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Musique : les cadences

Ou comment finir avec classe

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S’il y a bien quelque chose de commun à toutes les musiques, c’est qu’elles toutes ont une fin (un contre-exemple sera considéré comme acte de mauvaise foi). Encore faut-il ne pas finir n’importe comment. Mais il existe pour cela quelques formules magiques : les cadences.

Le but de ce tuto est de vous présenter et expliquer les cadences les plus utilisées.

Ce tuto est fait pour être accessible, mais il faut tout de même avoir quelques notions en musique − celles abordées dans ce cours sont suffisantes.

Qu'est-ce qu'une cadence ?

On parle de cadence, mais c’est bien de savoir précisément ce que c’est. Demandons à papy wiki :

En musique classique, une cadence est une formule mélodique et harmonique qui ponctue un morceau, ou une phrase musicale. (Wikipédia)

Il y a d’autres définitions possibles, mais c’est celle-ci qui nous intéresse. En gros, c’est ce qui remplace la ponctuation dans une phrase. Vous voyez bien qu’une phrase sans ponctuation est très pénible à lire parce que l’on a pas le temps de respirer et que l’on se demande si ça va finir un jour et si celui qui écrit cette phrase a envie de vous faire mourir d’asphyxie :colere: .

Dans la langue française, il y a des signes de ponctuation qui terminent une phrase (!! ?? ..) et d’autres qui permettent de respirer au milieu (,, ;; ::). En musique, c’est exactement pareil, des enchaînement d’accords permettent d’aider à ponctuer un morceau, certains de manière conclusive et d’autres pas. Nous allons voir cela tout de suite.

Attention : Ce n’est pas parce que l’on voit un enchaînement qui correspond à une cadence que l’on a une cadence. Une cadence doit également remplir son rôle de ponctuation pour en être une.

La cadence parfaite

La cadence parfaite est la mieux connue et la plus facilement reconnaissable de toutes. Elle traduit un sentiment d’achèvement, et sert donc en général à conclure une phrase. C’est en quelque sorte le point qui termine une phrase.

Exemple

Tout d’abord, écoutez ça en entier, ça ne fait de mal à personne. C’est la Moldau extraite de Ma Vlast de Smetana. Essayez de relever tous les moments ou l’on a l’impression que le morceau pourrait bien se finir, ou au moins faire une bonne pause.

Je n’ai pas tout relevé, mais pour donner les premiers : 1:22, 1:38, 2:26, …, et bien entendu 13:08. Bien entendu, ce n’est pas parce que ces cadences ont l’air conclusives que ce sont des cadences parfaites, mais tous les exemples que j’ai relevés sont bien des cadences parfaites.

Le cœur de la cadence parfaite

La cœur de la cadence parfaite est l’enchaînement final V-I. Il est important de noter que ces deux accords sont toujours à l’état fondamental.

Attention, l’enchaînement V-I est très fréquent et n’est donc pas synonyme de cadence parfaite.

Pour reconnaître une cadence parfaite, il faut donc l’enchaînement V-I, mais il faut également que ce soit conclusif. En général, sur le I d’une cadence, on prend un peu son temps, avec par exemple une respiration à la fin.

Exemples

Quelques exemples de formes basiques de cadences parfaites au piano, en Do Majeur.

Bon, ce n’est pas exceptionnel, mais au moins on sent la valeur conclusive. Cet exemple n’est là que pour représenter les accords qui interviennent, mais il faut savoir que lors d’une cadence parfaite, le I tombe souvent sur le premier temps d’une mesure.

La préparation

Une cadence parfaite peut être préparée dans le but de mettre en valeur sa résolution. Pour préparer une cadence, on joue d’abord un accord de IV ou bien de II avant l’enchaînement V-I. On utilisera rarement autre chose que les degrés II ou IV pour préparer (parfois, mais rarement, III ou I). On peut même cumuler les préparations avec l’enchaînement très fréquent IV-II-V-I.

Parfois, on appelle « cadence parfaite » l’enchaînement V-I, et « cadence italienne » une des variations de cadence parfaite, avec préparation ou accords intermédiaires. Mais dans le cas général, la cadence parfaite désigne cette cadence, avec ou sans préparation.

On peut utiliser l’état fondamental ou bien le premier renversement pour le ou les accord(s) de préparation. On évite en général le second renversement, qui ne sert que dans des cas plus précis, comme on va le voir tout de suite.

L’accord de sixte et quarte

Dans certains cas, on peut utiliser un second renversement de dominante entre la préparation et la dominante. On appelle cet accord un accord de sixte et quarte de cadence. Il a pour but de retarder l’arrivée de la dominante et accentue le côté conclusif de la cadence.

Exemple

Voilà un exemple d’utilisation théorique d’un accord de sixte et quarte de cadence, avec ici une double préparation IV-II (la totale, quoi).

