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Expérience : apprendre le quéchua ensemble II

Notions de grammaire basiques

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Bonjour à tous,

Après une première approche du quéchua dans un billet précèdent, avec un grand total de cinq phrases, et quelques considérations sur la construction des-dites phrases, et après une conversation en commentaires pointant la presque impossibilité d’apprendre une langue en se basant seulement sur des exemples sans vouloir évoluer dans un cadre établi par des professionnels, et puisque je veux quand même mettre toutes les chances de mon cotés, et considérant qu’écrire une phrase de cette complexité serait impossible ou improbable sans connaissance de la grammaire, j’ai donc décidé d’en incorporer un peu.

La plupart de ces notions seront extraites de ce document.

Avant de commencer, un mot réconfortant : le quéchua est considéré comme l’une des langues les plus régulières au monde !

Les pronoms personnels

Plutôt que de les introduire un par un dans des phrases d’exemples, voyons une liste.

Quéchua Français
ñuqa je
qam tu
pay il, elle
ñuqanchik nous inclusif
ñuqayku nous exclusif
qamkuna vous
paykuna ils, elles

Recommençons un travail d’analyse comme dans le premier billet. On remarque aisément que le pluriel reprend la base du singulier, en ajoutant des suffixes. -kuna semble être la marque du pluriel. Pour nous, c’est plus compliqué, puisqu’il y en a deux différents, appelés ici inclusif et exclusif. En gros, ça dépend de si la personne ou le groupe de personne à qui on parle fait partie du nous.

Nous (toi et moi) pouvons y aller se traduirait avec ñuqanchik. Au contraire, nous (sans toi) ne t'aimons pas se traduirait avec ñuqayku.

Pour aller plus loin, l va falloir ajouter un verbe je crois bien.

Être ou ne pas être

Bon, je me lance sur les verbes avec le plus commun en français : être. Le mot semble être kani. Si on prend une phrase d’exemple, on va avoir quelque chose comme

Ñuqa Rockaroundmi kani - Je suis Rockaround

Bon, mon nom n’est pas Rockaround pour de vrai, mais passons. Regardons la phrase plus en détail rapidement. C’est facile, on a un sujet, un verbe à la fin, et un complément au milieu. Comme on vient de lire, ñuqa veut dire je. Le suffixe -mi sert à mettre l’accent sur la certitude, la véracité, ou pour insister sur une partie de la phrase.

Comme en toki pona, être ne s’exprime pas à la troisième personne du singulier (expliquer une langue obscure par une autre langue obscure : fait)(référence absconde au titre de la section : faite). Du coup, le suffixe -mi n’en devient que plus important.

Pay Dwaynmi - Il est Dwayn

Il me semble qu’il aurait aussi été possible de dire

Paymi Dwayn - C'est lui qui est Dwayn

pour insister sur le sujet au lieu du nom.

La conjugaison complète, au présent

Allez, on va finir ce billet avec être au présent de l’indicatif à toutes les personnes

Quéchua Français
ñuqa kani je suis
qam kanki tu es
paymi il est, elle est
Ñuqanchik kanchik nous (inclusif) sommes
Ñuqayku kayku nous (exclusif) sommes
Qamkuna kankichik vous êtes
Paykuna kanku ils sont, elles sont

Du coup, en revenant sur ce que j’ai dit précédement, kani n’étais pas le verbe être, mais ce même verbe conjugué au présent à la première personne du singulier. On a une racine ka à laquelle s’ajoutent des suffixes pour les différentes personnes. J’ai regardé dans ma grammaire comment faire l’infinitif à partir de la racine, et c’est en ajoutant le suffixe -y. Dans ce cas, kay.

Les suffixes sont donc ni, nki, n, nchik, yku, nkichik, nku. Vous remarquerez que j’ai ajouté -n pour la troisième personne du singulier. En effet, c’est uniquement avec le verbe être qu’on n’aura pas besoin de l’exprimer. Vous remarquerez également que pour les différents versions de la première personnes du pluriel, le suffixe du verbe et celui du sujet sont les mêmes. Il y aura peut-être des subtilités plus tard pour ce passer de l’un des deux, puisqu’ils semblent, à première vue, redondants.


C’est tout pour ce billet. Je veux juste vous rappeler que l’idée c’est d’apprendre avec vous. Je ne connais pas la langue, et j’essaie de faire un travail de synthèse de ce que je lis. Pour cette raison, je garde le cheminement, avec par exemple la mauvaise compréhension de kani. J’espère que ça vous conviendra quand même, et au prochain billet !

Ha et puis le débat sur l’image d’illustration, c’est dans le commentaires du premier billet.

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