Le dentifrice au "dual zinc" et à l'argirine

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Je me suis demandé ce q’était le "dual zinc" martelé dans un message publicitaire pour une patte dentifrice.
Si je cherche ce dentifrice sur la toile, je trouve beaucoup de messages pour en vanter les multiples qualités, mais pas la composition.
On peut apparemment vendre un dentifrice sur la toile, sans informer le consommateur de la composition du produit.
Renseignement pris, il contient du l'oxyde de zinc (ZnO) et du citrate de zinc. Il est probable que le terme "dual zinc" provienne de l’anglais, pour indiquer que le zinc est divalent.
Je pense que l’oxyde de zinc remplace ici le dioxyde de titane, menacé d’interdiction à court terme.
Le seul souci, c’est que l’oxyde de zinc est dangereux pour la biosphère aquatique. En plus de blanchir les dents, il blanchit les coraux !

Quant au citrate de zinc, ses propriétés antiseptiques en hygiène buco-dentaire sont bien connues.

Dans ce dentifrice, il y a aussi de l’argirine, acide aminé bien connu. Cependant, je n’ai aucune idée de l’action de l’argirine dans la cavité buccale.

Vous en pensez quoi ???

Édité par etherpin

Il se faut s’entraider, c’est la loi de la nature. (Jean de La Fontaine, l’âne et le chien)

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Qu’en tout cas, c’est pas "juste" un effet commercial et qu'ils ont l’air d’avoir fait un minimum de recherche sur le sujet (j’ai pas le courage d’aller vérifier si les membres de l'editorial board n’ont pas quelques conflits d’intérêt sur le sujet, mais partons du principe que c’est fait "à la loyale"). Quand on lit (en diagonale) ces papiers, ont y voir que l’arginine est là principalement pour améliorer les propriétés anti-bactériennes du zinc. Bon, ils disent quand même:

While the exact mechanisme by which L-Arginine works in combination with anti-bacterial actives remains unknowns, studises by [other teams] suggest that the amino acids affects biofilm integrity through the disruption, as well as inhibitor of EPS formation.

Article sus-cité (en gros, "ça fonctionne, mais on est pas trop sur du pourquoi, m’enfin ça à l’air de fonctionner donc allons-y").

Voilà voilà :)


Que c’est mieux de se faire son propre dentifrice ?

qwerty

Je suis très bof sur celle là. Très très bof. On parle quand même de quelque chose que tu mets en contact avec tes muqueuses, voir avec ton sang si t’a les gencives un peu sensible ou que tu te brosses les dents comme un forcené. C’est encore autre chose que de faire ton propre savon (même si il y a aussi moyen de déconner sévère si tu fais n’importe quoi). Alors je dit pas que les compagnies qui vendent du dentifrice (ou autres médicaments) sont totalement transparentes sur ce qu’elles font, mais bon, on parle quand même de compagnies qui ont le temps de faire de la recherche et développement un minimum convenablement (dixit les papiers sus-cités), et qui ne font pas non plus n’importe quoi avec l’hygiène de leurs clients (ils ont plutôt pas intérêt, d’ailleurs). Alors que faire son dentifrice soit même, c’est quand même faire vachement confiances au produits que tu achètes (suivent-ils les mêmes contrôles que des produits qui sont destinés aux industries pharmaceutiques ?!?).

Je veux bien entendre que tout n’est pas bon dans ce qu’on nous vend, loin de là. Mais dans le domaine de la santé, je préfère qu’on évite de faire n’importe quoi.

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

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Auteur du sujet

Merci pierre_24.

En cherchant sur la toile, je suis tombé sur des délires prétendant que ce mélange aurait des effets stimulants sur la sexualité masculine … Je ne voyait pas le rapport avec l’hygiène dentaire.

Il se faut s’entraider, c’est la loi de la nature. (Jean de La Fontaine, l’âne et le chien)

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La non réponse :

Vous en pensez quoi ???

Qu’il ne faut surtout pas regarder et écouter les pub et assimilé (le "les pub ça marche pas sur moi" c’est un mirage, ça fonctionne et sur tous le monde..).

Que la plupart des dénominations commerciales n’ont pas a vocation à être scientifique mais à vendre (donc faut que ça claque sa mère). Donc je te propose de remplacer ça :

Il est probable que le terme "dual zinc" provienne de l’anglais, pour indiquer que le zinc est divalent.

par ça :

Il est probable que le terme "dual zinc" provienne du fait que y a deux machins avec du zinc dedans donc Dual. POwaaa c’est trop cool, la prochaine version ca sera "Dual Power+"

Et que de toute manière la plus grosse partie de l’efficacité du brossage de dent c’est le brossage (et ensuite de trucs abrasif contenu dans le dentifrice pour améliorer le brossage, le dentifrice est d’ailleurs une super pâte de polissage de finition). Donc bon…

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Je suis très bof sur celle là. Très très bof. On parle quand même de quelque chose que tu mets en contact avec tes muqueuses, voir avec ton sang si t’a les gencives un peu sensible ou que tu te brosses les dents comme un forcené. C’est encore autre chose que de faire ton propre savon (même si il y a aussi moyen de déconner sévère si tu fais n’importe quoi). Alors je dit pas que les compagnies qui vendent du dentifrice (ou autres médicaments) sont totalement transparentes sur ce qu’elles font, mais bon, on parle quand même de compagnies qui ont le temps de faire de la recherche et développement un minimum convenablement (dixit les papiers sus-cités), et qui ne font pas non plus n’importe quoi avec l’hygiène de leurs clients (ils ont plutôt pas intérêt, d’ailleurs). Alors que faire son dentifrice soit même, c’est quand même faire vachement confiances au produits que tu achètes (suivent-ils les mêmes contrôles que des produits qui sont destinés aux industries pharmaceutiques ?!?).

