La 4ième révolution industrielle et la formation permanente

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Etes-vous prêts à vous former tout au long de votre carrière, ou préférez-vous jeter l’éponge ?

Avec la 4ième révolution industrielle, on assiste a des évolutions rapides et consentantes des emplois.

Je voudrais savoir si vous êtes prêts à faire des efforts pour rester qualifiés, ou si vous pensez que ce n’est pas la peine d’essayer …

Le terme quatrième révolution industrielle a été inventé par Klaus Schwab, président du Forum économique mondial. La quatrième révolution industrielle – également connue sous le nom d' Industrie 4,0 – se caractérise par l’avènement d’une série de nouvelles percées technologiques notamment la robotique, l’intelligence artificielle, l’impression 3D et l’Internet des objets, à une vitesse sans précédent et exponentielle, plus rapide que jamais (Schwab, 2017). Les études confirment que l’industrie 4,0 redessine les chaînes de fabrication et d’approvisionnement, l’avenir du travail et la transformation du marché du travail dans un très large éventail d’industries (Tjahjono et al., 2017; LASI et al., 2014). Les développements technologiques (comme l’automatisation par la robotique et l’intelligence artificielle) stimulent la productivité, mais provoquent l’élimination de nombreux emplois de faible à moyennement qualifiés et la création d’une demande de nouvelles compétences hard et soft que beaucoup de travailleurs n’ont pas. L’automatisation au moyen de la robotique, de l’intelligence artificielle est particulièrement efficace pour remplacer le travail répétitif généralement dans les emplois moyennement qualifiés. Selon une étude de McKinsey, jusqu’à 375 millions des gens peuvent avoir besoin de changer leur catégorie professionnelle avant 2030 (McKinsey, 2017). Bain & Company (2018) a rapporté que pour 2030, l’automatisation éliminera jusqu’à 25% de l’ensemble des postes de travail aux États-Unis (environ 40 millions d’emplois perdus), frappant majoritairement les travailleurs à revenu faible ou moyen. Les avantages monétaires de l’industrie 4,0 l’automatisation concerneront probablement environ 20% de travailleurs hautement qualifiés et très rémunérés (Bain & Company, 2018).

Édité par etherpin

Il se faut s’entraider, c’est la loi de la nature. (Jean de La Fontaine, l’âne et le chien)

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Quand j’ai vu le titre et la question comme ça j’ai cru à du spam et que la balise secret allait contenir un lien vers un site de propagande bizarre ou pour acheter un livre pour nous apprendre la vie.

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Et, bien entendu, c’est tout à fait normal, et les travailleurs n’ont qu’a s’adapter et "changer leur catégorie professionnelle par 2030" (sic, d’ailleurs c’est pas français). Bien entendu, les "travailleurs hautement qualifiés" seront "très rémunérés". Bref, encore des gens qui ne voient que le profit (et le mérite) et qui n’en ont rien à faire des êtres humains derrière. La question ne devrait pas être "êtes vous prêts" (qui remet la responsabilité sur les travailleurs, en bon discour moralisateur de droite, ce que cette question est) mais "que peut-on changer à l’économie et notre mode de vie pour s’adapter à ce changement, certes inéluctable". Mais bien entendu, dès qu’il s’agit de proposer des solutions, y’a plus personne: c’est chiant, ça coûte de l’argent et ça empêche de "[stimuler] la productivité".

Édité par pierre_24

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

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Et, bien entendu, c’est tout à fait normal, et les travailleurs n’ont qu’a s’adapter et "changer leur catégorie professionnelle par 2030" (sic, d’ailleurs c’est pas français). Bien entendu, les "travailleurs hautement qualifiés" seront "très rémunérés". Bref, encore des gens qui ne voient que le profit (et le mérite) et qui n’en ont rien à faire des êtres humains derrière. La question ne devrait pas être "êtes vous prêts" (qui remet la responsabilité sur les travailleurs, en bon discour moralisateur de droite, ce que cette question est) mais "que peut-on changer à l’économie et notre mode de vie pour s’adapter à ce changement, certes inéluctable". Mais bien entendu, dès qu’il s’agit de proposer des solutions, y’a plus personne: c’est chiant, ça coûte de l’argent et ça empêche de "[stimuler] la productivité".

pierre_24

Le modèle de l’éducation professionnelle en France est justement en train de changer afin de permettre cette reconversion. Car plus généralement que le monde du numérique, les carrières d’aujourd’hui sont bien plus mouvantes que celle d’hier, et sans moyen de reconversion un individu est malheureusement perdu sur ce nouveau monde du travail.

