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Science et média 2 : endométriose et médecines alternatives

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Quand on parle science et média, on est obligé de passer, un jour ou l’autre, par les magazines dits « féminins ». Je n’ai jamais ouvert un Elle ou Voici, mais il m’arrive, de temps en temps, de tomber sur un article en ligne du même genre. Hier, c’était Le Figaro Madame. Vu que Le Figaro est plutôt bon en termes de traitement de l’actualité médicale (merci Soline Roy, entre autres), je suppose qu’il s’agit de deux équipes différentes. Parce qu’aujourd’hui, on va parler d’un sujet important d’une manière stupide (ce qui me permettra de faire autre chose que de simplement râler sur les médias) à savoir l’endométriose.

Précision pour finir : je fais un article comme ça une fois, comme ça c’est fait. Je ne pense pas revenir sur ce genre d’article à l’avenir.

L’article du jour est un peu ancien, de 2017, mais ça ira très bien. Endométriose : soulager la douleur grâce à l’ostéopathie, la méditation et la sophrologie. Je ne suis pas le public cible, mais nous sommes d’accord, mesdames, que ce titre est plein de promesses, de promesses d’anti-science, en l’occurrence ?

Résumé objectif

L’article, classé dans la catégorie « Bien-être -> Forme et détente », nous parle de l’endométriose, maladie chronique touchant 10 à 15 % des femmes en âge de procréer et provoquant de vives douleurs pendant les règles, les rapports ou au quotidien. Le docteur Delphine Lhuillery, médecin de la douleur au Centre de l’endométriose du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ), a été interrogée sur le sujet. Elle développe des techniques non médicamenteuses, à savoir ostéopathie, mésothérapie ou encore sophrologie, dans un but de complément et non de supplément.

La source de la douleur est une inflammation couplée à une irritation des nerfs. Le tout avec des rétroactions négatives. Les résultats sont les suivants :

Selon la professionnelle, 70 % de ses patientes se déclarent soulagées à 70 %, un peu moins de la moitié (45 %) le sont entièrement et 8 % lui échappent.

La technique décrite ensuite est la fasciathérapie, une sous-discipline de l’ostéopathie. Le résultat est

Grâce à une manipulation douce concentrée sur la région du bassin, la technique redonne de la mobilité aux tissus internes. Elle agit ainsi sur le système digestif, vaginal, utérin et même les lombaires.

Ensuite, la mésothérapie. C’est de l’acuponcture locale, avec des aiguilles imprégnées d’antidouleur de relaxant musculaire.

Pour conserver durablement les effets, le sport est recommandé. Une meilleure nutrition aussi, c’est-à-dire frais et bio. Le régime antiinflammatoire est recommandé par un médecin de l’article, puis longuement détaillé, mais est clairement (mais rapidement) présenté comme ne faisant pas consensus dans le corps médical.

Ensuite, l’hypnose, qui « lui [le patient] apprend à réduire l’information et à se détacher de la douleur ». Puis la médiation, « moins immédiate, mais tout aussi efficace ». Sa finalité :

Les adeptes essaient de ne plus lutter contre la souffrance, mais de faire avec. Lorsqu’elle est chronique, il s’agit d’une chose que l’on ne peut pas changer, alors on l’accepte. C’est l’exact inverse de la résignation.

Pour finir, la sophrologie, qui permet de se détendre. Cités pêlemêle comme aidant, « Tai-Chi, le Qi Gong, le shiatsu ou le yoga ».

L’article se conclut par des sources, et la phrase suivante : « Malheureusement, l’ostéopathie, la mésothérapie, ou encore la sophrologie ne sont toujours pas remboursées par la Sécurité sociale, sauf si elles sont pratiquées par un médecin. »

Commentaires perso

Concernant la maladie, je suis allé voir sur Wikipédia, qui est souvent une très bonne source de première intention. Parce que je sais ce que c’est globalement, mais savoir quel pourcentage de femme ça touche, c’est m’en demander beaucoup.

Donc, on est bien autour de 10 à 15 %, douleurs vives principalement pendant les règles. Noter que c’est dû à la présence de muqueuse de l’utérus en dehors de la cavité utérine. Autrement dit, c’est complètement physiologique et non pas psychologique. Pour rappel, une douleur psychologique est une douleur réelle, mais ne se traite pas pareil qu’une douleur physiologique.

