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Chroniques de Doctorat : épisode 0

Chroniques régulières d'un doctorant

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Temps de lecture estimé : 22 minutes

Bonjour à tous les zesteux !

Je voudrais essayer de vous proposer ici de façon plus ou moins régulière un récit de mes aventures en doctorat. L’idée est de vous présenter ce qui se passe en doctorat de l’intérieur, et de répondre aux questions que certains peuvent se poser sur le sujet (à commencer par mes propres questions !).

Je ne parlerai ici que de mon expérience propre, dans ma discipline (économie/finance) et mon université (Paris 1 Panthéon Sorbonne). Selon les pays, les disciplines ou laboratoire de recherche, les choses peuvent être assez différentes. Si certains autres doctorants/docteurs du forum veulent contribuer, cela peut être intéressant de partager et de comparer nos expériences.

Ce premier billet va parler principalement de l’intérêt de faire un doctorat et du processus de sélection dans mon université.

Qu'est ce qu'un doctorat ?

Qu’est ce qu’un doctorat ?

Commençons par expliquer rapidement en quoi consiste un doctorat.

Les anglais (et la plupart des universitaires aussi) parlent de PhD, pour l’abréviation de philosophiæ doctor. Un doctorat (ou PhD donc) sanctionne un travail de recherche original et novateur mené par un étudiant, travail qui est contenu dans la fameuse thèse de doctorat. En économie les doctorats se font maintenant "par papiers" : le doctorant doit publier au minimum trois papiers de recherche dans des revues académiques de bonne qualité pour valider sa thèse. Dans l’idéal, il faut publier avec tout le monde : des papiers seuls, des papiers avec d’autres doctorats, des papiers avec des profs seniors. Cela montre que le doctorant est capable de travailler avec tout le monde. Un doctorant qui publie toujours seul sera regardé un peu bizarrement : il faut jouer coopératif pour réussir dans le monde académique.

Ce titre est peu reconnu en France : avoir un doctorat est rarement bien vu en dehors du monde universitaire, où il est indispensable pour faire de la recherche ou accéder à un poste d’enseignant à l’université.

A l’étranger le PhD est beaucoup plus valorisé, où il est souvent reconnu comme le diplôme le plus élevé, au dessus du grade de master. Ainsi, la plupart des grands organismes internationaux et nationaux recrutent au niveau PhD pour leurs cadres supérieurs. Pour prendre une comparaison dans mon domaine, la Banque de France recrute encore principalement à niveau master, avec un fort vivier de gens venant de science po Paris. La banque d’Angleterre elle exige un PhD pour de nombreux postes, et valorise beaucoup plus les profils du monde académique. Ainsi récemment une proposition récente de créer un doctorat d’exercice pour les énarques à provoquée une levée de bouclier dans le monde universitaire. L’objectif affiché était clairement de permettre aux candidats français de pouvoir afficher un précieux "PhD" sur leur cv afin d’éviter de pénaliser par son absence leurs candidatures dans les institutions internationales.

Pourquoi diable s'embêter à faire un doctorat ?

Dans mon cas, je sais depuis le lycée que je veux faire de la recherche et devenir enseignant chercheur. Faire un doctorat est donc la voie indispensable à suivre pour atteindre cet objectif. Voici quelques points sympas et motivants dans le fait de faire un doctorat :

