Travailler en informatique tout en conservant du temps libre

a marqué ce sujet comme résolu.
Auteur du sujet

Bonjour,

Terminant mon école d’ingénieur en informatique, je suis en stage de six mois dans une start-up londonienne. Le travail est intéressant, l’équipe assez agréable, le cadre attractif… Seulement, je me rends compte que, malgré tout ça, passer 8h par jour à sur le même sujet ne me convient pas tellement.

Etudiant, j’avais du temps pour diverger : suivre l’actualité en intelligence artificielle, contribuer à Zeste de Savoir, faire du sport, lire, regarder des vidéos pédagogiques sur YouTube, etc. Avec mon stage, je rentre le soir assez fatigué et, surtout, je n’ai plus envie de faire d’informatique sur mon temps libre.

Je m’interroge donc sur l’existence d’un mode de vie qui me permettrait d’utiliser mon diplôme d’ingénieur (pour mon confort matériel mais aussi parce que le travail correspondant m’intéresse) sans pour autant dédier 45h par semaine à une unique entreprise (ou alors, sur des sujets différents).

Auriez-vous des retours d’expérience à partager, des conseils, des pistes de réflexion ? Je pense déjà avoir identifié que la recherche semble plus correspondre à ce que je souhaite (en terme de temps, de nature du travail et de diversité).

Merci !

+4 -0

Je pense que tu confonds deux sentiments : le temps libre de manière générale et l’envie de faire de l’informatique sur ton temps libre.

Je ne fais pas d’informatique donc je ne peux pas répondre trop sur le métier en lui-même. Je fais des cartes électronique et en général j’arrive à varier mes sujets pour éviter de faire exactement la même chose tous les jours.
Néanmoins, même si j’ai des idées de projets perso, la dernière chose que j’ai envie de faire chez moi c’est des cartes électroniques. Ca ne me dérange pas de répondre sur des forums, de me renseigner vite fait, mais réaliser des projets complexe en y passant 2-3h sur mon temps libre, à faire une chose similaire à mon boulot, je ne sais pas mais je n’y arrive pas, même pendant les vacances.

Mais cela ne m’empêche pas de faire d’autres choses : du sport, des jeux vidéos, de la cuisine, aller à des concerts, etc.

+0 -0

Bonjour,

Je travail depuis maintenant plus d’un an dans un laboratoire, en tant qu’ingénieur de recherche (depuis un mois et pour une durée de 3 mois, en tant qu’ingénieur tout court pour développer un logiciel, mais disons que ça fait comme une pause récréative), et tout se passe très bien pour moi. J’ai eut l’occasion d’être confrontés à divers problèmes, fais un peu de dev (peut-être aidé à faire avancer dans mon domaine, enfin, si l’on décide de publier un jour ^^). Mais généralement, tu travailles quand même une bonne partie de la journée sur ton sujet, après, il y a les collègues qui viennent te demander ton avis, un coup de main ou autre, donc ça casse un peu le rythme, tu bosses quelques heures avec sur sa problématique autour d’un thé (ou un café). Parfois c’est toi qui va poser une question, tu assistes à une conférence ou deux, mais globalement, tu restes quand même sur ton/tes sujets (il y a peu de jours ou je fais 8h sur mon PC sans changer de sujets, les seuls jours ou c’est arrivé, c’est vraiment quand il y avait personne d’autre de l’équipe).

Après, il y a d’autres choses moins sympathiques, comme le fait d’enchaîner différents CDD car tu n’es pas forcément financé sur des longues périodes, etc.. J’ai échangé avec des ingénieurs d’autres équipes qui font majoritairement de l’ingénierie logicielle (dont un démissionne après plus de 2 ans), et ils ont l’impression de vivre la même chose qu’en entreprise, donc le cadre/l’équipe influe beaucoup.

Après, pour l’entreprise, je ne peux pas vraiment savoir, je n’ai travaillé que dans une association auparavant, et le cadre était là aussi très sympathique (j’alternais entre dev et configuration/installation de machines, serveurs, proxys). Donc aucune journée type qui se répète là non plus.

