Téléchargement illégal

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Personnellement pour ce qui est du cinéma, j’ai un abonnement illimité qui fait que je peux voir légalement tout ce qui sort. Enfin, tout ce qui sort dans les cinémas partenaires à proximité, et la nuance est importante.
Car certains films sortent que j’aurais aimé voir, mais dont je ne peux profiter sans payer une place de cinéma plein pot ou me taper au moins 1h de trajet aller-retour. C’es peut-être assimilable à de la boulimie, mais dans ces cas-là il m’arrive effectivement de les télécharger illégalement.

Quant à la musique, c’est encore une autre histoire. Je dois avoir entre le tiers et la moitié de mon répertoire musical constitué d’artistes décédés, et je ne trouverais pas logique de payer pour leurs morceaux. Mais je ne me place pour autant pas dans un cas d’illégalité puisque je rapatrie simplement ma musique depuis Youtube (où elle est diffusée légalement) en faisant jouer mon droit à la copie privée.

Pour ma part je suis sur une position proche de celles de Breizh (ici) et Society (ici) plutôt que celles de nohar (ici) et Renault (ici). Je choisis mes actions en fonction de mes valeurs morales, de l’intérêt collectif et de mon intérêt personnel, plutôt qu’en suivant directement ce qui est légal ou non. (Sachant qu’enfreindre la loi comporte des risques, et va donc contre mon intérêt, et donc est pris en compte de toute façon, etc.) Je ne pense pas qu’on puisse dire que le téléchargement et la copie d’œuvres est foncièrement mal "parce que" c’est illégal.

(Nohar a argumenté des vertus du boycott et de la privation, et Arius de l’intérêt de payer les producteurs de contenu, je ne suis pas en désaccord sur ces points-là.)

Un argument qui n’a pas encore été formulé ici est : utiliser "l’offre légale" coûte de l’argent, qui ne va pas forcément autant aux auteurs qu’on le voudrait (c’est flagrant pour le livre et la musique, moins clair pour le cinéma où les créations sont beaucoup plus fortement partagées), mais en plus cet argent va dans la poche de gens qui travaillent contre l’intérêt collectif. Personnellement je n’achèterais presque jamais un DVD à la Fnac (je le fais certaines fois pour faire un cadeau), parce que ça revient surtout à donner de l’argent à des gens qui nous ont tous, collectivement, bien mis dans la merde, et qui continuent à le faire.

Quelques exemples au hasard:

  • Les zones sur les DVD, si tu changes de pays et de lecteur tu ne peux plus voir tes films achetés ? Qu’on ne me sorte pas d’argument de légalité ou d’organisation interne de la diffusion, c’est de la pure crevardise et il n’y a aucune raison rationnelle de ne pas faire tout ce qu’on peut pour continuer à voir les films en question, de façon "légale" ou non.

  • La Sacem qui fait payer de l’argent aux commerces ou institutions qui diffusent de la musique libre de droit. On se fout de qui, là ?

  • Le lobbying constant pour étendre la durée de protection des œuvres droit d’auteur, tout ça profiter à quelques ayant-droits crevards (on passe sur les divers scandales des hériti-er-ère-s qui se comportent comme des porcs pour éviter de devoir gagner leur vie honnêtement). J’attacherais plus de légitimité à la notion de droit d’auteurs si elle était décidée d’une façon prenant en compte l’intérêt et des auteurs et des récepteurs de l’œuvre, au lieu d’être complètement déformée par le lobbying des intérêts financiers d’un petit nombre comme elle l’est aujourd’hui.

  • Le lobbying constant pour renforcer les contrôles et la censure sur internet, imposer du filtrage partout, sur toutes les plateformes, qui est utilisé ensuite pour de la censure politique, etc. L’industrie du multimédia a plus fait pour nous amener dans l’état de surveillance, avec ses cries d’orfraie et son inquiétude parfaitement hypocrite des échanges de contenu pédophile, que la peur du terrorisme, et c’est peu dire.

C’est tout à fait légitime de demander à être payé pour son travail, à tous les maillons de la chaîne de production de contenu. Mais ça n’autorise pas non plus à faire n’importe quoi; quand on fait n’importe quoi, on se déconsidère et on perd de sa légitimité.

