Drop shipping et livraison de pizzas

a marqué ce sujet comme résolu.
Auteur du sujet

Bonjour,

J’aimerais simplement discuter avec vous d’une idée qui m’est venu à l’esprit aujourd’hui.

En ce moment on entend de plus en plus parler de drop shipping. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vais essayer d’expliquer ce que j’en ai compris. Je ne suis pas un expert dans ce domaine donc n’hésitez pas à corriger mes propos, ou à rechercher par vous-même sur le sujet. Il s’agit d’une pratique commerciale qui dissocie le distributeur et le fournisseur lors de la vente d’un produit, notamment sur internet. En pratique, le distributeur va se charger de l’aspect "marketing" du travail (publicité, gestion du prix, etc) et c’est lui qui va recevoir les commandes des clients. De l’autre côté, le fournisseur s’occupe des stocks et de l’expédition des commandes. Par exemple, vous recherchez en ligne pour l’achat d’un hand spinner. Vous rencontrez, parmi les résultats sur Google, un lien publicitaire vers un site marchand, où vous passez commande. Même si cela est transparent à vos yeux, il est fort probable que la personne qui gère le site sous-traite votre commande à une plateforme de e-commerce (comme le chinois Aliexpress), qui, ce dernier, expédiera l’objet.

Si j’ai bien compris, cette technique est avantageuse, autant pour le fabricant à qui cela permet de développer son réseau de distribution, que pour les commerçants, qui n’ont alors plus à gérer l’emballage et l’expédition des produits. Même si le drop shipping fait polémique, c’est une pratique qui se développe à pleine vitesse. Certains le décrivent comme un business juteux, bien que le marché soit de plus en plus saturé.

Je me demande s’il ne serait pas possible de transposer cette activité à d’autres secteurs, comme celui de la livraison de pizzas à domicile. Je m’explique. Je constate qu’il est relativement facile de faire paraître des annonces publicitaires en ligne. Twitter, Facebook, et autres réseaux sociaux disposent en règle générale de leur propres régies, et acceptent de diffuser des annonces ciblées à petite comme à grande échelle. Il est même possible, dans le cas de Facebook par exemple, d’en diffuser immédiatement, sans donner tellement d’informations sur soi, et de payer par le biais de PayPal. Est-ce qu’il n’y aurait alors pas moyen de se placer entre le client et les pizzerias locales ? On diffuserait alors, dans la soirée et de préférence vers des résidents urbains, des annonces publicitaires pour une livraison de pizza. En suivant le lien, le prospect pourrait passer commande sur un petit site web - hébergé discrètement par un VPS bon marché - et payer par le biais de PayPal ou d’un service similaire. Côté vendeur, on commanderait alors à notre tour auprès d’une pizzeria locale, paierait en ligne, tout indiquant l’adresse et coordonnées du client. Et il y aurait alors possibilité, en pratiquant un prix plus élevé, de gagner une petite marge.

A ce niveau là, je me pose différentes questions :

  • En prenant en compte que, statistiquement, sur la population exposée à la publicité, on peut espérer obtenir quelques commandes, est-ce que ce serait rentable ?
  • Est-ce légal ? Est-ce moral ?
  • En France, peu de pizzerias, notamment les grandes chaînes comme Pizza Hut ou Domino’s n’acceptent les paiements en ligne, et encore moins les services comme PayPal (qui offrent plus de discrétion, pas besoin de créer une entreprise, d’ouvir un compte bancaire pro) ; est-il plus intéressant de cibler des pays étrangers, notamment anglophones ?

Voilà pour mon idée, et j’aimerais beaucoup en discuter avec vous. Plus généralement je me demande dans quelle mesure il est possible de gagner de l’argent de poche sur internet quand on dispose de compétences "informatiques" (programmation, réseaux, cryptomonnnaies, etc.), en créant ce genre de services, et sachant que le vaste monde est à notre portée !

Bonne soirée, Croal

Édité par Croal

+0 -0

Coucou,

Avant tout, ce qu’il faut savoir c’est que le drop shipping, c’est pas nouveau. Cela existe même depuis… passé 10 ans.