  • On va pouvoir m’appeler docteur et ça c’est classe. D’autant plus que mon frère étant docteur vétérinaire (doctorat d’exercice), je pourrai enfin le traiter de faux docteur. :p
  • Plus sérieusement, c’est être au contact de la recherche de pointe dans son domaine et de pouvoir y participer. J’ai la chance d’être dans un domaine qui à des liens assez fort avec "le monde réel". Les travaux en finance ont des implications pratiques sur les décisions des régulateurs, des banques, des financiers, etc. Qui eux mêmes ont une implication sur la vie d’un peu tout le monde. C’est donc plutôt stimulant.
  • Aller à des conférences et participer à des échanges à l’étranger. Pour ça, ça dépend des labos, des universités, et des budgets. J’ai la chance à Paris 1 d’avoir une certaine liberté là dessus. On a de la thune. Et des partenariats avec plein d’universités renommées dans le monde, comme Columbia, Oxford, Pise, etc. Du moins c’est ce que m’a vendu ma directrice de thèse.
  • C’est une certaine liberté : on peut rechercher sur ce qu’on veut, tant que ça reste dans le cadre de sa thèse.
  • C’est le passage obligé pour devenir enseignant-chercheur. On peut aussi selon son domaine rejoindre le privé par la suite, avec une forte expertise à proposer sur son sujet. C’est assez courant en finance, où on retrouve pas mal de gens avec un PhD dans les grandes banques. Cela dit, ça reste marginal dans les autres branches de l’économie. A l’étranger, le doctorat ouvre plus de portes : il n’est pas rare de voir un PDG d’entreprise avec un doctorat en sociologie ou histoire par exemple, chose impensable en France.
La véritable motivation pour un doctorat

Néanmoins, faire un doctorat n’a pas que des cotés positifs. Cela implique également des inconvénients importants, qu’il faut bien prendre en compte avant de se lancer dans cette aventure. En voici quelque-uns :

  • Un sacrifice financier important, même pour ceux qui ont une bourse comme moi. C’est d’autant plus vrai quand on est dans un domaine particulièrement rémunérateur (comme la finance ou l’intelligence artificielle), où vous pourriez gagner bien plus dans le privé. A titre personnel et à vu de nez, je perds facilement entre 300€ et 1000€ par mois entre ma rémunération de doctorant et ce que je pourrais obtenir en travaillant dans une grande banque. Dans une ville très chère comme Paris, cela peut être un argument important.
  • Un certain sacrifice de sa vie sociale. Je ne peux pas encore le constater par moi-même, mais la plupart des gens décrivent les années de doctorat comme intensives et très stressantes. Il existe de nombreuses pages et mêmes internets consacrés aux déboires des doctorants.

Il faut donc penser à tous ces aspects avant de vouloir s’engager dans cette aventure. Personnellement j’ai par exemple la chance de pouvoir encore compter sur mes parents sur le plan financier, je suis plutôt privilégié par rapport à certains collègues. En particulier ceux qui n’ont aucune bourse de financement et qui doivent travailler à coté.

J'ai envie de faire un doctorat, comment on postule ?

Pour pouvoir s’inscrire en doctorat, il n’y a qu’une condition officielle à remplir : trouver un directeur de thèse qui acceptera de vous encadrer durant votre projet. Ce directeur de thèse doit disposer d’une habilitation à diriger les recherches (HDR), qui l’autorise comme son nom l’indique à encadrer des doctorants.

Ainsi, il existe des cas célèbres de personnes qui ont peu obtenir un doctorat sans trop se fatiguer, car ils ont trouvés un directeur de thèse peu regardant (coucou les frères Bogdanov ou Élisabeth Tessier).

En pratique les choses sont un peu plus difficiles de nos jours, en particulier dans les "grandes" universités. En effet, il n’est pas rare que l’inscription en doctorat ne soit autorisée que pour les candidats auxquels une bourse de doctorat (un contrat doctoral cela s’appelle) à été attribuée. A Paris 1, il est quasi impossible de s’inscrire en thèse sans avoir de financement, sauf à être assez riche pour convaincre l’administration que vous pourrez réussir votre thèse sans avoir besoin de subvenir à vos besoins vous-mêmes. Ce qui n’est clairement pas mon cas : je viens de la classe moyenne et était boursier jusqu’à cette année. Il me fallait donc une bourse pour pouvoir espérer faire un doctorat.