Concernant le temps libre, je pensais en avoir autant (voir plus) que lorsque j’étais à l’école (située à 50m du labo dans lequel je suis actuellement, donc pas de gros changements là dessus), que nenni! C’est même plutôt l’inverse. J’ai l’impression de rentrer, cuisiner, manger, parfois regarder un film, mais je ne programme presque plus rien en dehors du travail (certes, maintenant j’ai une maison, je cuisine tous les soirs, j’invite peut-être un peu trop souvent du monde, etc., le rythme n’est pas le même que chez papa-maman, donc plutôt radical comme changement). Et je ne suis pas sur que le rythme change tant que ça de l’entreprise ^^. J’arrive à 9h au labo, et je quitte entre 18h et 22h, cela dépend des jours, mais ça oscille généralement entre 18h25 et 19h (aujourd’hui c’était 21h passée par exemple, certes, je discutais).

Si tu as l’occasion de tester en laboratoire, fait-le, pour ma part, c’est vraiment l’endroit dans lequel je veux rester (si l’on trouve l’argent pour que je puisse avoir une thèse ou d’autres contrats ingé), j’y ai rencontré des gens fantastiques et j’apprends tous les jours de nouvelles choses (j’étais au laboratoire aujourd’hui, enfin hier, alors que j’étais en congé car il y avait une présentation qui m’intéressait). C’est vraiment un lieu passionnant !

Édité par JuDePom

+0 -0

Salut,

Terminant mon école d’ingénieur en informatique, je suis en stage de six mois dans une start-up londonienne. Le travail est intéressant, l’équipe assez agréable, le cadre attractif… Seulement, je me rends compte que, malgré tout ça, passer 8h par jour à sur le même sujet ne me convient pas tellement.

Vayel

Tu comptes continuer au Royaume-Uni par la suite ? Car oui, 8h par jour je pense que c’est effectivement assez fatigant. En France tu pourrais par exemple avoir des journées plus courtes.

Pour ce qui est de l’aspect répétitif, tu peux avoir un travail avec différentes tâches bien distinctes à réaliser dans la journée, même en entreprise.

Etudiant, j’avais du temps pour diverger : suivre l’actualité en intelligence artificielle, contribuer à Zeste de Savoir, faire du sport, lire, regarder des vidéos pédagogiques sur YouTube, etc. Avec mon stage, je rentre le soir assez fatigué et, surtout, je n’ai plus envie de faire d’informatique sur mon temps libre.

Vayel

Ça me semble tout à fait normal. Si je comprends bien, tu fais déjà 40h de développement par semaine, normal que tu sois un peu usé après cela et que tu aies envie de faire autre chose.

Je m’interroge donc sur l’existence d’un mode de vie qui me permettrait d’utiliser mon diplôme d’ingénieur (pour mon confort matériel mais aussi parce que le travail correspondant m’intéresse) sans pour autant dédier 45h par semaine à une unique entreprise (ou alors, sur des sujets différents).

Vayel

La solution peut être le temps partiel. Si tu te libères du temps dans la semaine, c’est du temps que tu peux alors consacrer à d’autres contributions.

Tu peux aussi essayer d’exercer plusieurs activités pour casser la routine : du développement la moitié du temps et de l’enseignement la deuxième, par exemple.

J’arrive à 9h au labo, et je quitte entre 18h et 22h, cela dépend des jours, mais ça oscille généralement entre 18h25 et 19h (aujourd’hui c’était 21h passée par exemple, certes, je discutais).

JuDePom

Je comprends qu’on puisse se plaire sur son lieu de travail, mais les horaires que tu cites ne sont-ils pas légèrement excessifs ? Outre l’aspect personnel de l’hygiène de vie, ce genre de dépassement d’horaires peut aussi être incommodant pour les collègues qui ne peuvent/veulent pas se le permettre.

Édité par entwanne

Ça peut-être temporaire également.

Je suis exactement dans la même situation que toi Vael (5em année à l’étrangé, dans une entreprise par-contre) et au contraire, j’ai rarement eu autant de temps libre et clairement j’ai plus de temps à consacrer au développement et même à ZdS d’ailleurs.

J’ai passé ma vie étudiante à faire vraiment beaucoup de chose et il était assez rare que j’ai un soir à moi.

