La Bourse et les autres moyens de financement

Faut-il fermer la Bourse ?

L'auteur de ce sujet a trouvé une solution à son problème.
Auteur du sujet

Bonjour tlm !

Je viens lancer un petit débat et demander votre avis et vos arguments.

Quelles sont les raisons pour lesquelles une entreprise aurait tout intérêt à se financer via une cession de droits sociaux plutôt que par emprunt obligataire ou par emprunt bancaire ou encore par auto-financement ? Sur le long terme ?

Pensez-vous que la Bourse apporte une contribution positive à l'économie réelle ?

Édité par anonyme

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Auteur du sujet

Bonsoir,

Un sujet bien passionnant. Je vais essayer de détailler mon point de vu en expliquant le plus possible.

À l'origine, la bourse est faite pour réunir des capitaux, rapidement et en grande quantité. Ça permet de sortir du cercle famille-connaissances-relations et attirer plus de capitaux. C'est plus simple d'obtenir des 1000€ de 1000 personnes différentes que 1000€ de 3 personnes.

C'est vrai que la levée de fonds grâce à des emprunts obligataires est intéressante, seulement un emprunt, il faut le rembourser, les intérêts sont fixes, l'échéance est fixe elle aussi, cela impose beaucoup de contraintes. À contrario, les droits sociaux offrent une échéance indéterminée, ils sont remboursés lorsqu'on annule les actions, lorsqu'on dissout la société et encore, les éventuelles pertes peuvent être divisées en fonction du nombre d'associé

Les associés s'engagent à contribuer aux pertes.

art. 1832 alinéa 3, Code civil

De plus, offrir des droits sur l'entreprise peut être plus intéressant que d'offrir de l'argent. Avec des droits, on peut déterminer l'orientation de la société, c'est parfois plus motivant/gratifiant que d'apporter uniquement une contribution financière. Cet avantage a également un revers, certaines entreprises n'osent pas lacher le contrôle de leur société et restent à l'état d'entreprise familiale, se condamnant à toute croissance. C'est ce phénomène qu'on observe en France. Le tissu économique français est essentiellement composé de TPE, ce qui conduit à la situation dans laquelle nous somme en ce moment:

  • une faible croissance (voir pas du tout, je ne suis plus à jour dans les chiffres);
  • un fort taux de chômage car les entreprises n'ont pas les moyens d'embaucher;
  • toutes les conséquences qui en découlent.

La législation a essayé de mettre des outils à disposition de ces entreprises pour pouvoir attirer des capitaux sans pour autant lâcher le contrôle :

  • les SCA : un noyau qui gouverne et l'autre qui apporte les capitaux;
  • plus récément les SAS qui ont une modularité sans égal.

Ces dernières ne peuvent pas entrer en bourse mais l'ouverture du capital est quand même facilité grâce à l'insertion de clause permettant aux associés historiques de rester au pouvoir (par exemple).

Pour revenir un peu au sujet, l'emprunt bancaire souffre du même désavantage que l'emprunt obligataire, il faut le rembourser à un moment donné. Sauf qu'en plus, il faut le rembourser à une seule personne : la banque. Elles sont parfois frileuses et n'accordent pas facilement des prêts. En effet, il faut que l'entreprise offre suffisamment de garantie au banquier et comme tu le sais sans doute, le gage des créanciers dans une entreprise, c'est le capital social. Il existe des tas de ratios, comme l'autonomie financière 1, que les banquiers prennent en compte pour accorder ou non des prêts.

Enfin, l'autofinancement souffre d'un problème, la rentabilité financière. En finance, il existe l'effet levier qui démontre que s'endetter permet de gagner plus d'argent en augmentant la rentabilité des capitaux propres. Ainsi, une entreprise qui s'endette augmente son rendement au profit des associés.

