Un peu de théologie

a marqué ce sujet comme résolu.

Faut voir l’attitude de mépris de scientifiques vis à vis de la religion (« c’est du bullshit ») et le mépris de certains bigots vis à vis de la science (Trump et sa clique de climatosceptique).

Perso, je suis contre le mélange des genres. Si tu cherches à démontrer l’existence de Dieu, la résurrection du Christ ou que sais-je, conformes-toi à l’exigence de la méthode scientifique. Pas de réfutabilité ? Loupé, tu ne fais pas de la science1.

À mon sens, celui qui fait de la science en théologie est assez hors-sujet, celui qui fait de la théologie en sciences l’est aussi. La science n’a pas besoin de se réconcilier avec la religion, et réciproquement (méthodes différentes, moyens différents, buts différents).

Reste un point de taille : qui est légitime pour parler de la nature ? La science ou la religion ? Je pense que la preuve est supérieur à la croyance, et pense donc que la science est plus légitime2. Ceux qui pensent le contraire3 pourra n’être pas d’accord ; mais vu qu’il utilise tous les jours des objets crées à l’aide des connaissances scientifiques, je trouve son point de vue assez peu rationnel4.


  1. Je suis d’ailleurs sceptique sur le caractère scientifique de la théorie des cordes, mais je ne la connais pas assez pour avoir un avis tranché là-dessus. 

  2. Je dirai même « seule légitime », car je ne connais aucune alternative fiable. 

  3. Coucou les faits alternatifs ! 

  4. Ou alors il considère le train et l’ordinateur comme une machine démonique, qui défie les lois théologiques de la nature. Auquel cas il est cohérent. 

+6 -0

C’est dommage que la discussion fasse mine de s’enfermer dans cette notion de raisonnement au point de voir fleurir des jugements de valeurs sur la capacité de l’homme à raisonner correctement ou non. Je trouve ça assez réducteur, et peu intéressant parce que cette question a déjà été éculée, élimée, étouffée un nombre incalculable de fois de Copernic à nos jours.

C’est également réduire la foi religieuse à une croyance, et donc la religion à une histoire dont il ne resterait qu’à discuter sans cesse le caractère fictif ou non, ce qui apauvrit considérablement le sujet.

Ce que je trouve plus intéressant à étudier, personnellement, c’est la religion en tant que système sociétal (ce qu’elle est complètement), ou la foi religieuse en tant que philosophie(ou de voie à suivre pour vivre une bonne vie). L’exemple du catholicisme est assez intéressant à ce niveau, d’ailleurs, puisque le nouveau testament introduit les paraboles pour remplir l’office des mythes de l’ancien, dès lors il n’est plus vraiment question de croire aveuglément aux mythes ou mystères (la trinité, etc.) : il s’agit d’utiliser ces paraboles (qui sont justement des contes avec une morale à la fin) pour guider ses prises de décision en cas de doute.

Ce que je trouve particulièrement intéressant là-dedans, c’est d’abord le constat que Dostoïevski décrit dans le rêve de l’un des frères Karamazov : l’homme serait naturellement terrifié par le libre arbitre, au point qu’il a besoin de raccrocher, par choix, sa propre existence à un guide/un moule qui lui évite d’avoir à trop se frotter à la complexité de l’univers dans lequel il évolue. La religion, de ce point de vue, est avant tout un man life plutôt qu’une encyclopédie censée expliquer l’inexplicable (ce que je ne vois mentionné nulle part ici). Et cela soulève un autre point intéressant par corollaire : celui qui écrit ce manuel (nécessaire au fonctionnement de l’homme) est in fine celui qui gouverne la société, et plusieurs siècles de monarchie divine en Europe suffisent à le prouver.

Sans pour autant jeter la pierre (pun intended) aux systèmes religieux actuels, on peut légitimement se demander ce qui remplace la Bible comme manuel de la vie dans notre société occidentale laïque et majoritairement athée.