D’expérience, la recherche c’est cool mais très prenant, vraiment. C’est pas une généralité, c’est mon expérience simplement (stage dans un laboratoire l’année dernière).

ache.one                 🦹         👾                                🦊

+2 -0

Quand tu es stagiaire, l’entreprise ne parie pas sur toi, elle considère que dans 6 mois, tu ne seras plus là. Et donc elle te demande d’être productif autant que possible. Certains diront qu’elle t’exploite. Mais normalement, même si l’entreprise considère que tu es là pour bosser, rien ne t’empêche de t’arrêter 20 minutes, de te connecter sur ZdS, de te changer les idées au cours de ta journée de travail.

Dans un second temps, quand tu es ’installé’, l’entreprise parie sur toi. Elle a besoin que tu sois productif, mais elle a aussi besoin que tu restes au top, que tu saches ce qui se fait ou se dit ici ou là. Et donc, dans tes 40 heures hebdomadaires, tu as du temps pour consulter des tutoriels, pour assister à des séminaires, pour faire ce que tu considères utile pour toi.

Un de mes managers me disait que je devais consacrer un tiers de mon temps ’pour moi’, pour me former, pour alimenter mes réseaux/mes contacts … Plus l’entreprise compte sur toi, plus elle t’accorde du temps.

La solution du temps partiel, j’y crois moyennement. Tu vas effectivement avoir du temps pour toi, en dehors des heures de bureau. Mais là où on te disait : tu travailles 40 heures, dont X% pour te former, ça va devenir : tu travailles 30 heures, dont Y% pour te former, avec Y beaucoup plus petit que X.

+0 -0

Je comprends qu’on puisse se plaire sur son lieu de travail, mais les horaires que tu cites ne sont-ils pas légèrement excessifs ? Outre l’aspect personnel de l’hygiène de vie, ce genre de dépassement d’horaires peut aussi être incommodant pour les collègues qui ne peuvent/veulent pas se le permettre.

entwanne

Dans l’équipe, il est demandé d’avoir si possible une présence de 9h à 18h, enfin, quand j’étais en stage, c’était le rythme. De plus, nous ne sommes pas aux 35 heures, mais à plus, et avons des RTTs en compensation. Nous avons aussi plus de jours de congés qu’en entreprise. Après, il y a des contrats ingénieurs où tout se badge, tu pointes tes horaires et autre, mais en recherche, on ne fait pas vraiment ça.

Pour l’hygiène de vie, je ne sais pas, ça ne me paraît pas si horrible que ça. Il m’arrive souvent de faire une pause et de jouer du ukulélé, que je m’arrête de travailler pendant que mon collègue joue de la guitare, qu’un autre collègue demande de faire une partie de ping pong… (nous avons une salle où il y a des tables de ping pong, une salle de musique, une fois par semaine il y a du yoga, etc., donc on ne fait pas que travailler, nous ne sommes pas des machines). J’ai le temps en sortant du travail d’aller manger une glace à la pépinière et jouer à "exploding kittens" dans l’herbe, de boire un coup en terrasse ou juste de marcher un peu, il ne faut pas s’inquiéter ^^.

Pour les collègues qui ne peuvent se le permettre, il n’y a pas vraiment de problèmes. Enfin, je pense. On ne compte pas nos heures, mais selon les périodes, il arrive d’en faire beaucoup moins que plus. Par exemple lorsque les personnes vont ou viennent d’avoir un enfant, il y a en général beaucoup moins de présentiel, et ça paraît logique à tout le monde. Quand une deadline pour un papier arrive, une partie de l’équipe se mobilise, on fait beaucoup plus de présentiel (après, notre cas est "spécial", dans l’impression 3D, quand tu lances une impression de 8 heures et qu’elle rate, s’il ne te reste que 72 heures pour avoir tes résultats et que tu es vendredi, clairement, tu passes le weekend en lancer de nouvelles). Et après il y a un certain relâchement.

+0 -0

Salut !

Je suis dans le même cas que toi, stage de fin d’étude d’école d’ingénieur. Je suis actuellement chez Videolabs (la boite qui travaille sur le développement VLC).