Rappel : l’accord de sixte et quarte de cadence se chiffre à la dominante (V) même si c’est un accord du premier degré (I).

Sur les exemples, les accords s’enchaînent très rapidement, mais en pratique on peut rester jusqu’à plusieurs mesures sur chaque degré de préparation.

La septième

Pour un peu plus de saveur à notre cadence, on peut y mettre une septième. Comme vous le savez certainement, l’intervalle de septième est dissonant. Pour ajouter au caractère conclusif de notre cadence, on va donc introduire une septième sur la dominante, qui sera résolue sur la tonique.

Il y a plein de manières différentes d’utiliser une septième dans une cadence, mais il y a une règle à respecter absolument :

Résolution de la septième : La septième doit être résolue.

Pour résoudre une septième, on la fait monter ou descendre au degré le plus proche.

En fait, la septième est censée descendre, et éventuellement monter, mais seulement pour les voix intermédiaires.

Exemple

Exemple d’utilisation de septièmes de dominante en Fa Majeur. La septième est donc le Mi \flat et est indiquée en rouge. La résolution est indiquée en vert. !(https://youtu.be/NU_kgZ-2gSQ)

Résumé

La cadence parfaite a toujours :

  • l’enchaînement V-I
  • le V et le I à l’état fondamental

La cadence parfaite a parfois :

  • une préparation, souvent un II, un IV, ou bien les deux
  • un accord de sixte et quarte de cadence
  • une septième de dominante (souvent)

Mini-exercice

Dans le petit morceau suivant, essayez de déterminer en premier temps la tonalité, puis les accords (et leurs chiffrements), les cadences parfaites et les éventuelles septièmes.

Correction :

On est en Do mineur : trois bémols à la clé, et on finit sur un accord de Do. Correction

La cadence imparfaite

La cadence imparfaite pourrait être considérée comme un point virgule. Ça a une valeur conclusive, mais pas autant qu’un point (la cadence parfaite). On peut donc repartir très facilement après. Elle est cependant parfois difficile à distinguer de la cadence parfaite.

Principe de la cadence imparfaite

La cadence est basée sur les mêmes degrés que la cadence parfaite : V-I. La différence est qu’au moins un des accords est renversé, le plus souvent le I. Ainsi, on obtient un effet moins conclusif, qui permet de ponctuer la phrase de façon souple, mais efficace. Dans les exemples, il est un peu complexe de voir la distinction entre les cadences parfaites et les cadences imparfaites. Pour les différencier, il faut regarder la basse. Si la basse suit la fondamentale de l’enchaînement V-I, alors c’est une cadence parfaite, et imparfaite dans l’autre cas.

Exemples d’utilisation

Exemples pratiques

Cette cadence est ultra courante, donc trouver un exemple n’est pas trop difficile. Voici la musique de la tour dans Heroes of Might and Magic III. Presque toutes les cadences conclusives sont des cadences imparfaites, pour permettre de repartir après. On peut en trouver (en gras les moins difficiles à distinguer des parfaites) par exemple à 0:48, 1:10, 1:31, 1:52, 2:15, 2:37, et finalement 3:21. Cependant, à 0:26, 2:59 et à 3:43, ce sont bien des cadences parfaites.

Pour bien faire la distinction entre parfaite/imparfaite, il suffit de regarder la basse. Ce morceau est en ré donc la basse d’une cadence parfaite sera La-Ré. Or, à 0:48 par exemple, la basse fait Do \sharp - Ré, à 3:21, c’est Mi-Ré : ce sont des cadences imparfaites.

Si vous avez encore un peu de mal à voir de quoi il s’agit, on peut en avoir un exemple très flagrant dans une sonate en Do mineur de Mozart à 0:12.

Résumé

La cadence imparfaite a toujours :

  • l’enchaînement V-I
  • un renversement sur le I ou le V

La cadence imparfaite :

  • est très fréquente
  • peut être préparée

La demi-cadence

La demi-cadence est en quelque sorte la virgule de la musique. On s’y arrête un peu, mais juste pour respirer avant de repartir. On est un peu frustré si on s’y arrête sans repartir après. On peut l’identifier facilement avec cette description.

Exemples

Tout d’abord, écoutez ça. En fait, je suis certain que vous l’avez déjà entendu, mais il s’agit de l’ouverture de Carmen, de Bizet. Essayez alors de trouver les premières demi-cadences : des moments où l’on fait une petite pause, mais où l’on a quand même envie de repartir après (indice : ne pas chercher trop loin).