Enfin, ce n’est pas vraiment un exemple de foutage de gueule direct, mais je trouve qu’il y a une profonde hypocrisie dans la catégorisation des offres de consommation d’œuvres à la demande entre "légales" et "pas légales". Écouter un morceau gratuitement à la radio c’est bien, mais télécharger le même depuis un torrent c’est mal ? Alors que si on l’avait enregistré depuis la radio, ça aurait été de nouveau bien ? Regarder un film sur un site de streaming bourré de pubs, c’est bien, sauf si le site était en fait un site illégal plutôt qu’un site légal ? Il y a 15 ans, j’ai fais partie des gens qui se sont battus pour que le débat sur le téléchargement d’œuvres donne une chance à la licence globale, à l’époque c’était le grand mal, mais maintenant payer un abonnement à Deezer ou Netflix c’est bien ? Je ne pense pas qu’on puisse faire du relativisme par rapport à la loi dans tous les domaines, mais là c’est quand même sacrément criant.

Je ne pense pas qu’il soit très convaincant de décrire le piratage comme une activité faisant "perdre de l’argent" à l’industrie (qu’on le voit comme une chose positive ou négative), on n’a jamais pu montrer de façon convaincante un lien entre le piratage et une diminution des bénéfices. Par contre, personnellement je trouve tout à fait légitime de dire qu’on ne veut pas donner son argent à cette industrie qui l’emploie ensuite contre l’intérêt général.

(C’est bien beau de dire que "les blockbustsers ce n’est pas de la culture" (même si je ne vois pas comment argumenter que Mickey Mouse ou Star Wars ne font pas partie de notre culture collective aujourd’hui), mais quand les gens qui en possèdent les droits réclament une extension de leur durée par la corruption de nos élus, et bien les crevards qui tiennent le Journal d’Anne Frank s’en servent aussi pour nous priver d’une diffusion et une réutilisation plus large de l’œuvre.)

Évidemment ça crée une tension entre cette gêne à donner des sous à des connards et l’envie, le besoin de faire vivre les créateurs des œuvres que l’on apprécie et le milieu qui les entoure. Par exemple, si on est amateur de BD, on a dans une certaine mesure intérêt à faire vivre les éditeurs de BDs, quoi qu’on pense de leurs pratiques vis-à-vis des auteurs ou de la société, puisque aujourd’hui c’est par eux que les auteurs obtiennent leurs commandes, une diffusion et de quoi presque gagner leur vie; si on s’arrête collectivement de payer, on diminue la production de BDs. (Des modèles différents sont possible, et il faut les soutenir, mais il me semble normal de soutenir aussi justement les auteurs qui font partie du système dominant.)

Je trouve que c’est un problème qui n’est pas simple. Personnellement j’essaie de trouver un équilibre, un compromis entre différentes formes d’actions qui ont un impact varié, en essayant de rester en permanence conscient de l’impact, sur moi et sur les autres, de chaque action et chaque choix, pour vérifier qu’ils ne font de tort à personne. J’achète des œuvres dans le circuit commercial classique (mais surtout des livres et des BDs; presque jamais de musique, de films ou d’ebooks); je télécharge gratuitement (que ce soit par un circuit légal ou non) des œuvres soit longtemps après qu’elles ont été crées, soit dont je m’assure que les créateurs vont rentabiliser les coûts de production de toute façon; je fais des donations libres aux créateurs et créatrices que j’apprécie et qui le rendent possible; et surtout je consomme, diffuse et soutiens financièrement des œuvres libres ou partageables librement.

Je suis conscient que ce n’est pas la seule façon de faire, et que la question d’évaluer si ce choix est juste ou le meilleur est largement subjectif; je ne dirais pas que c’est la bonne approche dans l’absolu. Mais par contre je suis convaincu que les approches basées sur une idée de respect absolu d’un principe (que ce soit le principe du respect de la loi, ou inversement le principe de ne jamais payer) ne sont pas crédibles sur le long terme.