Une simple démonstration :

Poste endettement à 0% endettement à 50%
Capital social 1000 500
Emprunts 0 500
Capital économique 1000 1000
CA HT 150 150
Intérêts 0 50
Résultat imposable 150 100
Impôt 50 33
Résultat net 100 67
Rentabilité financière 10% 13,4%

Quelques explications :

  • le capital économique est composé du capital social + des emprunts;
  • les intérêts découlent des emprunts (10% pour des raisons de simplicité);
  • les impôts sont à $33^\frac{1}{3}$% du résultat imposable;
  • la rentabilité financière est définie comme résultat net divisé par le capital social.

De plus, pour avoir de l'autofinancement, faut-il encore qu'il reste quelque chose après la répartition de la richesse créée par l'entreprise. En finance, cela s'appelle les revenus répartis. En partant de la valeur ajoutée 2, on ajoute les autres produits encaissables, on retranche les autres charges décaissables puis ont répartis entre les différents acteurs de l'entreprise :

  • les salariés;
  • l'État;
  • les banques;
  • les actionnaires;
  • l'entreprise.

Les deux derniers composent l'autofinancement car ce sont les deux seuls qui ne sont pas obligatoirement distribuables.

Ta dernière question est interessante et je pense que oui, la bourse apporte un réel plus à l'économie. Ce qu'on perçoit comme un inconvénient est en fait l'utilisation qui est faite de la bourse. Le meilleur exemple reste la crise de 2008. Pour la petite histoire, tout à commencé aux États-Unis avec la dérèglementation de la profession de courtiers. Ceux-ci ont fait souscrire des emprunts à des gens insolvables, les ont transformé en produits financiers pour ensuite les revendre sur le marché. Ces titres pourris se sont retrouvés dans le bilan des banques, mais n'étant pas solvable, les banques ont essuyé des pertes (voir même des faillites, cf. Lehmans Brother) Ces pertes ont eu des répercussions sur l'économie réelle avec la diminution des crédits, … La bourse n'est pas une mauvaise chose, elle a juste été utilisée comme moyen de propagation à grande échelle, c'est donc l'utilisation qui en est faite qui est à remettre en cause.

En espérant ne pas avoir trop divagué, avoir apporté un petit truc au débat et surtout ne pas avoir raconté de bêtises.


  1. endettement total (emprunts, comptes courants d'associés, concours bancaires courants et solde créditeur de banque, effets escomptés non échus) sur les capitaux propres. Ce ratio doit être inférieur à 1, au delà, c'est le surendettement. 

  2. Ventes de marchandises - achats de marchandises + production vendue + production immobilisée - consommations en provenance des tiers (les services extérieurs, …) (détail des SIG

Édité par anonyme

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Auteur du sujet

Tu peux compléter ton texte par :

1) Tu oublies de parler du coût des dividendes, qui sont, contrairement aux emprunts bancaires et obligataires, des charges à payer sans limite de montant ni de temps ;

2) L'autofinancement est seulement la somme qui reste dans la société (et, en s'éloignant du point de vue comptable, il faudrait distinguer la somme qui sert à un investissement effectif à celle qui ne l'est pas). Et non pas la somme qui part aux actionnaires. En compta, en effet, un report à nouveau peut financer des dividendes dans des exercices ultérieurs, mais je parle au point de vue économique.

3) Concernant les débuts de la crise de 2008, tu parles sans prononcer son nom de la titrisation. Donc faudrait selon toi réguler d'avantage la finance ? Aussi, ce n'est pas la seule raison de la crise, il y a aussi notamment la bulle spéculative qui allait péter de toute façon.

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Auteur du sujet

1) Tu oublies de parler du coût des dividendes, qui sont, contrairement aux emprunts bancaires et obligataires, des charges à payer sans limite de montant ni de temps ;

Certe, mais si jamais l'entreprise choisi de ne pas verser de dividendes, ceux-ci sont perdus (sauf pour les actionnaires privilégiés), alors que les emprunts, si on ne paye pas les intérêts, on se prend une majoration.

2) L'autofinancement est seulement la somme qui reste dans la société (et, en s'éloignant du point de vue comptable, il faudrait distinguer la somme qui sert à un investissement effectif à celle qui ne l'est pas). Et non pas la somme qui part aux actionnaires. En compta, en effet, un report à nouveau peut financer des dividendes dans des exercices ultérieurs, mais je parle au point de vue économique.