Niveau travail, je fais autant des journées de 8h-20h que des journées de 10h-17h. L’important étant que ça s’adapte à mes activités secondaires et que je reste content de ce que je fais dans la boite.

J’ai essayé de faire autre chose à côté au début de mon stage, plus ou moins un second travail en parallèle avec en plus l’apprentissage du Rust, et c’était bien évidemment fatiguant aussi. J’ai arrêté depuis pour passer plus de temps à me reposer et diversifier ce que je fais pour VLC, et je trouve ça bien plus bénéfique pour moi. Globalement, ça va de openGL/profiling à encodeur matériel en passant par de la sécurité.

Pour revenir sur mon activité secondaire, j’ai dû trouver un moyen de passer plus de temps dessus parce que je me rendais compte qu’il y avait des semaines entières où je ne travaillais pas sur le projet à cause de la fatigue, et l’astuce que j’ai trouvé a été de me reposer le soir et travailler une à deux heures le matin dessus, entre 8h et 10h. Ça a été assez efficace et ça permet d’arriver au travail complètement réveillé donc j’ai beaucoup apprécié !

J’ai aussi une autre activité sur des serveurs que je maintiens, avec une autre source de motivation : des amis qui font la même chose. On a un groupement de 5/6 serveurs qu’on essaye de mettre en commun en partageant nos connaissances, et ça aide beaucoup je pense.

Je te souhaite bon courage pour trouverle temps qu’il te manque ! Mais dans les céls que souhaite souligner pour moi c’est :

  • du repos
  • des amis
  • un rythme de vie sain

Tu peux par exemple décider d’un jour où tu cours le matin et un jour où tu fais une activité prévue à l’avance.

+1 -0

Bonjour,

Je tiens à réagir sur un point particulier, mais qui est finalement au coeur de la discussion :

"Pour les collègues qui ne peuvent se le permettre, il n’y a pas vraiment de problèmes. […]. après, notre cas est "spécial", dans l’impression 3D, quand tu lances une impression de 8 heures et qu’elle rate, s’il ne te reste que 72 heures pour avoir tes résultats et que tu es vendredi, clairement, tu passes le weekend en lancer de nouvelles"

JuDePom

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que si tu vas à ton travail le week end sans que ça soit stipulé dans ton contrat, même exceptionnellement, c’est un choix de ta part. Tu es légalement en droit de refuser, ou de demander à être rémunéré en plus pour cette activité. D’ailleurs, dans la plupart des secteurs, l’employeur a l’obligation de payer plus cher ses employés le dimanche, les jours fériés et la nuit.

Maintenant, les gens qui acceptent de le faire sans contrepartie opèrent une pression indirecte sur ceux qui le font pas. Parce que si une partie du personnel le fait, il s’installe une pression sociale entre collègues et éventuellement exploitée par la hiérarchie (Amazon en est expert). La preuve en est que tu nous parle de parents, alors que même le célibataire avec beaucoup de temps libre est en droit de juste respecter les horaires du contrat.

C’est typiquement la raison pour laquelle il est interdit d’organiser un bizutage sur des personnes consentantes : l’accord des participants ne garantie pas que d’autres personnes ne viendront que par pression sociale. Pour cette raison, on interdit à ceux qui veulent sincèrement participer de le faire.


"(nous avons une salle où il y a des tables de ping pong, une salle de musique, une fois par semaine il y a du yoga, etc., donc on ne fait pas que travailler, nous ne sommes pas des machines)."

JuDePom

Oui, mais ça, ça ne coûte rien à ton employeur. Mettre des tables de ping pong et se donner un style "cool & détendu", c’est une technique classique pour pas payer les heures sup. L’un ne doit pourtant pas empêcher l’autre.

Surtout que dans les labos de recherche, c’est souvent les doctorants qui organisent l’achat des tables de ping pong sur leur temps libre, qui vont les chercher au décathlon du coin avec leur véhicule personnel (du vécu, avec une table de ping pong en plus). Ca vient même pas de la direction.