Il existe également un financement par des contrats CIFRE. Cela revient à faire son doctorat en apprentissage, avec une entreprise qui vous embauche à mi-temps pour travailler sur un projet de recherche qui l’intéresse. C’est donc réservé à des recherches avec des applications assez directes et généralement des thèses un peu moins lourde (mi-temps oblige). Néanmoins pas de panique : vous ne serez pas mieux payé en contrat CIFRE qu’en contrat doctoral classique. Raison pour laquelle les entreprises aiment beaucoup ces contrats ! :D

A la pêche aux financements : trouver du soutien

Les contrats doctoraux sont une denrée rare, en particulier dans les grands centres universitaires où la compétition n’est pas seulement nationale mais internationale. Dans la "fournée" de cette année dont je fais partie, je dirais que la moitié des étudiants qui ont obtenu une bourse sont étrangers et viennent souvent des meilleures universités de leur pays.

La saison de la pêche aux contrats doctoraux commence dès le premier semestre de M2 : il s’agit de choisir son sujet de mémoire de fin de master, et de trouver un professeur pour nous encadrer. Traditionnellement, c’est ce professeur qui va soutenir votre candidature en doctorat et vous encadrer lors de ce doctorat. De même, le projet de recherche que l’on présente au jury pour obtenir une bourse de doctorat s’inscrit très souvent dans la continuité de notre travail de mémoire. Il faut donc choisir son sujet et son encadrant avec soin et penser à cette implication rapidement.

Cela est d’autant plus difficile qu’un professeur ne peut présenter qu’un seul étudiant comme candidat au doctorat. Il y a souvent plusieurs étudiants qui demandent l’encadrement à un prof (surtout si celui-ci est très connu, comme Thomas Piketty dans mon université), qui va devoir choisir qui il va soutenir en doctorat. A titre personnel, j’étais le second choix de ma professeur, car l’élève majore de promo du master qu’elle encadre avait la priorité sur moi. Cette élève s’étant désistée, j’ai pu obtenir le soutient officiel indispensable pour candidater à une bourse de thèse. Cette étape est assez sélective : beaucoup de candidats ne sont pas jugés assez bons par les professeurs, qui ne daignent même pas leur accorder la chance de postuler à la bourse.

A Paris 1, je crois qu’aucune candidature étrangère à l’université n’a été acceptée ou presque. Les meilleurs étudiants étrangers viennent des masters de la Paris School of Economics et des autres masters de l’université. Il est rare qu’un professeur décide de soutenir un étudiant extérieur à l’université au détriment de ses propres étudiants. C’est un peu injuste : si je n’avais pas fais mon master à Paris 1, je suis quasi sûr que je n’aurai jamais pu candidater.

L’inverse n’est par contre pas vrai : en venant de Paris 1, j’ai pu candidater pour la plupart des bourses d’autres universités en France (Lille, Strasbourg, etc) et trouver des professeurs pour soutenir officiellement ma candidature alors que je ne les connaissaient pas. Bizarrement, il y avait très peu de concurrence sur ces contrats doctoraux, alors que a Paris la concurrence est vraiment féroce : avoir son master avec mention TB n’est plus une garantie d’obtenir un financement, alors que c’était assuré il y a 10 ou 20 ans si j’en crois ma directrice de thèse (j’ai eu un financement avec "seulement" mention Bien donc tous est possible cela dit !).

A la pêche aux financements : la dernière ligne droite

Maintenant que vous avez un professeur qui accepte de vous encadrer et de vous présenter officiellement, la dernière épreuve arrive : l’attribution des bourses entre les différents candidats.

Entrer en Mordor est plus facile. Oui j’exagère un peu et alors ?

Cela commence par une phase de présélection : les dossiers des candidats (cv, projet de recherche, mémoire de M2) sont examinés par le jury, qui fait un premier tri. A Paris 1, impossible de passer sans mention Bien en master et une bonne note en mémoire. De plus une très très mauvaise note dans une matière peut-être éliminatoire (ça à failli m’arriver d’ailleurs :D). Attention donc aux accidents de parcours en master, cela peut se payer lors de la candidature en doctorat si votre dossier n’est pas très solide par ailleurs.