En vrac, les premières : 0:04, 0:07, 0:11, 0:18, 0:22, 0:25, 0:33…
On peut aussi trouver des cadences parfaites au passage : 0:15, 0:29, 0:36…

Un autre magnifique exemple pour la route :

La construction du morceau sur un motif fait que l’on trouve des demi-cadences environ toutes les 8 secondes : 0:08, 0:16, 0:24, 0:32, 0:40… On a bien entendu une cadence parfaite (préparée) à la fin.

Principe de la demi-cadence

La demi-cadence est parfois appelée « repos sur la dominante ». Tout est dit : elle est basée sur les mêmes formules que la cadence parfaite (avec ou sans préparation), mais se termine sur la dominante (V) à l’état fondamental et oublie la tonique (I).

Le V tombera sur un temps fort, sauf éventuellement s’il arrive après un accord de sixte et quarte de cadence.

Les temps forts et faibles sont une notion relevant plus de l’interprétation que de la théorie. Les temps forts correspondent aux temps accentués dans l’interprétation. Par exemple, pour une valse à 3 temps, le premier temps est fort et les deux autres sont faibles (poum-ta-ta poum-ta-ta, exemple ultra connu ici). Dans une mesure à 4 temps, les temps forts sont les temps 1 et 3.

Exemples

Exemples de demi-cadences en Do Majeur : dans le premier cas, on a un accord de sixte et quarte donc on peut avoir le V sur un temps faible.

Les accords de I font plus partie du décor que de la préparation. Ici les préparations sont vraiment les accords de II et IV.

Résumé

La demi-cadence a toujours :

  • un cinquième degré sur un temps fort
  • une suspension

La demi-cadence a :

  • parfois une préparation
  • presque tout le temps une suite (ce n’est pas une cadence conclusive)

La cadence rompue

Pour continuer la comparaison avec la ponctuation, ce qui se rapproche le plus de la cadence rompue, ce sont les points de suspensions. On a l’impression que la phrase va se terminer… mais en fait non. Ce n’est donc pas une cadence conclusive comme la cadence parfaite.

Exemple

On peut trouver un exemple flagrant dans un morceau que l’on a déjà croisé : la Moldau de Smetana. Écoutez attentivement à partir de 3:00. On a le thème principal, puis on s’attend à ce que ça se finisse à 3:12… eh bien non en fait.

Construction de la cadence rompue

La cadence rompue est également appelée « cadence évitée ». Encore une fois, tout est dit dans le nom. Dans la cadence parfaite, on va sur un V pour conclure sur un I. Dans la cadence rompue, on va sur un V mais on évite le I et on continue sur degré autre que le premier, souvent un VI.

Comme d’habitude, on peut préparer la cadence avant l’accord de dominante.

Exemple

A la quatrième mesure, on peut s’attendre à une cadence parfaite, mais en fait on l’évite et ce n’est qu’à la mesure 8 où l’on conclut avec une telle cadence.

Résumé

Une cadence rompue a toujours :

  • un accord de dominante
  • un autre accord après la dominante, souvent de VI, mais jamais de tonique
  • une suite (cadence non conclusive)

Une cadence rompue a parfois :

  • une préparation

La cadence plagale

Si la cadence plagale était un signe de ponctuation, ce serait un point final, voire un triple point d’exclamation (final). C’est un peu exagéré, et ce n’est pas tout le temps le cas, mais c’est son sens le plus courant.

Cette cadence est en effet très imposante et formait parfois la terminaison ultime d’un composition de musique religieuse, arrivant après une cadence parfaite ou rompue.

Le terme « plagal » fait partie du vocabulaire du chant chrétien antique : c’est un des modes du plain-chant grégorien.

Un exemple sera plus parlant : voici le Hallelujah, un extrait du Messie de Haendel. C’est tellement connu que vous l’avez obligatoirement déjà entendu. Ne cherchez pas trop, la cadence plagale a lieu à la toute fin, à partir de 3:40.

Un autre exemple, toujours extrêmement puissant, à la fin de la première symphonie de Brahms.

Cette cadence est parfois appelée « cadence Amen » parce que son emploi est fréquent lors des « Amen » dans les hymnes.

Construction de la cadence plagale

Le cœur de la cadence plagale est l’enchaînement IV-I. On peut éventuellement la préparer avec un accord de I ou de VI, parfois de V.

Exemple

Exemple de l’utilisation la plus fréquente de la cadence plagale : à la fin, après une cadence parfaite. Ici, elle est préparée avec un IV.

Quelques remarques :

  • L’enchaînement V+6-I5 n’est pas une cadence. Il n’y a aucun effet de conclusion, aucune respiration, aucun temps long : on ne ressent pas d’effet conclusif. Je vais en profiter pour remettre une couche sur cette remarque très importante : tous les enchaînements de cadences ne sont pas des cadences.
  • L’accord conclusif de la cadence plagale doit être un accord de I. C’est est effectivement un. Mais comme je suis un peu coquin, j’ai mis un Si bécarre. On appelle ça une tierce picarde, et ce n’est pas rare d’en voir sur une cadence plagale ou parfaite, à la fin d’un morceau. On en trouve par exemple beaucoup chez Bach. Ici, je trouve que c’est mieux de ne pas la mettre, mais ça faisait un bon prétexte pour un peu de culture musicale.