Édité par Bibou

+7 -0

@Bibou : N’extrait pas juste les passages qui rendent ton propos plus valide. Il manque la partie où l’on récupère le temps passer en plus… Et si tu as déjà été en labo, tu dois savoir qu’on ne sort pas un article par semaine… Et donner un coup de main au collègue qui est dans la merde, je ne vois pas à qui ça fait du mal. Si toi ça t’en fait, je te suggère de revoir tes priorités.

Ensuite, pour la pression apportée, je ne vois pas d’où… Nos salaires ne dépendent pas de notre chef, il y a des grilles, qui en fonction de ton statut et de ton ancienneté détermine ta paie, donc ça n’influe pas grand chose. La hiérarchie n’est pas ce que tu vois en entreprise.

Donc non, ce n’est pas Amazon, nous n’avons pas de quota à respecter sous peine d’être virés.

Pour le ping pong, la musique et autres activités, nous avons l’AGOS (une association) qui gère ça. Je crois même qu’elle est active dans tout Inria.

Édité par JuDePom

+2 -0

(Je me permet de continuer cette petite discussion car je trouve que ça rejoint bien le problème initial, mais si vous estimez que c’est du HS laissez le moi savoir)

Je connais le monde de la recherche, j’ai déjà travaillé en labo public pour des stages, de nombreux membres de ma famille sont enseignants / chercheurs ou ingés dans des labos. Donc je sais bien que la pression ne vient pas de la hiérarchie, c’est exactement pour ça que je parle de pression sociale entre collègues. Et c’est exactement pour ça qu’avant le cas d’Amazon il y a "éventuellement".


@Bibou : Et donner un coup de main au collègue qui est dans la merde, je ne vois pas à qui ça fait du mal.

JuDePom

C’est naturel de donner un coup de main à son collègue. Ce qui l’est moins, c’est que le collègue soit tenu de travailler le dimanche pour un travail qui n’a pas d’impératif d’urgence ou d’ouverture au public. Le dimanche aprem, les supermarchés sont fermés, même s’ils pourraient rentrer plus de chiffre d’affaire ou servir plus de gens.

On pourrait juste dire, bah si la publi est pas prête elle passera plus tard dans une autre conf. Ca aura des conséquences (comme le supermarché) mais tant pis, on ne vit pas pour notre travail. Mais comme tout le monde se chauffe pour respecter des deadlines intenables, par pression sociale, tout le monde continue de le faire.

Si toi ça t’en fait, je te suggère de revoir tes priorités.

JuDePom

Oui ça me fait du mal de travailler en dehors des jours de semaine et en dehors des horaires 8h-18h*. C’est mon droit, tu vas faire quoi ? C’est pas à toi de juger mon consentement à travailler ou non à des horaires improbables en dehors de ceux de mon contrat de travail. Si toi t’en as super envie tant mieux pour toi.

( Je le fait pour un job d’été, mais c’est parce que c’est bien prévu dans le contrat et c’est impératif pour le job en question)


Ah, et récupérer les heures dans un job où tu comptes pas les heures, c’est du vent. Ça ne marche que si t’es payé à l’heure, sinon tu te fais arnaquer.

Édité par Bibou

+0 -0

Il y a un truc que tu oublies, Bibou. La pression en recherche ne peut pas par définition venir de la hiérarchie vu qu’il n’y a pas de hiérarchie. Elle vient par essence des pairs, les seules personnes au monde à savoir au moins de loin ce que tu fabariques, à pouvoir communiquer avec toi, et en fait à pouvoir te damer le pion. Tu as ensuite par la force des choses deux types extrêmes de labo (un labo réel étant quelque part entre les deux) :

  • celui où on décide de rien foutre, et on ne fait effectivement rien, du coup on reçoit pas de financement, on attire personne, ce qui entraîne un cercle vicieux de glandouillage ;
  • celui où les gens se crèvent littéralement à la tâche pour rester compétitif sur le marché, la contrepartie étant qu’ils produisent des résultats et engrangent le fric pour le faire.

Il s’agit de trouver le juste milieu là-dedans. Si tu rajoutes par dessus le fait que la recherche est fondamentalement une activité dans laquelle tu ne peux pas décider des heures où tu seras productif des heures où tout ce que tu seras capable de faire est descendre ta pile d’email ou concocter un exam, tu te retrouves forcément avec un emploi du temps flexible qui va dépendre des dates auxquelles ce serait pas mal d’avoir produit un truc histoire de pouvoir parler de ce que tu avais promis dans l’abstract que tu as écrit il y a 6 mois pour une conférence lambda.

