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Onze

Retour sur l'incroyable film Apollo 11 (2019), et pourquoi vous devriez aller le voir au cinéma

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Ce soir, j’étais au cinéma. Ça ne m’arrive pas si souvent, mais de ce que j’avais pu lire ça et là, l’occasion en valait la chandelle : Apollo 11, le documentaire réalisé cette année à l’occasion du cinquantenaire de cette mission extraordinaire.

Eh bien je peux vous le dire, quelle occasion. Et quelle chandelle.

La première partie de ce billet contient des révélations sur le déroulement des événements de la mission (ce que tout le monde connaît plus ou moins) et sur le film lui-même (ce que vous pourriez préférer découvrir par vous-même). Si vous voulez éviter tout divulgachâge, sachez tout de même que je recommande chaudement ce film, tant il est authentique et puissant. Et qu’il est tellement mieux vu dans une salle de cinéma — tant que c’est encore possible…

Émotion et immersion

Aucun commentaire. Aucun tournage moderne. L’image est exclusivement constituée de documents enregistrés en 1969 — dont une bonne partie de documents jamais montrés auparavant car redécouverts récemment —, l’ensemble restaurés ayant une qualité folle pour l’époque. Par dessus, les échanges radio originaux entre les différentes bases au sol et l’équipage d’Apollo 11, entrecoupés de quelques commentaires d’époque diffusés en direct à la télévision, et de la magnifique bande originale du film. Et ça suffit.

Il n’est pas tant de documentaires qui marquent comme ça, mais Apollo 11 est d’entre ceux-là. Ce film est authentique, par nature. Il est pur, retranscrivant la folie de cette expérience incroyable telle que vécue par ceux qui l’ont faite, et par le reste du monde qui l’a suivie en direct avec passion.

En réalité, on oublie bien vite que c’est un documentaire tant on plonge littéralement dans l’histoire, que ce soit la grande ou les petites. On ressent la puissance du décollage (tout en ne pouvant s’empêcher d’avoir une pensée pour le duo de vidéos de Techniques Spatiales, si on connaît), et des forces gigantesques en présence. On se surprend à avoir peur pour les trois explorateurs pendant les moments de tension — et ce alors qu’on connaît très bien la fin — et à se demander si la mission va bien commencer ou finir suite à telle ou telle avarie. On se met à la place Collins, orbitant seul la Lune pendant que ses acolytes sont en bas…

La musique composée par Matt Morton est incroyable et souligne très bien les superbes images d’archive formant le film, la tension de certains moments de la mission, ou plus généralement les émotions ressenties. Car c’est ce qui m’a tout particulièrement marqué je pense : c’est un film qui se ressent, qui joue sur l’émotion, mais d’une façon très pure — car finalement, que fait-il si ce n’est montrer des images d’archives sur des communications audio d’archive, mélangeant la grande mission et les petits instants de vie des astronautes, nous rappelant tout de même qu’ils sont humains ? Et avec ça, pas besoin de simuler de la tension avec des gros doigts en faisant artificiellement vibrer l’image : le contenu lui-même, servi avec brio par la bande originale, suffit.

Bien entendu le film n’est pas parfait — d’aucuns pourront lui reprocher une balance sonore imparfaite à quelques rares moments, ou un peu trop forte ; un manque d’explications, vu qu’il n’y en a… aucune au delà des commentaires des présentateurs des télévisions de l’époque, et quelques graphiques expliquant la progression de la mission ; une entrée un peu tardive quand on aurait pu vouloir en savoir plus sur la partie préparatoire de la mission avant le lancement ; ou, surtout, le sous-titrage français fait un peu à l’arrache. Mais ça ne suffit pas, à mes yeux, à entacher le reste.

On peut être également surpris de voir si peu de temps passé sur la Lune en elle-même, mais… cela reflète très bien la réalité : sur les neuf jours de mission, Armstrong et Aldrin ne passeront que deux heurs à fouler le sol sélénite…

Diffusion et déception

En France, ce film est diffusé du quatre au huit septembre en salles. Oui, cinq jours et cent trente-sept séances pour tout le pays, pour la plupart dans des cinémas excentrés. C’est tellement dommage tant le film mérite d’être vu, et encore plus d’être vu sur grand écran ! Les images et le son sont tels que pouvoir le voir en IMAX est un réel plus — notamment sur certaines scènes intenses ou tendues, comme les décollages (incroyables de ressentis, cette puissance !) ou alunissages… Alors certes, c’est un documentaire, mais sur quel sujet, et de quelle qualité ! Ma séance était pleine, comme toutes les autres jusqu’à la fin de la diffusion dans ce cinéma, et elle s’est même surprise à reprendre cette vieille tradition d’applaudir le film à la fin…

Donc franchement, si vous le pouvez, allez le voir tant qu’il est encore temps, si vous avez la chance d’avoir un cinéma proposant des séances non-complètes par chez vous — je le recommande chaudement. Les séances sont un peu plus chères que la normale (IMAX et diffusion restreinte obligent), mais…

Et si vous ne pouvez pas, le film vaut tout de même le coup d’être vu sur petit écran, quand il sera disponible en DVD ou téléchargement. Rien que pour l’authenticité de ce témoignage.