Précisons au passage que cette maladie est souvent mal diagnostiquée, et est encore aujourd’hui mal comprise. Le coup de l’inflammation et des nerfs est une explication probable, mais insuffisante. C’est surement en plus couplé à autre chose.


Mais continuons sur la partie médecine alternative.

Selon la professionnelle, 70 % de ses patientes se déclarent soulagées à 70 %, un peu moins de la moitié (45 %) le sont entièrement et 8 % lui échappent.

Ce qui est beau avec cette phrase, c’est qu’elle ne peut pas être contestée (ce sont ses chiffres), mais qu’elle n’apporte aucune information pour autant. Pour rappel, la douleur. C’est une sensation subjective, que l’on ne peut qu’estimer grâce au patient, qui la note. Trois façons de faire : une indication (absente, faible, modérée, forte), une indication sur une ligne (graduée côté médecin, donc chiffrable) ou un chiffre donné par le patient valant de 0 (pas de douleur) à 10 (douleur extrême). On donne typiquement des antidouleurs à partir de 4.

Dans ce contexte, une réduction de 70 % chez 70 % des patientes, ça veut dire que 70 % des patientes quittent la zone médicamentée. C’est énorme. Je n’ai pas les chiffres, mais pour des douleurs intenses (et c’est le cas de l’endométriose), je doute très fortement que les antidouleurs faibles (type paracétamol) suffisent. Un truc aussi efficace il y a deux ans, on ne va pas tarder à voir une étude rigoureuse le montrant, et ce sera généralisé.

Ou alors c’est un sondage potentiellement biaisé, du type « de combien vous allez mieux », et donc ça ne veut rien dire. On ne sait pas. Mais si on n’en entend plus parlé, c’est soit que big pharma nous cache la vérité, soit que les chiffres étaient trop beaux pour être vrais.

Au passage, ils sont mal présentés. Dire que 45 % sont entièrement soulagés, 25 % soulagés à 70 %, 22 % soulagés, mais pas totalement, et 8 % pas du tout soulagés (si j’interprète bien les chiffres) serait aussi long, mais plus clair. Mais entièrement soulagé, c’est quoi ? 0 sur l’échelle ? Moins de 3 ? Sachant qu’on parle d’une maladie chronique, c’est durable, ou il faut revenir ?

Bref, des chiffres probablement vrais, mais dont on ne peut rien faire.

Dernier truc sur la douleur, qui va nous resservir par la suite : l’effet placébo est très important sur les douleurs. C’est l’un des domaines ou il est le plus efficace. Cas concret : vous avez mal, vous prenez une aspirine ou du paracétamol. Au bout d’un certain temps, ça va mieux. Combien de temps faut-il ? Posez-vous la question, puis découvrez le secret :

Le médicament met 20 à 30 minutes pour être efficace après ingestion.

Tout effet avant est donc de l’effet placébo. Vous savez que vous allez avoir moins mal, donc vous avez moins mal.


Reprenons :

Grâce à une manipulation douce concentrée sur la région du bassin, la technique redonne de la mobilité aux tissus internes. Elle agit ainsi sur le système digestif, vaginal, utérin et même les lombaires.

Deux possibilités :

Précisons que quand je dis ici « méthode non prouvée », ça ne veut pas dire « on ne sait pas tout est possible », mais, « malgré des études et un certain temps d’étude, on a jusqu’ici échoué à prouver que ça marche ». Dit encore autrement, on peut faire une revue de littérature (il existe des articles), mais ils ne permettent pas de conclure que ça marche.

La fasciathérapie a figuré de 2012 à 2017 dans le guide « Santé et dérives sectaires » avant d’être retirée sur décision de justice. L’article du Figaro Madame date de 9 mois AVANT le procès (et le retrait du guide).


