De la forme des objets

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Auteur du sujet

Bonjour,

Cela fait quelques temps1 que je me questionne sur la forme des objets. Deux exemples :

  • Pourquoi une pièce est-elle ronde ? Quelles sont les cultures qui n'ont pas de pièces rondes ? Y a-t-il une raison pratique à préférer les pièces rondes aux pièces carrées/rectangulaires/en losange/etc. 2 ?
  • Pourquoi les livres sont-ils généralement rectangulaires et plus haut que large ? Comment cela s'est-il imposé en Occident et, surtout, y a-t-il une raison pratique à cela ?
  • J'aurai sans doute bientôt d'autres questions de ce type.

Bref, je souhaite faire la part entre les raisons arbitraires et les raisons pratiques : c'est pourquoi j'en appelle à vous. D'ailleurs, ce questionnement me paraît tellement frivole que j'ai hésité à le mettre dans le bar à smoothies. Cependant, comme il concerne l'histoire, j'ai préféré le mettre ici.

En attendant votre réponse, je vous remercie à l'avance,
Dwayn


  1. Deux minutes, pour être précis. 

  2. Encore, que les pièces soient plates, ça se comprend : pour mieux les empiler. Mais la forme… 

Édité par Dwayn

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Staff

Pourquoi les livres sont-ils généralement rectangulaires et plus haut que large ? Comment cela s'est-il imposé en Occident et surtout, y a-t-il une raison pratique à cela ?

Histoire d'apporter un peu d'eau au moulin, je ferai innocemment remarquer que c'était déjà le cas des rouleaux de parchemins. Mais pas forcement des tablettes d'argile (il y a des carrées).

Hier, dans le parc, j'ai vu une petite vieille entourée de dinosaures aviens. Je donne pas cher de sa peau.

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Histoire d'apporter un peu d'eau au moulin, je ferai innocemment remarquer que c'était déjà le cas des rouleaux de parchemins. Mais pas forcement des tablettes d'argile (il y a des carrées).

Gabbro

Il vaut mieux un papier pas trop large qui fait plusieurs tours que un papier plus large qui ne fait qu'un tour. Mais d'un autre côté ils auraient pu les enrouler dans l'autre sens (même si ça fait des lignes plus longues). Ils écrivaient quoi dessus, la plupart du temps ? Si c'est des chiffres/calculs, ça pourrait être la même raison qu'on sépare son cahier en deux en math au collège : parce que de la place vertical est inutile.

Bref, je sais pas. :)

It goes against the grain of modern education to teach children to program. What fun is there in making plans, acquiring discipline in organizing thoughts, devoting attention to detail and learning to be self-critical? – Perlis

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La forme rectangulaire des livres correspond au début de l’utilisation du parchemin : En gros, pour faire un cahier de livre, on prend un parchemin complet (c’est-à-dire la peau entière d’un animal), on la plie en deux, puis encore en deux, puis encore en deux… ce qui finit assez naturellement par donner un rectangle.

En revanche, je ne saurais pas dire pourquoi on les utilisait plutôt dans le sens vertical. En effet, on trouve de nombreux documents écrits dans l’autre sens : par exemple, les ordres comptables étaient généralement écrits sur des morceaux de parchemin longs et assez étroits, tenus horizontalement… et qui sont à l’origine du format des chèques ! De même, les diplômes scolaires sont écrits horizontalement, et cela vient de leurs ancêtres médiévaux qui avaient à peu près le même format.

Je pense que ce choix de la verticalité pour les livres (et les chartriers, qui sont des collections de documents à la base sur feuille volante !) est dû à la reliure : c’est alors le bord le plus long du rectangle qui sert à la reliure, et cela renforce le livre.

#JeSuisGrimur #OnVautMieuxQueÇa

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Pour la forme des pièces, la question est plus compliquée. Ce qui est certain, c’est qu’il a existé des pièces qui n’étaient pas rondes. Voici, par exemple, des drachmes de Bactriane du IIe siècle avant notre ère.

Plus original encore, une pièce chinoise du IVe siècle avant notre ère environ.

En Occident, dès le départ (VIIe-VIe siècles avant notre ère), les pièces ont une forme ovoïde relativement renflée. C’est en quelque sorte un morceau de métal découpé à la va-vite, et poinçonné.