P.S.: Au sujet de "ces jeunes vauriens qui veulent tout, tout de suite, gratuitement". Je ne suis pas convaincu qu’il y ait quelque chose de mauvais à penser que, maintenant qu’on sait copier et diffuser quasiment sans coût des œuvres que l’on désire, il serait juste de vivre dans un monde où tous ceux qui le souhaitent peuvent y avoir accès, et pas seulement les gens qui sont assez riches pour les acheter au prix du marché. Ça ne veut pas dire qu’on peut choisir sa façon de consommer sans du tout faire attention au fait de faire vivre les producteurs. Mais je reste favorable à une licence globale, qui me semble la façon la plus juste de permettre la création d’œuvres, et qui nous sortirait d’une conception purement commerciale des diffusions d’œuvres de l’esprit. Que l’on adhère à cette idée ou pas, il me semble important de demander à nos états de rendre les droits d’auteurs plus justes, en réduisant beaucoup la durée de protection des œuvres qui a aujourd’hui explosé de façon totalement déséquilibrée, pour revenir à quelque chose de l’ordre d’une dizaine d’années.

(Je suis aussi libriste et attaché au droit de chaque auteur de choisir la licence de son œuvre, y compris une licence propriétaire. Mais je pense aussi qu’à partir d’une certaine durée, la même que pour les œuvres multimédia, les droits d’exploitation devraient disparaître, mettant de fait les programmes et leur code source dans une sorte de domaine public. D’ailleurs c’est exactement ce qu’on fait avec les vieux jeux vidéos, on les vend pour-ainsi-dire gratuitement (et les ROMs on les télécharge et tout le monde s’en fout), et les gens y jouent comme une expérience rétro – ce serait encore mieux avec les sources pour construire quelque chose de nouveau et partagé.)

Édité par gasche

+9 -2

@gasche : Je te serais reconnaissant de ne pas déformer mes propos quand tu les places dans ma bouche. C’est ce que tu fais à chaque fois que tu utilises des guillemets dans ton post : tu réponds très longuement à des choses qui ne sont pas ce que les gens ont dit.

Surtout que tout ça c’est pour dire que l’industrie est remplie de crevards et remettre l’idée de la licence globale sur le tapis (idée à laquelle j’adhère au passage), ce que tu aurais pu faire sans avoir besoin de déformer les propos de quiconque.

Edit : En particulier personne n’a parlé de privation, et personne n’a été traité de "vaurien" (j’estime que vouloir tout, tout de suite et céder à cette pulsion est mauvais pour les individus et la société, ça dépasse largement le cadre du téléchargement illégal et je compare ça à la malbouffe, mais ce n’est pas un jugement de valeur sur les individus). Je pense également avoir fait l’effort d’expliquer ma position sur le fait de se restreindre aux blockbuster, et ce que je vois résumé et répondu en une phrase n’a rien à voir avec ça. Il y a effectivement des choses que je trouve méprisables dans ce qui a été raconté ici, mais tu n’as pas abordé le sujet et quand même resumé ma position en "je méprise tout le reste".

Par contre ça montre clairement derrière quel prisme tu as lu le sujet.

Édité par nohar

I was a llama before it was cool

+2 -0

Ce que je trouve surprenant dans le propos de gasche, ce qui a déjà été évoqué plus tôt dans le sujet, c’est que d’un côté on a des consommateurs qui critiquent les industriels du secteur. Chose que je conçois, je partage largement le fait que certaines de leurs pratiques sont méprisables.

Mais de l’autre on profite de ce qu’ils produisent quand même. Mais il ne faut pas abuser, comme on n’aime pas les pratiques mises en jeux, on va se faire justice soit même et ne pas respecter la loi et les conditions commerciales. Alors qu’il est évident qu’en visionnant ces éléments culturels, même en ne payant pas, on renforce cette industrie. Car les œuvres en question deviennent des éléments culturels incontournables ce qui renforce leur attractivité. Et en plus on place les industriels en position de victime et elles savent en tirer profit.

Alors qu’il suffirait pèle mêle de :

  • Boycotter ce dont on refuse de payer ;
  • Consommer plus intelligemment (si c’est un problème économique de consommer tout ce qu’on souhaite voir) ;
  • De financer des œuvres alternatives (via crowfunding ou dons récurrents par exemple) ;
  • S’engager politiquement pour favoriser l’émergence de lois différentes dans le milieu.

Pirater ne fait que de renforcer le modèle dominant et les industriels qui sont pourtant des crevards. Il ne permet pas aux artistes de se financer autrement qu’après d’eux ni de changer de modèle économique dans le secteur.

Du coup le piratage est un peu une réponse hypocrite qui ne permet pas réellement de changer la donne, malgré les critiques tant émises.