Concernant la mésothérapie. J’ai vraiment besoin de détailler ? Bon, en vrac :

  • Le principe de l’acuponcture, c’est de mettre des aiguilles dans les méridiens. Mettre des aiguilles tout court, ce n’est pas de l’acuponcture, rien à voir.
  • Injecter un anesthésique local va avoir des effets, oui. Par contre, ce n’est plus une médecine non médicamenteuse.
  • Désolé d’insister, mais on injecte un antidouleur là où il y a douleur, et diantre !, la douleur disparait. Ce n’est pas une approche non médicamenteuse, ce n’est pas de l’acuponcture. Par contre, c’est efficace (jusqu’à dissipation du produit).

Le sport et la nutrition, c’est bon pour la santé, c’est vrai. Mais comme on parle de présence de muqueuse utérine en dehors de l’utérus, ça risque d’être insuffisant. Au passage, manger équilibré, ce n’est pas manger « frais et bio », c’est manger plus de fruits et légumes et moins de produits transformés (je résume, mais c’est ça pour une bonne partie des Occidentaux). Ils peuvent être congelés ou en boite, de la semaine dernière ou pas bio, ce n’est pas le principal.

Concernant l’alimentation antiinflammatoire, j’ai la flemme, donc je cite l’article :

Faut-il adopter un régime antiinflammatoire ? Les avis des médecins divergent.

Donc, il ne faut probablement pas. Changer ses habitudes alimentaires, c’est une contrainte lourde. Pour des effets non garantis. Mais on va quand même consacrer près de 20 lignes sur le régime antiinflammatoire. Deux lignes de sciences, 20 lignes de pseudoscience. Voilà qui résume assez bien l’article. Je deviens méchant, il me faut vite finir.


L’hypnose. On sait que dans certains cas, ça marche. C’est très souvent surinterprété par les médias. Donc il faut en parler prudemment, intelligemment, et en toute connaissance de cause. Je ne me suis pas assez renseigné sur le sujet, donc je vais prudemment passer mon tour.


Ne vous inquiétez pas, je recommence à râler avec la méditation. J’ai du mal à voir la différence entre « accepter le mal » et se résigner, mais on touche de toute façon au travail d’un psychologue, et non de la méditation. Et on arrive sur un point hyper important de mon point de vue :

  • Soit c’est efficace, et ça doit être suivi. Sinon, c’est de l’automédication à l’arrache, avec tous les risques que ça implique.
  • Soit ce n’est pas efficace, et il ne faut pas le faire. En tout cas, pas pour cette raison.

Il est déraisonnable de recommander un traitement en automédication à des patientes souffrant de douleurs chroniques et importantes. Je ne sais pas si ce passage est pire dans le cas où ça ne marche pas ou dans le cas où ça marche.

Dernière chose, l’endométriose est une maladie physiologique, donc une approche psychologique (ici représentée par la méditation…) ne peut être que complémentaire. Mais peut aider (je parle du psychologue, pas de la méditation).


La sophrologie est une méthode de relaxation. On est plus dans le bienêtre que dans le soin. Et je n’ai d’ailleurs rien contre la sophrologie tant qu’elle reste dans le bienêtre. Par contre, dès qu’elle part dans le domaine de la santé, je demande des preuves. Et là encore, c’est bof.

Mais que faire une séance de sophrologie vous fasse aller mieux est tout à fait possible. Comme aller chez l’esthéticien, vous faire une manucure, ou du krav maga. Tout ce qui vous détend et vous fait aller mieux vous fera aller mieux. La défense de la sophrologie vous est offerte par M. de la Palisse.


Concluons. Je vais faire une conclusion ouverte, tiens. Un truc qui laisse le lecteur réfléchir et se faire un avis en toute objectivité après avoir lu un article pas du tout à charge. Un truc qui fait écho à la récente tribune anti-fakemed. Et en citant la dernière phrase de l’article du Figaro Madame,

Malheureusement, l’ostéopathie, la mésothérapie, ou encore la sophrologie ne sont toujours pas remboursées par la Sécurité sociale, sauf si elles sont pratiquées par un médecin.


9 commentaires

Bon article comme d’habitude.

C’est énorme. Je n’ai pas les chiffres, mais pour des douleurs intenses (et c’est le cas de l’endométriose), je doute très fortement que les antidouleurs faibles (type paracétamol) suffisent.

On suspectait que ma femme avait une endométriose à cause des douleurs intenses qu’elle avait lors de ses règles. L’origine reste inexpliquée à ce jour mais il semble que c’est d’une intensité comparable à de telles malades.