Et je pense que je vais m’arrêter ici avant de me lancer dans une dissertation situationniste. :)

Edit: Argh, j’ai dit Tolstoï au lieu de Dostoïevski. Je fais tout le temps ce lapsus. >_<

+11 -0

Sans pour autant jeter la pierre (pun intended) aux systèmes religieux actuels, on peut légitimement se demander ce qui remplace la Bible comme manuel de la vie dans notre société occidentale laïque et majoritairement athée.

Pour moi, les textes de loi (constitution, code civil, etc). C’est quand même les textes qui régissent ta vie de ta naissance à ta mort, et tout ce qui a entre les deux. C’est beaucoup moins sexy que la bible, mais ça remplis quasiment le même rôle si on s’arrête à l’aspect purement sociétal de la religion.

+4 -0

@pierre_24 : j’irais quand même plus loin. Les textes de lois codifient notre société, que ce soit son organisation propre et les interactions entre les individus et la société.

Cependant cela n’explique pas pourquoi notre droit est construit ainsi (alors que la Bible justifie en partie ses choix par des histoires). Cette explication provient de l’Éducation que ce soit notre entourage proche ou l’Éducation Nationale. Car une grande partie de notre droit est conséquence logique de notre histoire et de notre culture. Cela se matérialise donc dans les cours de langues, de philosophie et d’histoire-géographie. Par le récit de notre civilisation, l’étude des causes / conséquences de chaque évènement mais aussi par l’étude des philosophes et autres auteurs et de leurs textes.

En cela nous avons un récit aussi, bien plus sexy que seulement nos textes de lois (qui sont qu’une partie de la réponse par rapport à l’équivalence de la Bible).

+3 -0

Quid de la mode ? De la consommation (Un smartphone tu posséderas, …) ? De la loi tacite du monde du travail (Un costume avec cravatte tu porteras, Le client toujours raison aura, …) ? De la propagande (Cinq fruits et légumes par jour tu mangeras, …) ? De la publicité ? De l’économie ?

+2 -0

Je regroupe tout ça sous l’aspect culture et éducation mais est moins formel. Notons que la Bible sur bien des aspects n’allait pas aussi loin non plus dans la description de la société. De nombreuses us et coutume et pans de la société, à commencer par l’organisation des États, n’ont jamais été codifiés dans la Bible.

+1 -0

Ce que je trouve plus intéressant à étudier, personnellement, c’est la religion en tant que système sociétal (ce qu’elle est complètement), ou la foi religieuse en tant que philosophie(ou de voie à suivre pour vivre une bonne vie).

Je suis d’accord avec toi, mais on sort alors de la religion pour faire de sociologie ou quelque chose qui s’y apparente. Ce qui est à mon sens un sujet un peu différent bien que plus intéressant car ouvert. Mais qui est parfois mal vu par les croyants. C’est aussi intéressant d’essayer de comprendre le sens des textes et des recommandations qui y sont faites et de voir comment elles peuvent être justifiées rationnellement dans le contexte historique de l’époque. Pour la religion chretienne je n’ai pas trop de référence, mais pour l’islam je trouve très intéressant les explications que donne Taric ramadan sur le pourquoi du comment tel commandement et comment il faut le comprendre selon lui. Mais là aussi c’est un art difficile qui ne plait pas à tout le monde !

+1 -0

De nombreuses us et coutume et pans de la société, à commencer par l’organisation des États, n’ont jamais été codifiés dans la Bible.

J’en suis bien conscient. Ce que je dis, c’est que si ton Roi est désigné par la volonté divine, il a tout intérêt à se servir de la bible comme d’un élément de contrôle de la population de son pays.

+0 -0

Le texte est affreusement long, je le mets donc dans la balise secret pour pouvoir vous éviter des crampes à force de scroller.

Bon, j’avais prévu un message tout joli et tout propre, mais mon ordi a décidé de crasher avant… Bref. L’idée est que je repars du début du topic et que je reprends, dans l’ordre, ce qui m’évoque des remarques (c’est compliqué vu à quel point ce sujet est actif :) ).