L’important pour l’État étant d’empêcher les comportements prédateurs de certaines entreprises (entendre les Uber/ services abusant du statut d’auto-entrepreneur pour sous-payer leurs pseudos-salariés).

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C’est pas une solution: déjà, tout le monde n’a pas la chance de faire des longues études, et n’en a peut être pas envie non plus, or c’est ce que la "haute qualification" implique. Puis ça va même plus loin: qui dit "haute qualification" dit études poussées dans un domaine dit "plus de temps sur les banc de l’école et plus tard dans la vie active" donc "pensions tardives". Et ça va même plus loin: qui c’est qui supporte le coup de l’éducation pour cette population de travailleur qui doit se former toujours plus ? Les entreprises ? Pas vraiment non (ben oui, ça coûte de former des gens), ce serait plutôt l’état.

Quand à la mobilité, c’est une bonne chose quand c’est un souhait du travailleur. C’est une très mauvaise chose quand t’es remercié à 50 ans ("c’est la crise mon bon monsieur") et que personne veut t’engager ("ah, mais faites une formation" "à 50 ans avec une femme et deux gosses? Au niveau d’un SMIC?" "oui mon bon monsieur"). Mais bien entendu, c’est au travailleur à ce former, pas au système de se mettre en question.

EDIT: et puis, on en parle du fait que le nombre de chomeur va augmenter de manière énorme ? Parce que je suis pas sur que les entreprises vont avoir besoin d’autant de travailleurs hautement qualifiés.

Édité par pierre_24

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

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Auteur du sujet

Je note que personne ne répond à ma question, c’est peut-être que personne ici ne travaille dans l’industrie. Par ailleurs, la question semble bien perturbante, à cause des implications sociales et politiques prévisibles.

Je vous invite à lire l’article Industrie 4.0. Notez bien qu’il s’agit d’industries, donc de conception, fabrication et distribution de produits industriels.

En ce qui me concerne, j’ai travaillé dans le domaine des services, qui connaissait une forte croissance. En sortant de l’école mon bagage était COBOL, FORTRAN et Assembleur 360.
Heureusement, j’ai évolué en changeant de métier : de l’informatique de gestion aux technologies réseau. J’ai connu 5 ruptures technologiques majeures dans ce domaine, qui continue à évoluer. A peine je maîtrisais bien un domaine, qu’il fallait en changer, de façon à conserver une relativement haute qualification (les RH appelaient cela l’employabilité).

Cependant, je pense que la quatrième révolution industrielle concerne et va concerner un très grand nombre de personnes, alors que l’industrie n’est pas en croissance.

Je crois que pierre_24 est très concerné par l’impact social de ces mutations. Mais je suppose qu’il est prêt à accompagner l’évolution inévitable de sa discipline scientifique.

EDIT: et puis, on en parle du fait que le nombre de chomeur va augmenter de manière énorme ? Parce que je suis pas sur que les entreprises vont avoir besoin d’autant de travailleurs hautement qualifiés.

pierre_24

Les études évoquent 20% de travailleurs hautement qualifiés. Après, il y a des tâches que ne sont pas automatisables mais qui ne demandent pas une haute qualification, de ce fait probablement assez mal rémunérées. Du chaumage, et des mécontentements, il y en aura qu’on le veuille ou non. Espérons que nous saurons en minimiser les conséquences.