À chaque fois qu’une personne pleine de bonnes attentions commence à aligner les arguments présents dans ton dernier message (c’est pas bien de faire ça parce que ça entretient la pression des pairs), tu peux être sûr qu’elle est passée à côté du fait que la science est fondamentalement conduite par le peer-pressure.

I don’t mind that you think slowly, but I do mind that you are publishing faster. — W. Pauli

+5 -0

À chaque fois qu’une personne pleine de bonnes attentions commence à aligner les arguments présents dans ton dernier message (c’est pas bien de faire ça parce que ça entretient la pression des pairs), tu peux être sûr qu’elle est passée à côté du fait que la science est fondamentalement conduite par le peer-pressure.

adri1

En quoi cette constatation de la peer-pressure en fait quelque-chose de fondamentale et qu’on ne peut pas remettre en cause ?

Et pour l’aspect hiérarchique, tu soutiens vraiment que les doctorants et post-doctorant sont au même niveau hiérarchique qu’un chercheur permanent ? La hiérarchie est moins pyramidale en recherche académique que dans la majeur partie des milieux industrielles, mais je ne pense pas qu’on puisse la considérer comme absente.

Édité par Freedom

+3 -0

En quoi cette constatation de la peer-pressure en fait quelque-chose de fondamentale et qu’on ne peut pas remettre en cause ?

Heureusement que j’ai rien dit de tel. Si tu veux partir en croisade contre cet état de fait, il faut réfléchir à une organisation de la communauté scientifique qui ne le créera pas mécaniquement (perso, j’ai pas d’idée) plutôt que de commenter qu’il ne faut pas bosser le week-end parce que c’est pas bon pour les suivants.

Et pour l’aspect hiérarchique, tu soutiens vraiment que les doctorants et post-doctorant sont au même niveau hiérarchique qu’un chercheur permanent ? La hiérarchie est moins pyramidale en recherche académique que dans la majeur partie des milieux industrielles, mais je ne pense pas qu’on puisse la considérer comme absente.

On parle de hiérarchie dans le sens "je peux te donner des ordres sur ce qu’il faut faire". Si on reste dans le cas de la France, cette hiérarchie n’existe effectivement pas. La hiérarchie est uniquement d’ordre intellectuel.

Édité par adri1

I don’t mind that you think slowly, but I do mind that you are publishing faster. — W. Pauli

+2 -0

C’est normal d’avoir un choc quand tu passes de la vie étudiante à la vie active : tu as d’un seul coup beaucoup moins de temps libre. Mais je pense que petit à petit on s’y fait. Déjà après quelques mois tu as des congés. Si tu travailles en France tu as des journées plus courtes qu’ailleurs et selon l’entreprise tu peux avoir pas mal de congés, par ex dans certaines boîtes en tant que cadre tu peux avoir 5 ou 6 semaines et 1 ou 2 semaines de RTT, ce qui laisse pas mal de temps libre.

Avec un peu d’organisation et des horaires un peu souples tu peux aussi te débrouiller pour faire ce dont tu as envie en semaine. Ce qui est important aussi c’est de faire un travail qui te plaît, c’est difficile en stage parce qu’on ne te laisse pas trop de responsabilités ni d’initiative, mais quand tu es en poste ça devient plus intéressant.

Pour ce qui est de faire des projets à côté, effectivement quand tu as déjà passé toute ta journée devant un PC ce n’est pas évident, mais c’est normal il faut aussi faire un peu autre chose dans la vie. Ce qui aide beaucoup c’est d’avoir un projet bien défini en équipe avec d’autres personnes, ça apporte la motivation nécessaire. C’est ce que j’ai fait il y a deux ans, j’étais capable de passer toute ma soirée sur un projet sans problème, parce que c’était un projet d’équipe et comme il était bien défini au départ je n’avais qu’à coder, à faire concrètement. Et je faisais les phases un peu + conception et réflexion plutôt le weekend. Maintenant je suis dans un autre boulot et je n’ai plus de projet en équipe donc je suis un peu comme toi, le soir j’ai envie de faire autre chose. Je pense que ce qui manque c’est un objectif, un projet clair et précis, et des personnes avec qui le partager. ;)

+1 -0

J’ai de la peine avec le principe "Tout ou rien" que prône Bibou. Je ne pense pas que venir au bureau le weekend soit une pratique très saine, surtout quand elle est régulière. Toutefois, faire uniquement ses heures, advienne que pourra me semble dénoter d’un manque d’engagement.