Effectivement, je voulais surtout évoquer le fait que les dividendes n'ont pas un caractère obligatoires (enfin les intérêts statutaire si, mais pas le superdividende).

3) Concernant les débuts de la crise de 2008, tu parles sans prononcer son nom de la titrisation. Donc faudrait selon toi réguler d'avantage la finance ? Aussi, ce n'est pas la seule raison de la crise, il y a aussi notamment la bulle spéculative qui allait péter de toute façon.

Je n'ai pas osé évoquer du terme exact pour des raisons de compréhension. Pour qu'un qui n'y connait rien, ça ne signifie rien.

Réguler la finance, ça semble un peu à contre-courant de la tendance actuelle : les 3D. Le problème, c'est que la bourse est une place commune avec des règles différentes en fonction du pays d'établissement. Si en France la règlementation est assez stricte, aux États-Unis, par exemple, la règlementation n'est pas la même du tout.

Et quand bien même un organisme de contrôle est en place, il n'a absolument pas les moyens de lutter contre les abus (cf. AMF). Avec les nouvelles avancées technologiques comme le trading haute fréquence 1, ils sont totalement à la ramasse.

Du coup, je persiste un peu sur ma vision, le problème n'est pas la bourse, c'est l'utilisation qui en est faite. Il faudrait une vraie règlementation, coopération entre les états, …

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Il y a quand meme quelque chose qui me choque dans cette histoire de bourse et d'action. La perte de la gouvernance de l'entreprise. Le risque est tout de meme enorme que tres vite les decisions soient prises pour une rentabilite maximale ET immediate (le mot important est "et", qui implique une simultaneite).

Or, on l'a vu dans d'innombrables cas: - La societe entre en bourse - La societe atteint un seuil de stagnation - On vire le createurs/fondateurs/personnage emblematique - La societe se casse encore plus la gueule mettant en peril son image de marque - Les actionnaires reclament finalement le retour du le createurs/fondateurs/personnage emblematique


Bref, je suis d'accord avec le constat final: le probleme n'est pas l'outil, c'est comment on s'en sert. Mais je trouve tout de meme ce constat trop "facile".

Evidemment que c'est tu concois une bombe avec un gros bouton rouge hyper sensible, on peut etre sur que la bombe petera parce que quelqu'un n'aura pas pu se retenir de titiller le bouton.

Je pense qu'il en va de meme avec la bourse, qui, fonctionne selon des lois du marches approximatives peu controllees qui n'empechent: ni les crashs, ni les mouvements boursiers qui ne representent pas la realite, ni la speculation, ni les actifs douteux, ni le surendettement des acteurs....

Bref, la bourse est un outil dont on se sert mal, parce que c'est un mauvais outil.

Édité par mrjay42

S'il n'y pas d'accents dans mes messages c'est parce que je suis sur un clavier norvegien :) ÅÅØØøøøÆÆÆ

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Donc que faudrait-il faire ?

Solid

Si la question s'adresse a moi: On peut faire pleins de choses a pleins de niveaux. On peut legiferer, reflechir, creer de nouvelle theories, penser de nouvelles pratiques, creer de nouvelles institutions, privatiser plus, nationaliser plus etc etc etc.

Par exemple: On peut taxer certains marches "boursier", parce qu'ils sont nocifs par nature…genre les marches ou on specule sur les devises: ca sert a rien, ca fait plus de mal que de bien, le but est l'argent pour l'argent. Attention ce que je dis la, est valable dans une certaine mesure. C'est une question politique, economique etc. Bref, votre opinion rentre en ligne de compte.

On peut creer des instituts financiers dont le boulot est de financer l'economie reelle et qui par leur structure/nature/systeme de recouvrement serait a la fois plus sur et moins invasifs que les banques ou la bourse

Ce ne sont pas les idees qui manquent. Ce ne sont pas les obstacles qui manquent non plus. Bref je n'ai pas la pretention de savoir ce qu'il faut vraiment faire, mais j'ai la pretention d'affirmer qu'on peut imaginer des solutions :) Et que RIEN n'est grave dans le marbre.