Pour commencer, Ozmox, je pense que "théologie" n’est pas un moins adéquat : la théologie étudie les textes considérés comme divins et, en l’occurrence, l’ensemble de la Révélation sans trop remettre en question sa véracité (ou alors très partiellement, comme dans le cas des révélations privées) ; la zététique éprouve les pans de la croyance qui tombent dans le domaine du vérifiable. Ta démarch est donc clairement zététique − ce qui n’empêche pas de parler de logique interne de la foi, mais qui n’est pas du tout notre sujet.

Une des vidéos qui nous a montré prouve la soit-disant résurrection du Christ (je n’écris pas cela par déni mais simplement pour ne pas avoir l’air de poser la chose comme étant démontrée pour de bon) puisque plusieurs témoignages historiques qui datent de la période de son enterrement auraient été retrouvés par des historiens, ce qui écarterait la possibilité d’une mystification par l’imagination populaire au fil des années.

Ozmox

Bien que catholique, pratiquant et instruit en école privée catholique, j’ai du mal à supporter ce type de vidéos. Même si je ne fais qu’en imaginer le propos et les méthodes argumentatives, je suppose que cette vidéo fait partie de l’immense majorité de celle qui existe : elle cherche à convaincre à tout prix (i.e. avec des arguments plus ou moins bancaux), parce que son but est de prouver, pas de trouver. Désolé d’être aussi critique vis-à-vis de quelque chose que je n’ai pas vu, mais je pars du principe que si quelqu’un veut vous transmettre une idée simple à propos d’un sujet compliqué, cette personne-là n’est généralement pas honnête.
Le débat de l’existence de Jésus est un sujet extrêmement compliqué : des arguments se trouvent dans les deux camps, pour (existence d’une multitudes de sources − Évangiles canon, apocryphes, sources extra-évangéliques ; personnages historiques impliqués dans le récit) comme contre (recoupement avec des archétypes mythologiques, grandeur des miracles, etc.).
Un compromis entre ces deux positions pourrait être l’évhémérisme (Jésus a existé, mais sa vie a été largement enjolivée), ce qui expliquerait pas mal de choses, mais qui reste à étayer par des éléments concrets.

Un ancien prof d’histoire pensait qu’il s’agissait simplement d’un coma. Mais la personne était quand même enterrée depuis trois jours! Quels sont vos avis sur le sujet?

Ozmox

Une précision : Jésus, d’après les Évangiles et la tradition, n’a pas été à proprement enterré, mais mis dans un tombeau de pierre. Il pouvait donc respirer pendant qu’il était dans ce tombeau. (Renault l’a déjà dit). La question, c’est de savoir si tomber simplement dans le coma après un supplice aussi intense que celui décrit dans les Évangiles est possible (je crois que c’est effectivement possible, mais je ne suis pas sûr).

Ensuite, on a un peu parlé d’exorcisme. Un de ses amis aurait était victime d’un cas où des chaises auraient parcourues en largeur une maison possédée, glissant toutes seules sur le sol. Vos avis sur le sujet m’intéressent aussi.

Ozmox

Et me voilà à reparler de zététique :) … C’est son boulot que d’examiner tout cela ; cependant, un témoignage oral d’un témoignage oculaire n’est sans doute pas suffisant pour établir une preuve. Mais je me pose la question ; pourquoi les zététiciens ne vont-ils pas, justement, examiner ces cas-là, au lieu de rester avec des thèmes "simples" comme la Terre plate ou l’homéopathie ? Je ne connais pas de zététicien qui soit allé faire un stage chez des exorcistes, des marabouts, des chamans, des bokors etc., et c’est dommage :( .
Autre remarque à propos de l’exorcisme, maintenant que ça me vient : en plus des interférences possibles avec la psychiatrie (dont à parlé, je crois, SpaceFox), on peut parler ethnopsychiatrie en comparant, dans les autres cultures, les rituels religieux, possessions, etc. J’avais lu beaucoup à ce sujet, mais j’en ai oublié la plupart. Je crois cependant me souvenir que les glossolalies, guérisons miraculeuses et autres qui sont légions dans les mouvements charismatiques, évangéliques (« Sai da frente Satanaaaaa » :D ), etc. sont généralement explicables sans recours au paranormal.