Pour reprendre l’exemple de la conférence, je ne comprends pas qu’on se dise : "On est en retard, bon bah ce sera de la merde vu qu’il est vendredi 18h. Moi je rentre".

Après, on se comprend. Si le retard est dû à un manque structurel d’effectif qui implique un surcharge sur les employés et des retards récurrents, je suis complètement d’accord d’être un zélé du timing.

Là, où je suis intransigeant, c’est que tout travail mérite salaire. A fortiori les heures supplémentaires qui doivent être majorées. Jamais je ne travaillerai gratuitement sauf pour des amis, et encore ponctuellement. L’entraide c’est important mais ça n’implique pas de se faire marcher dessus.

Mala malus mala mala dat.

+0 -0

@Adri1 (et ça répond aussi à NuX je pense) : Je n’ai pas dit que le peer-review c’était mal. Comme tu l’entends, il y a un juste milieu à trouver. Et ce que j’entendais, c’est que le cas de JuDePom n’était pas dans ce juste milieu. Même si c’est le cas dans beaucoup d’endroits, on ne peut pas le qualifier de juste milieu. De fait, je ne pense pas prôner un tout ou rien comme l’entends NuX. Plutôt que venir le week end alors que la journée moyenne est déjà de 10h, pour un salaire légèrement inférieur à la moyenne et après une sélection drastique, en justifiant ça par des lieux de pause aménagés par des bénévoles, c’est clairement du côté malsain.

Absolument rien à voir avec quelqu’un à 39h/semaine qui fait ses heures sup rémunérées le vendredi soir.

Je ne demande pas à ceux qui viennent le dimanche d’arrêter de le faire. Je sais bien qu’ils le font par pression sociale et que c’est pas mon message qui va changer le monde de la recherche.

Ce que je trouve plus problématique, c’est de ne pas être conscient que ce n’est pas un mode de travail sain, et pire, de l’exposer à l’OP comme étant quelque chose de tout à fait normal et pas dérangeant (ce que faisait, en somme, JuDePom).

Le fait de ne pas pouvoir changer les choses ne nous dispense pas d’être conscient de leurs défauts. Sinon ça devient la nouvelle norme, le problème empire, et ça recommence avec des choses pires.


"Si le retard est dû à un manque structurel d’effectif qui implique un surcharge sur les employés et des retards récurrents, je suis complètement d’accord d’être un zélé du timing."

NuX

C’est typiquement le cas dans l’enseignement supérieur / recherche avec les réductions de postes ouverts au concours. Ajouter à cela que le début de carrière est très précaire (doctorant, puis post-doc… CDD à bac+8), les salaires pas particulièrement élevés, et la sélection particulièrement difficile à passer.

C’est pour ça que je distingue bien de la personne avec un contrat 39h qui fait ses heures sup rémunérées le vendredi soir. Parce que là c’est honnête et éthique.


Ce qu’il faut pas perdre de vue c’est que vous bossez pour votre employeur, même en labo public, même si vous êtes évalués en peer-review. Vous travaillez pour servir ses intérêts, et si cela ne sert pas le votre, vous travaillez gratuitement. Et on a bien vu que c’était le cas quand JuDePom y allait le week end (car il récupère juste des heures qu’il ne compte déjà plus).

Édité par Bibou

+5 -0

Ce qu’il faut pas perdre de vue c’est que vous bossez pour votre employeur, même en labo public, même si vous êtes évalués en peer-review. Vous travaillez pour servir ses intérêts, et si cela ne sert pas le votre, vous travaillez gratuitement.