Une fois cet écrémage réalisé, les candidats doivent passer un oral devant un jury. A Paris 1 cet oral est très court : 7 minutes de présentation et 7 minutes de questions. Difficile donc de juger de la pertinence scientifique d’un projet en si peu de temps. Et en 7 minutes, la moindre petite réponse maladroite a une question peut vous couter la bourse, sans possibilité de vous rattraper. Chaque étudiant étant présenté par un professeur de l’université qui se porte garant de sa qualité et de la pertinence de son projet de recherche, cette étape est très concurrentielle. Elle l’est d’autant plus que vous êtes en compétition avec vos propres amis avec qui vous avez partagé l’année. Devez-vous jouer coopératif et répéter à votre pote ce petit conseil que vous a donné votre professeur, ou au contraire le garder pour vous afin de prendre l’avantage ? Choix pas toujours facile.

La sélection de cet oral n’est pas seulement basée sur les qualités scientifiques de chaque étudiant. Il y aussi une dimension plus "politique", bien que rarement assumée officiellement. Combien de bourses pour tel laboratoire ? Untel a déjà x doctorants et en a eu un l’année passée, doit-on vraiment lui en redonner un cette année ? Tel prof déteste tel autre, et essayera de casser l’étudiant qu’il présente… Bref, l’université est aussi un monde humain. Difficile de savoir où s’arrête la réalité et où commence le mythe à ce sujet.

Etre accepté en doctorat

Après une après-midi passée à appuyer frénétiquement sur le bouton F5 de votre navigateur, vous avez enfin la réponse : ce contrat doctoral que vous voulez tant est-il pour vous ? Dans mon cas, la réponse positive était d’autant plus agréable qu’un ami avec qui j’étais en concurrence était également accepté. C’est toujours sympa de savoir qu’on pourra travailler avec quelqu’un qu’on connait, et que l’on écrira probablement des articles ensemble car nos champs de recherche sont proches.

Et petite fierté personnelle et un peu puérile : c’est toujours gratifiant de battre un candidat soutenu par un chercheur mondialement connu comme Thomas Piketty. Finalement, tous les candidats ont leur chance.

Une fois accepté officiellement en doctorat, les choses vont vite :

  • On me demande si je souhaite enseigner comme chargé de TD, et si oui quels cours j’aimerais donner. Il faudra probablement commencer à travailler avec l’équipe pédagogique dès cet été pour être prêt à la rentrée.
  • Rdv avec ma directrice principale de mémoire thèse (j’ai aussi un co-directeur) pour discuter de tout un tas de trucs, comme les cours que je vais devoir choisir, un article en cours d’écriture, etc.
  • On reçoit un mail nous indiquant les démarches à suivre pour s’inscrire à l’université et signer son contrat doctoral. Cela se fera à la rentrée.
Et si on est pas accepté il se passe quoi ?

Il est assez facile de trouver un contrat doctoral ailleurs quand on vient d’une bonne université. Les candidats recalés au processus de sélection de Paris 1 restent de très bons candidats, qui seront acceptés dans la plupart des universités de province. De ce que j’ai pu voir, beaucoup de bourses de thèse en province ne sont pas pourvues, même dans des universités dont les laboratoires sont pourtant reconnus. Sur les trois bourses que j’avais en vue en solution de repli, je crois que aucune n’a réussi à trouver de candidat finalement. Alors qu’ils s’agit de labos sympas et de qualité.