Et en effet un paracétamol ne suffit pas, la méthadone lui était prescrit pour faire face à la journée la plus douloureuse. Ce qui n’est pas rien…

Le sport et la nutrition, c’est bon pour la santé, c’est vrai. Mais comme on parle de présence de muqueuse utérine en dehors de l’utérus, ça risque d’être insuffisant. Au passage, manger équilibré, ce n’est pas manger « frais et bio », c’est manger plus de fruits et légumes et moins de produits transformés (je résume, mais c’est ça pour une bonne partie des Occidentaux). Ils peuvent être congelés ou en boite, de la semaine dernière ou pas bio, ce n’est pas le principal.

Tout à fait.

Pour rappel, un repas équilibré standard doit être composé de :

  • Pour moitié de fruits et légumes
  • Un quart de protéines, d’origine animale de temps en temps (mais pas systématiquement)
  • Un quart de féculent (patates, riz, pâtes, pains, etc.)

Le soucis des plats préparés c’est souvent qu’ils ajoutent du sucre et du sel aux préparations pour apporter plus de goûts, et qu’ils utilisent des graisses trans qui sont moins chères mais aussi moins bonnes pour la santé. D’où le fait que quitte à manger un plat, autant le faire soi même pour mieux contrôler ces facteurs.

Même si ce n’est dans ce cas-ci probablement pas efficace, vue l’importance de la nutrition dans la santé en général (cancer, diabète, éviter les carences, etc.) ce n’est pas un mauvais conseil à prodiguer de toute façon. Mais c’est sûr que de cibler un régime anti inflammatoire en supplément n’est pas une bonne idée…

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+1 -0

Salut,

J’aimerais juste ajouter mon grain en ce qui concerne les fruits. Si manger des fruits est effectivement une bonne habitude, ne fût-ce qu’en termes de vitamines, c’est en revanche un aliment à limiter, au même titre que n’importe quelle source de sucres simples. On a longtemps rabâché (et on rabâche toujours, je pense) « cinq fruits et légumes par jour », or c’est un mauvais conseil diététique, ou plutôt un conseil mal tourné. Cinq légumes, sûrement, cinq fruits, sûrement pas.

Les fruits sont une source de fructoses (plus ou moins forte suivant le ou les fruits consommés), qui est un sucre simple. Or, au même titre que les autres (notamment le glucose et le saccharose [qui est lui-même un assemblage de glucose et de fructose]), sa consommation doit être modérée.

Manger des fruits est plus « sain » dans le sens où on évite d’avaler d’autres substances présentent dans pas mal d’aliments transformés (coucou les huiles et les sirops de sucre o/), mais si on mange des fruits pour éviter de manger sucré, ben c’est raté, voire pire suivant la quantité de fructose ingurgitée.

+0 -0

Les fruits sont une source de fructoses (plus ou moins forte suivant le ou les fruits consommés), qui est un sucre simple. Or, au même titre que les autres (notamment le glucose et le saccharose [qui est lui-même un assemblage de glucose et de fructose]), sa consommation doit être modérée.

Bof. Et je te dis ça en tant que diabétique qui doit faire attention à ce genre de choses. :) 5 fruits sur la journée c’est en moyenne 1 par repas et un par goûter. C’est très raisonnable. Après si tu veux en manger 15–20 par jour c’est un autre sujet, mais c’est pareil pour tout.

Évidemment, il faut privilégier les légumes aux fruits mais si tu aimes peu de légumes, vaut mieux manger beaucoup de fruits pour compenser que de s’en passer. Car globalement la somme fruits + légumes pour un occidental n’atteint pas les 5 recommandées par jour. Et les fruits comme les légumes ont beaucoup de propriétés intéressantes pour une alimentation saine. Même si le fruit est plus sucré, le limiter à cause de cet aspect n’est pas nécessaire sauf si tu ne manges que ça.