Autre utilisation

Une autre utilisation moins courante en musique classique est au cours d’une phrase musicale, un peu comme une cadence imparfaite. Un exemple avec une musique qui a la classe :

A partir de 0:52, on a l’enchaînement IV-I, mais il n’a pas valeur de cadence. De 0:59 à 1:04, on a enfin une cadence préparée V-IV-I : c’est une cadence plagale. On en trouve une autre à 1:16. On voit ça plus souvent dans d’autres styles de musique comme le jazz. Pour plus de détails, je vous renvoie au tutoriel de Nohar.

Résumé

Une cadence plagale a toujours :

  • la classe ;)
  • un enchaînement IV-I

Une cadence plagale a parfois :

  • une suite (ce n’est pas toujours une cadence conclusive)
  • une préparation (souvent un I)

La cadence plagale est également plus rare que les autres cadences.

Récapitulatif des cadences

Pour en remettre une couche, voici un petit tableau récapitulatif des cadences que l’on a vu au cours de ce tutoriel.

Nom Construction Exemple canonique Usage
Cadence parfaite (IV et/ou II)-V5-I5 parf Fin de phrase : caractère conclusif
Cadence imparfaite V-I avec un renversement sur un des deux accords imparf Pause, mais pas fin de phrase
Demi-cadence -V demi Suspension : attente de la suite
Cadence rompue V-VI le plus souvent evitee Évite la conclusion
Cadence plagale IV-I plagale Conclusion de la fin (#pléonasme) le plus souvent, mais également pause en cours de phrase

Exercices

Un exercice sympathique pour la fin : trouvez toutes les cadences présentes dans ce petit morceau.

Et ma correction. Je rappelle que ne sont cadences que les enchaînements qui ont un rôle de cadence et non pas tous les enchaînements d’accords qui correspondent à une cadence.

Hors catégories

Les cadences présentées dans ce tuto sont les principales manières de ponctuer une phrase musicale. Cela ne signifie pas que ce soient les seules possibilités.

La cadence Fauréenne

Une cadence qui reste utilisée, mais qui n’est pas très fréquente : la cadence fauréenne. Elle porte le nom de Gabriel Fauré, qui l’utilisait beaucoup. L’enchaînement des accords est souvent I6-IV+6-V

Le reste

On peut trouver d’autres cadences, moins utilisées, mais ce n’est pas pour cela que ce ne sera pas beau. Un exemple pour illustrer mon propos : le thème principal de Heroes of Might and Magic V. À 1:54, après le grand crescendo, on s’attend à un accord de I, ce qui donnerait une cadence plagale, mais on tombe sur un accord vraiment inattendu.

L’enchaînement des accords est IV-VI \sharp. C’est en quelque sorte une cadence plagale évitée. Et ça rend super bien.


Vous connaissez maintenant les principales manières de ponctuer un morceau. Avouez que c’est mieux que de faire un fondu tout moche à la fin :p . Toute cette théorie ne vise pas à embêter le musicien mais à lui donner des outils pour se débrouiller plus facilement. En tout cas, vous pourrez dorénavant vous amuser à écouter les cadences qui sont utilisées dans vos morceaux préférés !

Merci pour tous ceux qui m’ont encouragé et notamment nohar et Dwayn pour leurs retours pendant la bêta et nohar pour la prise en charge de la validation.

3 commentaires

J’ai pensé à toi (et à ce tuto) ce week-end.

Je me suis prêté à un exercice que je n’avais jamais essayé auparavant : arranger un standard (Hymn To Freedom d’Oscar Peterson) pour un choeur de 4 voix, en essayant d’appliquer les quelques règles d’harmonie classique que je connais (en gros : éviter les mouvements de quintes et octaves parallèles et ne pas croiser les voix). Et bien sûr, j’ai collé une cadence plagale de-la-mort-qui-tue à la fin ! ;)

J’ai trouvé cet exercice passionnant. Mine de rien c’est hyper formateur de se limiter : ça oblige à réprimer le réflexe "ça manque de couleur, j’ajoute plus de notes !".

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

+2 -0

Je suis assez fan de Stratovarius : mis à part les fins que je trouve parfois pas top, ils mettent de très bons éléments harmoniques dans leurs morceaux. Je suis tombé sur ça il y a pas longtemps :

Avec un bel exemple de cadence plagale à la fin.

Mais n’hésitez pas à aller voir le reste de leurs titres, ça vaut la peine.

Édité par Ryx

+3 -0
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