J’ai l’impression que le marché des bourses doctorat est très opaque. En dehors du bouche à oreille entre profs, il est difficile de savoir que telle université et tel laboratoire propose une bourse. De plus, il n’est pas évident d’y candidater de l’extérieur sans connaitre de prof qui y travaille pour soutenir officiellement notre candidature. Je sais qu’en mai je n’ai pas postulé à une offre de bourse à Marseille car je ne connaissais aucun prof là bas, et je me voyais mal envoyer des mails aléatoires en mode "bonjour, vous voulez soutenir ma candidature de thèse ?". Je suis sûr que cet effet joue beaucoup et conduit à une mauvaise allocation des bourses entre universités et candidats.


Voilà, c’est la fin de ce premier billet d’introduction de la série. Dans le prochain billet, on parla thune et contrat doctoral. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire ou à partager vos expériences ! :)

Un dernier petit mème pour la fin :

Non, cela fait moins d’une semaine. Je suis encore jeune et innocent.

12 commentaires

Pour rappel, j’avais écrit le même genre de truc pour la ma thèse en Belgique :)

Je viens de relire ton article, c’est rigolo de comparer. Si je comprends bien :

  • Chez toi les bourses sans obligation de recherche sont financée en partie par la lotterie et autres sources. Tu sais si cela représente une part importante du financement ou si c’est plutôt un reliquat anecdotique ? En France, toutes les bourses en recherche seule sont financées par de l’argent public (parfois de façon un peu indirecte).
  • Ma bourse me laisse la liberté de choisir d’enseigner ou non. De base je n’ai aucune obligation à cela, et je peux si je le souhaite signer des contrats d’enseignement, avec un maximum de 64 heures de travaux dirigés par an. On est donc loin du mi-temps consacré à l’enseignement comme dans ton cas (et heureusement, mon contrat doctoral sera pour 3 ans et non 6, ce qui est in fine équivalent). En pratique, on est quand même vachement encouragé à prendre des TD, ne pas le faire alors que l’université manque de chargé de TD est vu comme un comportement peu coopératif.

Ce serait bien d’avoir un tag commun pour ce type de contenus.

J’ai mis PhD et Doctorat , mais si tu as d’autres idées de tags appropriés n’hésite pas à les proposer. :)

Édité par Demandred

“Your manuscript is both good and original. But the part that is good is not original, and the part that is original is not good.” Attributed to Samuel Johnson

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Il existe également un financement par des contrats CIFRE. Cela revient à faire son doctorat en apprentissage, avec une entreprise qui vous embauche à mi-temps pour travailler sur un projet de recherche qui l’intéresse. C’est donc réservé à des recherches avec des applications assez directes et généralement des thèses un peu moins lourde (mi-temps oblige).

Le « mi-temps » est peut-être vrai dans ton domaine, mais en informatique, c’est pas tout à fais cela. Il y a la possibilité de négocier entre l’entreprise et l’université pour décider de comment tu va bosser. Par exemple certaines entreprise voudront uniquement que tu travaille à l’université mais pas dans leurs locaux, d’autre l’inverse, et sinon, il y a l’histoire de répartition du temps. Sinon certains cas particulier (comme ceux qui font une thèse CIFRE dans une entreprise dont les locaux sont à l’étranger) ne serait pas possible.

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Le « mi-temps » est peut-être vrai dans ton domaine, mais en informatique, c’est pas tout à fais cela.

Alors pour être honnête, je n’ai pas regardé les CIFRE plus que ça car ça ne correspondait pas à mon thème de recherche. Mais des 2-3 personnes avec qui j’ai pu en discuter, la norme semblait vraiment être 3 jours dans la boite, et le reste du temps libre pour bosser la thèse. Mais c’est probable qu’il existe une plus large diversité de cas comme tu le mentionnes.

“Your manuscript is both good and original. But the part that is good is not original, and the part that is original is not good.” Attributed to Samuel Johnson

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J’avoue, Paris I a bien raflé la mise, surtout avec l’Idex (une dotation de l’État supplémentaire pour les universités en gros). Faire une thèse dans les petites facs (genre Limoges), ça doit pas être la joie pour les conditions.