En fait en diététique, il y a beaucoup d’idées reçues qui ont été assez remises en cause ces dernières années. La prise en charge des diabétiques a d’ailleurs beaucoup évolué à ce sujet au gré des avancées. Déjà si on parle souvent de sucre simple et complexe, dans la réalité cela ne se traduit pas par un effet quelconque aussi généralisable. Car oui, un sucre simple se dégrade en général plus rapidement qu’un sucre complexe, donc effet plus direct sur la glycémie ou le poids. Mais cela n’est valide que si tu manges du sucre seul.

L’avantage des fruits, du moins entiers (pas les jus de fruits donc) c’est que tu as des fibres en quantité qui emprisonnent le sucre ce qui diminue grandement le taux d’absorption et la vitesse de cette absorption par l’organisme. Et je t’assure que l’effet est bien visible.

D’ailleurs, il vaut mieux un fruit au goût sucré de ce point de vue que les sucres dits cachés (pain, pâtes ou riz en version non complètes).

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

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Bof. Et je te dis ça en tant que diabétique qui doit faire attention à ce genre de choses. :)

Renault

Ben, c’est justement ce qui m’étonne. ^^"

Un cas n’est pas l’autre, mais de mon côté ce sont mes parents qui sont diabétiques (de type 2, pas de type 1 comme toi si mes souvenirs sont bons) et les fruits sont justement assez drastiquement limités dans leur régime (pour faire court : 125g de fruits par jour au plus, banane et raisin exclus car trop sucré et à l’exception des baies [fraises, framboises, mûres, groseilles et cassis] qui, elles, peuvent être consommées « à volonté »).

Je ne prétends évidemment pas que ce régime doit être suivi par tout le monde ni que celui que tu suis est mauvais, un régime c’est personnel et cela dépend de pleins de facteurs, c’est juste que, d’une part, je suis surpris de la largesse au niveau de la consommation de fruits pour un diabétique comme toi, alors que justement c’est une source de sucre et pas des moindres suivant le fruit consommé (certes, cela dépend de ce que tu manges avec, mais tout de même) et que, d’autre part, je reste d’avis qu’inciter les gens à manger beaucoup de fruits (cinq, de mon point de vue, c’est beaucoup) n’est pas une bonne idée de manière générale.

Après, on est d’accord : les fruits ne sont clairement pas le plus gros problème en termes de nutrition de nos jours, je voulais juste souligner que cela reste une source de sucre.

Édité par Taurre

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Même si ce n’est dans ce cas-ci probablement pas efficace, vue l’importance de la nutrition dans la santé en général (cancer, diabète, éviter les carences, etc.) ce n’est pas un mauvais conseil à prodiguer de toute façon.

Personnellement, je trouve gênant de mélanger les choses1. Parlez alimentation si ça a un impact sur la maladie, bien sûr, mais dans le cas contraire, il n’y a pas de raison d’en parler. Pas plus que de parler du tabac, qui a aussi une grande importance dans la santé. Là, en plus, c’est pour promouvoir un régime très spécifique, et qui prend 20 lignes à être détaillé, alors que les conseils de base sont oubliés.

Et pour les conseils de base, justement, je ne pense pas que commencer à dire qu’il faille manger des fruits et légumes, mais pas trop de fruits soit pertinent. C’est un message de santé public, qui s’adresse aux gens en moyenne. Si tu es grand sportif, ou diabétique, ou allergique, tu as (ou devrais avoir) un suivi spécifique. Et les grandes recommandation, à savoir, manger plus de fruits et légumes, moins de sel, gras et sucres et faites du sport, sont bonnes. C’est-à-dire simples, valables pour le plus grand nombre, et ont peu de chance de provoquer des troubles.

Que les aliments complets soient préférables, qu’il faille manger des pois / fèves, du poisson gras, moins de viande, ou plutôt des légumes que des fruits, ce n’est de mon point de vue pas le principal si tu t’adresses au français moyen, et c’est déjà un message assez complexe.

On suspectait que ma femme avait une endométriose à cause des douleurs intenses qu’elle avait lors de ses règles. L’origine reste inexpliquée à ce jour mais il semble que c’est d’une intensité comparable à de telles malades.

Il s’avère que je ne sais pas quel est la bonne solution contre l’endométriose. Je ne sais même pas si elle existe. Et c’est un peu la raison de ce billet : j’en ai assez de voir des gens promettre la lune, et pousser des malades vers des techniques inefficaces. Parce que perte de chance. Parce parfois charlatanerie. Parce que culpabilisation du malade (ça ne marche pas chez toi car tu n’as pas assez essayé). Parce que dérive sectaire. Parce qu’arrêt des traitements.