Si j’ai bien compris, cette technique est avantageuse, autant pour le fabricant à qui cela permet de développer son réseau de distribution, que pour les commerçants, qui n’ont alors plus à gérer l’emballage et l’expédition des produits. Même si le drop shipping fait polémique, c’est une pratique qui se développe à pleine vitesse. Certains le décrivent comme un business juteux, bien que le marché soit de plus en plus saturé.

D’une manière générale,

Oui, tout le monde va te vanter les avantages ("et allez viens suivre cette formation, tu deviendras riche en 1 mois !"), mais rares sont ceux qui abordent les problèmes…

Le problème du drop shipping tient de la responsabilité légale : en tant que vendeur, vis-à-vis du client, c’est ta responsabilité qui sera engagée. Tu ne pourras pas te dédouaner des erreurs de ton fournisseur, sauf cause étrangère. Et quand il y a des problèmes (et il y’en a)…

En effet, l’article L.121–20–3 alinéa 4 du Code de la consommation est on ne peut plus explicite :

le cybermarchand est responsable de plein droit à l’égard du consommateur de la bonne exécution du contrat conclu à distance, que les obligations soient à exécuter par le professionnel qui a conclu le contrat ou par d’autres prestataires de services.

Ce texte établit clairement que le vendeur est tenu d’une obligation de résultat quant à l’accomplissement de la vente à distance. La bonne exécution du contrat exprime l’idée que le vendeur est responsable de plein droit, de la commande à la livraison du produit, peu importe qu’il ait recours à des prestataires.

Il ne faut pas oublier que l’acheteur sera dans l’ignorance de l’opération conclue entre le fournisseur et toi (il s’agit d’une opération « secrète »). Ceci constitue déjà un énorme inconvénient pour lui dans la mesure où le prix qu’il acquittera sera nécessairement supérieur au prix officiel (si ce dernier vend aussi directement à la clientèle) pratiqué par le fournisseur (ceci a également une autre conséquence 1).

Ensuite, il y a une absence de sécurité juridique. Comment en effet, le consommateur pourra-t-il faire valoir auprès de son vendeur l’ensemble des règles protectrices du consommateur ? Un exemple évident : le droit de rétractation dans le délai de 7 jours suivant la réception du produit (article L.121–20 du Code de la consommation). Il faut bien comprendre que dans le mécanisme du drop shipping, le partenaire de l’acheteur c’est le vendeur. Le fournisseur reste méconnu de l’acheteur et prendra bien soin que le colis ne comporte aucune référence permettant de l’identifier. Pas d’identification, pas de responsabilité.

Certes, certains fournisseurs permettent de gérer les retours mais il peut y avoir des pépins, des délais, des contraintes (refus de gestion des retours dans certains cas) et tous les fournisseurs n’acceptent pas forcément.

Du coup, il faut s’assurer que tu disposeras des compétences et des moyens matériels suffisants pour gérer les incidents du contrat. Le danger est que les intérêts économiques du consommateur ne soient pas garantis dans le cadre de cette opération (et dans le cas d’un litige, tu perds si tel est le cas).

Enfin, il est presque impossible désormais d’avoir des contrats exclusifs entre toi et ton fournisseur. Tu n’as ainsi aucun contrôle sur ses activités : il pourra tout autant vendre directement au client final (et donc te concurrencer) voire vendre à tes concurrents.

Bref, bien que profitable pour les deux professionnels, ce système de vente est plus risqué pour le vendeur. Il est impératif de choisir un fournisseur sérieux, car le commerçant est également responsable de la sécurité du client.

En suivant le lien, le prospect pourrait passer commande sur un petit site web - hébergé discrètement par un VPS bon marché - et payer par le biais de PayPal ou d’un service similaire. Côté vendeur, on commanderait alors à notre tour auprès d’une pizzeria locale, paierait en ligne, tout indiquant l’adresse et coordonnées du client. Et il aurait alors possibilité, en pratiquant un prix plus élevé, de gagner une petite marge.