Perso je bosse pour ma pomme, mon employeur (i.e. l’état français) j’en ai rien à faire. J’ai aucun engagement envers lui (à part venir au travail en gros), il n’a littéralement aucun pouvoir sur moi sur la façon dont je dois faire mon boulot. La manière dont je le vois, c’est qu’il me donne du fric pour que je fasse un truc que j’aime faire. Quelque part, c’est son problème, pas le mien.

La seule chose que j’ai envie de conserver, c’est de pouvoir continuer à être payé pour faire de la recherche (par qui par contre, je m’em moque). Ça implique de trouver un labo qui veut de toi, ça implique donc de produire des résultats. C’est une façon de voir son activité professionnelle à l’opposé de celui qui a un boulot purement alimentaire qu’il n’aime pas et où, effectivement, faire plus que ce que le contrat demande sera de la pure bêtise.

EDIT : une autre façon d’exprimer mon idée, c’est que je ne bosse pas dans la recherche pour gagner de l’argent. Je bosse dans la recherche pour faire de la recherche. Tant que ma paye me permet de vivre convenablement sans avoir à compter mon argent, ça me va.

Édité par adri1

I don’t mind that you think slowly, but I do mind that you are publishing faster. — W. Pauli

+2 -0

@adri1: Comment tu concilies ce que tu viens de dire avec la façon dont la recherche est financée actuellement, c’est à dire "par projet" ? Si ce que tu veux faire ne colle pas avec les axes que veut développer l’état (ou autre, ce n’est pas la question), tu fais quoi (à part toucher ton salaire) ?

+1 -0

(TL;DR : dernière ligne)

@Adri1 : J’ai bien compris que toi tu n’étais pas là pour l’argent, l’écrasante majorité des chercheurs non plus, de toute manière c’est pas un bon plan financièrement. Mais c’est pas une raison pour ne pas demander l’argent quand même. Sinon ça sera reproché à ceux qui, eux, le veulent, de le demander. Alors je sais bien que tu vas pas aller attaquer l’état devant le tribunal administratif, mais je refuse de présenter pour autant cette situation comme "normale".


(toujours @Adri1 : )

Mais pour moi le problème c’est pas juste pourquoi toi tu bosses alors que t’es posé avec ton CDI. Toi personne va te dire à la fin de l’année "hop c’est fini va bosser ailleurs", toi tu te demandes pas si tu vas devoir faire un job alimentaire pour survivre l’année prochaine. Tu réfléchis pas à devoir faire prof en lycée alors que t’as une thèse.

T’es en train de dire "moi j’ai atteint la stabilité donc j’en ai plus rien à cirer". C’est comme dire "maintenant que je gagne de l’argent j’ai pas envie de cotiser pour des prestations sociales auprès de ceux qui n’en gagnent pas encore".

L’état divise par 10 le nombre de postes ouverts au CNRS, "mais c’est pas grave moi j’ai mon poste je bosse pour moi, j’ai pas grand chose à faire de ce que fait l’état", tant pis si les post doc travaillent la nuit dans l’espoir d’en avoir un. Les vacataires chargés de TD/TP prennent des crédits à la banque en attendant de toucher leurs payes pour les heures qu’ils ont donné y’a 6 mois.

La pression, elle est sur ces gens là. Elle est justement sur ceux qui sont pas encore permanents/HDR.

Et je ne parle même pas du personnel administratif ou de l’assistant de laboratoire qui sont aussi employés par l’état dans le même labo, payés un salaire de misère avec une très grosse pression. Eux sont invisibles, ils ont besoin du soutien de leurs collègues "importants" qui, eux, sont écoutés.


TL;DR : Pour une bonne partie d’entre nous, on en haut de l’échelle. Ceux qui sont en bas se font piétiner mais ne peuvent pas y faire grand chose. Si nous ne tenons pas le taureau par les cornes, qui le fera ?

Édité par Bibou

+0 -0
Vous devez être connecté pour pouvoir poster un message.
Connexion

Pas encore inscrit ?

Créez un compte en une minute pour profiter pleinement de toutes les fonctionnalités de Zeste de Savoir. Ici, tout est gratuit et sans publicité.
Créer un compte