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Quels sont les obstacles dont tu parles ?

Solid

Les obstacles au niveau ideologique sont deja colossaux: dans le monde actuels, le liberalisme ET le capitalisme sont bien installes et ont pour ainsi dire "gagnes" la partie. Mais rien n'est jamais eternel, stable, durable, ou "toujours vrai" surtout en matiere d'economie et de politique.

Les obstacles politiques "concrets", gauche/droite, etc. les lobbys, les interets publics et prives qui se melangent, se contre-disente, s'influencent, s'entre-aident, autant de choses a prendre en compte.

Enfin, l'obstacle du pouvoir de l'argent/financier: Quand un systeme permets a suffisamment de monde de gagner suffisamment/beaucoup d'argent afin que ce systeme perdure, alors il n'y a que tres peu de chances que ce systeme change, evolue. Ou s'il le fait ce sera seulement "a la marge" comme on dit en economie, ce qui dans ce contexte precis veut dire: "ca changera mais sur des trucs pas importants" #myTwoCents.

Je sais que c'est un parallele facile, mais c'est celui qui me vient le plus facilement a l'esprit: Du temps de l'esclavage (qui a existe un peu partout, je ne parle donc pas seulement de l'esclavage Europe-Afrique-Nouveau monde), bref imaginons nous dans n'importe quelle economie basee sur l'esclavage, a un moment ou "ca roule": comment croire a cet instant de l'histoire que ca peut changer ? Que le systeme de l'esclavage peut s'arreter, devenir illegal,etc ?

Ce que je veux dire c'est que les changements de modeles economiques sont difficiles a prevoir et a anticiper ou meme a imaginer. Et que quand on est "pris" dans un modele economique, on est un peu comme un poisson qui a toujours evoluer dans son aquarium: on n'imagine pas plus grand, differents etc.

Des theories geniales, qui fonctionnent mieux, bien mieux, que le couple capitalisme/liberalisme, on en a plein les tiroirs de nos universites/bibliotheques. Le probleme c'est que ces theories fonctionnent souvent bien sur le papier. Ou impliquent une dose de violence enorme (physique, morale, symbolique etc). Genre pour simplifier a mort: le communisme qui commence par une revolution du proletariat: bah dans les faits ca commence par des gens qui tuent d'autres gens parce qu'ils n'ont plus envie d'etre exploites et qu'ils ont envie d'etre maitre des instruments de production etc.

Ce qu'il faut bien comprendre c'est qu'on ne part JAMAIS de zero, on ne part jamais d'une situation initiale ou tout le monde est neutre ou tous les individus/acteurs seraient comme des CD vierges attendant d'etre graves.

On part toujours d'une situation avec une repartition de la richesse donnee, on part toujours d'un systeme (meme implicite ou ayant peu de codes) existant.

Ce qui, le plus souvent est un frein ou un obstacle au changement.

C'est pour ca que changer les choses est complexe en politique ou en economie: Il faut faire face: Aux opinions divergentes de chacun A la culture actuelle en place, influencee fortement par le systeme economique pre-existant Aux differents acteurs qui tirent deja benefice du systeme en place et qui sont donc potentiellement A LA FOIS puissants ET desireux de garder le systeme economique en place tel qu'il est. etc

Bref, ce que je dis est tres incomplet, cela a ete probablement couvert par de grands ideologues, penseurs dont je ne connais pas le nom et qui sont pourtant des references.

Ce que je dis la est base a la fois: sur mes convictions politiques, sur mes etudes en economie (licence d'eco), et sur mes observations du monde dans lequel nous vivons.


Une autre maniere d'expliquee est selon moi tres bien dite dans le film Matrix: "Certains elements du systeme sont tellement dependants de ce systeme qu'ils se battront pour le proteger" (citation completement approximative je sais).