Je vois que la position de pierre24 penche davantage pour faire des Évangiles une sorte de conte étiologique (qui explique pourquoi on fait comme-ci, comme on pourrait trouver des contes qui expliquent pourquoi le ciel est bleu). L’idée est à explorer, notamment en terme de temporalité (apparition du cadre socio-moral avant ou après les Écritures ?) et de la réductibilité de la foi à des règles morales.


Ça me fait toujours bader de voir à quel point ce truc à influencé deux millénaires d’histoire humaine. Ce serait drôle que tout ça soit le produit d’une erreur d’interprétation. :p

Badaboum

On a bien adoré Apollon, qui n’a jamais existé (je crois :-° ) ou même Osiris, dont le règne s’étend entre le XXVème siècle av. J.-C. et le VIème après J.-C. : l’impact a été différent, parce que la diffusion a été différente (pour des raisons intrinsèques et extrinsèques aux doctrines religieuses en question).


Lançons un débat :

science(s) et religion(s) peuvent-ils se réconcilier ?

qwerty

La réponse d’entwanne est exactement la même que la mienne : pourquoi ? ils étaient brouillés ?

Historiquement, répondre "oui" à cette question en évoquant l’affaire Galilée, ce que l’on croit savoir sur Copernic, sur les croyances médiévales et l’Inquisition est un non-sens. L’article de feu Dominus Carnufex (qu’une partie de nous tous avons lus, je crois) l’a bien montré.

Théoriquement même, cela ne fait aucun sens d’opposer foi et raison. Si, en effet, les démarches sont extrêmement différentes, les finalités ne sont pas les mêmes. Si je devais rapidement schématiser les choses, la science est purement descriptive et la foi purement prescriptive : il s’agit de deux plans différents qui peuvent (quasiment) s’ignorer l’un l’autre.
Bon, les choses se compliquent quand il y a des retombées de la foi dans le domaine de l’observable (c’est la mission de la zététique, à nouveau), mais l’idée est globalement celle que je viens d’énoncer.


Cela veut-il dire pour autant que la physique ou la psychologie n’ont "aucun intérêt" ?

nohar

Non que je conteste ce que tu dis là, mais j’aimerais bien que tu énumères quelques postulats de la psychologie, stp.


science(s) et religion(s) peuvent-ils se réconcilier ?

qwerty

Sont-elles brouillées ?

entwanne

Faut voir l’attitude de mépris de scientifiques vis à vis de la religion (« c’est du bullshit ») et le mépris de certains bigots vis à vis de la science (Trump et sa clique de climatosceptique).

qwerty

Sans offense mais en restant franc, je suis incapable de décrire la pitié que m’inspire ce message. "l’attitude de mépris de scientifiques vis à vis de la religion (« c’est du bullshit »)" l’attitude de certains scientifiques et de aussi/beaucoup de personnes qui n’ont rien à voir avec la science. C’est du moins ce que dit mon expérience empirique (si tu as des chiffres ou des analyses plus vastes, je veux bien déclarer anecdotique cette expérience, mais encore faudrait-il ces chiffres).
"le mépris de certains bigots vis à vis de la science (Trump et sa clique de climatosceptique)" On en est revenu à Trump, nohar :D ! Il te poursuivra partout. Plus sérieusement, le climatoscepticisme n’a rien à voir avec la religion (enfin, je crois) et si recoupement il peut y avoir, c’est pour des raisons sociologiques et historiques, rien d’autre…

__

Demandred explique justement ce qui est la source, pour moi, de l’opposition supposée par bon nombre de gens entre foi et raison. On interprète la foi avant tout comme une proto-science, et rien que cela : elle serait le fruit de l’ignorance mais aussi un premier pas vers la connaissance. Allons au bout de ce raisonnement : la version 2.0 de la compréhension du monde étant sortie (la science), il n’y aurait plus qu’à jeter la première version au profit de la deuxième.
Mais, encore une fois, ce n’est pas si simple : on ne parle pas des mêmes sujets, pas de la même manière. Et même si les religions (et sans doute celle que je le professe, je le reconnais volontiers) ont pu céder à la facilité de l’étiologie (on explique que c’est Dieu qui a fait comme ça, parce que ça permet de comprendre le monde), rien ne permet vraiment de les résoudre à cette fonction.


