Caractériser le ton d'un tutoriel

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Auteur du sujet

Bonjour !

J'ai dernièrement lu le tutoriel en bêta de Mewtow sur le système nerveux humain et je n'ai pas accroché. Non pas qu'il soit de mauvaise qualité, mais parce que l'approche n'était pas adaptée à mes attentes : le tutoriel vise, me semble-t-il, des personnes ayant des connaissances en neurosciences et souhaitant consulter un cours clair et précis sur le sujet. Or moi, je voulais uniquement le découvrir. Cela ne signifie pas qu'il y ait trop d'informations techniques, mais qu'elles sont abordées trop abruptement.

De manière analogue, un tutoriel sur les suites et séries se prépare, avec une approche très peu formelle. Les matheux risquent alors d'être fort déçus.

Je me demande donc s'il est possible d'indiquer en introduction les types de personnes à qui le tutoriel est dédié. Evidemment, cela passe par la liste des prérequis techniques, mais aussi par la description du ton du cours, par le type d'approche. D'où ma question :

Existe-t-il une sorte de catégorisation des approches possibles ?

Le cas échéant, on pourrait indiquer en introduction laquelle on adopte dans le tutoriel et ainsi faire en sorte que les personnes non intéressées par cette approche ne perdent pas leur temps et ne se forgent pas une opinion biaisée sur le sujet.

Merci.

"Bienheureux celui qui sait rire de lui-même, il n’a pas fini de s’amuser." Joseph Folliet

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Sinon, il y a la technique qui consiste à indiquer les pré-requis dans l'introduction du tutoriel, mais c'est d'un intérêt limité quand ces pré-requis sont évidents, très simples, ou ont systématiquement été appris durant la scolarité. En clair, c'est à ne faire que dans des tutoriels d'un niveau asse relevé.

Par exemple, dans le cas de mon tutoriel, les seules pré-requis, c'est de savoir ce qu'est un neurone, un axone, et une dendrite : quelqu'un qui est allé au collège a ces pré-requis, même sans s'intéresser au contenu de ses cours. Dans cet exemple, je ne vois pas l’intérêt d'ajouter les pré-requis, qui sont censé être connus de tous : le faire aurait été comme indiquer qu'il faut savoir compter en introduction d'un cours de maths…

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Auteur du sujet

Ouep, mais je ne parle pas tout à fait ici des prérequis : plutôt du ton du tutoriel, de sa forme. Pour une même quantité de prérequis, il existe plusieurs approches. Il faudrait que je cherche des exemples pour illustrer la phrase précédente, mais je pense qu'on peut intuitivement classifier les approches en fonction de leurs objectifs :

  • Faire découvrir le sujet : on ne cherche pas à être rigoureux ou complet, mais à intéresser le lecteur, à l'accrocher. Pour ce faire, il est notamment possible de partir sur une caractéristique étonnante du sujet1, de suivre un cheminement historique2, de rattacher le sujet à un problème concret3, etc.
  • Faire comprendre le sujet : transition entre les points précédent et suivant, l'objectif est ici d'être à la fois clair et complet. De manière générale, on s'adresse à des personnes ayant déjà un peu connaissance du sujet et souhaitant approfondir la question, et donc on cherche moins à accrocher le lecteur, tout simplement parce que les personnes visées n'ont pas besoin de l'être.
  • Faire retenir des résultats : de ma faible expérience, cela passe par une liste claire d'énoncés. L'ordre peut varier mais l'essentiel est qu'on aura toujours le strict minimum : les résultats.4

  1. Par exemple, on pourrait introduire la dénombrabilité en Maths en expliquant qu'il y a autant de nombres rationnels que d'entiers naturels, ce qui fera très probablement bondir le lecteur de surprise et lui donnera envie d'apprendre comment on prouve cela. 

  2. Et narratif. J'apprécie personnellement énormément les approches faites par e-penser, ici par exemple. 

  3. Présenter la relativité en parlant des GPS me semble tout de suite attractif. 

  4. Il suffit de consulter les manuels et cours scolaires (précisons que je ne connais que ceux de collège, lycée et prépa) pour s'en rendre compte. 

Édité par Vayel

"Bienheureux celui qui sait rire de lui-même, il n’a pas fini de s’amuser." Joseph Folliet

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Auteur du sujet

Je ne veux pas forcer les auteurs à quoi que ce soit. Je cherche seulement un moyen de décrire a posteriori l'approche suivie, afin que le lecteur sache où il met les pieds. Par exemple, des cours matchant les deuxième et troisième points sur des sujets que je ne connais pas ne m'intéressent pas (et je m'en rends compte en les commentant en bêta).