Ce que ca veut dire, par exemple, c'est que si tu veux changer profondement un systeme comme celui du financement de l'economie reelle, en abolissant/changeant completement le systeme boursier…va falloir s'attendre a une riposte feroce.

Édité par mrjay42

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Auteur du sujet

1) tu dis que le libéralisme a gagné la partie : Penses-tu que le peuple y est favorable globalement ?

2) sur la révolution prolétaire, il n'est pas dit que l'on doive tuer des gens

3) par rapport a l'esclavage, tu dis que ça roulait pour l'économie, je pense surtout que ça roulait pour quelques-uns, c'est pas pareil du tout

4) tu parles de l'obstacle politique gauche/droite, mais ceci me paraît incorrect, toute les droites ne sont pas libérales et toutes les gauches ne sont pas communistes.

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Mon intervention « à la marge » d'historien, qui à mon sens répond à l'essentiel de tes quatre questions.

L'histoire nous a montré que les systèmes peuvent changer, que quelque chose qui allait de soi peut totalement disparaître, mais quand on regarde les choses d'un peu plus près, on se rend compte qu'il existe trois sortes d'évolutions systémiques :

  • des facteurs extérieurs au groupe social font qu'il devient économiquement plus intéressant pour l'élite dominante de laisser le système évoluer (transition de l'esclavage au servage vers le XIe siècle, accès des femmes au salariat, etc.) ;
  • une contrainte extérieure forte pousse la masse dominée à se placer dans une plus forte relation de dépendance vis-à-vis de l'élite dominante de peur que d'autres dominés le fassent en premier et qu'on se retrouve exclu du système (apparition du colonat au IIIe siècle, flexibilisation de droit du travail de nos jours, etc.) ;
  • une élite nouvelle se forme au sein de la masse dominée et prend le pouvoir à l'élite dominante de manière violente pour réorganiser la gestion de la masse dominée à son profit (Révolution française, révolutions communistes, instauration de la République romaine, etc.). Cette dernière situation s'accompagne généralement d'une élimination physique de l'essentiel de l'élite pré-existante.

Ce qui en ressort, c'est que quel que soit le modèle, il y a toujours une élite qui exploite les autres à son profit. Cela peut se manifester sous une forme moins cynique que cela, comme un seigneur sincèrement persuadé qu'il est de son devoir de protéger ses paysans contre rémunération, mais fondamentalement, on cherche tous à prendre le pouvoir pour façonner le monde selon notre vision du bien, quoiqu'en pensent les récalcitrants : après tout, on le fait pour leur bien.

#JeSuisGrimur #OnVautMieuxQueÇa

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Une autre facon de dire ce que dit Dominus Carnufex est: Tout est quesion de choix et la consequence de cela c'est que des individus seront tres probablement exclus a cause de ce choix.


J'avais un prof qui disait cela avec un exemple tout bete: Un kilometre d'autoroute ou le salaire d'un enseignant pendant un an ? Y'a pas de mauvais choix, c'est le meme volume d'argent, mais au bout d'un moment il faut choisir.


Pour en revenir a la question de depart sur la bourse et l'economie reelle. Je dirais que du point de vue de ma classe sociale et du monde dans lequel j'evolue, et aussi de mon point de vue sur l'economie: la reponse est "mostly no", non, la bourse ne contribue pas positivement a l'economie reelle.

De part sa nature, son mode de fonctionnement, ses criteres, le systeme boursier produit essentiellement a termes des consequences assez violentes sur l'economie reelle.

Un autre exemple: La financiarisation des dettes publiques des pays a pour consequence la mise en concurrence des pays entre-eux, ce qui fait que certains se financent plus facilement que d'autre non pas par rapport a leur valeur reelle mais aussi a cause de leur valeur comparative aux autres pays sur le marche des dettes publiques.

Et cela se produit alors meme que ces memes pays qui sont en concurrence sur les marches essayent de construire une cooperation dans une meme zone economique, d'avoir une politique monetaire unique, etc.

Bref, la financiarisation des dettes publiques est contre-productive selon moi. Et ceci, une fois de plus, a ete une affaire de choix. Cela a ete pense, decide, acte, vote.