L’autre problématique pas évoqués plus tôt, si on considère que violer la licence des industriels est convenable, les dits industriels peuvent également envoyer balader les libristes quant au respect des licences copyleft par exemple, comme la GPL. Après tout si cela les fait chier les conditions de la GPL mais que le logiciel en question comme Linux est trop incontournable pour s’en passer. Pas de raison que seul le consommateur individuel ait cette possibilité.

On voit bien que le non respect de l’État de droit est la porte ouverte à l’escalade de violation de la loi sans que cela n’aide à faire avancer le sujet. Et si on considère le piratage comme acceptable, par soucis de cohérence, il ne faudrait pas juger négativement quand cela est appliquée par les industriels sur des œuvres privées ou du Logiciel Libre.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+4 -0

Sauf que là, tu entres dans la catégorie de "fais ce que je dis, pas ce que je fais" mon cher Renault. Ces "industriels crevards ne méritent pas qu’on respecte leurs licences mais qu’ils respectent les licences libres !" est le propos, en résumé :-°

À noter par ailleurs que cela existe déjà, le non-respect des licences libres, (et pas que par des entreprises…).

Je ne peux honnêtement pas en vouloir à ces ayant-droits de faire du lobbying pour un plus grand respect des droits qu’ils possèdent. Je suis pour un débat et une réforme du droit d’auteur mais j’avoue que j’ai quand même l’impression que l’on vit dans une société du "tout, tout de suite" comme soulevé par nohar et les justifications pour le téléchargement illégal partagées ici sont passablement mauvaises. Il y a une volonté de se donner """"bonne conscience"""", mais cette volonté entre en conflit avec la réalité.

Édité par Arius

ABSENT / GUIDE DU CONTRIBUTEUR || 🐺

+2 -0

À noter par ailleurs que cela existe déjà, le non-respect des licences libres, (et pas que par des entreprises…).

Je ne dis pas le contraire. Seulement je condamne ces pratiques et si j’étais concerné je n’hésiterais pas à faire valoir mes droits. Et je pense que pas grand monde n’y trouverait à redire (en tout cas pour beaucoup de libristes agir ainsi semble normal).

Ce serait hypocrite de valider l’exercice de ces droits dans un cas mais pas dans l’autre.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+1 -0

@nohar : les mots que je mets en guillemet ne sont des citations de personne en particulier mais des expressions simplifiées (et, oui, parfois du sarcasme) représentant une position donnée. J’ai mis un lien explicite vers un de tes messages expliquant ta position au sujet de l’importance du respect de la loi, c’est ça que les gens doivent aller lire pour connaître ton avis. Je ne sais pas pourquoi tu t’es reconnu dans mes guillemets, je m’en excuse.

Renault: je suis d’accord avec les actions qu’il "suffirait" de faire selon toi et je les applique déjà. Au sujet du logiciel libre, j’ai déjà dit que oui, je suis pour une limitation des droits d’exploitation y compris du logiciel, et je pense qu’après un nombre d’années raisonnables ils devraient tomber de fait dans le domaine public. De façon un peu différente mais liée, je trouve normal que Google réutilise des APIs Java, que cela soit considéré par la loi (américaine) comme une violation du droit d’auteur ou pas dans le procès contre Oracle.

On voit bien que le non respect de l’État de droit est la porte ouverte à l’escalade de violation de la loi sans que cela n’aide à faire avancer le sujet.

Un peu naïf comme point de vue, la pratique généralisée du partage numérique d’œuvres a beaucoup fait pour pousser le modèle par abonnement dont les gens profitent aujourd’hui. Personnellement je ne considère pas ça comme une grande avancée (j’aimerais mieux avoir plus de culture libre; dans ce domaine le constat est souvent assez déprimant, comme par exemple Jamendo qui fait marche arrière), mais il ne faut pas dire non plus que ça n’a rien changé. Les pratiques sociétales, commerciales et la loi sont en inter-relation et chacune peut faire changer les autres.

Arius:

Je ne peux honnêtement pas en vouloir à ces ayant-droits de faire du lobbying pour un plus grand respect des droits qu’ils possèdent.

Moi si. On dira ce qu’on voudra des jeunes vauriens que conspue nohar (attention, humour), mais je pense que l’idée que la recherche du profit est plus forte que la morale fait beaucoup plus de mal à notre société.

+1 -0

@nohar : les mots que je mets en guillemet ne sont des citations de personne en particulier mais des expressions simplifiées (et, oui, parfois du sarcasme) représentant une position donnée.