(Allez, deuxième page… On va rattraper ces bougres qui postent à toute allure !)


L’exemple du catholicisme est assez intéressant à ce niveau, d’ailleurs, puisque le nouveau testament introduit les paraboles pour remplir l’office des mythes de l’ancien, dès lors il n’est plus vraiment question de croire aveuglément aux mythes ou mystères (la trinité, etc.) : il s’agit d’utiliser ces paraboles (qui sont justement des contes avec une morale à la fin) pour guider ses prises de décision en cas de doute.

nohar

J’ai failli passer sur ce détail parce que tu cites le Grand Inquisiteur de Dostoïevski (<3) mais, dans le catholicisme du moins, la Trinité n’est pas une métaphore pour parler de, mais quelque chose d’effectif. C’est un mystère qui fait effectivement sens et qui permet de mieux comprendre pas mal de passage des Évangiles, mais c’est, dans le catholicisme, également pris pour une vérité, pas une petite histoire.
D’un côté, effectivement, il y a les paraboles, sortes de fables à morale, et de l’autre, les dogmes, qui sont crus tels quels (existence de Jésus, Résurrection, Ascension, etc.). Et c’est justement l’utilité de la raison que d’examiner les retombées de ces dogmes dans la vie pratique pour voir si l’expérience confirme ou infirme ces dogmes (y a-t-il vraiment eu un Jésus ? etc.).
Après, d’un point de vue extrêmement pragmatique, il est effectivement à craindre que si l’on prouvait avec certitude qu’une religion est fausse (en partie ou entière), les croyances s’y agripperaient fortement, pour des tas de raison (celle de nohar n’en est qu’une).

Mais je trouve la vision de nohar très intéressante, et je me demande les manières d’explorer ça dans l’expérience (faire passer des tests de personnalité sur le caractère docile ou non de l’individu − ce qui ne donnerait qu’un résultat corrélationnel, malheureusement ; faire des études longitudinales pour mesurer la docilité et la foi religieuse en fonction du temps − le résultat risque d’être plus intéressant ; etc.).


Le reste est intéressant, mais ne m’évoque pas plus de remarques. Bravo à ceux qui ont lu jusqu’au bout :3 .

+5 -0

Je ne connais pas de zététicien qui soit allé faire un stage chez des exorcistes, des marabouts, des chamans, des bokors etc., et c’est dommage :( .

J’ai ça en stock. C’est plus sur le spiritisme, mais je n’ai pas mieux.

+1 -0

Non que je conteste ce que tu dis là, mais j’aimerais bien que tu énumères quelques postulats de la psychologie, stp.

Par exemple, l’état actuel de la recherche sur le coping (vulgairement, la compréhension du phénomène de stress chez l’homme), a amené Bakker à formuler une modélisation appelée Job Demands-Resources permettant de décomposer les situations stressantes au travail, en utilisant trois notions :

  • Ce que l’on a à faire (le "job"),
  • la "demande", c’est-à-dire ce que faire ce "job" nous coûte,
  • les "ressources" (physiques, physiologiques, sociales, …) dont on dispose pour réduire ou satisfaire la demande.

Ce modèle suggère (c’est un postulat) que le stress est causé par une disparité trop profonde entre la demande et les ressources, et il est utilisé, évidemment, par les psychologues du travail, tant qu’il tient et permet d’obtenir des résultats concrets.

Mais si demain, la recherche sur le coping mettait en valeur une expérience dont les résultats contredisent un des postulats du modèle JD-R ?

+1 -0

C’est dommage que la discussion fasse mine de s’enfermer dans cette notion de raisonnement au point de voir fleurir des jugements de valeurs sur la capacité de l’homme à raisonner correctement ou non. Je trouve ça assez réducteur, et peu intéressant parce que cette question a déjà été éculée, élimée, étouffée un nombre incalculable de fois de Copernic à nos jours.