En théorie, ça pourrait marcher. Dans les faits, le vendeur sera très dépendant de la qualité du fournisseur et du produit. Ce qui pourra porter atteinte à ce dernier (mauvaise notation sur Internet, etc.). De plus, le vendeur ne pourra forcément trouver une pizzeria à proximité. Sur Internet, il aurait des clients de toute la France (si ce n’est plus), donc si le client est en campagne, il faut trouver une pizzeria à proximité et qui effectue les livraisons. Enfin, cela implique de contracter avec énormément de pizzeria pour que ce soit viable à grande échelle.

Donc, en pratique ça me semble peu réalisable.

En plus, étant donné qu’il s’agit de produits alimentaires, il y a là aussi des contraintes légales, de qualité, etc. et je ne suis pas sûr que ce soit compatible avec le commerce en ligne.

AMHA, je ne sais pas si c’est viable en pratique (en tous cas, pour le secteur visé). Je laisse le soin à d’autres (peut-être plus connaisseurs de la législation dudit secteur en vigueur, etc.) de compléter ces points dans leurs réponses.

edit: ortho, typo.


  1. Il y a une évolution, qui mènera possiblement/probablement à la fin du drop shipping tel que nous le connaissons, en lien avec le développement de l’intelligence artificielle : les fournisseurs vont de plus en plus être tentés, et ça commence déjà quelque peu, de se passer d’intermédiaire et vendre directement au client final. Au fur et à mesure que l’IA (et le traitement automatique du langage naturel (abr. TALN)) offrira des moyens de traduction voire aussi de gestion logistique (IA appliquée à la gestion des stocks, etc.), le fournisseur pourra littéralement vendre en toute langue, partout dans le monde à des prix super intéressants pour les clients finaux et donc se passer d’intermédiaires. Si le drop shipping est un bon moyen d’entrer dans le commerce en ligne, il serait bon ton d’évoluer vers un commerce plus "traditionnel" à long terme afin de ne pas se faire littéralement supprimé par les fournisseurs directement.

Édité par Arius

Assez occupé IRL — MP au besoin. Je ne mords pas (toujours)

+1 -0

Concernant le drop shipping, je ne connais pas très bien le sujet mais à première vue le principe de base ne me choque pas. Par contre, je trouve très malhonnête les boutiques en ligne qui maquillent leur marchandise en haut de gamme alors que ça provient d’Alibaba.com. C’est notamment décrit dans cette vidéo du Roi des Rats :

Concernant son application à la livraison de pizza (ou de nourriture si on généralise) à domicile, ce n’est pas déjà le cas avec les services comme UberEat et Deliveroo ?

+1 -0

Concernant son application à la livraison de pizza (ou de nourriture si on généralise) à domicile, ce n’est pas déjà le cas avec les services comme UberEat et Deliveroo ?

Hm… Là, c’est plutôt le transport qui est externalisé, non ? Deliveroo ne se fait pas "passer" pour le vendeur, si ?

Assez occupé IRL — MP au besoin. Je ne mords pas (toujours)

+0 -0

Concernant son application à la livraison de pizza (ou de nourriture si on généralise) à domicile, ce n’est pas déjà le cas avec les services comme UberEat et Deliveroo ?

Hm… Là, c’est plutôt le transport qui est externalisé, non ? Deliveroo ne se fait pas "passer" pour le vendeur, si ?

Arius

C’est vrai que ces services là ne se font pas passer par le vendeur, donc c’est peut-être hors sujet. Néanmoins, j’ai l’impression que l’acheteur paye le service (via l’application) qui ensuite paye le vendeur (mais je peux me tromper). Si c’est le cas, le vendeur est bien un fournisseur non ?

+0 -0

Je crois plutôt que l’acheteur paie le produit au vendeur via l’application et une commission est prise par le livreur vis à vis du vendeur mais je peux me tromper, je n’utilise pas ces apps. Je suis plutôt à l’ancienne quand il s’agit de mes besoins alimentaires. Mes lamas/caribous/… sont toujours frais du jour. :P

Édité par Arius

Assez occupé IRL — MP au besoin. Je ne mords pas (toujours)

+0 -0
Auteur du sujet

Je dirais que la différence avec ces applis, c’est que dans notre cas on ne demande pas l’avis et on n’informe pas le pizzaïolo que la commande est sous-traitée. Mais il est vrai qu’à grande échelle, ça s’en rapproche !