Cela s’appelle un homme de paille. Et ce n’est pas très juste de recourir à cela alors que tu cites nohar et moi même comme des points de vues opposés au tiens.

J’ai mis un lien explicite vers un de tes messages expliquant ta position au sujet de l’importance du respect de la loi, c’est ça que les gens doivent aller lire pour connaître ton avis.

Ouais enfin tu induis grandement en erreur en parlant ainsi. Se rabattre sur le lien pour justifier ce genre de pratique est malhonnête.

Au sujet du logiciel libre, j’ai déjà dit que oui, je suis pour une limitation des droits d’exploitation y compris du logiciel, et je pense qu’après un nombre d’années raisonnables ils devraient tomber de fait dans le domaine public.

Mais je ne dis pas que cette position n’est pas raisonnable, tu parles de choses qui n’ont rien à voir avec ma critique. Je suis moi même en faveur d’une limitation dans le temps des droits d’auteur (maximum à la mort de celui-ci).

Ce que je dis c’est que d’un côté tu prônes l’irrespect de la licence (du droit d’auteur disons) si cela a été produit par un industriel mais si c’est du Logiciel Libre tu n’accepterais pas qu’un industriel ou particulier procèdent ainsi. Ce n’est pas cohérent.

De façon un peu différente mais liée, je trouve normal que Google réutilise des APIs Java, que cela soit considéré par la loi (américaine) comme une violation du droit d’auteur ou pas dans le procès contre Oracle.

Tu mélanges un peu tout dans ce dossier. La question de l’API Java entre Oracle et Google n’a rien à voir avec le droit d’auteur mais avec les brevets.

Rappel des caractéristiques de chacun :

Droit d’auteur :

  • Automatique à la création (tu n’as pas besoin d’enregistrer ta création quelque part pour bénéficier du droit) ;
  • International (la convention de Genève étend le droit d’auteur globalement dans le monde entier) ;
  • Durée liée à la vie de son auteur (X années après la mort de celui-ci, suivant le pays)
  • Pas besoin d’une exploitation de celui-ci pour être valide
  • S’applique également aux œuvres dérivées (les X versions de nos contes traditionnels ont bénéficié ou bénéficient de droits d’auteur distincts)

Brevet :

  • Limité dans le temps à 20-25 ans suivant le pays (voire moins si non exploitation de celui-ci comme en France) ;
  • N’est valide que dans le pays où le dépôts a été fait (ou dans l’UE dans le cas d’un brevet européen) ;
  • Dépôt obligatoire (primauté au dépôt ou à la date d’invention suivant le pays) ;
  • Ne concerne pas les logiciels (hors USA) ;
  • Ne peut être utilisé pour une invention dérivée.

Ce n’est pas pour rien que le dossier n’a été saisi qu’aux États-Unis, car seuls eux reconnaissent le brevet logiciel. Et de toute façon on voit bien que ces deux mécanismes de propriété intellectuelle sont très différents et ont des impacts différents. Liés les deux ici n’est pas bon.

On voit bien que le non respect de l’État de droit est la porte ouverte à l’escalade de violation de la loi sans que cela n’aide à faire avancer le sujet.

Un peu naïf comme point de vue, la pratique généralisée du partage numérique d’œuvres a beaucoup fait pour pousser le modèle par abonnement dont les gens profitent aujourd’hui.

Le piratage a existé durant 15 ans à fond les ballons mais ce n’est qu’en 2010-2015 qu’ils ont réalisé qu’un modèle par abonnement c’est cool pour endiguer le phénomène ?

Je pense que cette mode de l’abonnement a plus à voir avec la succès du dématérialisé avec Internet disponible (presque) partout : je veux profiter d’un contenu protégé sur ma liseuse, ma tablette, mon ordinateur, mon téléphone, à la maison comme en vacances. L’ancien modèle reposait sur du physique (réseau de cinémas ou de salles de spectacles, CD / DVD / Livres, etc.) ou sur la télévision qui est un ancien modèle de diffusion à bout de souffle.

C’est plus Internet et cette évolution des usages qui a donné lieu à changer de business model que le piratage qui n’a eu que peu d’influences finalement sur l’offre légale pendant très longtemps.

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

+1 -0

Ce que je dis c’est que d’un côté tu prônes l’irrespect de la licence (du droit d’auteur disons) si cela a été produit par un industriel mais si c’est du Logiciel Libre tu n’accepterais pas qu’un industriel ou particulier procèdent ainsi. Ce n’est pas cohérent.

