gauche (et en me servant de mon oreille comme aide pour réapprendre la melodie, parce que même si je lisais beaucoup mieux la musique, c’est pas pour autant que j’aimais ça). Il en a résulté une interprétation forcément plus maîtrisée et plus mature (et probablement plus intéressante à écouter), puisque je savais correctement interpréter ce qui était écrit.

Quand récemment (encore 10 ans plus tard) j’ai décidé de le déterrer à nouveau (pour commettre un sacrilège !), j’avais appris entre temps des tonnes de notions qui m’ont permis de ranger la partition papier que j’avais commencé à grinouiller dans tous les sens, retrouver l’harmonie du morceau à l’oreille en 5 minutes chrono, la mémoriser en 5 minutes de plus, et passer le reste de mon week-end à m’en émanciper, chose dont je n’aurais pas été capable 10 ans plus tôt, car j’étais enchaîné à la représentation écrite…

En somme, je trouve que c’est (artistiquement parlant) une aubaine que la mémoire musculaire soit limitée dans le temps, au point de devoir parfois réapprendre ce que l’on savait faire parfaitement des années plus tôt, parce que cela permet de revisiter les choses avec le temps en y apportant à chaque fois quelque chose de nouveau et de différent. :)

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

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Hello,

Mon intervention sera certainement moins constructive que celles de mes voisins, mais j’ai vraiment apprécié ton billet nohar. J’ai également ce problème actuellement, en tant que programmeur tout d’abord. Plus ou moins "confiant" (entre guillemet parce que je n’ai pas la prétention de me prendre pour un virtuose), je ne prends plus réellement le temps d’apprendre à utiliser et comprendre les outils avec lesquels je travaille.

En tout cas, ça m’a plutôt donné envie de me recentrer sur mon apprentissage au quotidien. Rien ne vaut le plaisir de se voir à l’aise avec sa stack.

Bonne journée/soirée !

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