Et parce que pendant qu’on dit aux gens de méditer, et que ça ira mieux, on ne les dirige pas vers des solutions qui pourraient les aider plus efficacement, si elles existent.


  1. Mais ce n’est clairement pas la première critique que j’ai à faire à l’article.

Hier, dans le parc, j’ai vu une petite vieille entourée de dinosaures aviens. Je donne pas cher de sa peau.

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Et pour les conseils de base, justement, je ne pense pas que commencer à dire qu’il faille manger des fruits et légumes, mais pas trop de fruits soit pertinent. C’est un message de santé public, qui s’adresse aux gens en moyenne. Si tu es grand sportif, ou diabétique, ou allergique, tu as (ou devrais avoir) un suivi spécifique. Et les grandes recommandations, à savoir, manger plus de fruits et légumes, moins de sel, gras et sucres et faites du sport, sont bonnes. C’est-à-dire simples, valables pour le plus grand nombre, et ont peu de chance de provoquer des troubles.

Gabbro

Je suis globalement d’accord avec toi, le conseil est dans l’ensemble bon, mais à mes yeux contradictoire en précisant « plus de fruits » et « moins de sucres » (même si oui, c’est possible de faire les deux suivant ce que les gens mangent, mais bref, je pense que vous voyez ce que je veux dire).

Que les aliments complets soient préférables, qu’il faille manger des pois / fèves, du poisson gras, moins de viande, ou plutôt des légumes que des fruits, ce n’est de mon point de vue pas le principal si tu t’adresses au français moyen, et c’est déjà un message assez complexe.

Gabbro

Histoire que je ne me méprenne pas sur tes propos : tu veux dire par là que le message doit être « simple », car sinon non compris par le français « moyen » ou bien autre chose ?

Édité par Taurre

+1 -0

Un cas n’est pas l’autre, mais de mon côté ce sont mes parents qui sont diabétiques (de type 2, pas de type 1 comme toi si mes souvenirs sont bons) et les fruits sont justement assez drastiquement limités dans leur régime (pour faire court : 125g de fruits par jour au plus, banane et raisin exclus car trop sucré et à l’exception des baies [fraises, framboises, mûres, groseilles et cassis] qui, elles, peuvent être consommées « à volonté »).

J’ai effectivement un type I (mais j’ai eu de la famille en type II). Le type II a un régime plus strict que le type I, car il doit en plus lutter contre des sources de graisses et que la régulation du sucre par le corps est plus déficient.

Mais la prise en charge du diabète, type II inclus, a changé aussi. Avant un régime faible en sucre était la norme. Aujourd’hui on estime que le régime d’un diabétique est celui qui est recommandé à tout le monde en faisant attention à la source des sucres et des graisses. Même prendre un soda sucré, une glace ou un gâteau est autorisé, tant que tu ne fais pas cela trop souvent. Cela paraît fou mais on constate aussi que c’est plus simple de suivre un régime sur la durée si on autorise des aliments plaisirs de temps en temps (donc pas tous les jours) qu’en les interdisant tout simplement.

Mais après cela reste du cas par cas, comme toute maladie il y a des cas particuliers et le régime idéal dépend aussi de ton activité physique. En effet si tu es totalement sédentaire, ce n’est pas la même chose que si tu fais l’activité physique recommandée.

d’autre part, je reste d’avis qu’inciter les gens à manger beaucoup de fruits (cinq, de mon point de vue, c’est beaucoup) n’est pas une bonne idée de manière générale.

Alors que pourtant ce n’est pas un gros problème. Les sucres provenant des fruits frais et entiers sont sans doute les plus acceptables possible pour le corps. Le sucre étant littéralement presque partout, substituer ces sources cachées par un fruit n’est que bénéfique. Tu ne développes pas de problèmes de santé car tu manges 5 fruits par jour. D’autant qu’il faut du sucre, ton corps et ton cerveau en ont besoin pour tourner (mais il faut que l’apport correspond à la dépense).