En fournissant des prérequis, on s'assure que le lecteur pourra comprendre le fond. En décrivant l'approche suivie, on s'assure (peu ou prou) qu'il appréciera la forme.

Il me semble très important de cibler son audience, notamment au niveau des bêtas. J'ai par exemple eu du mal avec le tutoriel sur les systèmes nerveux : mais est-ce parce qu'il est mauvais ou simplement parce que je ne suis pas visé par l'auteur ? Clairement, il s'agit ici de la seconde option, mais le dire permet de rendre les choses claires et surtout de s'assurer que l'auteur a conscience du type de son lectorat.1


  1. Par exemple, peut-être Mewtow souhaite-t-il viser des débutants avec son tutoriel sur les sytèmes nerveux. Auquel cas, il faudrait le revoir. Mais s'il le dédie à des personnes ayant un peu d'expérience en neurosciences, l'approche me semble correcte. 

Édité par Vayel

"Bienheureux celui qui sait rire de lui-même, il n’a pas fini de s’amuser." Joseph Folliet

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Cette réponse a aidé l’auteur du sujet

Peut-être qu'un exemple concret, où la volonté de l'auteur est connue, aiderait à faire mieux comprendre ce que veut dire Vayel ?

Prenez mon tuto sur la conjugaison allemande. Les pré-requis sont minimaux : savoir prononcer la langue. Un débutant presque total pourrait le lire, et même quelqu'un qui n'a jamais vu d'allemand et ne s'intéresse qu'à l'organisation de son système verbal.

Pourtant, il est totalement inadapté à un débutant qui veut apprendre la langue. En effet, j'ai adopté une démarche analytique, présentant les notions dans un ordre qui est cohérent au niveau global. Et non une démarche progressive, permettant à un vrai apprenant d'acquérir la maîtrise de la langue dans l'ordre de ce qui lui sera le plus utile.

Et je me suis efforcé de l'expliquer clairement dans mon introduction : le problème ne vient pas des pré-requis, mais de la manière d'enseigner. Cette question de la manière d'enseigner a aussi été le point d'achoppement majeur dans mon cours avorté sur les ensembles de nombres.

Donc je suis d'accord avec Vayel, il me paraît important que les auteurs expliquent dans l'intro la démarche de leur cours. Mais je ne suis pas d'accord sur la nécessité de catégoriser cela formellement, je préfère une explication plus souple.

En fait, cela me rappelle une discussion avec ma mère, qui bosse dans la formation professionnelle. D'après elle, la description d'un cours se compose de trois parties.

  1. Les pré-requis, c'est-à-dire ce que les apprenants doivent déjà connaître avant d'aborder le cours. La description de ceux-ci doit être aussi précise que possible. En particulier, je ne suis pas d'accord avec mewtwo qui estime que les connaissances du secondaire n'ont pas à être mentionnées dans les pré-requis : cela revient à se fermer la possibilité d'écrire des cours précisément de niveau secondaire. Et je suis intimement persuadé que cela manque cruellement sur ZdS, en particulier en sciences.
  2. Le contenu du cours, c'est-à-dire l'ensemble des notions qui vont être abordées ou acquises au cours de l'enseignement. Je ne m'attarde pas là-dessus, c'est ce qui est le plus facilement géré.
  3. Les objectifs, c'est-à-dire les compétences que possédera l'apprenant après avoir terminé la formation. Et c'est là le point que les gens ont usuellement les plus de mal à définir précisément. Pour revenir sur mon exemple de la conjugaison allemande, il ne fera pas acquérir la compétence « sait parler allemand à un niveau courant » mais la compétence « maîtrise l'organisation structurelle du verbe allemand ». Et cette distinction fait que le cours ne s'adresse pas au même public !

#JeSuisGrimur #OnVautMieuxQueÇa

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Auteur du sujet

Mais je ne suis pas d'accord sur la nécessité de catégoriser cela formellement, je préfère une explication plus souple.

Tu es un auteur chevronné, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Un semblant de catégorisation ne permettrait-il pas d'aider les auteurs à décrire l'audience ciblée ?

Plus fou, une catégorisation ne pourrait-elle pas permettre de trier et rechercher du contenu plus finement, sur le même modèle que la ZEP-32 ? nohar avait mentionné l'idée d'implémenter un générateur de parcours : la personne rentre ce qu'elle sait et ce qu'elle veut savoir puis on lui retourne une liste de tutoriels à consulter. Or se baser seulement sur les prérequis ne me semble pas suffisant, et c'est là où une catégorisation des approches pourrait être intéressante.

"Bienheureux celui qui sait rire de lui-même, il n’a pas fini de s’amuser." Joseph Folliet

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