Et pourtant, partout, la forme ronde semble s’imposer. Pourquoi ? En toute honnêteté, je n’en sais rien. On peut envisager une hypothèse en voyant comment étaient fabriquées le pièces indiennes des derniers siècles avant notre ère : à partir d’une base plus ou moins carrée, on découpait les coins jusqu’à obtenir le bon poids.

Le cercle ne serait alors que l’aboutissement « parfait » de cette logique. Mais soyons clairs, pendant très longtemps, les cercles restent largement imparfaits. Voici une pièce romaine du IIIe siècle de notre ère, suivie d’une pièce du royaume de Tripoli du XIIIe siècle.

Seule exception, les Chinois, qui dès le Ier siècle avant notre ère étaient capables de produire ça. J’ignore comment ils y parvenaient.

Le souci principal, c’était d’avoir des pièces dont le poids était connu aussi précisément que possible. Sans quoi, comme le souligne Looping, les gens pouvaient racler le bord des pièces pour récupérer un peu de métal précieux. Et en l’absence d’une technique de découpe qui permît de garantir un poids toujours identique, il était impossible de vérifier finement que la pièce n’avait pas été rognée.

Cela change (en Europe, du moins), avec l’invention de la frappe au balancier au XVIe siècle. Le découpage des pièces se fait alors à l’aide d’un emporte-pièce que l’on fait tourner, donnant ainsi des pièces parfaitement rondes, comme ce louis d’or de 1641.

Notez cependant que les pièces rondes ne se sont pas complètement imposées partout. Ainsi, en plein XIXe siècle encore, le Japon utilisait ce genre de pièces.

TL;DR : les pièces sont rondes, parce que c’est le moyen le plus simple de garantir qu’elles aient toutes exactement le même poids à une époque où le découpage par guidage laser n’existe pas.

#JeSuisGrimur #OnVautMieuxQueÇa

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Auteur du sujet

Merci pour toutes vos réponses, très intéressantes :D !

Par rapport aux pièces chinoises du premier siècle av. J.-C., peut-être s'agit-il d'une technique de moulage ? Je dis ça en toute ignorance de la question, bien sûr.

Édité par Dwayn

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Staff

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Par rapport aux pièces chinoises du premier siècle av. J.-C., peut-être s'agit-il d'une technique de moulage ?

Dwayn

Yep, c'était moulé. D'abord moulé, puis ils enfilaient des tas de pièces sur un longue tige en métal dont ils bloquaient ensuite les extrémités. Puis des gens avec de grandes limes limaient les bords des pièces - des centaines de pièces à la fois vu qu'elles étaient enfilées sur la tige.

Je parle de JavaScript et d'autres trucs sur mon blog : https://draft.li/blog

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Auteur du sujet

Et pour les livres ou feuilles de papier en général, le rapport 'normal' entre longueur et largeur est de racine(2), et il y a une très bonne raison à cela.

elegance

ah ?

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Et pour les livres ou feuilles de papier en général, le rapport 'normal' entre longueur et largeur est de racine(2), et il y a une très bonne raison à cela.

elegance

C’est historiquement faux. Les livres anciens étaient reliés avec des feuilles de dimensions très diverses (voir l’article Wikipédia sur les formats de papier français). Aujourd’hui c’est un peu plus courant parce que ça coûte moins cher d’utiliser des feuilles standard telles quelles mais on trouve des tas de livres dont le format n’est pas du tout A4, A5 ou A6.

Que les livres soient plus hauts que larges s’explique en réalité facilement. Il est plus aisé de lire des lignes courtes que des lignes longues et il est plus pratique d’avoir le maximum de texte sur une page. On a donc tendance à composer les lignes dans le sens du petit côté. Bien entendu, la hauteur ne peut pas être trop grande donc on se limite à quelque chose de facilement manipulable et qui ne nécessite pas de gaspiller trop de papier.

dab a plus raison que vous ne pouvez le penser. Je vous invite à lire Livre et typographie de Jan Tschichold et Elements of Typographic Style de Richard Bringhurst. Ces deux livres expliquent en détail ce sujet. Le format habituel est celui qui maximise la beauté de la composition et qui minimise la difficulté de fabrication.

« LaTeX is to a book what a set of blueprints is to a building » (Paul Dulaney) | Mon planétaire

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