Si tu veux on en reparle à un prochain jZDS :D

Personnellement, je trouve gênant de mélanger les choses1. Parlez alimentation si ça a un impact sur la maladie, bien sûr, mais dans le cas contraire, il n’y a pas de raison d’en parler

On est d’accord, ne t’en fais pas là dessus.

Mais disons qu’au moins, si on parle bien sûr du repas recommandé et pas d’un régime spécifique, cela ne fait pas de mal au moins.

Et parce que pendant qu’on dit aux gens de méditer, et que ça ira mieux, on ne les dirige pas vers des solutions qui pourraient les aider plus efficacement, si elles existent.

Tout à fait, c’est le principal problème des médecines alternatives. :(

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+1 -0

Histoire que je ne me méprenne pas sur tes propos : tu veux dire par là que le message doit être « simple », car sinon non compris par le français « moyen » ou bien autre chose ?

C’est un peu ce que j’ai écris, mais ce n’est pas du tout ce que je veux dire. Changer ses habitudes alimentaire est long et complexe. Changer ses habitudes tout court d’ailleurs. Si tu commences à donner aux gens une liste de 10 points à faire, il y a de forte chance soit qu’ils ne le fassent pas, soit qu’ils priorisent un peu au hasard. La liste que je faisais est d’ailleurs très simple, mais peut comporter beaucoup trop d’éléments selon ta alimentation actuel. C’est une question de possibilité d’application (je ne sais pas trop comment dire) et non pas de compréhension.

Le message doit être simple / court, parce que si tu en demandes trop d’un coup, tu risques de ne pas être efficace. Si ça marche bien, tu peux ajouter un élément par la suite, car la charge lié au changement d’habitude nécessaire sera moindre. C’est quelque chose qui est en cours d’élaboration, d’ailleurs.

On croise déjà beaucoup beaucoup d’injonctions. Sans prioriser, tu sais pas ce qui resteras. Et tu retrouve avec quelqu’un qui prend des médicament contre le cholestérol et le diabète, mais qui met de la chantilly sur ses fraises.

Tiens, au passage, j’ai retrouvé les nouvelles recommandations.

Recommandations, infographie [Quoi dans mon assiette](https://quoidansmonassiette.fr/pnns-2017-2021-revision-des-reperes-nutritionnels-pour-les-adultes/).
Recommandations, infographie Quoi dans mon assiette.

PS : je trouve appréciable que tu demandes des précisions. Traînant à l’occasion sur les réseaux sociaux, tout le monde n’aurait pas la même cordialité face à des propos ambigus comme ceux qu’ai tenus.

Édité par Gabbro

Hier, dans le parc, j’ai vu une petite vieille entourée de dinosaures aviens. Je donne pas cher de sa peau.

+1 -0

Si tu veux on en reparle à un prochain jZDS :D

Renault

Ça marche. :)

C’est un peu ce que j’ai écris, mais ce n’est pas du tout ce que je veux dire.

Gabbro

Je me disais aussi que ce n’était pas ton genre. ^^"

Changer ses habitudes alimentaire est long et complexe. Changer ses habitudes tout court d’ailleurs. Si tu commences à donner aux gens une liste de 10 points à faire, il y a de forte chance soit qu’ils ne le fassent pas, soit qu’ils priorisent un peu au hasard. La liste que je faisais est d’ailleurs très simple, mais peut comporter beaucoup trop d’éléments selon ta alimentation actuel. C’est une question de possibilité d’application (je ne sais pas trop comment dire) et non pas de compréhension.

Le message doit être simple / court, parce que si tu en demandes trop d’un coup, tu risques de ne pas être efficace. Si ça marche bien, tu peux ajouter un élément par la suite, car la charge lié au changement d’habitude nécessaire sera moindre. C’est quelque chose qui est en cours d’élaboration, d’ailleurs.

On croise déjà beaucoup beaucoup d’injonctions. Sans prioriser, tu sais pas ce qui resteras. Et tu retrouve avec quelqu’un qui prend des médicament contre le cholestérol et le diabète, mais qui met de la chantilly sur ses fraises.

Gabbro

Ok, je vois ce que tu veux dire. On est d’accord là-dessus (merci pour l’affiche, au passage).

Édité par Taurre

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