Il se faut s’entraider, c’est la loi de la nature. (Jean de La Fontaine, l’âne et le chien)

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Déjà si on essayait de viser à la réduction du temps de travail et de l’âge de la retraite en augmentant les cotisations employeurs d’autant qu’on supprime de postes (donc à coût constant pour les plus avares) grâce à cette fameuse automatisation 4.0, on aurait peut-être moins à s’inquiéter de l’automatisation et on se sentirait plus à l’aise de l’encourager ; on s’inquiéterait moins de devoir reconvertir professionnellement des personnes de plus de 50 ans.

Quant au coût de la formation, pourquoi ce ne serait pas aux entreprises de financer puisque ce sont elles qui dégagent les profits associés ?

C’est encore plus absurde d’avoir un système d’éducation initiale qui fait de la formation professionnelle si on part du principe que les postes de travail évoluent continuellement ce qui équivaut mécaniquement à dire que la formation professionnelle initiale est systématiquement obsolète dès l’arrivée dans l’emploi. Faire de l’éducation (c’est à dire apprendre à réfléchir, manipuler des outils et des concepts en comprenant leurs conséquences pratiques et théoriques) plutôt que de la formation (apprendre à utiliser des outils opérationnels immédiatement) rentabiliserait bien mieux la scolarité initiale en permettant de préparer à une évolution continue, puisque les outils vont être sans cesse remplacés, tandis que les nouveaux savoirs vont plutôt s’appuyer sur les concepts précédents.

Édité par germinolegrand

Nouveauté C++17 : les décompositions | Nouveautés du C++14 | FYS : une bibliothèque C++ dans le domaine public

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Et ça va même plus loin: qui c’est qui supporte le coup de l’éducation pour cette population de travailleur qui doit se former toujours plus ? Les entreprises ? Pas vraiment non (ben oui, ça coûte de former des gens), ce serait plutôt l’état.

Si tu as étatisé ton système de formation, oui. Encore que ça ne change pas grand chose. Dans une économie libre, les salaires sont le point d’équilibre entre le besoin des entreprises (et donc le prix qu’elles sont prêt à le payer) et la proposition des travailleurs (le nombre disponible, qui peut dépendre de l’intérêt du travail proposé, et du salaire proposé). Que la formation soit payée par l’employeur (par impôt ou financement direct des formations), réduisant le salaire qu’il peut proposer, par l’employé (par imposition ou par emprunt contracté pour les études), ça ne change pas grand chose. Enfin si, en ayant étatisé la formation, il est possible que les formations coûtent moins cher, du fait de l’absence de spéculation sur la demande de la formation, et au détriment des enseignants. Que l’argent passe par l’Etat ne change pas grand chose au coût global (mais réduit le risque pour celui qui échouerait dans la formation).

Je note que personne ne répond à ma question, c’est peut-être que personne ici ne travaille dans l’industrie. Par ailleurs, la question semble bien perturbante, à cause des implications sociales et politiques prévisibles.

Détrompe toi. Le problème n’est pas de travailler ou non dans l’industrie, il est juste que la question n’a aucun sens: il est globalement acquis qu’il va falloir se former tout au long de sa vie, et pas uniquement dans l’industrie. Que signifie jeter l’éponge dans ce contexte ? Quant aux implications sociales et politiques, le discours à tendance socialiste (au sens théorique, je ne parle pas d’affiliation au PS), ci-avant aurait du te convaincre qu’elles ont déjà été envisagées.

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Je vois comme un paradoxe entre:

Les études évoquent 20% de travailleurs hautement qualifiés. Après, il y a des tâches que ne sont pas automatisables mais qui ne demandent pas une haute qualification, de ce fait probablement assez mal rémunérées. Du chaumage, et des mécontentements, il y en aura qu’on le veuille ou non. Espérons que nous saurons en minimiser les conséquences.

etherpin

et

Cependant, je pense que la quatrième révolution industrielle concerne et va concerner un très grand nombre de personnes, alors que l’industrie n’est pas en croissance.