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Faire une thèse dans les petites facs (genre Limoges), ça doit pas être la joie pour les conditions.

J’imagine que ça dépend des domaines et labos, mais dans mon champ j’ai l’impression que c’est assez facile d’avoir une bourse dans les autres facs pour peu qu’on ai un projet de recherche et un dossier pas ridicule. A Strasbourg ils m’avaient proposés des conditions de recherche vraiment sympa (budget d’xp, conf, etc). Après c’est vrai que c’est pas une petite fac non plus…

J’avoue, Paris I a bien raflé la mise, surtout avec l’Idex

En fait même a Paris I il y a des tensions internes qui existent entre les labos et départements. En particulier avec la Paris School of Economics (qui est rattachée à paris1), qui est souvent accusée de "siphonner" les financement.

“Your manuscript is both good and original. But the part that is good is not original, and the part that is original is not good.” Attributed to Samuel Johnson

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Le contrat CIFRE peut être défini comme tu le souhaites, tu peux définir la fraction de temps que tu passes au labo dedans. Et derrière en général tu peux toujours t’arranger pour changer ça.

Par ailleurs, une CIFRE est globalement mieux payée qu’une thèse publique, vu que le salaire minimum pour une CIFRE est de ~2000€ bruts par mois, que l’entreprise peut bien sûr dépasser. Le salaire minimal public tourne autour 1750€ bruts par mois, sauf au CEA où il dépasse de peu les 2000€.

Cela dit, même en étant bien payé pour une thèse CIFRE, ça ne m’a pas empêché de perdre 25% de salaire par rapport à mon job précédent. :D

En ce qui concerne la concurrence, j’ai moi aussi l’impression qu’elle est surtout concentrée à Paris : j’ai entendu plusieurs fois des professeurs de villes de province ne pas trouver de doctorant.

Édité par melepe

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En ce qui concerne la concurrence, j’ai moi aussi l’impression qu’elle est surtout concentrée à Paris : j’ai entendu plusieurs fois des professeurs de villes de province ne pas trouver de doctorant.

J’ai souvent entendu râlé des profs qui étaient dans des facs métropolitaines (Bordeaux, Paris, Lyon… bref des facs dans des grandes villes), à cause d’une ambiance exécrable au labo, tout le monde tirant sur tout le monde pour des jeux de pouvoirs, chose qu’on retrouverait moins dans des facs de villes moyennes. Peut-être que cette concurrence met une pression jouant sur l’ambiance ?

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Deux précisions:

En économie les doctorats se font maintenant "par papiers" : le doctorant doit publier au minimum trois papiers de recherche dans des revues académiques de bonnes qualités pour valider sa thèse.

Oui et non. Cela dépend où, c’est juste que c’est un modèle (qui provient des pays nordiques) qui s’imposent de plus en plus dans tous les domaines. Un peu à cause du publish or perish, surtout du fait que perdre du temps pour écrire un monographe que personne ne va lire n’est pas le plus utile. La règle des trois papiers est propre à ton école doctoral. Elle varie d’une école doctorale à l’autre et d’un pays à l’autre. Par exemple, dans mon école doctorale pour pouvoir défendre une thèse, il faut un certain nombre de points donnés par les publications sachant que les points sont établis par le ministère. Dans d’autres écoles doctorales que je connais bien, il n’y a pas de règles ou de points et c’est au feeling du directeur de thèse.

Ce titre est peu reconnu en France : avoir un doctorat est rarement bien vu en dehors du monde universitaire, où il est indispensable pour faire de la recherche ou accéder à un poste d’enseignant à l’université.

C’était vrai il y a 10 ans, ça l’est moins aujourd’hui (en tout cas en sciences non-sociales). Je ne compte pas le nombre d’offres d’emplois que je reçois avec un niveau doctorat comme niveau minimal… Ca mérite au moins d’être nuancé AMHA.

« Kommunist Fried Chicken » | Macroeconomics: Three decades of intellectual regress

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