Je trouve compréhensible qu’un gréviste brûle des pneus devant la porte de son usine (une façon d’en bloquer l’accès que par ailleurs je n’apprécie pas forcément), mais je n’accepterais pas que le patron de l’usine embauche des gens pour aller brûler des pneus devant la porte du logement de chacun des grévistes. Le contexte et les dynamiques de pouvoir jouent beaucoup dans l’évaluation des actes et de leur moralité. C’est plus complexe qu’une vision absolutiste du droit – et sans doute plus en proie aux auto-contradictions, c’est la vie.

Tu mélanges un peu tout dans ce dossier. La question de l’API Java entre Oracle et Google n’a rien à voir avec le droit d’auteur mais avec les brevets.

C’est rare que tu dises quelque chose de factuellement faux, mais là c’est assez flagrant.

Wikipedia (en): Oracle America, Inc. v. Google, Inc.

Oracle America, Inc. v. Google, Inc. is a current legal case within the United States related to the nature of computer code and copyright law. The dispute arose from Oracle’s copyright and patent claims on Google’s Android operating system.

Je t’invite à relire cette page wikipédia pour te ré-informer, le dossier parle à la fois de brevets et de copyright, mais la question clé qui a été le centre de tous les revirements récents (depuis le jugement de 2012 qui dit que les brevets n’ont pas été enfreints, et qui n’a pas été remis en question depuis) est la question de savoir si une interface logicielle (API) est couverte par le droit d’auteur en tant qu’œuvre de l’esprit – mais si son usage ne pourrait constituer un cas de fair use, une exception au droit d’auteur qui n’existe effectivement pas dans le droit français.

+1 -0

Je trouve compréhensible qu’un gréviste brûle des pneus devant la porte de son usine (une façon d’en bloquer l’accès que par ailleurs je n’apprécie pas forcément), mais je n’accepterais pas que le patron de l’usine embauche des gens pour aller brûler des pneus devant la porte du logement de chacun des grévistes.

Les deux cas sont répréhensibles et sanctionnés. Et il est fort probable que le deuxième cas soit plus sévèrement puni par la loi en partie pour les raisons que tu décries.

Donc non je ne trouve pas très cohérent d’en accepter l’un et pas l’autre (en terme de justice, pas de sa conviction propre).

Le contexte et les dynamiques de pouvoir jouent beaucoup dans l’évaluation des actes et de leur moralité. C’est plus complexe qu’une vision absolutiste du droit – et sans doute plus en proie aux auto-contradictions, c’est la vie.

Mais cela tombe bien, on ne parle pas de moralité mais de justice. On a tous le droit de penser que de rouler à 150 km/h en centre ville cela devrait être permis. Ou de penser qu’un employé peut se barrer du jour au lendemain mais que l’employeur doit faire jouir un an de préavis à son employé. La liberté de pensée et d’expression le permettent.

Le problème est la mise en application de la dite pensée ou expression. Il faut savoir assumer sa propre contradiction. Si tu fais X mais que tu condamnes un industriel qui fait X aussi, tu es en contradiction manifeste. C’est tout. Tu peux trouver cela bien, logique, moi pas. Et comme souvent en justice, si tu appliques la loi selon ton propre prisme, tu acceptes que les autres font de même. C’est la base du raisonnement qui mène à la loi du Tallion et du plus fort car finalement chacun finira par faire ce qu’il veut, car apparemment le contrat social initial n’est pas respecté.

C’est rare que tu dises quelque chose de factuellement faux, mais là c’est assez flagrant.

C’est vrai, je m’en excuse. J’étais resté sur le volet brevet.

Mais cela concerne malgré tout une spécificité américaine du droit dont je ne partage pas le point de vue en général sur ces questions (et n’étant pas américain, je ne peux changer cela).

Et quand bien même la justice française dirait que l’API de Java serait une œuvre de l’esprit, j’appliquerais cette décision même si je suis convaincu de la bêtise de la décision. Car typiquement je tiens à ce que les licences libres soient respectées aussi. Ce qui signifie qu’il faut que la notion de licence garde un sens (et ne soit pas violée par tous).

Amateur de Logiciel Libre et de la distribution GNU/Linux Fedora. #JeSuisArius

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