Comme dit Vael, 90% du truc c’est la brosse à dent qui fait le travail. L’objectif c’est enlever les morceaux résiduels. Surtout qu’on vends aussi du dentifrice en poudre (dans les magasins bio notamment, donc ça peut être safe, si c’est vendu).

La tero estas nur unu lando | Géographe de service | Cliquez 👍 pour dire merci

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Y’a une différence subtile mais importante entre acheter son dentifrice en poudre dans un magasin bio (et je suis d’accord que la majorité de l’efficacité du truc provient de là) et "fabriquer son propre dentifrice". Aucun problème avec le premier, absolument contre le second ;)

(bon, accessoirement, peu conseillé pour le mec qui, comme moi, à des gencives sensibles, mais je suis d’accord que la majorité de la population n’en a pas besoin)

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

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@Pierre_24 : quand tous les articles finissent par un :

Acknowledgment: The study reported in this paper was supported by the EntrepriseEnQuestion

et un :

Conflict of Interest: X

ou X va de :

All authors are employees of the EntrepriseEnQuestion .

à

Bidule chouette est un ancien employé de l’EntrepriseEnQuestion blablabla indépendant blablabla

Faut quand même être bien assis sur sa chaise. Et on connait la méthode : faire pleins d’études sur les effets directs, ne publier que celle qui donne des résultats qui vont dans le bon sens. Et ne pas faire d’études (plus longue, couteuse et n’allant généralement pas dans le bon sens) sur les effet indirect etc.

(on on fera bien sur l’hypothèse que les études présenté sont faite dans les règle de l’art… que les conflit d’intérêt comme déclaré n’influence à aucun moment la "recherche")

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Bien sur.

Après, j’étais juste parti voir ce que l’arginine foutait là (et comme je l’ai dit plus haut, "on sais pas pourquoi ça fonctionne, mais ça fonctionne, alors bon", ce qui est pas super-scientifique non plus). Je fais pas non plus une confiance absolue dans le truc, mais au moins, ils ont le mérite de l’avoir fait. Il est évident que si je bossais dans le domaine, je commencerais probablement par retenter l’une ou l’autre expérience ^^

EDIT: chui embêté pour les conflits d’intérêts. T’as raison dans le cas qui nous occupe, mais imaginons un moment qu’une équipe indépendante soit impliquée … Elle devrait indiquer qu’elle a été payée par l’entreprise-de-dentifrice pour faire l’étude (je connais peu de scientifiques qui travaillent gratuitement, à moins de travailler dans un organisme sanitaire de l’état), ce qui jetterai également le doute, non ?

Édité par pierre_24

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

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Après y’a pas besoin qu’un composant ai un effet quelconque dans le sens du produit pour dire qu’il en contient. Un peux comme la Taurine dans les boissons énergétiques, ça fait vendre.

Y’a même des gens qui font des pubs pour des produits sans dire à quoi ils sont destinés : HeadON

Edit : au fait pour le zinc ! il est présent dans les dentifrices sous forme de citrate de zinc pour inhiber les enzymes qui décomposent les acides aminés (ce qui donne mauvaise haleine à cause des composés soufrés libérés au passage). Pour le ZnO, je ne connais pas le mécanisme, à priori ça limite la formation de plaque dentaire… Mais tout ça, en dehors de l’arginine, c’est pas nouveau dans les dentifrices x) Ce qui renforce l’idée du coup de pub fondé sur des données incomplètes, tant que les chercheurs montrent que c’est pas dangereux, les commerciaux se foutent un peu de savoir si c’est efficace ou pas. Ce sont des cosmétiques, pas besoin d’études clinique pour montrer une amélioration comme pour un médicament pour avoir l’autorisation de les vendre.

Édité par Akio

Darn, the homo-linear impulse won’t morpho-recreate the whaled aero-replicator! We’ll have to inhibit the morvo-phased multi-detonator…

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Auteur du sujet

Bon, en résumé, on ne sait pas ce qu’est le "dual zinc" et on ne dispose pas d’études indépendantes sur l’efficacité clinique de l’association ZnO + citrate de zinc + argirine.
De plus, la composition de ce dentifrice reste incomplète.
Ses effets sur la biologie aquatique n’ont pas été évalués, alors que toute la production va nécessairement finir dans les eaux usées.