Enfin et pour conclure je dirais qu'en economie, il faut TOUJOURS se mefier de ceux qui presentent leurs certitudes comme des faits scientifiques, ou ceux qui expliquent que leur modele est "le bon" voire "le meilleur". Je dis cela, car tres souvent le debat en matiere d'economie est envenime par ceux qui presente leurs savoirs/theories comme etant un dogme infaillible indiscutable et traitent tous ceux qui s'y opposent ou qui en divergent soit avec condescendance, soit de fou, soit de communiste, etc.

S'il n'y pas d'accents dans mes messages c'est parce que je suis sur un clavier norvegien :) ÅÅØØøøøÆÆÆ

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Auteur du sujet

Intéressant ce que tu dis, j'ai déjà entendu ça souvent, mais il faut le dire : communiste n'est pas un gros mot, ni une insulte.

Du coup, concrètement, on fait quoi ? On taxe ? On ferme la Bourse ? On laisse tel quel ? On attend que les autres pays fassent quelque chose ?

On continue dans la lignée du CICE ? On diminue les cotisations sociales pour gaver encore plus les actionnaires ?

On continue de laisser faire la bulle spéculative due aux trop nombreux apporteurs sur le marché secondaire, aux dépens du marché primaire ?

On vote la loi Macron pour améliorer les résultats des entreprises ?

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On instaure l'allocation universelle à l'échelle de l'Europe. ^^

En supprimant la nécessité de vendre son corps (par le biais du salariat) pour s'assurer l'accès aux biens indispensables à la survie (abri, nourriture, eau), on sape le fondement même de la domination capitaliste. Et indirectement, cela aurait des répercussions sur l'ensemble du système.

#JeSuisGrimur #OnVautMieuxQueÇa

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Au niveau mondial, c'est irréalisable : qui pourrait l'imposer à tous les pays à la fois ? Une allocation universelle a-t-elle un sens en Corée du Nord ou à Cuba, des pays où le modèle économique est radicalement différent du nôtre ? Etc.

Au niveau national, ce serait un bon début, mais produirait un effet d'appel de populations exogènes qui pourrait tuer la bienveillance des populations à l'égard de la mesure. En outre, on prend le risque de se faire censurer par une décision de l'UE qui interdirait tout renouveau de l'idée dans d'autres pays.

Donc le niveau européen me paraît un bon compromis, avec une institution (l'UE) qui peut prendre en charge la prise de décision et la mise en place sur l'essentiel du territoire européen.

Comment ? Tout dépend ce que tu entends par là. Si ta question est « quelle forme cela prendrait », c'est évidemment sujet à débat. Pour ma part, je suis partisan d'une allocation universelle qui équivaudrait à l'estimation la plus haute du seuil de pauvreté (soit environ 900€ en France). Elle remplacerait toutes les allocations existantes, retraite comprise : seul resterait le remboursement des soins médicaux. Simplement avec ça, le budget déjà alloué permet d'en financer l'essentiel. Enfin, autre aspect important de ma vision des choses, les personnes mineures ne toucheraient pas l'allocation universelle : un peu moins de la moitié (genre 400€) serait versé à leurs parents ou de manière générale à la personne qui prend en charge l'entretien financier du mineur ; le reste (genre 500€) serait versé sur un compte géré par l'État (ou assimilé), qui servirait à des investissements peu risqués dans des entreprises qui emploient sur le sol national, de manière à ce que l'inflation ne fasse pas perdre sa valeur à l'argent thésaurisé, et le tout serait versé d'un coup à la majorité de la personne, si elle se trouve toujours sur le territoire où est versée l'allocation : de cette manière, les gens commenceraient leur vie d'adulte avec environ 120 000€, ce qui devrait supprimer tout besoin de travailler pour se payer des études et faciliterait l'accès à la propriété de son logement sans avoir à attendre d'avoir 40 ou 50 ans.