C’est toujours d’actualité malheureusement, dire qu’elle est étouffée c’est faire abstraction des différentes sensibilités religieuses qui existent actuellement (créationnisme, fondamentalisme,…)
"les jugements sur la capacité de l’homme à raisonner correctement" ne sont pas des jugements de valeur, c’est l’étude des biais cognitifs.

dès lors il n’est plus vraiment question de croire aveuglément aux mythes ou mystères (la trinité, etc.) : il s’agit d’utiliser ces paraboles (qui sont justement des contes avec une morale à la fin) pour guider ses prises de décision en cas de doute.

Encore une fois c’est faire abstraction de toutes les sensibilités qui existent dans chaque religion. Ta vision est peut-être majoritaire (et même pas universelle) en occident mais faut voir dans le reste du monde.

Sans pour autant jeter la pierre (pun intended) aux systèmes religieux actuels, on peut légitimement se demander ce qui remplace la Bible comme manuel de la vie dans notre société occidentale laïque et majoritairement athée.

Les livres de philo ? ( un très bon exemple est la philo politique qui a guidé la rédaction des constitutions au siècle des lumières)

créationnisme

ah oui, c’est vrai que cette plaie existe encore de nos jours.. néanmoins, j’ai un peu du mal à le mettre sur le même plan que le "fondamentalisme" ou alors tu as une définition assez exotique de "sensibilité religieuse".

+1 -0

"les jugements sur la capacité de l’homme à raisonner correctement" ne sont pas des jugements de valeur, c’est l’étude des biais cognitifs

C’est un jugement de valeur à partir du moment où cela dépend étroitement de ce que tu estimes être une pensée correcte.

+1 -0

Cela peut être par exemple une mauvaise estimations des probabilités, qui fait que les gens prennent une décision sur un raisonnement erroné. Et c est un truc qui peut avoir des conséquences importantes, par exemple en finance. On considère comme normatif un raisonnement rationnel qui reposé sur le respect de certains axiomes mathématiques de base, qui semblent "logique" et sur les statistiques. Par exemple utiliser le théorème de Bayes pour réviser ses croyances à priori en y intégrant une nouvelle information.

+0 -0

Ce que je dis c’est que ce qui fait d’un raisonnement qu’il est correct dépend de ton contexte historique et socio-culturel.

À son époque, la pensée de Copernic n’était pas correcte.

Depuis Descartes, on a changé d’avis.

Pouvons-nous vraiment prétendre savoir ce qu’il en sera dans 3 ou 4 siècles ? Le fait que notre système de pensée soit fondé sur la logique, le rend-il plus universel et indiscutable qu’un autre fondé, au hasard, sur l’existence d’un dieu unique ? Moi je la trouve intéressante cette question. J’aime beaucoup essayer d’imaginer ce que cela peut donner si l’on décide d’y répondre par la négative.

inb4 : La cosmogonie de Terry Pratchett.

+1 -0

Le fait que notre système de pensée scientifique soit fondé sur la logique, le rend-il plus universel et indiscutable qu’un autre fondé sur l’existence d’un dieu unique ? Moi je la trouve intéressante cette question. J’aime beaucoup essayer d’imaginer ce que cela peut donner si on décide d’y répondre par la négative.

J’ai du mal à comprendre comment quelqu’un pourrait répondre autrement que négativement, l’intérêt d’un système de pensée scientifique par rapport à un cadre religieux est justement qu’il ne se prétend pas indiscutable et universel, il ne prétend qu’offrir un ensemble aussi minimal que possible de principes fondamentaux à partir desquels on peut retrouver les observables (donc ici on introduit volontairement un biais sur ce que l’humain est capable d’observer parce que ce qu’on peut pas observer, par définition on risque pas de s’en servir) et effectuer des prédictions (qui elles permettent de mettre au point des solutions applicatives aux problèmes concrets rencontrés par les humains).