On sait bien que dans le domaine des cosmétiques, les affirmations sans preuves sont monnaie courante. Les domaines de la pharmacie, de la cosmétique et de l’alimentaire ont de nombreuses frontières assez poreuses. Je trouve cette situation préoccupante.
Il n’y a pas si longtemps, on ventait les bénéfices du radium à toutes les sauces, y compris pour le dentifrice. Voir par exemple : Les "pouvoirs miraculeux" de la radioactivité

Édité par etherpin

Il se faut s’entraider, c’est la loi de la nature. (Jean de La Fontaine, l’âne et le chien)

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On sait bien que dans le domaine des cosmétiques, les affirmations sans preuves sont monnaie courante. Les domaines de la pharmacie, de la cosmétique et de l’alimentaire ont de nombreuses frontières assez poreuses. Je trouve cette situation préoccupante.
Il n’y a pas si longtemps, on ventait les bénéfices du radium à toutes les sauces, y compris pour le dentifrice. Voir par exemple : Les "pouvoirs miraculeux" de la radioactivité

etherpin

Je suis peut être d’un optimisme exagéré, mais je pense pas que ce soit une raison pour penser que "tous pourri". Oui, les industriels déconnent. Oui, le pognon empoisonne le monde de la recherche, de la politique et de l’industrie, et amène les gens à prendre des décisions qui se révéleront néfastes pour le futur. Par contre, je vois mal le petit artisan du fin fond de la creuse qui fait ces savons à l’huile d’olive demander des tests cliniques et une autorisation de mise sur le marché. Alors qu’à priori, il y a des traces de pesticides dedans2. Et oui, on bouffe globalement de la m*** si on fait pas un minimum attention.

Je crois ceci dit que ce n’est pas tout le monde et pas tout le temps. Globalement, le processus de mise en marché des médicaments est au point et permet quand même de détecter la plupart des problèmes1. Je vois difficilement comment l’étendre aux autres domaines (j’ai pris l’exemple du producteur de savon, mais on peut étendre ça a tout producteur de nourriture pour s’imaginer le bazar que c’est). Je crois aussi à une recherche un minimum indépendante qui peut détecter des problèmes quand il faut (sauf que comme je l’ai dit plus haut, une équipe de chercheur ne travaille pas gratuitement). Globalement, ça fonctionne. Et à moins d’un changement de paradigme (politique et économique), on est parti comme ça pour les prochaines années.

Donc bon …


  1. … À court terme, je sais.

  2. Rappelons tout de même qu’avec un bon détecteur, on peut détecter des traces de tout dans n’importe quoi ou à peu près, mais qu’il y a des normes et qu’elles sont un minimum censées.

#JeSuisToujoursArius • Doctorant et assistant en chimiedev' à temps partiel (co-réalisateur ZEP-12, recherche et template LaTeX)

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Auteur du sujet

Quand j’étais enfant (il y a longtemps), on trouvait encore de la craie menthée. C’était du carbonate de calcium en poudre teinté en vert avec un parfun de menthe et un édulcorant.

Édité par etherpin

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Bon, en résumé, on ne sait pas ce qu’est le "dual zinc" et on ne dispose pas d’études indépendantes sur l’efficacité clinique de l’association ZnO + citrate de zinc + argirine.
De plus, la composition de ce dentifrice reste incomplète.
Ses effets sur la biologie aquatique n’ont pas été évalués, alors que toute la production va nécessairement finir dans les eaux usées.

etherpin

Bah dual-zinc on a dit que c’était les deux espèces du zinc : ZnO et citrate de zinc.

pour la suite, je précise que je n’ai pas l’étiquette sous les yeux, mais vu qu’on connait le fabricant et qu’on sait que c’est un dentifrice …. Pour la composition :

  • ZnO
  • Citrate de zinc
  • arginine (les 3 là on en a parlé)
  • NaF (0.32%) comme agent anti-carrie, associé probablement a du Xylithol (sensation de fraicheur en bonus)
  • SiO2.nH2O comme abrasif
  • glycérine synthétique ou végétale comme humectant
  • eau comme solvant évidement
  • SLS comme tensioactif (courant chez colgate donc attention à bien rincer, c’est irritant)
  • carmellose comme épaississant (c’est sont petit nom, sinon c’est Carboxyméthylcellulose, 5 à 10% je dirai)
  • parfois la carmellose est associée a de la carraghénane
  • Un ou des arômes
  • limonène parce qu’un cosmétique sans cet allergène ça sent pas très bon donc personne n’achète.
  • Saccharine (sodique en général) comme édulcorant, souvent associé a du sorbitol.
  • des colorants (autre que TiO2 on espère)
  • un poil de NaOH pour corriger le pH

Et pour la suite, bah sans étiquète ça risque d’être compliqué, en fonction des résultats visés par le produit ça peux beaucoup varier. Mon hypothèse : cette histoire d’arginine à la base, c’est surement une tentative remplacer le classique mélange copolymère PVM/MA + Triclosan + citrate de zinc comme antiseptique puisque le triclosan est un perturbateur endocrinien. Le souci dans cette hypothèse, c’est que pour compenser on met souvent un conservateur allergène type alcool benzylique.

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