Je suis d’accord sur le fait que l’inconvénient du drop shipping c’est les responsabilités légales qui s’ensuivent. En revanche, en travaillant dans l’anonymat, en utilisant des plateformes de paiement qui permettent de masquer plus ou moins son identité (PayPal, cryptomonnaies), en étant honnête, et surtout en restant avec de petits volumes de commande, je me dis qu’il y a peut-être moyen de gagner un peu de monnaie sans prendre beaucoup de risque.

Vous pensez que des personnes seraient prêtes à acheter une pizza en suivant seulement le lien de la publicité et sans se préoccuper du prix (nécessairement plus élevé) ?

Pour répondre à Arius, l’objectif serait vraiment de cibler de clients qui habitent en ville, je sais que c’est une option que proposent les régies publicitaires, notamment Google AdWords. Concernant les pizzerias, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de contracter, du moment que l’on peut commander et payer en ligne sur leurs propres sites web. Après, tout cela reste théorique, mais j’aurais bien envie de faire un test sur une soirée. Par exemple, choisir l’Australie, mettons Sydney. De la pub sur Facebook pour quelques dollars (PayPal accepté), un hébergement (cheap aussi) avec une page web qui redirige vers un chat en ligne de ce style, un logo pour une identité visuelle minimale. Et dès 19h00 locale (UTC+11), prendre les commandes et les reproduire sur Pizza Hut (qui accepte aussi PayPal)…

Édité par Croal

+0 -0

Je suis d’accord sur le fait que l’inconvénient du drop shipping c’est les responsabilités légales qui s’ensuivent. En revanche, en travaillant dans l’anonymat, en utilisant des plateformes de paiement qui permettent de masquer plus ou moins son identité (PayPal, cryptomonnaies), en étant honnête, et surtout en restant avec de petits volumes de commande, je me dis qu’il y a peut-être moyen de gagner un peu de monnaie s’en prendre beaucoup de risque.

Honnêtement, je ne sais pas. Le drop shipping pose quand même des pépins. Je ne suis pas sûr que tu y gagnerais franchement plus qu’en ayant une activité complémentaire, ni que les bénéfices éventuels dépassent les risques. Puis, y a quand même une dichotomie, tu ne peux travailler dans l’anonymat (donc en cachant ton fournisseur) tout en étant véritablement honnête avec ton client. Or, je crois qu’en matière de nourriture, le client voudra quand même des garanties ou, à tout le moins, a certaines attentes…

Vous pensez que des personnes seraient prêtes à acheter une pizza en suivant seulement le lien de la publicité et sans se préoccuper du prix (nécessairement plus élevé) ?

Perso, non. Autant le prix, je m’en carre mais je ne suis pas du genre à acheter de la nourriture à distance. De plus, je crois qu’on connait tous des pizzerias ici et là. Si c’est plus cher en ligne, pourquoi privilégier cela vis à vis d’une pizzeria qu’on connait et qui nous plait ?

Pour répondre à Arius, l’objectif serait vraiment de cibler de clients qui habitent en ville, je sais que c’est une option que proposent les régies publicitaires, notamment Google AdWords. Concernant les pizzerias, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de contracter, du moment que l’on peut commander et payer en ligne sur leurs propres sites web

Si parce que sinon, sans contrat, la pizzeria utilisera ses boîtes habituelles (donc avec ses références (noms, etc.). A partir de ce moment, le client verra le nom de la pizzeria sur la boîte (et s’il connait la pizzeria à proximité, s’il connait les prix, il saura qu’il s’est "fait avoir"…) Donc, faut que la pizzeria soit au courant que tu es un vendeur drop shipping.

Par exemple, Pizza Hut, les références y sont très, très souvent affichées.

Édité par Arius

Assez occupé IRL — MP au besoin. Je ne mords pas (toujours)

+1 -0
Vous devez être connecté pour pouvoir poster un message.
Connexion

Pas encore inscrit ?

Créez un compte en une minute pour profiter pleinement de toutes les fonctionnalités de Zeste de Savoir. Ici, tout est gratuit et sans publicité.
Créer un compte