Pour moi, on va inévitablement vers un système avec beaucoup d’automatisation et un besoin relativement faible en poste. Comme le disait @germinoland, tant qu’on aura pas adressé ce problème, la question de la formation est secondaire (tu peux être formé comme tu veux, si il y a pas de demande, y’a pas de demande, et tout le monde n’est pas fait pour se former en tout).


Je crois que pierre_24 est très concerné par l’impact social de ces mutations. Mais je suppose qu’il est prêt à accompagner l’évolution inévitable de sa discipline scientifique.

Je ne vois pas ce que tu veux que je réponde à ça: on parle d’un monde ou les postes sont rares et les places sont chères, ou le financement disparaît, et ou tout le monde fait la course à la publication. T’inquiète pas, je sais déjà que ça va être pire ;)

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

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Auteur du sujet

Je note que personne ne répond à ma question, c’est peut-être que personne ici ne travaille dans l’industrie. Par ailleurs, la question semble bien perturbante, à cause des implications sociales et politiques prévisibles.

Détrompe toi. Le problème n’est pas de travailler ou non dans l’industrie, il est juste que la question n’a aucun sens: il est globalement acquis qu’il va falloir se former tout au long de sa vie, et pas uniquement dans l’industrie. Que signifie jeter l’éponge dans ce contexte ? Quant aux implications sociales et politiques, le discours à tendance socialiste (au sens théorique, je ne parle pas d’affiliation au PS), ci-avant aurait du te convaincre qu’elles ont déjà été envisagées.

Jacen

Je ne suis pas certain que certains métiers manuels (un boucher, un pâtissier…) doivent se former en continu tout au long de sa carrière. C’est pas tous les jour qu’on invente des machines à faire les gaufres.

Mais tu as raison, c’est une majorité d’emplois qui sont concernés par une formations permanente.

"jeter l’éponge", c’est par exemple ne pas pouvoir améliorer son anglais au travail. J’ai connu des collègues qui faisaient beaucoup d’efforts et qui n’arrivaient pas à progresser. Ils ont fini par y renoncer. Comme le dit Pierre_24, tout le monde n’est pas fait pour de former en tout.

Je ne suis pas certain de savoir de quel "discours à tendance socialiste" tu parles. J’ai regardé rapidement les études que j’ai citées, il s’agit d’analyses de la situation à court et moyen terme pour dire il va falloir se former, sans pour autant entrer dans une description plus fine.

Il se faut s’entraider, c’est la loi de la nature. (Jean de La Fontaine, l’âne et le chien)

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Je ne suis pas certain que certains métiers manuels (un boucher, un pâtissier…) doivent se former en continu tout au long de sa carrière. C’est pas tous les jour qu’on invente des machines à faire les gaufres.

Ben tu te plantes. Les normes sanitaires changent par exemple. Et au moins en ce qui concerne la pâtisserie, les techniques évoluent sans cesse. Alors certes c’est pas aussi intense (quoique pour la grande cuisine…) que dans certaines industries mais le besoin de se former est là quand même.

I don’t mind that you think slowly, but I do mind that you are publishing faster. — W. Pauli

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Je ne suis pas certain de savoir de quel "discours à tendance socialiste" tu parles. J’ai regardé rapidement les études que j’ai citées, il s’agit d’analyses de la situation à court et moyen terme pour dire il va falloir se former, sans pour autant entrer dans une description plus fine.

etherpin

Je parlais des réponses de Pierre_24 et germinolegrand (même si ce dernier avait posté après ta réponse). Leur idée est globalement de répartir le travail restant sur l’ensemble de la population. Ca peut fonctionner, mais historiquement, avec les révolutions industrielles, on a plutôt vu le travail existant (notamment l’agriculture) se concentrer sur quelques uns, et les autres profiter du temps libérer pour produire une richesse jusque là inaccessible. A l’époque, ça a consisté à produire des voitures, de l’électroménager, etc; il est possible qu’à l’avenir il s’agisse plutôt de productions vidéo, ou d’autres créations non matérielles (aujourd’hui, des gens vivent en diffusant leurs parties de jeu vidéo. Qui aurait payé pour regarder des gens jouer en 1800 ?).

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