Si ta question est « comment parvenir à ce que ce soit mis en place ? », ma réponse est : on n'y arrivera pas. ^^ L'élite dominante n'a vraiment, vraiment, aucun intérêt à ce que cela existe, et une bonne partie de la masse dominée a trop peur de ce que ça pourrait provoquer (« pas question que je paye des branleurs à rien foutre avec mes impôts ! », par exemple) pour soutenir le projet. Il y a eu une initiative citoyenne organisée par l'UE sur la question : il fallait réunir un million de signatures dans toute l'UE en un an pour obliger le Parlement européen à réfléchir à la question. Je crois qu'on a atteint 300 000 personnes. En France, on a fait signer l'équivalent d'un gros stade de foot, pas plus…

#JeSuisGrimur #OnVautMieuxQueÇa

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Auteur du sujet

Si tout le monde avait les moyens d'acheter dans l'immobilier, les prix monteraient et du coup on se retrouverait au point de départ : seuls les plus riches pourraient acheter.

Si tu revalorises tous les revenus de remplacement (chômage, maladie, retraite …) mais qu'à côté il y a de l'inflation, en effet, ça s'annule.

Penses-tu que le plus gros problème est celui des revenus faibles qu'il faudrait revaloriser quitte à avoir de l'inflation ou alors les inégalités, qui mettent toujours certains au dessus des autres ?

Ensuite, pour l'UE, le problème de base est celui de la démocratie, pratiquement inexistante (voir BCE, etc.).

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Ensuite, pour l'UE, le problème de base est celui de la démocratie, pratiquement inexistante (voir BCE, etc.).

L'UE a des soucis, mais je ne pense pas que la démocratie soit réellement le problème principal. Après tout le Parlement et l'ensemble de ses organes proviennent d'un vote direct ou indirect de la population. Le fait que la BCE soit indépendante politiquement est justement une bonne chose, la planche à billets au service des politiques ne fait pas que du bien (se souvenir de 1929 à 1933).

Le soucis principal de l'UE, c'est qu'il s'est probablement élargi trop vite. Non pas que je sois contre la venue de tas de pays depuis 1956, mais le soucis est que l'axe majeure de la construction européenne c'est que chaque État a son mot à dire à tous les échelons. Du coup, les dialogues sont longs et difficiles car on doit concilier 28 pays avec des avis très divergents d'autant que certains veulent maintenir un status quo dans la construction européenne (comme le Royaume-Uni) quand d'autres sont plus favorables à une union plus renforcée encore.

D'ailleurs on a un exemple frappant avec la Grèce. Certains trouvent que le dossier grec est un manque de respect pour la démocratie grecque et européenne. Sauf que, la Grèce n'est pas seule dans son dossier et que s'ils ont voté pour une certaine politique, le reste de l'UE a décidé autre chose et il faut respecter aussi ces choix là. C'est ce qui rend le système européen complexe : trop et pas assez de pouvoirs à la fin ce qui rend son évolution très délicat.

Il faudrait fédéraliser un peu plus. Les élections européennes, notamment les référendums et d'un éventuel président, puissent se faire sur l'ensemble de la population et non pays par pays. Il n'est pas normal que parce qu'un texte a eu 51% de contre à Malte par exemple ça stoppe tout un processus pour tout le monde. Il faudrait arrêter les exceptions (comme le R-U, Pologne et Danemark qui en bénéficient beaucoup) qui nuisent à la collaboration. Sans compter que la diplomatie et la défense devraient être gérés par l'UE uniquement pour éviter les dispersions comme sur l'Ukraine actuellement ce qui renforcerait les liens et améliorerait la situation globale (est-ce normale que certains pays doivent payer pour la défense des autres ? Surtout que certains équipements sont trop chers pour être payés État par État comme le porte avion alors qu'il en faudrait 3 au minimum pour avoir 100% de disponibilité de ce service).

Là on aurait un système plus efficace et la population en verrait les conséquences positives rapidement. Car là, les dialogues à 28 à chaque fois, c'est dur de satisfaire tout le monde, il faut savoir trancher quitte à ne pas satisfaire certains pays.

Là on aurait quelque chose de plus efficace

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora.

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