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Un luddisme écologique ?

quelle transition voulons-nous ?

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Je suis tombé (dans mes flux RSS) sur un article de l’excellent site La pensée écologique : « Et si nous nous trompions de transition ? Pour un luddisme écologique ». Pour faire simple, l’auteur pointe incompatibilité entre une transition numérique (forcément gourmande en ressources) et une transition écologique, demandant une sobriété. S’il y a des critiques légitimes, notamment sur l’asymétrie de transparence/opacité des géants, les conséquences sanitaires des écrans, la gabarie de consommation en ressources, etc., je me questionne où mettre le curseur entre le « high tech » et le « low tech ». La dichotomie entre transition numérique et écologique est réelle ou est-ce une vue de l’esprit ?

Vous en pensez quoi, les agrumes ?



5 commentaires

Salut, intéressant en effet ! L’auteur soulève de nombreux points intéressants, mais j’ai l’impression que la seule solution qu’il entrevoit, c’est de ralentir la transition numérique.

Il serait intéressant d’envisager ce que pourrait donner une réorientation de cette transition numérique, plutôt qu’un ralentissement. Et quand un fleuve est aussi violent que cette transition, il est plus simple de creuser pour l’orienter que de le ralentir… (Cette analogie n’a aucun intérêt argumentaire, mais c’est poétique, j’aime bien ^^) Ce que je veux dire par là, c’est que cette transition me paraît difficilement stoppable, mais peut-être qu’on peut réfléchir à comment l’orienter vers des objectifs qui tiennent moins du pur divertissement.

C’est ce qu’on fait ici, sur Zeste de Savoir, on utilise un outil numérique pour partager notre savoir, échanger, et en particulier discuter de ce genre de sujet. L’outil numérique est absolument formidable, et je dirais que l’article que tu cites montre qu’il est mal utilisé, pas trop utilisé.

J’aimerais bien pousser ma réflexion plus loin, mais j’ai un train à prendre, je dois monter dedans avant qu’il ne parte sans moi ! ^^

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Je trouve ça limité de regarder "la quantité de ressource par habitant", ou la "quantité de Wh par unité de travail" (il me semble pour le second, je peux me tromper, mais l’idée devrait être là. Il y a des matériaux plus ou moins abondant, plus ou moins faciles à extraire, créant une dépendance plus ou moins forte avec des pays qui se foutent de l’écologie. Par example le silicium, très peu de problème. Les terres rares, c’est une autre question. À ce titre, faire de la recherche pour trouver des matériaux de substitution ou réduire les besoins en certains matériaux plutôt que les besoins totaux me semble plus intelligent. La bonne nouvelle, c’est que c’est déjà en court. Les mots clés ici sont "critical raw materials", et un exemple de projet de l’union européenne (dans le cadre d’H2020) est COST.

La même logique peut être développée pour l’intensité énergétique. Si on remplace 10MWh produit en brûlant du charbon par 100 produit en faisant tourner des éoliennes, c’est mieux pour l’environnement (surtout si les initiatives détaillées dans le paragraphe précédent trouve un bon moyen de se débarrasser des tonnes de Nd requises pour chaque éolienne), et "gaspiller" un peu n’atteint qu’une partie des bénéfices écologiques.

L’idée de le lier au social n’est pas nouvelle non plus. Elle a outre ses avantages indéniables (au moins) deux inconvénients :

  • elle relie l’écologie à la gauche politique. Je pense que tant que l’écologie ne sera pas apolitique, elle n’aura pas l’adhésion nécessaire pour ses solutions.
  • le contraire se produit en général. Les énergies renouvelables sont plus chères que de brûler du charbon (surtout si on veut 100% comme dans le green new deal, le coût serait absolument démentiel), les taxes sur l’essence (ou sur le carbone en général) sont des taxes de consommation, qui touchent les plus pauvres plus fortement etc. Il n’y a qu’à voir la catastrophe (écologique et sociale) de l'energiewende en Allemagne pour s’en convaincre. Bien sûr, le changement climatique n’est qu’une partie de l’urgence écologique, mais je ne pense pas que le reste soit différent.

serait intéressant d’envisager ce que pourrait donner une réorientation de cette transition numérique, plutôt qu’un ralentissement.

Du genre favoriser les sites statiques ? :p

Sinon, je crois que la transition écologique a besoin de la transition numérique, en temps qu’outil d’informations. Typiquement, pour calculer l’impact carbone d’un trajet pour choisir le plus judicieux. Mais je pense que, à l’instar de la bouffe, ça reste quand même une question de choix de société : dois-je, en tant que programmeur, garder une comptabilité avec les anciens appareils ou pas par exemple. J’aime bien l’idée de small tech, qui propose de lier écologie (en évitant le too big) et social (en « réintégrant l’humain » dans la conception). Et je parle pas des supers projets comme Emmabuntus et le Jerrycan. Bref, pour moi, la clé, ce n’est pas tant la transition numérique, mais l’écosystème « startup » de type Silicon Vallée.

Je pense que tant que l’écologie ne sera pas apolitique, elle n’aura pas l’adhésion nécessaire pour ses solutions.

Je pense le contraire. C’est un choix éminemment politique, car réponds à la question suivante : de quelle société voulons-nous. La question n’est pas que technique, mais est surtout social. Avec les mêmes technologies, on peut faire un écofascisme ou une démocratie verte.

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Je pense le contraire. C’est un choix éminemment politique, car réponds à la question suivante : de quelle société voulons-nous. La question n’est pas que technique, mais est surtout social. Avec les mêmes technologies, on peut faire un écofascisme ou une démocratie verte.

Il est évident que l’écologie a une dimension politique et sociale, mais la question est de savoir choisir ses priorités dans les combats. Et je trouve que c’est le gros problème des partis verts actuels qui sous couvert d’idéologie se battent contre tout à la fois et ne parviennent pas du coup à mobiliser suffisamment pour remporter un combat.

Sans compter que l’idéologie dans ce type de combats peut mener à l’aveuglement et conduire à ignorer la réalité physique et scientifique de la question.

Par exemple, à mon sens, le réchauffement climatique est le principal enjeux à résoudre rapidement. Pourtant, tu as des partis écolos et des ONGs comme Greenpeace qui vont privilégier des solutions type génération d’électricité au gaz plutôt que de recourir au nucléaire. Déjà que de résoudre le problème du réchauffement climatique sera difficile, si en plus on doit lutter contre le nucléaire qui est un allié important pour les décennies avenir, c’est le meilleur moyen de rater le coche. Le tout en niant en bloc la réalité scientifique derrière ces questions.

Je pense que le mouvement écologiste devrait réfléchir sur ses priorités. Et mettre certains sujets de l’environnement en avant, car il peut accueillir un consensus politique très large, avant de miser ensuite sur le social et des sujets plus secondaires comme le nucléaire.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

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