Sur ce je vous laisse, je retourne ré-écouter Rendez Vous de la bande originale du film. Si simple, et pourtant… il me donne des frissons.

Non-remerciements à Pathé qui a décidé d’une si faible diffusion, et d’autant plus en total décalé par rapport au reste du monde qu’a intelligemment choisi de le projeter en juillet, car c’est « qu’un documentaire de niche ».

6 commentaires

Je suis un renard de l’espace et j’approuve en intégralité ce message.

Allez voir « Apollo 11 » au cinéma si vous pouvez, et si non demandez à Pathé pourquoi ça n’est pas possible (sur tous les réseaux sociaux). Il vaut vraiment le coup. Nos amis Belges on pu en profiter au moins 3 semaines au moment de l’anniversaire… à Montpellier, on a eu des affiches pour 5 séances, réduites à une seule !

J’ajoute que ce n’est pas parce qu’une salle est une salle IMAX qu’elle a un intérêt quelconque. Par exemple, celle de Montpellier. Ils se vantent d’avoir le plus grand écran de France (au moins y’a 3 ans), mais les fauteuils sont très hauts, bien droits et très bas dans la salle… donc à moins d’être en haut au centre, soit tu ne vois que le bas de l’image, soit tu t’exploses le cou !

Édité par SpaceFox

Effectivement, IMAX ne fait pas tout, et ça va aussi dépendre de sa place ^^ . J’ai eu la chance d’avoir une bonne salle à ce niveau (même si l’écran aurait pu être un poil plus large).

Une seule séance à Montpellier ? Mais c’est absolument honteux, même si ça ne me surprend pas tant vues les cinq séances à Paris même ^^'

The Game

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J’ai été stupéfait par la qualité des quelques plans de Saturn V avant le décollage, la qualité de l’image est proprement hallucinante pour l’époque et le temps qui est passé : un ciel bleu profond, la peinture rouge du pas de tir qui rayonne, aucune espèce de voile dû à l’objectif et à la distance, on pourrait presque dire que ça été filmé il y a quelques mois.

D’ailleurs Tom Hanks réalise une belle prestation !

+1 -0

J’ai été stupéfait par la qualité des quelques plans de Saturn V avant le décollage, la qualité de l’image est proprement hallucinante pour l’époque.

La définition des pellicules argentiques (en 35mm et surtout 70mm) est souvent bien meilleure à ce qu’on peut/pouvait faire en numérique, car souvent le grain du film a une meilleure résolution qu’on capteur numérique (à l’exclusion sans doute des capteurs les plus récents en 4K ou 8K).

L’apparente qualité moyenne des films anciens est souvent dû à la conversion vers des médium de basse qualité (VHS ou même DVD) ou des projections de basse qualité (TV ou vieux projecteur cinéma) . La numérisation à partir des originaux quand ils existent encore en format haute définition (1080, 4K ou plus) donne souvent des images superbes.

+0 -0

Modulo le fait que le film ait été tourné en 70 mm avec une pellicule de bonne qualité.

J’ai un souvenir ému d’une publicité pour l’un des tous premiers blu-ray jamais sortis, l’un des films des Monty Python (La vie de Byran ou Sacré Graal, je ne sais plus mais l’un des premiers). Sauf que… ce film a été tourné avec un budget ridicule, et le film a un grain visible déjà sur DVD. Donc, la version blu-ray, ben tu voyais mieux le grain…

Cela dit, je confirme : on considère qu’un bon film sur pellicule a une qualité équivalente à environ 3000 pixels en largeur. Or, la grande majorité des projecteurs numériques actuels sont en 2K (celui du cinéma qui fait 2048, pas celui du full HD)… (d’ailleurs ça se voit : sur les à-plats, très nombreux en animation 2D, on voit les pixels).

PS : on pourrait aussi discuter des gens qui achètent des versions 4K de films tournés en numérique avant 2010, c’est-à-dire à une époque où les caméras numérique de cinéma filmaient en 2K. Oui, c’est à vous que je pense, fans de Star Wars.

Édité par SpaceFox

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