Le système de pensée scientifique est finalement extrêmement terre-à-terre et ne remplit absolument pas le même genre d’objectif qu’une croyance en un Dieu unique qui (même si son pouvoir explicatif est immense passé le problème de l’existence même de ce Dieu) n’a aucun pouvoir prédictif et ne s’attache pas spécifiquement à la généralisation et théorisation d’observables.

EDIT : finalement, que la façon qu’on a de faire de la science actuellement est "universelle" et la meilleure possible, on s’en fout pas mal parce que ce qui compte est qu’elle nous donne un pouvoir prédictif sur le monde qui nous entoure. Et force est de constater que le science actuelle remplit son rôle en tant qu’outil pour qu’on puisse exploiter ce monde qui nous entoure. Si un jour on trouve une façon de raisonner qui marche encore mieux pour atteindre cet objectif, ben tant mieux.

+1 -0

Ce que je dis c’est que ce qui fait d’un raisonnement qu’il est correct dépend de ton contexte historique et socio-culturel. […] Le fait que notre système de pensée soit fondé sur la logique, le rend-il plus universel et indiscutable qu’un autre fondé, au hasard, sur l’existence d’un dieu unique ?

Tu confonds le raisonnement (basé sur la logique) et les hypothèses sous-jacentes (matérialisme, existence d’un dieu…). On peut partir de l’hypothèse de Dieu et raisonner logiquement à partir de là.
Par contre ceux qui veulent démontrer l’existence de Dieu ne doivent pas partir de l’hypothèse Dieu, sinon c’est un raisonnement circulaire. Et c’est là ou on parle de raisonnement incorrect.
Ou alors partir d’un fait personnel (j’ai eu une révélation) pour en faire une généralité (donc Dieu existe). C’est confondre les quantificateurs "il existe" et "quel que soit". C’est un raisonnement logique faux.

À son époque, la pensée de Copernic n’était pas correcte.

Depuis Descartes, on a changé d’avis.

On ne remettait pas en cause son raisonnement logique (s’il en avait, je suis pas sûr, avant Newton on se basait surtout sur ses convictions), mais ses hypothèses (on ne connaissait pas le principe d’inertie, donc on ne pouvait admettre que la terre tournait sans qu’on le ressente)
Donc attention, ce n’est pas parce que Copernic avait une conclusion juste qu’il avait raison.

Je pensais vraiment pas que ces débats (qui finissent toujours en cacahuète) étaient possible sur ZdS. La politique et la religion. Même si les intentions sont bonnes ça reste quand même vachement chaud d’en parler.

Sinon pour apporter un petit avis sur ce que j’ai vue : pas mal de musulman pratiquant étudie la physique/chimie/médecine (et là je ne parle que de ceux que je connais) et ne mettent pas en opposition Science et Religion. Certains explique cette volonté d’apprendre la science car c’est pour eux l’oeuvre de Dieu et que c’est un respect que d’étudier ce qu’il a créer.

Personnellement j’suis athée donc à 8h00 je sacrifie des vierges, à 12h00 j’insulte les bonnes sœurs et les imams et à 20h00 je tue un ou deux nourissons. #QueFontLesAthées

Déjà qu’on doit s’ouvrir à la communication du savoir (le projet du site) si en commence à se stigmatiser ça va peut-être pas faire bon ménage ?

+1 -0

On ne remettait pas en cause son raisonnement logique (s’il en avait, je suis pas sûr, avant Newton on se basait surtout sur ses convictions), mais ses hypothèses (on ne connaissait pas le principe d’inertie, donc on ne pouvait admettre que la terre tournait sans qu’on le ressente) Donc attention, ce n’est pas parce que Copernic avait une conclusion juste qu’il avait raison.

Et pourtant, c’est sa conclusion qui l’a mené au bûcher.

PS : On peut en déduire qu’un raisonnement correct dans le contexte de cette époque était avant tout un raisonnement dont les conclusions n’entraient pas en contradiction avec la version officielle de l’Église. Peu importe qu’il soit logiquement juste ou non.

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